30 novembre 2008
Lou ! Mortebouse-Cimetière des autobus-Idylles

Lou ! Tomes 2, 3, 4, de Julien Neel (Glenat, 48 pages). Terminé le 30 novembre 2008.
Genre : bande
dessinée.
Avis : 4/5
Après
avoir découvert Lou ! au Festival de la bande dessinée à Angoulême
l’an dernier, et lu le premier tome cet été, j’ai profité de ces
derniers jours gris de novembre pour me plonger dans l’univers coloré et
acidulé de la jeune blondinette de Julien Neel.
Tome
2 : Mortebouse.
Lou et
sa mère se rendent comme tous les ans à Mortebouse, petit village paumé au fin
fond de la campagne française, chez la grand-mère acariâtre, cuisinière de
choux de bruxelles devant l’éternel. La mère de Lou doit faire face à la
séparation estival d’avec Richard, son nouveau petit ami, aui est moniteur dans
une colo. Lou, quant à elle, essaie de se remettre du départ précipité et
inopiné de Tristan, dont elle était amoureuse. Les jours promettent donc d’être
trèèès longs et pénibles à Mortebouse. Heureusement, quelques rencontres
vont pimenter un peu ces vacances pour chacune des deux filles : la mère
de Lou va revoir une ancienne connaissance, Clément Fifrelin, et Lou va faire
la connaissance de Paul, un garçon charmant et original.
J’ai
bien aimé ce deuxième tome, où la vie à la campagne est joliment épinglée
par Julien Neel. Le personnage de la grand-mère, incorrigible tatie Danielle,
m’a beaucoup fait rire. En revanche, le personnage de Clément Fifrelin est tout
ce qu’il y a de plus crispant, mais quel plaisir machiavélique de le voir se
retrouver dans des situations délicates (ah… le coup de choux de
bruxelles !). Lou est toujours aussi mignonne, et son amitié avec Paul va
lui permettre de voir la vie sous un angle différent.
Tome 3 :
Le cimetière des autobus.
Des
quatre tomes de Lou ! c’est pour l’instant celui que j’aime le moins.
Sans doute parce que c’est le tome le plus gris, un peu à l’instar de la
couverture, et du titre. C’est un album qui fait la jonction entre la
« petite Lou » des deux premiers albums t la future jeune fille
qu’elle va devenir dans le quatrième tome. D’ailleurs, quand Lou tombe malade dans
ce tome, le verdict du médecin est sans appel : Lou fait une crise
d’adolescence.
Dans
cet album, Lou fait la connaissance de Marie-Emilie, fille des beaux quartiers
qui se la joue rebelle et gothique. Personnage détestable s’il en est. De son
côté, Mina, en froid avec Lou, se lie avec K.rine, qui elle se la joue
racaille. L’amitié est mise à mal, et il faudra toutes les ressources des
unes et des autres pour parvenir à trouver une harmonie entre elles quatre.
Julien
Neel a essayé de dessiner la période charnière qui bascule entre l’enfance et
l’adolescence, et qui occasionne souvent coup de blues, déprime et coups de
gueule. C’est sans doute l’album qui m’a le moins touchée car je pense que je
m’étais finalement habituée au personnage de Lou dans les deux premiers tomse,
la mignonne petite fille. Et la voir grandir oblige à l’accepter ave un
caractère différent, et finalement, ce n’est pas si évident que ça.
Tome 4 :
Idylles.
La mère
de Marie-Emilie a invité les quatre amies à passer des vacances dans leur
villa du Sud de la France. C’est la première fois que Lou et sa mère vont
être séparées. Lou, dans ce tome, a vraiment changé : elle a maintenant
la morphologie d’une vraie jeune fille, et les préoccupations aussi, autrement
dit les garçons et l’amûûûûûr !
J’ai
bien aimé ce tome 4. On retrouve les couleurs lumineuses du premier tome et la
séparation des aventures de Lou et de celle de sa mère permet une construction
originale de la bande dessinée. L’humour est de retour, après le dernier
tome un peu tristoune, et je me suis souvent surprise à sourire.
C’est
le tome des amours adolescentes, avec toute la palette des émotions qui
s’expriment à cet âge-là. Les personnages ont changé d’apparence et
je trouve que l’originalité de Neel réside bien dans cette décision de faire
grandir ses personnages au fur et à mesure des albums.
