22 juin 2009
Un siècle de novembre
Un siècle de novembre, de Walter D. Wetherell (Livre de Poche, 217 pages).
Terminé le 22 juin 2009.
RESUME EDITEUR : A l'automne 1918, le magistrat Charles Marden juge les
hommes et cultive ses pommes parmi les Indiens et les pionniers de l'île de
Vancouver. Mais les grands maux de l'humanité le frappent de plein fouet : sa
femme, Laura, est emportée par la grippe espagnole et son fils, le caporal
William C. Marden, disparaît dans la mêlée des Flandres. Désormais seul au
monde, Charles Marden entreprend un périple fou pour trouver l'endroit où la
mort a fauché son fils. Dans sa quête, il apprend qu'une jeune femme le devance
de peu sur les routes. W. D. Wetherell, qui vit au New Hampshire, signe ici un
roman d'une beauté terrifiante, entre songe et réalité.
1918. La première guerre mondiale
arrive à son terme, mais pour Charles Marden, un long et poignant cauchemar
commence. Juge mais aussi arboriculteur, il vient de perdre son épouse de la
grippe espagnole. Puis arrive la lettre. Sèche. Administrative. La lettre qui
lui annonce que son fils, William, a « disparu » sur le front.
Accablé, désorienté par ces deux
pertes successives, il va se lancer dans un pélérinage : celui qui le
mènera sur l’ancien continent, là où son fils, parmi des milliers d’autres jeunes
hommes, a trouvé la mort.
Mais dans sa quête de vérité,
l’homme suit aussi les traces d’une jeune fille qui semble avoir entrepris le même
parcours que lui. Et pour William aussi.
Dans ce court roman, W. Wetherell
livre une plongée dans l’horreur de cette année 1918. Désespoir d’un
père qui se retrouve seul au monde et qui veut comprendre où son fils est tombé
et pourquoi il a sacrifié sa vie. Chagrin incommensurable d’une jeune
fille pour un jeune soldat à qui elle avait tout donné. Tristesse noire et
sans fond d’une génération de parents et d’épouses qui ont perdu les leurs
dans la boue, le gaz et l’immensité des ces champs de douleurs qu’était le
Front.
C’est avec une acuité perçante et une sensibilité profonde que l’auteur nous livre des pages saississantes sur la fin de cette année 1918.
La proclamation de l’armistice
donne lieu à des scènes de liesse aussi débridées que fantasques. Mais dans
cette joie européenne, des âmes en pleurs errent à la recherche des réponses
qui les hantent. Charles Marsden fait partie de ceux-là. Et le suivre sur les
champs de bataille, là où des millions d’hommes ont donné leur vie, c’est
effectuer une plongée dans la réalité de ce que fut cette guerre. Bien sûr, on
a tous vu les images de la Grande Guerre. Ces tranchées. Ces morts qui tombent
à peine montés à l’assaut. Ces hommes masqués qui se fraient un chemin dans l’horreur.
W. Wetherell a simplement le pouvoir démiurge de faire porter à ces mots des
images saisissantes du front. Il n’y a qu’à fermer les yeux, il est là. Ce
territoire immense troué des obus qui l’ont défoncé, saigné par les barbelés,
hérissé d’une nature fossilisée, veiné d’ossements blanchis par les gaz. C’est terriblement
poignant.
Et malgré tout, un immense
appel à l’espoir. A la renaissance des forces, de l’amour, des liens. Parce que
derrière l’horreur se cache encore un peu de l’humanité et de sa beauté.
Difficile de parler de ce beau
roman sans trop en dire. L’écriture est fine et simple. Oscillant entre une vue
extérieure et le regard de Charles Marsden qui se confie à son carnet de voyage.
C’est à la fois sombre et et
nourri d’une promesse d’avenir. Un roman au charme certain, malgré le sujet
noir qu’il aborde, et les pages remplies de l’amer constat destructeur de la
guerre.
Je
remercie l’équipe de choc de BOB
et les éditions du Livre de Poche pour m’avoir
proposé ce roman.

Ces petits plaisirs minuscules...
Le blog de Gio,
(clic sur la bannière) fait référence à SEI SHONAGON et à Ses Notes de Chevet.
Ainsi, Gio a crée un nouveau tag,
poétique, auquel je me fais une joie de répondre.
