27 septembre 2008
3 mètres au-dessus du ciel
Trois mètres au-dessus du ciel, de Federico Moccia (Gallimard, 381 pages). Terminé le 22 septembre 2008.
Genre : roman
(littérature jeunesse)
Avis : 5/5 Livre coup de coeur
RESUME EDITEUR : Jeunes et déchaînés, ils s'aiment jusqu'à décoller de terre, jusqu'à toucher le ciel. Plus que ça. Au moins... trois mètres au-dessus du ciel ! Mais ils ne sont pas seuls : il y a le lycée, les parents, la bande copains qui dérape et franchit les limites... Une histoire d'amour haletante. Le livre culte de la jeunesse italienne.
Deux ans que j’attendais de lire
ce roman ! Je l’avais repéré dès sa sortie dans une librairie, mais je
m’étais dit que je le prendrais plus tard… Et deux ans se sont écoulés avant
que je puisse remettre la main dessus ! Deux ans d’attente et je l’ai
dévoré en moins de deux jours !
Rome. An 2000. Ambiance italienne moderne. Le
livre s’ouvre sur une écriture presque filmique. Lui est l’avatar d’un James
Dean insolent et violent. Elle est une Audrey Hepburn blonde dans Vacances
romaines, encore ingénue mais au caractère néanmoins bien trempé. Le ton est
donné : ils ont la jeunesse dans les veines, et la passion qui va bientôt
les enflammer va donner une dimension nouvelle et inattendue à leur vie. Pour
les changer. A tout jamais.
Babi fait partie de la bourgeoisie
romaine. Step est un petit délinquant qui arpente les rues de Rome avec sa
bande, à moto, et aime se battre. Tout les sépare. Ils n’auraient jamais dû se
rencontrer… Et pourtant… Cette histoire d’amour improbable – et pourtant
dans le fond si classique- m’a complètement transportée.
La plume de Federico Moccia glisse et emporte son lecteur dans cette
Rome moderne dans laquelle on ne pourra s’empêcher de trouver une atmosphère
à la Fellini ou à la Visconti. C’est la Dolce Vita, ou c’est Rocco
et ses frères. Ce sont les Vespa qui sillonnent les Via entre les voitures.
Ce sont des jeunes qui se retrouvent aux cafés ou aux fontaines. Ce sont des
ragazzi e ragazza di oggi qui cherchent les limites. Qui se cherchent. Qui font
leurs premières expériences.
J’ai regretté de ne pas connaître
l’italien pour pouvoir lire le roman dans le texte. Mais l’Italie entière
souffle sous la plume de Moccia et on peut presque sentir la saveur mélodieuse
de la langue dans les dialogues des personnages.
Même si de prime abord on pourrait
penser qu’il s’agit –encore- d’une histoire d’amour romantique, la complexité
des liens qui unissent les différents protagonistes du roman (renforcé par le
clivage social voulu par l’auteur) intensifie ce qui aurait pu n’être qu’une
romance naïve et sans surprise. Certaines scènes par exemple sont violentes.
Et cette violence exacerbe les sentiments, même si elle provoque parfois un
certain malaise.
La rencontre du monde de Babi,
lisse et clinquant, et celui de Step, violent et décadent, fait des étincelles. Et laisse des scènes mémorables
comme celle des courses de motos à la Fureur de vivre où des jeunes
filles, les Camomilla, se ceinturent de dos au conducteur qui fonce à toute
allure sur une roue.
C’est tout le parfum d’une
jeunesse qui pense encore que l’éternité est leur apanage qui vous enivre. Que le livre ait été plébiscité
par la jeunesse italienne ne m’étonne pas. Cette chronique italienne d’un amour
passionnel a tout d’un West Side Story contemporain. Avec ses tumultes,
ses rivalités, ses attirances ou ses remises en question.