Bref,
ces aventures de Lou ! se laissent lire avec plaisir. C’est une bande
dessinée rafraîchissante, girly, et rigolote. Un bon moment pour oublier
les petits tracas. Et toujours cette mention spéciale aux pages intérieures
de couvertures qui sont toujours très riches en dessins et explications en tout
genre, en plongée directe dans le journal intime de Lou. Je les garde désormais
toujours pour la fin de ma lecture, car j’adore lire tout ce qui est écrit,
tourner l’album dans tous les sens pour faire ma curieuse.
Bon,
ben, il ne reste plus qu’à attendre la suite maintenant ! :)) Julien
Neel a prévu de décliner cette chronique adolescente en 8 tomes ! On a donc encore quelques années sympas à
passer en compagnie de la petite blondinette dans son univers coloré…

29 novembre 2008
Petites histoires.com
Je reviens
les yeux plein d’étoiles, de plumes et de lumières. Je reviens du théâtre.
Forcément.
Je reviens
d’un spectacle de danse hip-hop. Et je reviens sous le charme.
Des danseurs (oui, bon, il vaut mieux que je l’avoue tout de suite, z’étaient
bôôôôô…), de la mise en scène, de la chorégraphie, de l’ambiance du spectacle.
Et c’est à chaque fois que je reviens du théâtre que je me dis que je n’y vais
pas assez souvent. Il faut dire que dans ma petite ville de province, il n’y a
pas toujours beaucoup de choix…
Petites
histoires.com est donc un spectacle de danse de hip-hop, proposé par la compagnie
Accrorap, et chorégraphié par Kader Attou.
Kader Attou
est depuis
septembre de cette année le directeur du Centre Chorégraphique National de La
Rochelle. Il est à l’origine de la
création du collectif Accrorap, en 1989, non loin de Lyon.
Voilà comment il explique ce qui a
motivé chez lui la création de ce spectacle, à Suresnes en janvier
2008 :
« Les courts-métrages m’ont
toujours intéressés... Ce qui me plait, c’est cette capacité à raconter des
histoires en un temps très court, gommer le superflu, arriver à l’essentiel...
et chercher un effet de surprise.
Pour l’instant, ce sont des idées
qui alimentent ma recherche, des petites histoires sous la forme de saynètes un
peu comme ces petits films.
Chercher, trouver et raconter en
un temps très court des choses enfouies en moi, et en chacun de nous...
Eveiller des souvenirs, des mots, des maux, entendre, s’entendre, s’étendre...
Quand j’étais enfant, je passais
mon temps à observer les papillons et rêvais de pouvoir faire un jour comme
eux. Je passais mon temps à les attraper un à un, et récoltais sur mes doigts
cette poussière que leurs ailes dégageaient. Je me fabriquais des ailes en
carton avec trois bout de ficelle et déposais cette poudre magique qui pour moi
était la clef qui m’aiderait à m’envoler.... Mais ce ne fut jamais le cas. »
En effet, le spectacle se décompose
en plusieurs saynètes, aux ambiances différentes à chaque fois. On passe
de la poésie au rire, du mime à la danse hip-hop/break dance, du sketch aux
chorégraphies contemporaines.
Si certaines scénographies, plus
ou moins conceptuelles, m’ont un peu échappé, je suis restée en revanche ébahie
devant le talent des danseurs sur scène. Certains mouvements d’isolation
étaient absolument époustouflants. A mon (très) petit niveau, je fais du
hip-hop depuis deux ans maintenant, et l’isolation est ce que j’ai le plus de
mal à faire. Là, chaque mouvement était brillamment décomposé et l’ensemble présentait
une apparente spontanéité fluide, mais quand on sait combien il est dur de
réaliser ce type de mouvements, on reste admiratifs. Et quand les danseurs se
mettent torses nus en plus, non seulement on se rince l’œil (la musculature des
danseurs, il n’y a rien de plus joli !^^) mais en plus, on observe
d’autant mieux ce travail d’isolation. Sans compter l’énergie incroyable que
ces 5 danseurs dégageaient sur scène !