1. Choses qui font battre le cœur : l’attente d’un
moment de bonheur tant espéré.
2. Choses qui font naître un doux souvenir du passé : une voix, une
odeur, un goût, la vision d’un lieu d’autrefois. Toutes ces petites madeleines
qui nous rattrapent le temps, l’éclair de quelques secondes.
3. Choses qui ont
une grâce raffinée : des mains qui courent de notes
en notes sur un piano.
4. Choses qui
gagnent à être peintes : le regard d’une
maman sur son enfant.
5. Choses qui
donnent une impression de chaleur : Les liens qui
se tissent.
6. Choses
embarrassantes : Les erreurs de jugement.
7. Choses qui
emplissent l'âme de tristesse : La souffrance des êtres chers.
8. Choses qui sont
les plus belles du monde : Toutes ces choses qui font de la vie un bonheur.
9. Choses qui
semblent pures : La nature au lever du soleil.
10. Choses que
l'on a grande hâte de voir, ou d'entendre : Les mots d’amour.
11. Choses qui
donnent confiance : La main qui se serre autour de la nôtre, encouragement
silencieux.
12. Choses
vénérables et précieuses : La sagesse des anciens d’une famille, que dément
parfois l’éclair pétillant et malicieux de leurs yeux.
Pour voir les
réponses de Gio, cliquez ICI.
(et n’oubliez pas d’avertir Gio de votre billet, qu’elle puisse collecter toutes ces précieuses réponses…)
09 juin 2009
Je jette l'éponge !
Ça ne m’arrive vraiment pas souvent, car je suis
plutôt du genre bonne pâte avec les livres, mais là, non, je ne peux plus.
Ça fait presque 15 jours que j’essaie tous les soirs de lire un peu, mais ce
roman a un effet soporifique sur moi. L’action se traîne en longueur, le
personnage principal est falot, et même si l’idée de départ (élucider le
mystère de la mort de Poe) était vraiment intéressant, je n’accroche pas du
tout. Je déteste laisser comme ça un livre en souffrance, mais si je
continue, j’y serai encore fin juin…
Et pourtant, j’avais plutôt bien apprécié son
précédent roman Le cercle de Dante. Tant pis. Je laisse L’ombre
d’Edgar Poe retourner à la poussière de ma bibliothèque. Et pour un petit
bout de temps à mon avis…
J’ai une PAL gigantesque de toute façon, alors ce ne seront pas les remplaçants qui vont manquer ! ^^
07 juin 2009
Bonne fête maman !
Comme je sais que tu viens
régulièrement ici… Pour toi, maman : la chanson que je te chantais quand j’étais
petite… Tu te souviens ?
Ecoute-là, elle est pour toi, ma
mamounette ! Bonne fête et… je t’aime !!!
03 juin 2009
Fais un voeu !
J’avoue
que je ne suis pas une fanatique des tags, mais comme en ce moment je peine sur
L’ombre d’Edgar Poe de Matthew Pearl, ça vous fera un peu de lecture !
^^ C’est à donc Tiphanya que je dois cet intermède bloguesque !
La règle du jeu: 1/ Ecrire 8 souhaits; 2/ Dire à quoi font penser les 10 mots donnés; 3/ Dire un mot sur sa tagueuse; 4/ Taguer 8 personnes et les prévenir
Première
étape, donner 8 voeux :
Wahou ! Rien que 8 vœux… Déjà deux, moi ça me suffirait. Mais
puisque je dois en faire 8… allons-y… Mais ça ne va pas être facile car j’ai
toujours de vaines superstitions qui m’empêchent souvent de livrer mes souhaits
les plus profonds…:/
1-Que ma maman aille
mieux. Et que tout aille pour le mieux pour ma famille.
2- Un vœu très
personnel et pour lequel je préfère ne rien dire pour la raison évoquée plus
haut !
3- Trouver enfin la
motivation pour passer l’agrégation.
4- Gagner au loto pour pouvoir faire tout ce que je veux
dans la déco de ma maisonacheter une
nouvelle voiture, me vautrer dans les livres et les fringues… (mais comme je ne
joue jamais, ça risque d’être difficile…^^)
5- Trouver du temps (ce
qui revient à mieux organiser ma vie, il faut que je l’avoue) pour faire ce qui
me tient à cœur.
6- Avoir la volonté d’arrêter
de fumer.