Je ne m’étendrais donc pas
davantage sur le livre, pour ne pas trop en dévoiler, mais vous l’aurez
compris : j’ai été subjuguée par ce roman. Au point que j’ai même
l’impression de ne pas pouvoir en parler de manière satisfaisante. Pas assez
bien en tout cas pour évoquer le tourbillon dans lequel l’histoire nous emporte
au fil des pages. C’est touchant, fort, intime et ravageur.
Federico Moccia a écrit une suite, J’ai envie de toi. J’ai envie de la lire bien sûr, et en même temps, Trois mètres au-dessus du ciel se suffit tellement à lui-même ! Je ne sais pas encore si la peur d’être déçue sera plus forte que ma curiosité à retrouver ces deux personnages. Même si l’histoire en sera indéniablement différente… Mais pour l’amoureuse de Rome et l’Italie que je suis, ce sera dur de résister à la tentation… Le plaisir de me glisser dans la peau de ces jeunes italiens renversés par la force de l’amour et de la vie ne pourra sans doute que ravir encore une fois mon cœur de midinette. Et puis, il faut que je l'avoue, j'adore les bad boys (si en plus ils ont une moto...)... alors Step ne pouvait que me séduire...
22 septembre 2008
Ils sont plus nuls que l'an dernier !
Ils sont plus nuls que l’an dernier !, de Marie et Soph’ (Magnard, 64 pages).
Terminé le 21 septembre 2008.
Genre : Album/bande dessinée
Avis : 5/5
RESUME EDITEUR : Quel professeur n'a pas croisé, au cours de sa carrière, quelques-uns de ces spécimens du règne élève : le fashion victim , le couineur, le pas d'amis ou le mollusque ? Voici un bref panorama au vitriol de la planète " élève " pour découvrir la face cachée de nos chers bambins.
Je connaissais bien sûr Soph’
depuis un petit bout de temps, grâce à son site internet des Toujours
ouvrables, que je donne en lien dans la colonne de droite. Prof de lettres,
elle croque avec un humour grinçant et toujours juste la vie des profs
aujourd’hui, dans une chronique très sympathique.
L’an dernier, elle a même gagné le deuxième prix révélation blog BD au Festival de la BD d’Angoulême (tiens, j’y reviens encore… comme c’est bizarre… ^^) Et voilà la renommée qui ouvre les bras à Soph’. Du coup, Magnard s’est intéressé à cette illustratrice de talent pour nous proposer des petits albums au format assez étrange : de petits livrets, fins, de forme carrée et aux couleurs pétulantes !
J’ai donc commencé cette série de
« Six petits guides déjantés à l’usage des profs » par Ils sont
plus nuls que l’an dernier ! On y trouve non seulement les fameuses
pages de bloc notes à petits carreaux où le personnage de Soph’ nous raconte
tout ce qui fait la déprimante trépidante vie d’un prof aujourd’hui,
mais en plus, elle s’est associée à Marie, décrite sur la quatrième de
couverture comme « l’écrivain » de l’aventure. C’est pour cette
raison que je ne classe pas ces livrets uniquement dans la Bande dessinée car
la forme se rapproche également de l’album grâce aux intermèdes de Marie
justement : de courts textes, incisifs, qui m’ont fait rire aux éclats
de nombreuses fois. C’est totalement réaliste et l’humour se glisse dans chaque
phrase !
Dans cet album, les deux filles
s’attaquent donc aux différents types d’élèves que le prof peut avoir dans sa
classe : et ils sont tous là ! (J’avais les noms de mes monstres en
tête pour chaque type décrit !). On découvre ainsi les particularités de l’amoureux,
le couineur, l’élève au QI d’huître, l’enfant-roi, le pas-d’amis, les fashion-victim,
le mollusque et son contraire, l’hyperactif, ou encore le bon élève ou le
pot-de-colle.
A chaque catégorie, on trouve donc
un texte au vitriol de Marie, et un strip bourré d’humour de Soph’. Du
bonheur en 64 pages ! Il ne me reste désormais plus qu’une seule chose à
faire : me procurer les 5 autres guides le plus rapidement possible !