Le spectacle vogue entre les
ambiances : l’heure et demie de spectacle s’écoule entre des épisodes poétiques (le solo avec la plume ! véritable prouesse ! ou encore la libellule), d’autres
humoristiques (le canapé, l’oiseau sur un air de bal musette :
excellent !!! ou encore les fameuses ouvertures en « quand
j’étais enfant »…), d’autres encore, plus engagés (les
chorégraphies proposées avec un fond sonore de journal télévisé par exemple.)
La mise en scène est assez sobre
mais fait la part belle tout de même à certaines originalités : le
fil qui passe en boucle par exemple sur l’arrière-scène, qui a donné lieu à une
chorégraphie qui m’a particulièrement marquée d’ailleurs : des danseurs,
comme accrochés à un fil à linge, avancent sur une musique de trip-hop dans une
espèce de remake d’un clip de Pink Floyd.
Bref, j’ai passé un moment magique,
et si Kader Attou voulait voler quand il était petit, comme les papillons, il
sait au moins nous faire rêver, et voler nos cœurs grâce à ses chorégraphies
soignées.
Petites histoires.com : Direction artistique et chorégraphie
Kader
Attou - Avec :
Pierre
Bolo
Thô
Anothaï
Hichem
Sérir
Brahim
Bouchelaghem
Kader
Attou - Costumes
Nadia
Genez - Scénographie
Guillaume
de Baudreuil - Lumières
Fabrice
Crouzet
Le prix Mimos 2008 du festival international du mime de Périgueux a été attribué à "Petites histoires.com" pour « sa poésie, sa générosité, son universalité et son engagement. »
Photos prises sur le site Accrorap.
22 novembre 2008
Chaleur du sang
Chaleur du sang, d’Irène Némirovsky (Folio Gallimard, 195 pages).
Terminé le 22 novembre 2008.
Genre : roman
Avis : 5/5 Coup de cœur !
RESUME EDITEUR : Dans un hameau du centre de la Fiance, au début des années
1930, un vieil homme, Silvio, se souvient, observant la comédie humaine des
campagnes, le cours tranquille des vies paysannes brusquement secoué par la
mort et les passions amoureuses. Devant lui, François et Hélène Erard racontent
leur première et fugitive rencontre, le mariage d'Hélène avec un vieux et riche
propriétaire, son veuvage, leurs retrouvailles. Lorsque leur fille Colette
épouse Jean Dorin, la voie d'un bonheur tranquille semble tracée. Mais quelques
mois plus tard, la noyade de Jean vient détruire la fausse quiétude de ce
milieu provincial. L'un après l'aune, les lourds secrets qui unissent malgré
eux les protagonistes de cette intrigue vont resurgir dans le récit de Silvio,
jusqu'à une ultime et troublante révélation... Ce drame familial, entrepris dès
1937, conduit comme une enquête policière, raconte la tempête des pulsions dans
le vase clos d'une société trop lisse. Ce roman d'Irène Nemirovsky refait
surface près de soixante-dix ans après sa composition.
Je suis encore sous le choc et le charme de cette
lecture. Enivrée. Séduite. Conquise. Renversée.
Il y a des livres comme ça, qu’on lit au moment
opportun. Dès les premiers mots, j’ai su que ce roman touchait en mon cœur
des cordes qui ne vibrent pas à tous les livres, loin s’en faut…
« Nous
buvions du punch léger, à la mode de ma jeunesse. Nous étions assis devant le
feu, mes cousins Erard, les enfants et moi. C’était un soir d’automne, tout
rouge au-dessus des champs labourés trempés de pluie ; le couchant des
flammes promettaient un grand vent pour le lendemain ; les corbeaux
criaient. Dans cette grande maison glacée, l’air souffle de partout avec le
goût âpre et fruité qu’il a en cette saison ».
D’Irène
Némirovsky, je n’avais lu que Le bal, petit conte cruel qui m’avait
amusée en son temps. Mais cette Chaleur du sang, profonde et
insidieuse, m’a complètement bouleversée.
Dès ces
premières lignes, l’écriture d’Irène Némirovsky vous enveloppe, caresse
onctueuse et fluide. Les phrases s’enchaînent, dans un beau ballet de style et
de vérités simples, toujours exprimées par des comparaisons fortes et imagées.