7- Avoir un bon emploi
du temps l’an prochain
8- avoir enfin une ou deux poules bientôt ! ^^ (faut
bien terminer sur une note humoristique !)
Deuxième étape, dire à quoi me font
penser les mots qui suivent
:
Message :
mail
Blog :
chronophage
(depuis que je vais sur les vôtres ! ^^)
Prix du livre : trèèès mal au portefeuille !
Croix :
du Christ (celle
qui me faisait peur quand j’étais petite, chez ma grand-mère… ^^)
Scrap : mako moulage (mon chéri comprendra ! :) )
Création : artiste
Bonheur :
se niche dans les
détails
Vie : angoisse (oui, je suis bourrée d’angoisses existentielles…:/ )
Enfant :
candeur
Passion :
devrait être au
pluriel
Troisième étape : présentation de ma tagueuse. Il s’agit de Tiphanya !
Elle a un blog de lectures ICI, et un blog bazar (c’est elle qui le dit !)
ICI. Je connais son blog depuis peu, mais j’aime bien m’y rendre (merci google
reader !)
Maintenant je dois à mon tour taguer 8 personnes (8 personnes qui vont me haïr !!!)
et les prévenir. Mes victimes sont donc…. (roulement de tambour…) : Leil
(hi, hi !), Stéphie, Gio, Capp’, Eloah, Melmélie, Neph et Pimprenelle !
( Ne me
remerciez pas les filles… C’est de bon cœur. Vraiment ! ^^)
31 mai 2009
La saga Mendelson
La saga Mendelson, de Fabrice Colin (Seuil, 276 pages). Terminé le 28 mai 2009.
Genre : roman
RESUME EDITEUR : Le destin d'une lignée juive tout au long du
XXe siècle. Une chronique familiale échevelée avec son cortège de passions, de
secrets, de déchirures et de rencontres...1895-1929. D'Odessa à Hollywood en
passant par Vienne et New York, les premiers troubles du XXe siècle
contraignent la famille Mendelson à l'exil. Isaac Mendelson est horloger. Avec
sa femme Batsheva et ses deux enfants David et Leah, il mène une existence
paisible à Odessa. Mais en 1905 éclate la mutinerie du Potemkine, bientôt
suivie d'un terrible pogrom. Isaac et les siens n'échappent que de justesse à
la mort. Dès lors, ils n'ont d'autres recours que de prendre la route pour
rejoindre Vienne... À travers les témoignages, les journaux intimes et les
photos retrouvés dans les archives des Mendelson, Fabrice Colin raconte le
destin d'une famille exceptionnelle.
J’ai fini le livre depuis quelques jours, mais j’ai
tardé à en faire le commentaire… Mais mieux vaut tard que jamais comme
on dit ! ^^
Je ne suis pas forcément très impartiale en ce qui
concerne Fabrice Colin, qui est un auteur dont j’aime beaucoup la plume. Mon
dernier coup de cœur avait été son roman Camelot aux senteurs surannées
et enivrantes dignes du Grand Meaulnes, des Disparus de St Agil
ou du Cercle des poètes disparus… un petit bonheur.
Ici, changement de cap radical ! La saga
Mendelson raconte le destin d’une famille juive, de la fin du XIXème siècle à
nos jours. Ce premier tome pose donc les bases de cette fantastique saga
romanesque à souhait.
La phrase en exergue parle d’elle-même : « Les
fantômes aiment le yiddish (…) et ils le parlent tous ». Oui, ce roman
est peuplé de fantômes dont les ombres flottent dans les replis tortueux de
l’Histoire, rappelant aux vivants qu’un jour eux aussi ont connu le souffle
d’une existence poignante, à la fois infime et grandiose. La saga Mendelson
évoque avec force et émotion les membres d’une famille qui a traversé épreuves
et bonheur avec la détermination de ceux qui sont habitués à se battre.
Je dois avouer qu’au départ, j’ai été un peu
gênée par deux choses :
- l’utilisation du présent de narration (ou
présent historique) auquel je ne suis pas habituée. C’est très déstabilisant de
prime abord. Je n’arrivais pas à m’empêcher de me dire « tiens, ça
l’aurait mieux fait si ça avait été dans les temps du passé »… Et puis,
au final, on s’y fait. On s’y fait même très bien puisque l’on est emporté
dans le rythme, et j’ai fini par ne plus y faire attention.