Et même quand on n’est pas dans l’éduc nat’, je suis sûre qu’on peut trouver un
malin plaisir dans ces albums sans concession, à prendre, bien sûr, au 2ème
degré, au moins !
20 septembre 2008
La Princesse des glaces
La princesse des glaces, de Camilla Läckberg (Actes Sud, 381 pages). Terminé le 20 septembre
2008.
Genre : roman policier
Avis : 3/5
RESUME EDITEUR : Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d'une amie d'enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d'eau gelée. Impliquée malgré elle dans l'enquête (à moins qu'une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l'œuvre), Erica se convainc très vite qu'il ne s'agit pas d'un suicide. Sur ce point - et sur beaucoup d'autres -, l'inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint. A la conquête de la vérité, stimulée par un amour naissant, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, plonge clans les strates d'une petite société provinciale qu'elle croyait bien connaître et découvre ses secrets, d'autant plus sombres que sera bientôt trouvé le corps d'un peintre clochard - autre mise en scène de suicide. Au-delà d'une maîtrise évidente des règles de l'enquête et de ses rebondissements, Camilla Läckberg sait à merveille croquer des personnages complexes et - tout à fait dans la ligne de créateurs comme Simenon ou Chabrol - disséquer une petite communauté dont la surface tranquille cache des eaux bien plus troubles qu'on ne le pense.
Comme à chaque fois, le fait que
je mette du temps à lire un livre reflète mon manque d’engouement pour le livre
en question… C’est une copine qui me l’a prêté et j’en suis bien contente.
J’avais déjà regretté d’avoir acheté Sépulcre, et j’aurais eu le même
sentiment avec cette Princesse des Glaces… Donc, tant mieux, ce prêt m’a
évité un achat inutile…
Décrit comme un polar suédois
prenant la digne relève de la série Millénium de Larsson, force est de
constater que les deux livres ne sont absolument pas comparables !
D’aucuns y ont vu également une Bridget Jones nordique menant l’enquête dans
une petite ville aux lourds secrets… Et pour avoir lu les deux opus des
aventures de la trentenaire british la plus déjantée que j’ai eu l’occasion de
lire, il n’y a là non plus aucune comparaison possible (si ce n’est
l’archi-connu épisode de la culotte mémère et du collant gainant, quasiment
plagié par Camilla Läckberg ici) ! Bref, j’en finis par me demander quel est ce
besoin que les gens ont toujours de vouloir plaquer des références connues sur
des univers qui n’ont rien en commun ?
Au final, je crois que je n’ai pas
grand-chose à dire sur ce livre : beaucoup de longueurs, un style pas
toujours très heureux (et c’est peu de le dire, je trouve…), une histoire
d’amour trèèès à l’eau de rose (oserais-je dire « cul-cul » ?),
un tout petit peu d’humour (enfin, juste de quoi relever le coin de la lèvre
une ou deux fois), et une caricature des couples qui sont décrits dans le
roman. Enfin, bref, comme vous l’aurez compris, je n’ai été que très peu
emballée par ce roman.
Et puis pour le rebondissement, on
repassera : l’intrigue est à la hauteur des films d’Ingmar Bergman :
lente. Une centaine de pages avant la fin, j’avais compris ce qui se passait.
Du coup, je dois l’avouer, j’ai passé un peu plus vite les pages de fin pour
pouvoir enfin terminer ce bouquin.
Je suis déçue donc et La princesse
des Glaces ne restera pas un souvenir impérissable..
Leil l’a lu aussi : voir son
avis.
14 septembre 2008
Sator, l'énigme du carré magique.
Sator, l’énigme du carré magique, d’Alain Le Ninèze (Actes Sud, 250 pages). Terminé le 09 septembre 2008.