Je me
suis laissée complètement envoûter par ce livre, et je n’ai eu de cesse
de poursuivre ma lecture jusqu’à la fin.
L’histoire
n’est pourtant pas d’une folle originalité, mais la justesse et la précision
psychologique avec lesquelles Irène Némirosky la traite la rend au contraire
pleine de vigueur et d’ardeur. A l’image du titre. Cette chaleur du sang
qui irradie tout le roman.
Irène
Némirovsky a su parfaitement rendre la vie provinciale et empesée de ce village
du Morvan des années 30. Aux côtés du solitaire et mystérieux Sylvio, on
chemine de saisons en saisons entre fêtes de village pour un mariage, en
veillées au coin du feu, en promenades automnales dans les bois, en soirées à
l’hôtel des voyageurs où les secrets s’ébruitent sans oser se déclarer trop
ouvertement. Mensonges, faux-semblants, illusions, passion, secrets et
crimes hantent chaque personnage de cette vie rurale, renfermée et étriquée.
Irène
Némirovsky a un vrai don pour coucher sur le papier, mélange détonnant entre
une eau-forte et une aquarelle, les traits de la nature humaine. C’est tout à
la fois acide et subtil :
«
Je ne sais si l’être humain fait sa vie, mais ce qui est certain, c’est que
la vie qu’il a vécue finit par transformer l’homme ; une existence calme
et belle donne à un visage une sorte de moelleux, de gravité, un ton chaud et
doux, qui est presque une patine, comme celle d’un portrait. (…) Il y a un
moment de perfection quand mûrissent toutes les promesses, que tombent enfin
les beaux fruits, un moment que la nature atteint vers la fin de l’été, qu’elle
dépasse bientôt, et alors commencent les pluies de l’automne. Il en est de même
pour les gens. »
Chaleur
du sang est beau comme un amour de jeunesse, puissant comme la jalousie qui
étreint les cœurs, flamboyant comme le désir qui s’empare de la chair, simple
comme les envies qu’on ne peut réfréner et qui nous perdent.
Le
dénouement rattrape le lecteur par son amertume. Comme la lie d’un vin
capiteux. Tout à l’image des errances humaines dans une vie. C’est finalement
tellement réaliste.
Ce roman est un véritable coup de cœur pour moi. Je l’ai trouvé tout à la fois magnifique, parlant et tellement vrai. Et curieusement, tellement toujours d’actualité. La vie des villages français n’est finalement pas plus différente dans la France de l’avant-guerre que dans celle du début du XXIème siècle. Sans doute parce que la nature humaine reste immuable dans ses désirs, ses doutes, ses carcans et ses chimères…
C'est partiiiii !!!
Alors que je tombe de sommeil ce
vendredi soir, je n’ai pas pu m’empêcher d’attendre, les yeux rivés sur ma
boîte mail, que tombe enfin le courrier tant attendu de la Victorian
Team ! Et le voilà ! Il est arrivé ! Je connais enfin le nom
de ma swappée…
Je suis totalement excitée, et en
même temps, complètement morte de trouille… Ben vi, c’est mon tout premier
swap !
Dès demain, je pars en quête pour faire un zouli colis à ma swappée !
20 novembre 2008
La résistance-L'histoire de Peter
La résistance, l’histoire de Peter de Gemma Maley (Naïve, 288
pages). Terminé le 19 novembre 2008.
Genre : roman jeunesse (anticipation)
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Angleterre, 2150. La mort n'existe plus. Les
hommes vivent à l'ère de la Longévité : pas de morts... mais, pour éviter le
surpeuplement, pas de naissances non plus. Peter et Anna ont un point commun:
ils n'auraient jamais dû naître. Parce qu'une vie éternelle leur semble contre
nature, parce que le système de la Longévité a gâché leur enfance, parce qu'il
menace leurs rêves, ils ont décidé d'entrer en lutte. Pour sa suppression. Au
sein du Réseau souterrain, la résistance s'organise: Peter a pour mission
d'infiltrer le plus grand des laboratoires, le centre névralgique du système, Pincent
Pharma... dirigé par son grand-père, Richard Pincent. Un homme puissant et
influent, bien décidé à faire plier les rebelles; une présence troublante pour
Peter: quand les liens du sang s'en mêlent, tout se complique... La Résistance
est la suite de La Déclaration, L'Histoire d'Anna (naïve, 2007), le premier
roman de Gemma Malley. L'Histoire de Peter - personnage terriblement attachant
- donne lieu à un récit haletant, qui aborde des questions essentielles. Que
devient une société qui refuse la mort?