- un côté didactique un peu trop prononcé
parfois. Mais là, il faut se souvenir que c’est un livre destiné à la
jeunesse, et que si personnellement je connais l’histoire du cuirassé Potemkine
(par exemple) ou si je sais comment se passaient les pogroms, le jeune public
auquel est destiné ce roman, lui, n’est pas toujours très au fait de ces points
d’histoire. Du coup, il est vrai que ce n’est peut-être pas inutile de faire
ces digressions qui permettent d’assurer le contexte de la saga familiale
auprès du lectorat plus jeune.
Mais si l’on excepte ces deux points précis, le
reste est tout à fait agréable. Je dirais même plus, c’est passionnant. Au
fur et à mesure de ma lecture, je me suis complètement laissée emporter par
l’histoire, et j’ai suivi avec une curiosité grandissante le destin
de cette famille qui a le don, il faut le reconnaître, de se retrouver dans les
événements les plus marquants de son temps, voire de cotoyer des personnages
qui auront un poids certain dans l’Histoire (ainsi en va-t-il avec la rencontre
fortuite de David avec un certain Adolf, à Vienne…).
Je me suis vraiment sentie à l’aise dans la
dernière partie du roman, lorsque commence
leur aventure américaine (même si j’ai été tout aussi brusquée que les
Mendelson par la mort d’Isaac…) Dès ce moment-là, j’ai complètement dévoré
le livre, suivant avec une attention accrue la vie de ces personnages
hautement attachants. D’ailleurs, en refermant le roman, je me suis dit « oh
non ! pas maintenant ! ». Si ce n’est pas un gage de qualité,
ça…
J’ai également beaucoup apprécié la forme adoptée
par le roman qui alterne différentes voix pour raconter cette véritable
odyssée familiale. Le narrateur, Fabrice, interroge ainsi Leah, la fille
d’Isaac Mendelson, et retranscrit ses entretiens sous forme d’interwiews. Et le
lecteur de découvrir alors une vieille femme qui remonte le temps de ses
souvenirs pour les livrer avec pudeur, mais sans renier un certain franc-parler
qui la rend très attachante. Mais on a aussi des extraits de journaux intimes,
comme ce que montre l’extrait mis en image. Quelques photos aussi. Des plans. Cet
ensemble de textes-support concourt à donner l’impression d’un vrai travail de
recherches. De la mise en forme de documents trouvés dans une malle au trésor
familiale.
Si vous êtes curieux de voir ce que ça donne, pour
vous faire une idée de la nature du livre, mais aussi pour vous mettre un peu
l’eau à la bouche, je vous encourage à visiter ce lien ICI, qui vous mènera à
un document PDF présentant les premières pages du livre.
Bref, vous l’aurez compris, j’ai été séduite par
ce nouveau roman de Fabrice Colin. Que je remercie d’ailleurs
chaleureusement pour m’avoir envoyé son roman. Et là, je n’ai plus qu’une
question : à quand la suite ? ^^
Redonner vie aux fantômes est un don, et Fabrice
Colin le possède, sans nul doute.

27 mai 2009
Alwenn au pays des merveilles
L’heure de la révélation du swap
jeunesse est venue !
C’est Virginie qui m’a gâtée ! Je vais donc vous dévoiler tout ce que
contenaient les merveilleux petits paquets enveloppés par les bons soins de
ma swappeuse ! (vous excuserez la mauvaise qualité des photos, c’est
encore pris avec mon téléphone portable, car mon cher et tendre avait embarqué
l’appareil numérique pour ses recherches aux archives… vrai de vrai en plus !
^^ )
Mon colis est donc arrivé hier,
avec notamment la jolie carte de La marelle qui ouvre cet article !
Une fois déballé, le colis
contenait tous ces jolis paquets !

- Le livre Midnighters de
S. Westerfeld : j’avais lorgné dessus, donc j’ai hâte de le découvrir !
- L’album L’amoureux de l’illustratrice
R. Dautremer, que j’adooore ! En plein dans le mille encore une fois !
- Un DVD de l’histoire sans fin,
que je me souviens avoir vu quand j’étais petite, et je vais donc pouvoir le
regarder avec plaisir avec mes yeux de grande fille ! :D
- Un super joli carnet La
marelle ! J’adooore ! Je suis fan de carnets, et celui-là est
vraiment joli !