Genre : roman
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Rome et Jérusalem, 62-67 après J.C. Trente ans après Ponce Pilate, Lucius Albinus est procurateur de la province de Judée. A la demande de son oncle, Balbus Pison, sénateur romain secrètement converti au christianisme, Albinus entreprend de déchiffrer le cryptogramme sacré qui sert de signe de ralliement aux premiers chrétiens persécutés par Néron. L'enquête qu'il mène en Palestine le conduit à rencontrer les derniers témoins encore vivants du procès et de la mort de Jésus. En même temps, la récolte gronde en Judée contre l'occupant romain. Le procurateur est entraîné, malgré lui, dans la tourmente de la première insurrection juive qui aboutira en 67 à la libération éphémère de Jérusalem. De l'autre coté de la Méditerranée, à Rome, Balbus se mêle à un complot contre Néron. Il tente de pousser les chrétiens à se soulever contre l'empereur sanguinaire qui a pris à ses yeux le visage hideux de la Bête... Le cryptogramme évoqué dans le manuscrit d'Albinus a été exhumé des ruines de Pompéi en 1936 et daté de 62 après J.C. Connu depuis l'Antiquité par des inscriptions plus tardives découvertes en divers lieux du monde chrétien, ce mystérieux carré de lettres, appelé " carré Sator ", n'a jamais pu être déchiffré. Le récit de Lucius Albinus jette une lumière nouvelle sur cette énigme de l'archéologie chrétienne.
Voilà
un petit livre épatant, qui sous couvert de la quête de la signification du
carré magique des chrétiens, nous raconte la longue conquête et l’occupation de
la Judée par les Romains, une trentaine d’années après l’affaire Jésus Christ
et à l’aube de la révolte du pays, qui se termina par la chute de Jérusalem
sous l’assaut des troupes de Titus…
Lucius
Albinus est procurateur de Judée, et son oncle, Balbus Pison, lui demande à
travers des lettres qui arrivent régulièrement de Rome de l’aider à découvrir
la signification de ce fameux carré magique, auquel l’impératrice Poppée
s’intéresse de près… Trouvé sur un mur à
Pompéi, le graffiti intrigue l’impératrice. La lecture en palindrome permet une
lecture presque entière du carré… car un seul mot ne trouve pas
de signification en latin, en son envers : AREPO… Quelle peut bien être la
signification de ce mot ?
Lucius, va alors
partir en quête des témoins des derniers instants de cet homme qui a tant fait
parler de lui ces dernières années, un certain Jésus, pour compléter les
recherches de son oncle, et peut-être ainsi l’écarter de la curiosité de
l’impératrice.
De
son côté, l’oncle, issu de l’illustre famille des Pison, prend part à la
fameuse conjuration qui tente de déchoir Néron de son trône, et éliminer ainsi
le tyran qui martyrise les Chrétiens, ses frères de religion.
L’ensemble
du livre est extrêmement bien documenté, nourri d’informations historiques
fondées et vérifiées. Bon, l’auteur se permet quelques licences avec la
véracité historique parfois, mais dès qu’il le juge nécessaire, il le signale
en note de bas de page, effort louable d’authenticité de sa part.
J’avoue
tout de même avoir parfois été un peu déstabilisée par le personnage de Lucius
Albinus, dont la personnalité un peu « lâche » m’a mise mal à l’aise
de temps en temps, surtout au début du roman. Mais au fur et à mesure du livre,
et donc au fur et à mesure de l’avancée de son enquête sur
« l’affaire » Jésus Christ, il gagne en profondeur et en consistance.
La quête d’indices pour la compréhension du carré magique va ainsi peu à peu se
muer en quête initiatique pour lui, et la fin est assez intéressante de ce
point de vue.
Je
pensais savoir beaucoup de choses sur le carré magique, mais finalement j’ai
découvert beaucoup plus que je ne l’imaginais ! C’est extrêmement
troublant et intriguant…
Un
bon moment de lecture donc, où même si le carré magique des chrétiens n’est
qu’un prétexte au récit des événements de l’occupation de Judée, on se laisse
prendre dans l’histoire, happer par les événements racontés, dans cette
ambiance chaude de la Judée antique.