La résistance est donc la suite de La
déclaration de Gemma Maley, que j’avais particulièrement apprécié.
Imaginez…
Imaginez un monde où l’homme a
cessé de mourir grâce à une pilule miracle « La longévité ».
Imaginez un monde où les enfants
qui naissent, en dehors du contrôle régulé de la population par les Autorités
se nomment des Surplus et sont parqués dans des établissements dignes d’orphelinats
carcéraux.
Imaginez un monde où la règle pour
être Légal, est que l’un de vos parents se sacrifie pour vous offrir sa
place dans ce monde étriqué, censuré et à la dérive.
C’est le monde dans lequel Anna et
Peter ont vécu. Dans ce deuxième volet, l’heure n’est plus à l’obéissance
muette et aveugle à des règles que d’autres ont édictées, et que l’on doit
suivre sans se poser de questions. L’heure est à la rébellion, et cette
« histoire de Peter » est l’histoire d’une résistance qui
s’organise dans l’ombre, pour contrer le système absurde dans lequel les
humains se sont enferrés, et pour abolir le système de la Longévité.
Et pour cela, Peter va infiltrer
l’usine de son grand-père, Pincent Pharma, qui fabrique les petites pilules
blanches de la Vie éternelle.
J’ai trouvé cette suite très
inégale :
centrée sur Peter, je dois avouer que le personnage d’Anna m’a beaucoup
manqué. Peter a moins de présence que n’en avait la jeune fille, à mon
avis.
De plus, la première partie du
livre (une bonne moitié du roman en gros) est très introspective, et le
manque de dialogue ralentit parfois le rythme du récit. Cette partie n’en
est pas moins intéressante cela dit, car elle pose des questions
essentielles par rapport au problème soulevé par Gemma Malley : jusqu’où
l’homme a-t-il le droit d’aller pour battre la Nature sur certains
terrains ?
C’est donc avec simplicité et
assez philosophiquement que l’auteur interpelle le lecteur, à travers
Peter, sur des questions qui sont aujourd’hui d’actualité. Et dont certaines
réponses, imaginées dans cet univers d’anticipation, font froid dans le dos à
vrai dire…
La deuxième partie du roman, en
revanche, est beaucoup plus enlevée : le rythme s’accélère et les
choix se font plus cruciaux. Tout se
précipite et à travers les dialogues qui fleurissent à nouveau, on lit de
manière haletante ce qui arrive à Peter et Anna en une journée. Une sorte de 24
heures chrono dans le temple de la Longévité.
Cependant, Gemma Malley n’a pas
su à mon avis s’interdire de tomber dans le manichéisme et certains points
de vue ou certaines résolutions sont marqués de ce fait d’une certaine artificialité.
Certains passages sont malgré tout
particulièrement bien réussis, durs parfois aussi, quand on pense notamment que ce
livre est proposé dans la littérature jeunesse. (un petit côté Matrix un
peu flippant parfois…)
Je dois avouer aussi que j’ai trouvé
que le dénouement n’était pas assez tranché (à moins que Gemma Malley ne souhaite faire un
troisième tome ???). C’est un livre de l’hésitation perpétuelle, des
certitudes qui s’envolent, des choix qui s’ouvrent et qui se font. Des liens
qui se nouent, se défont, ou se renforcent.
La résistance demeure donc tout de même une
bonne suite. Mais
comme souvent avec les suites, on ne parvient pas forcément toujours à
retrouver le souffle qui nous avait tant plu lors de la lecture du premier
opus. Mais on est heureux de retrouver un univers qui nous avait séduit la fois
précédente.
19 novembre 2008
xxx Holic, tome 12
Xxx Holic, tome 12 du groupe mangaka Clamp (Pika, 200
pages). Terminé le 17 novembre 2008.