- Un point de croix Pierre Lapin
de Beatrix Potter, et là, je dis chapeau bas Virginie : je serais bien
incapable de faire ce travail de minutie ! Encore dans le mille pour le
choix du thème puisque je suis une inconditionnelle des lapinous et de B.
Potter ! Mille mercis !
- Des carrés de chocolat (noirs s’il
vous plaît, comme je les aime ! –et ça m’évite de me les faire voler par
mon chéri… ^^) avec la Rouen Touch puisque ce sont des carrés « Jeanne D’Arc » !
- Des biscuits, toujours au
chocolat noir
- Deux marque-pages (dont l’un au
concept rigolo puisque parmi une multitude de papillons, il faut trouver un
intrus ! Et si on ne trouve pas, il faut gratter le marque-page au dos !
Mais je n’ai pas eu besoin, je l’ai repéré tout de suite, le malotru ! ^^)
- un bracelet indien porte-bonheur
dont je n’arrive pas à me rappeler le nom et avec lequel je m’amuse comme une
folle ! J’en avais eu un ado je crois mais n’en avais plus. Et je trouve
que ça détend !
- deux petites cartes mignonnettes, l’une pour me dire que Virginie n’était pas sadique et que je pouvais ouvrir mes paquets, l’autre en moumoute rouge, adorable, et enfin une petite lettre !

Mille mercis à toi Virginie !
Swap jeunesse réussi ! Et en plus maintenant que je connais ton blog, je
viendrai faire des visites régulières ! :D
Un grand merci aux deux gentilles organisatrices, Ori et Charlotte !
26 mai 2009
La Signora Wilson
La Signora Wilson, de Patrice Salsa (Actes Sud, 140 pages). Terminé le 22 mai 2009.
Genre : roman
RESUME EDITEUR : Le narrateur de ce livre vient d'arriver à Rome. Nommé dans
une ambassade, ce jeune Français issu de la grande bourgeoisie découvre avec
délices la splendeur de la cité italienne et, non sans ironie, l'indolence des
fonctionnaires en poste. Très vite, il s'installe dans un palazzo romain, un lieu
où tout serait parfait si ce nouveau locataire n'était sans cesse dérangé par
une multitude d'appels téléphoniques. Une certaine Signora Wilson est chaque
fois demandée. D'une promenade à l'autre, le jeune homme apprivoise cette ville
incomparable, mais sa fascination pour ces lieux prestigieux et son
désœuvrement professionnel l'entraînent vers de tout autres rêveries. Perdu
dans la contemplation des pierres, il traverse la rue sans prendre garde et
bascule soudain par-dessus le capot d'une automobile. Mais dans l'instant il se
relève. Commence alors une autre histoire, un voyage au cours duquel il pourra
percevoir l'origine de ses peurs, revisiter son enfance, sublimer l'antique,
démultiplier le désir, et comprendre l'étrange machination de la Signora Wilson.
J’avais repéré ce livre chez Hélène il y a quelques
temps déjà et le beau temps revenant, je me suis prise à rêver d’un peu
d’ambiance romaine. Et La Signora Wilson semblait faire un parfait ouvrage
de compensation.
Je me suis donc confortablement installée à l’ombre
et j’ai commencé ma lecture. Dès les premières pages, on pénètre l’univers du
narrateur qui vient d’arriver à Rome. Il vit seul dans un grand appartement
situé dans un palazzo, et très vite, des coups de fils insistants viennent
le déranger à toute heure du jour et de la nuit. Les interlocuteurs n’ont
qu’une seule requête : pouvoir joindre la Signora Wilson, que le narrateur
ne connaît pas.
Le livre se déroule en sept grandes étapes, comme les jours qui
s’écoulent depuis l’accident. En effet, dès le début du roman, le narrateur
se fait renverser par une voiture mais se relève rapidement. Dès ce moment,
des évènements étranges vont survenir, mettant le narrateur bien en peine de
comprendre ce qui ne va pas dans cette ville et dans sa vie.