Elle l'a lu aussi : Leil
07 septembre 2008
Aphorismes
Aphorismes, d’Oscar Wilde (Arléa poche, 269 pages). Terminé le 07 septembre 2008.
Genre : aphorismes
Avis : 5/5
D’aussi
loin que je me souvienne, j’ai toujours été fascinée pas le personnage d’Oscar
Wilde. Je me rappelle par exemple avoir reçu, ado, en cadeau à Noël, un agenda
Oscar Wilde, dont les pages glacées étaient truffées de photos du dandy
irlandais et de ses célèbres répliques. Je n’ai jamais utilisé cet agenda, de
peur de souiller de mon écriture et de mes viles préoccupations un si beau
carnet. Je l’ai toujours depuis, dans ma bibliothèque…
Et
pourtant, il y a peu encore, je n’avais jamais rien lu de Wilde ! Le
personnage me subjuguait mais je ne m’étais jamais aventurée dans ses œuvres… Quelle
tristesse… Et il a fallu un banal mais astucieux roman contemporain (Oscar
Wilde et le meurtre aux chandelles de Gyles Brandreth), que j’ai adoré,
pour me rappeler que de l’auteur je connaissais tout un tas de choses, mais de
l’œuvre, rien. Et me voilà piquée d’essayer de réparer cette tragique erreur…
J’ai
donc lu il y a peu le fameux Portrait de Dorian Gray, que j’ai
énormément apprécié. Voilà une première erreur réparée. Mon prochain objectif
est de lire son théâtre. Mais avant, j’ai eu la curiosité de lire ses
aphorismes, dont beaucoup encore sont connus et font les bons mots de certains
ingénieux qui s’escriment à copier le maître…
J’ai
donc dévoré en une petite heure ce livre d’aphorismes de Wilde, dérogeant pour
une fois (et c’est une première !) à ma sacro-sainte horreur d’écrire dans
mes livres, en notant d’une discrète croix de papier à crayon les remarques les
plus fines ou qui m’étaient les plus parlantes… Et quel régal ! Un festin
de traits d’esprits. Du grinçant. Du cynisme. De la lucidité. De l’humour. Et
plus que tout, ce qui fait le génie de Wilde, du paradoxe ! Je me suis
émerveillée à la lecture de chaque page, dans chaque thème, du génie brillant
et inventif de la pensée wildienne. Qu’il devait être bon d’avoir Wilde à sa
table ! Qu’il ait fasciné ses contemporains comme il peut encore nous
fasciner n’est pas étonnant. Comme il se plaisait à dire lui-même, il n’avait
que son talent à mettre dans ses œuvres, gardant son génie pour sa vie.
Le
livre propose donc un florilège des meilleures réparties de Wilde, classées
selon des thèmes. 46 thèmes pour être plus exacte, qui vont de l’argent aux
parents, en passant par l’amour et l’amitié, mais faisant un détour aussi par
le tabac, la vérité ou encore le travail. Il serait inutile et fastidieux pour
moi de répertorier tous les thèmes abordés, mais il est bon de noter que rien,
dans cette société victorienne fin de siècle, n’est épargné par son esprit et
son intelligence… pour notre plus grand bonheur aujourd’hui. Un vrai thésaurus
au sens étymologique du terme : un trésor. Et qui me donne encore plus
envie de plonger dans l’univers de Wilde, que ce soit par ses œuvres ou sa vie.
A
noter aussi une très intéressante préface écrite par Stephen Fry, acteur
anglais qui a joué le rôle de Wilde au cinéma aux côtés de Jude Law (dans le
rôle de Lord Alfred Douglas), et qui analyse son rapport avec l’auteur avec
humour (anglais, bien sûr, toujours !) mais aussi réalisme. Il tâche
d’essayer de comprendre le rapport que notre monde moderne entretient aujourd’hui
avec la figure mythique de cet écrivain original et l’image que l’on se fait de
lui avec la réalité de ce qu’à été l’homme dans sa vie, brisé sur l’autel de la
bienséance et de l’hypocrisie, passant du faîte à l’abîme dans des
circonstances qui nous paraissent aujourd’hui aberrantes… et pourtant !