Genre : manga
Avis : 3/5
Je crois que je décroche un peu de
la série… Ce
n’est pas la faute de l’histoire, toujours pleine de mystères et de fantastique,
mais la faute des fameux cross-over entre différents mangas : ce
tome se croise beaucoup trop à mon goût avec un autre manga du groupe
Clamp : Sakura. Du coup, les mystères s’épaississent, certes,
mais peut-être un peu trop quand on ne connaît justement pas l’autre manga dont
il est question…
Du coup j’en arrive à me dire que
la prochaine fois, il vaudra mieux que je me lance dans un manga qui ne
comporte pas de cross-over… et qui a une fin ! Parce que la série n’est
pas terminée et à mon avis, elle n’est pas prête de l’être… Il paraîtrait
(d’après ce que j’ai lu sur des forums) que le groupe Clamp est coutumière du
fait… et termine rarement ses séries…
Cela dit, j’ai beaucoup aimé
retrouver Watanuki et ses comparses, mais… je reste sur ma faim… J’suis un peu
déçue, quoi… Bon, il me reste au moins les tenues de Yuko, toujours aussi
belles… je la jalooouse à mort ! ^^
Et pas question que je me lance
dans Sakura…
On verra si une suite paraît… mais
ce ne sera de toute façon pas pour tout de suite, alors wait and see…
Blog-o-trésors
Suite à petit tour sur le blog de
Laetitia La liseuse, voilà que je tombe sur le défi « Blog -o-trésors » lancé par Grominou.
Sur le même principe que la
fameuse question « Quels livres emporteriez-vous sur une île
déserte ? », voici le défi :
Et en vérité, c’est loin d’être
facile d’essayer de choisir parmi tous ces livres qui ont pu vous faire vibrer…
Voici donc ma liste de
trésors :
1. La
caverne des idées de José-Carlos Somoza
La liste va être tout simplement énoooooorme ! Je choisirais donc 4 livres. Ça me donnera peut-être ainsi l’occasion de découvrir d’autres trésors, à côté desquels je suis forcément passée puisque l’on n’a jamais assez d’une vie pour lire tout ce que l’on aimerait lire…
15 novembre 2008
L’île du destin, tome 3 de La quête d’Ewilan
L’île du destin, tome 3 de La quête d’Ewilan de Pierre Bottero (Rageot, 288
pages). Terminé le 15 novembre 2008.
Genre : roman fantasy jeunesse
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : " Il s'agissait d'un loup assez jeune, au torse
puissant et aux crocs impressionnants. Assis sur ses pattes arrière, il les
observait avec curiosité, sans une once de crainte. Camille marcha dans sa
direction. Il ne lui prêta pas une attention particulière, mais, quand elle ne
fut plus qu'à deux mètres de lui, il montra les dents et se mit à grogner. Elle
s'immobilisa. Recule, lui ordonna Edwin à mi-voix. Sans tenir compte de ses
paroles, Camille s'accroupit lentement, regardant le loup dans les yeux. "
Aaaaaaah… Voilà enfin du suspens,
de l’aventure, de l’héroïque et du sentiment ! Ce troisième tome de La quête
d’Ewilan est pour moi le meilleur.
Alors de deux choses l’une :
soit je me suis habituée au style de l’auteur, je me suis prise d’affection
pour les personnages, et ce troisième tome est beaucoup mieux passé que les
deux précédents, soit l’auteur parvient enfin à faire décoller son histoire et
on se laisse prendre au jeu, avec plaisir.
L’histoire prend enfin son envol
dans cette Ile du destin : tout s’accélère pour Ewilan et
ses compagnons de quête, ils doivent absolument trouver les parents de la jeune
dessinatrice. Et pour les aider, Akiro, le frère d’Ewilan prend part à
l’aventure, ainsi que Siam, la jeune sœur du valeureux Edwin.