Jusque là, on pourrait penser à un basculement
dans le fantastique. Et quelques scènes (celle du tailleur notamment) s’en
rapprochent. Sauf que l’auteur émaille généreusement (trop ?) son texte
de référence culturelle et mythologique qu’il m’a été personnellement très
facile de décrypter (tout lecteur de Virgile, et en particulier du livre
VI de l'Enéide, mais aussi d’Homère, sauront tout de suite à quoi je fais allusion s’il
venait à lire ce livre…)… De ce fait, j’ai suivi le parcours initiatique du
jeune narrateur d’un regard presque détaché, ne comprenant que trop bien là où
l’auteur voulait m’emmener.
L’écriture est assez agréable, même si j’ai parfois pu regretter l’abus de
descriptions (toujours dans la scène du tailleur, la pléthore d’adjectifs
de couleurs m’a un peu donné le tournis…) et les circonvolutions
événementielles dans cette semaine particulière de la vie du narrateur,
dont je n’ai pas toujours saisi l’importance par rapport au roman (par exemple,
j’ai toujours du mal à analyser la fonction de la découverte de la pièce secrète
emplie de vêtements…)
Je reconnais toutefois avoir été sensible à
l’ambiance qui se dégage du roman : la vie romaine, l’onirisme, les
ambiances de palazzo aux fresques défraîchies (extrêmement importantes
toutefois dans le décryptage symbolique de l’œuvre), la qûete de vérité du narrateur…
mais cela n’a pas été suffisant pour me faire entièrement apprécier La
Signora Wilson…
Le dénouement du roman m’a d’abord agréablement
surprise, proposant une
résolution de l’intrigue, qui, même si je m’y attendais dès les premières
pages, envisageait une explication plutôt bien pensée. Où l’on comprend
pourquoi les lys, qui figurent en bonne place sur la couverture, ont un parfum
d’antan et un parfum de mort. Mais finalement, cette agréable surprise passée, j’en
suis toujours à me poser des questions sur
l’identité de la Signora Wilson.
Qui est-elle en réalité ? J’ai bien une idée, mais qui me semble tout à
fait tordue, même si je reprends les éléments de départ du roman. Et je n’aime
pas rester sur l’impression d’être passée à côté de quelques chose
(mauvaise lecture de ma part) ou bien alors de m’être fait flouer
(intentions et/ou écriture de l’auteur peu claires).
Un court roman délassant donc, mais qui n’a pas su toutefois me convaincre pleinement. Je retiendrai cependant que dans La Signora Wilson, la gemellité d’Hypnos et Thanatos trouve une expression plutôt soignée mais sans doute trop (pré)visible pour certains lecteurs au fait d’antiquité et de mythologie.

Les joies de la boîte aux lettres
Stéphie est une fille formidable ! Vous ne la connaissez pas ?
C’est un tort ! Elle a ouvert son blog Mille et une pages depuis
peu, mais comme elle dévore les livres à la vitesse grand V, il est déjà bien
fourni ! Je vous invite donc à aller lui rendre une petite visite et à
lui laisser un commentaire…
Et si vous êtes joueurs, elle met
un livre en jeu dans cet article. Le principe est simple, il suffit de découvrir le
fonctionnement astucieux de l’étagère invisible qui a fait fureur chez Gio. Dépêchez-vous ! Vous pouvez participer jusqu'à ce soir minuit !
Et Stéphie, en plus d’être une LCA
et une désormais blogosphère addict, a un cœur d’or : me
sachant en convalescence depuis quelques jours, elle m’a fait parvenir un
livre, La sève et le givre de Léa Silhol ! C’est adorable !
Je l’avais vu une fois chez une blogueuse, et noté sur ma LAL. Il intègre
désormais ma PAL et j’ai hâte de le découvrir !
Merci ma belle ! Je te
remercie chaleureusement, c’était inattendu et ça m’a beaucoup, beaucoup
touchée !
23 mai 2009
Northanger Abbey
Northanger Abbey, de Jane Austen (10/18, 285 pages). Terminé le 21 mai 2009.
Genre : roman
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Jane Austen jugeait désuet l'engouement de son héroïne
Catherine Morland pour les terrifiants châteaux moyenâgeux de Mrs Radcliff et
les abbayes en ruine du préromantisme anglais. Parodie du roman gothique,
satire pleine de saveur de la société anglaise qui prenait ses eaux à Bath,
Northanger Abbey est aussi le roman très austénien du mariage et très moderne
du "double jeu.