Telle est la vie de Wilde, et tel est ce qui a contribué à faire de lui la
légende qu’il est devenu…
Je
terminerais ce billet enthousiaste et admiratif par quelques aphorismes que
j’ai pu noter, et qui me parlent particulièrement en ce moment :
- « En ce monde, il n’y a que deux véritables tragédies. La première est de ne pas obtenir ce que l’on désire, et la seconde de l’obtenir. »
- « Toujours ! Quel mot épouvantable ! Quand je l’entends, j’en frémis. Les femmes aiment tellement l’utiliser. Elles gâchent tous les romans d’amour en essayant de les faire durer éternellement. En plus, c’est un mot qui ne veut rien dire. La seule différence entre un caprice et la passion de toute une vie, c’est que le caprice dure un peu plus longtemps. »
- « Vivre c’est ce qu’il y a de plus rare au monde. La plupart des gens existent, voilà tout."
- « C’est quand il parle en son propre nom que l’homme est le moins lui-même. Donnez-lui un masque, et il vous dira la vérité. »
- « Il n’y a que sur les sujets qui ne nous intéresse pas que nous parvenons à former une opinion vraiment objective, ce qui est sans nul doute la raison pour laquelle une opinion objective n’a jamais la moindre valeur. »
Et
que cette dernière pensée ne vous égare pas : l’intérêt que je porte à
Oscar Wilde n’obscurcit en rien mon jugement et mon avis est tout ce qu’il y a
de plus objectif… ;) Car se mesurer à l’esprit incommensurable de Wilde à
travers ses aphorismes c’est finalement se rendre compte de toute notre
petitesse face au génie d’un tel homme…
06 septembre 2008
Sépulcre
Sepulcre, de Kate Moss (JC Lattès, 672 pages). Terminé le 06 septembre 2008.
Genre : roman
Avis : 2/5
RESUME EDITEUR : Octobre 1891 : La jeune Léonie Vernier et son frère Anatole quittent Paris pour le Domaine de la Cade, à quelques kilomètres de Carcassonne. Dans les bois qui entourent la maison isolée, Léonie tombe par hasard sur les vestiges d'un sépulcre wisigoth. Tandis qu'elle progresse peu à peu dans les strates du passé, elle découvre l'existence d'un jeu de tarot dont on prétend qu'il détient les pouvoirs de vie et de mort. Octobre 2007 : Meredith Martin arpente les contreforts pyrénéens dans le but d'écrire une biographie de Claude Debussy. Mais elle est aussi à la recherche de la clé susceptible de lui révéler ses propres origines. Armée d'une partition pour piano et d'une vieille photographie, la voilà plongée malgré elle au cœur d'une tragédie remontant à plus d'un siècle où le destin d'une jeune fille, disparue par une nuit funeste, se mêle inextricablement à une dramatique histoire d'amour.
Tout
le monde sait que je raffole des romans qui mêlent histoire, ésotérisme,
quêtes, et aventures (oui, oui, je n’ai pu échapper, il y a maintenant quelques
années, à la déferlante Dan Brown, dans laquelle je me suis fait prendre dès la
sortie du Da Vinci Code, et j’avoue que je surfe sur la vague depuis ce
moment…).