Les obstacles vont être légions,
mais les alliés –attendus ou non- vont peu à peu se manifester et permettre à
la petite troupe de mener à bien leur mission (je ne dévoile rien, hein… on
peut se douter quand même que dans un roman pour la jeunesse, le happy end est
de rigueur, comme bien souvent…)
Mais les retournements de
situation sont bel et bien là aussi. Ainsi en va-t-il avec le personnage de
Salim, qui nous fait un petit épisode à la Jacob et où Ewilan peut utiliser le
Vif pour communiquer avec lui… (ah, mince, non. Le Vif c’est l’Assassin
Royal. Quelqu’un pour me donner une claque encore ? ^^)
Trève de plaisanterie, j’ai
beaucoup aimé ce troisième tome, et je pense que je lirai la suite. Oui,
oui. Bon, peut-être pas tout de suite. Aux vacances de Noël par exemple. Mais
j’ai bien envie de poursuivre un peu l’aventure avec cette troupe hétéroclite
mais attachante.
Et puis je me suis surtout
attachée au personnage d’Ellana, et comme Anne m’a dit qu’elle avait sa
trilogie rien que pour elle, je serais bête de bouder mon plaisir…
Donc verdict final : Pierre
Bottero met du temps à nous embarquer avec lui, mais quand il nous embarque, il
nous emporte loin dans son univers. Je n’irais pas jusqu’à ranger Ewilan dans
mes meilleures lectures jeunesse, mais on passe un bon moment de lecture, selon
l’expression consacrée…^^
12 novembre 2008
Les frontières de glace, La quête d'Ewilan, tome 2
Les frontières de glace, tome 2 de La quête
d’Ewilan de Pierre Bottero (Rageot, 288 pages). Terminé le 11 novembre 2008.
Genre : roman fantasy jeunesse
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Revenus dans l’Empire de Gwendalavir, Ewilan et Salim
partent avec leurs compagnons aux abords des Frontières de Glace pour libérer
les Sentinelles. Ils repoussent en chemin les attaques de guerriers cochons,
d’ogres et de mercenaires du Chaos, alliés des Ts’liches résolus à tuer Ewilan,
mais se découvrent un peuple allié : les Faëls. Salim se lie d’amitié avec une
marchombre, dont les pouvoirs le fascinent ; tandis que face au maître d’armes,
Ewilan assoit son autorité et affermit son Don. Malgré les attaques d’une
goule, la petite troupe parvient à destination. Là Ewilan découvre le secret du
Dragon et libère les Sentinelles. Désormais, elle peut se consacrer à sa quête
: la recherche de ses parents.
Je poursuis donc mon petit bonhomme de chemin en
compagnie d’Ewilan.
Premier constat : j’ai plus apprécié cette
deuxième lecture que le premier tome.
Mais bon, il faut que je sois honnête, je n’ai pas dévoré non plus.
Il est clair que les relations entre les
personnages s’approfondissent, et que la quête d’Ewilan prend de l’ampleur.
Mais il n’en reste pas moins que je trouve que l’intrigue est un peu simple,
le récit trop linéaire, et les événements trop attendus.
Encore une fois, je ne doute pas que les
adolescents y trouvent leur compte, mais j’ai le sentiment de me balader
dans un monde trop enfantin. Et peut-être tout simplement que ce n’est pas
ce que je cherche –ou ce dont j’ai besoin- en ce moment.
En revanche, je dois avouer que je suis assez
sensible à l’humour que Pierre Bottero a pris soin de glisser dans le
personnage de Salim, et ce jusque dans ses relations avec les autres
personnages, notamment Maniel et Bjorn. Je me suis surprise à sourire plusieurs
fois.
De ce tome, je retiendrai aussi la très belle
description de la ville d’Al-Jeit, et de son Arche qui surplombe magiquement
le fleuve Pollimage, ou encore de la cité enfouie dans laquelle les Sentinelles
sont enfermées (mais encore une fois, je n’ai pu m’empêcher d’y voir des ressemblances
avec certaines descriptions de Tolkien… et d’établir notamment un parallèle
avec Minas Thirit ou encore le gouffre de Helm… je sais, je sais, je suis incorrigible…)
Pierre Bottero sait aussi rendre ses personnages
attachants, il faut le reconnaître. J’ai donc par exemple beaucoup aimé le
personnage de Chiam Vite, le Faël. Et Ellana impose une présence forte. Le
petit groupe composé par l’auteur s’en sort bien, il est vrai (mais bon sang,
pourquoi je n’arrête pas d’y voir le groupe de Frodon, lié par l’envie commune
d’aider à la libération du Mal… Ok, je me mets une claque.)