Aaah… l’ironie de Jane Austen ! Dans ce
Northanger Abbey, je crois qu’elle s’en donne encore plus à cœur joie…
Sa voix, à travers celle de la narratrice, se fait entendre à de nombreuses
reprises, et fustige à qui mieux-mieux les travers délicieusement bovarystes
de l’héroïne, Catherine Morland…
J’ai d’abord eu du mal à apprécier cette héroïne.
Décrite comme une petite fille un peu rétive, un peu dissipée, elle n’a pas
gagné tout de suite es faveurs. Ensuite, c’est son côté oie blanche qui m’a
pour le moins agacée… Dites, rassurez-moi, vous aussi vous avez souvent eu
envie de lui dire qu’elle était franchement idiote ?
Au bout du compte, cette naïveté crédule finit
par faire de Catherine un personnage extrêmement attachant et –du même
coup-, rend les autres encore plus détestables… Rhâââ… les Thorpe… J’ai tout de
suite détesté James. Beuark. Vaniteux, fieffé menteur et indélicat. Quant à
Isabelle… je me suis d’abord surprise à penser qu’elle avait les défauts de son
frère tout en ayant la capacité de les corriger. Que nenni. Vile, perfide et
manipulatrice Isabelle Thorpe. Je lui aurais bien donné des claques,
tiens ! Ben oui, parce que Jane Austen, c’est aussi ça : elle est
capable de nous transcrire tellement bien la nature humaine qu’on en arrive à
se laisser totalement aller avec le récit et à se couler sans la moindre
vergogne dans le bovarysme le plus éhonté… (oui, j’avoue, Catherine Morland,
c’est aussi moi… ^^)
Cette intrigue, qui prend place en deux lieux bien
différents l’un de l’autre, donne d’abord à voir la ville de Bath, bien connue
par Jane Austen elle-même, comme une ville de plaisirs, de bals, de boutiques
et de chassés-croisés en société. C’est très vivant et Jane Austen sait rendre
brillamment toute cette effervescence mondaine qu’accueillait Bath en ces
temps-là. La deuxième partie se tient bien sûr à Northanger abbey, où
l’imagination fertile de Catherine pourra s’exprimer de la manière la plus
parfaite qui soit, pour notre plus grand plaisir. J’avoue que c’est cette
partie-là qui m’a le plus amusée. L’ombre du général Tilney, dont
Catherine ne perçoit pas les desseins, plane au-dessus de la jeune héroïne, et
de ses deux nouveaux amis, Eleanore et Henry Tilney… La dérision que l’on
sent poindre dans cette partie, des romans gothiques tels Les mystères
d’Udolphe d’Ann Radcliffe est un pur bonheur ! J’ai trouvé aussi,
de manière anachronique bien sûr, un petit écho de Jane Eyre dans cette
histoire d’épouse décédée dont la chambre se trouve dans une partie reculée de
la maison. Mais que diable ! Nous sommes en Angleterre ! Si les
vieilles demeures ne peuvent plus accueillir tranquillement secrets, mystères
et fantômes sordides, où allons-nous ? :D
J’ai tout de suite été charmée en outre par
le personnage d’Henry Tilney. Beaucoup moins charismatique que Darcy, of
course, nul besoin de le mentionner. Mais tellement plus espiègle et taquin !
C’est un personnage que l’on sent fidèle et loyal, joueur, mais sans jamais une
once de méchanceté. Mauvais point toutefois, et c’est LE truc qui m’a fortement
déplu, c’est lorsque dans le dénouement, il avoue à Catherine qu’il l’a aimée
dès le moment où elle s’est mise à l’aimer. Et c’est par une sorte de
reconnaissance à ce candide amour qu’il s’est épris d’elle… Bouhouhou… Tu
parles d’un romantisme sur ce coup-là… D’accord, je ne demande pas non plus que
l’on tombe dans le galvaudé et artificiel « Love at first sight »…
Mais le coup du « Je vous aime parce que vous m’avez d’abord aimé »…
Très peu pour moi… Et ça a un peu brisé l’image si parfait que je me faisais
de l’adorable et humble Henry Tilney. Bon, spa grave, hein. C’est un peu du
détail. Mais quand même. Parce que dans le fond, je crois que j’aime beaucoup
ce personnage. Sa comparaison entre le mariage et la danse m’a fait bien sourire.