De ce
fait, lorsque je suis tombée cet été par hasard sur ce livre à la librairie,
j’ai été alléchée par la quatrième de couverture. Chouette ! me suis-je
dit ! Voilà une lecture estivale comme je les aime ! Je me plonge
donc avidement dans cette histoire qui mélange passé et présent, nouant son
intrigue autour d’un mystérieux jeu de tarot et d’un sépulcre wisigoth oublié
dans le parc d’un Domaine près de Carcassonne…
Las ! Que j’ai peiné pour finir ce livre ! Qu’il m’a paru bien long et bien terne ! Pour résumer et pour faire court, je me suis littéralement ennuyée pendant cette lecture… Sans mauvais jeu de mots, Sépulcre ira finir sa vie de livre au tombeau des oubliés de ma bibliothèque…
L’histoire
démarrait pourtant bien : je me suis très vite attachée au personnage de
Léonie Vernier,
jeune fille dynamique et vive de la fin du XIXème siècle. Son
frère, Anatole, sort d’une douloureuse histoire d’amour avec une mystérieuse
jeune femme, décédée brutalement. Ainsi, lorsqu’une tante presque inconnue leur
fait parvenir une invitation pour venir dans son Domaine, Anatole y voit le
moyen d’échapper à une menace qui le guette depuis déjà quelques semaines.
Arrivés
au domaine, l’ambiance particulière qui règne dans la demeure de maître va peu
à peu ravir Léonie. D’autant qu’elle y découvre un livre autographe de feu son
oncle, où il est question d’une expérience occulte bien étrange et d’un jeu de
tarot aux pouvoirs particuliers…
La
construction du récit en alternance avec le présent aurait alors pu rattraper
cette sombre histoire d’amour, de mort, de vengeance sur fond d’apparitions
démoniaques (ah, oui ? je ne l’avais pas encore dit ? Eh bien voilà
qui est réparé : rien ne vaut une bonne petite apparition démoniaque pour
relever le lectorat du demi-sommeil dans lequel on le plonge, non ?). On
fait donc connaissance dans un deuxième temps avec Meredith Martin, une
américaine en quête d’indices sur la vie de Debussy pour écrire sa biographie,
mais aussi de ses origines… Las encore ! L’histoire est plate, cousue de
fils blancs, et d’un style à plonger dans le coma l’individu le plus vif d’une
tribu d’aïs… Je sais, je suis dure, mais franchement, certaines pages sont à
mourir d’ennui : des longueurs, des descriptions inutiles, des aberrations
psychologiques, des sentiments à la guimauve et des mystères qui n’en sont
pas ! Et puis, il faut l’avouer, je crois que j’ai lu la scène d’amour la
plus mal écrite dans ce genre de roman. On se serait cru dans épisode d’une
mauvaise série B.
Finalement,
la partie qui m’a le plus intéressée se situe dans les deux derniers tiers du
roman. Quand il y a ENFIN un peu d’action dans une certaine clairière, un soir…
Pour le reste… ma foi… j’ai désespéré de pouvoir enfin terminer ce livre un
jour…
Au
final, je me demande même si j’ai compris où Kate Mosse voulait en venir. Bon,
oui, j’abuse un peu, je vois bien. Mais je n’ai pas réussi à trouver l’intérêt
de tout ce qu’elle a voulu insérer dans son livre, que ce soit au niveau des
personnages, comme des faits… J’ai eu un grand moment d’incompréhension lorsque
j’ai tourné la dernière page de livre (après le ouf de soulagement…) :
alors tout ça pour ça ??? Que de prétextes, de circonvolutions, de fausses
pistes et de faux semblants pour ça…
C’est là
où je me suis dit que décidément, il fallait que j’arrête de lire les romans
ésotériques. Et ce n’est pas la première fois que je le dis. Le filon s’épuise,
mais quand il s’accommode en plus d’un style aussi malvenu, c’est dramatique. Bref,
pour rester dans la métaphore des cartes, quand on me demandera la prochaine
fois si je veux poser mes jetons sur la case Kate Mosse, je dirai que je passe.

Les
images du tarot sont issues du site http://www.sepulchre.co.uk/
C’est peut-être bien la seule
originalité du livre : l’invention d’un jeu de Tarot, avec des dessins
réalisés spécialement pour l’occasion et qui ornent l’intérieur de la
couverture.