Allez, je vais aller jusqu’au bout de cette
trilogie tout de même. Je ne suis pas sûre par contre de lire les autres. A moins que ce tome trois ne me surprenne et
me ravisse ? Qui sait ?
To be continued…
10 novembre 2008
Le coup du lapin, 1 et 2

Le coup du lapin, 1 et 2 d’Andy Riley (Chiflet & Cie, 96 pages). Terminé le 10 novembre 2008.
Genre : album
Avis : 5/5 Coup de cœur !
RESUME EDITEUR :
Premier album : Il
n'y a que les lapins britanniques nés au pays du nonsense pour s'amuser à
mettre fin à leurs jours en nous faisant mourir de rire !
Deuxième album : Les lapins britanniques
reviennent avec encore plus d'idées absurdes pour mettre fin à leurs jours. Et
ils nous font toujours mourir de rire !
Attention, attention ! Ovni coup de cœur en ma
possession !
Je suis une folle des dessins de lapinous, depuis
que mes yeux se sont posés pour la première fois sur un album de Miffy, ou que
mes premiers pas de lecture, seule, furent ceux qui suivirent Jojo lapin dans
ses aventures de l’antique Bibliothèque rose… Les lapinous et moi, c’est une
grande histoire d’amûûûûr… ^^
Alors quand mes yeux sont tombés cette après-midi
sur ce coffret rose aux oreilles en moumoute… mon cerveau a déconnecté et j’ai
vu mes mains s’emparer de la boîte cartonnée acidulée sur le coin de laquelle
clignotait ostensiblement un mignon petit lapin.
Mais alors, le must du must, c’est que c’est beaucoup
plus qu’un énième album avec des lapinous ! C’est un album du
talentueux dessinateur du magazine Observer, Andy Riley. Il est notamment
le co-auteur d’un dessin animé que vous avez peut-être déjà vu lors des fêtes
de Noël à la télé : Robbie le Renne.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette
série de lapin mignons se distingue par l’acidité bien sentie de ses dessins. Andy Riley imagine en effet tous les scénariis
possibles de suicide pour un lapin. Et Andy Riley a une imagination sans
borne ! C’est tout bonnement excellentissime. Bon après, faut aimer ce
genre d’humour, mais en ce qui me concerne, j’adhère to-ta-le-ment !
Amateur d’humour noir et british, cet album est
donc fait pour vous ! Si votre sens de l’humour est aussi aiguisé que peut
l’être la plume d’Andy Riley, gare aux crampes des zygomatiques…
Le dessin est presque journalistique : noir et
blanc, image unique ou double page. Quelques planches style bande dessinée.
Chaque page recèle son lot de surprise et d’inventivité.
Le dessin va très rarement jusqu’au trash (on
n’atteint pas encore les sommets de trashitude des dessins animés online des
Happy Tree Friends –Ames sensibles s’abstenir !!!- ). Il suggère
simplement la conséquence de l’acte que le pauvre lapinou s’apprête à
commettre. Mais c’est parfois tellement suggestif que l’on ne peut
s’empêcher d’esquisser un petit rictus dégoûté, sur lequel vient vite se
rajouter le sourire provoqué par le comique de la situation.
Ce lapin n’est finalement que l’avatar
contemporain du Vil Coyotte de Tex Avery dont les minables tentatives pour
attraper l’oiseau Bip-Bip finissent invariablement par se retourner contre lui.
A la différence près qu’il faut superposer sur ce lapin britannique le
cynisme volontaire que lui octroie son bourreau d’auteur.
Et comme l’auteur semble joueur, il faut même
parfois s’amuser à trouver le lapin dans le dessin, un peu à la manière des
albums pour enfants « Où est Charlie ? ». Sauf qu’il faut
trouver le lapin pour mieux deviner sa fin. Hilarant.
Alors si vous aussi vous voulez savoir comment un
lapin peut se suicider dans les toilettes dans un avion, une théière, avec un
tire-bouchon, un pack de bières, la flamme olympique, ou mieux, le tome 5 d’Harry Potter, ce livre
vous tend les bras !
C’est profondément drôle, piquant et irrésistible.
Bref, british jusqu’au bout des ongles oreilles !