Et son humour froid aussi. Très attachant, ce Henry…
Northanger Abbey est finalement le roman des masques, des faux-semblants et des
quêtes. Quête du mari, de l’amie, des connaissances, mais aussi de la
vérité. Et quand les masques tombent enfin, on peut avoir toute l’expression
austenienne du bonheur simple et charmant.
Comme d’habitude donc, c’est un régal de
découvrir un nouveau roman d’Austen pour moi. Héros différents, intrigues
différentes, lieux différents, plaisir de lecture toujours semblable.
C’est une langue qui –même dans sa traduction-, roule, se savoure, et trouve
son rythme au gré des rebondissements et des coups de théâtre.
Pour lire ce que les autres ont pensé de ce roman,
petit tour chez BOB (clic sur le logo !) ![]()
Et que dire alors de l’adaptation qui a été faite
dernièrement et que je n’ai pu m’empêcher de regarder dès ma lecture
finie ? Eh bien j’ai trouvé que c’était une bonne adaptation dans
l’ensemble. Bon, on n’évitera pas les habituels raccourcis de l’intrigue
pour faire tenir le roman dans un format d’1h30 et les petites licences qui
vont de pair avec toute scénarisation…
Les plus :
- Felicity Jones fait une parfaite Catherine
Morland, fraîche et pétillante.
- JJ Feild fait un
honorable Henry Tilney, charming and handsome...
- James Thorpe est aussi laid que je l’imaginais…
(pouah !) :D
- Les décors, costumes et ambiances sont soignés
et so austeniens !
- L’ambiance de Northanger Abbey est particulièrement
réussie (même si là, pour le coup, il y a des coupes sévères à l’histoire originale)
- Le capitaine Tilney fait encore pire que
dans le roman pour punir la méchante Isabelle Thorpe ! (gniark, gniark…)
- L’imagination enfiévrée et parfois délirante de Catherine a
bénéficié des effets spéciaux dûs à la télé et ça rend drôlement bien (quelle
coquine cette Catherine… et d’ailleurs la référence au Moine de Lewis,
absente du roman, si je ne m’abuse, est plus que révélatrice à cet égard… ^^)
Les moins :
- J’ai regretté qu’on ne voie pas davantage le
foisonnement de la vie mondaine à Bath. Bien sûr, il y a les bals, mais la
fameuse Pump room ne se voit accordée qu’une pauvre scène. Et encore
est-on plus focalisés sur les personnages…
- Le général Tilney est supposé être très bel
homme… Bon, ben, sur ce coup-là, je passe…
- Eleanor Tilney m’a semblée bien vieille…
Je la voyais davantage de l’âge de Catherine.
- Et puis, il y a cette fin… Et là, j’ai envie de
crier : mais c’est quoi cette fin ??? Nan, mais franchement,
ça va beaucoup trop vite, et puis les deux dernières images sont… comment dire…
sans saveur. J’ai dû me repasser trois fois la fin pour être sûre que le
premier couple qui sortait était bien celui de Catherine et Henry, suivis (je
crois) d’Eleanore et son mari ( ?). Et puis le coup de l’abbaye avec le
général très en colère et solitaire, bof…
- Et justement, en parlant de l’avant-dernière
scène, c’est quoi cette histoire avec l’ami d’Henry qui en pince pour Eleanor
et vice-versa ? Mouaif… pas convaincue.
Encore un chouette moment devant une adaptation
d’Austen malgré ces quelques défauts, qui ont parfois pu me gêner. J’aurais
bien envie d’en redemander. Mais après avoir visionné en bonus les deux autres
productions Koba, je crois que je vais passer mon tour sur Emma
(le personnage de Mr Knightley est tout bonnement… horrifique d’insipidité !)
ainsi que sur Mansfields Park (un extrait où l’on voit une Fanny Price
jouée par la fille qui tient le rôle dans la série « Journal d’une
call-girl » –que j’abhorre- et qui m’a donc semblé auréolée d’une
vulagarité sans borne… pas pour moi ! Et un jeune homme qui joue le
méchant fils d’Azazel dans la série britannique Hexx… ouais, bof. Z’ont pas d’autres
acteurs en Grande-Bretagne ?)
Bon, eh bien, ce challenge Jane Austen avance
lentement, mais sûrement… J’en suis déjà à me dire que ce sera trooop triste
quand j’aurai lu tout ce qu’il y a lire d’elle…


