Fabula Bovarya

A tous ceux qui sont atteints d'un incurable bovarysme...

30 novembre 2008

Lou ! Mortebouse-Cimetière des autobus-Idylles

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Lou ! Tomes 2, 3, 4, de Julien Neel (Glenat, 48 pages). Terminé le 30 novembre 2008.


Genre : bande dessinée.


Avis : 4/5

 

Lou1Après avoir découvert Lou ! au Festival de la bande dessinée à Angoulême l’an dernier, et lu le premier tome cet été, j’ai profité de ces derniers jours gris de novembre pour me plonger dans l’univers coloré et acidulé de la jeune blondinette de Julien Neel.

 

Tome 2 : Mortebouse.

Lou et sa mère se rendent comme tous les ans à Mortebouse, petit village paumé au fin fond de la campagne française, chez la grand-mère acariâtre, cuisinière de choux de bruxelles devant l’éternel. La mère de Lou doit faire face à la séparation estival d’avec Richard, son nouveau petit ami, aui est moniteur dans une colo. Lou, quant à elle, essaie de se remettre du départ précipité et inopiné de Tristan, dont elle était amoureuse. Les jours promettent donc d’être trèèès longs et pénibles à Mortebouse. Heureusement, quelques rencontres vont pimenter un peu ces vacances pour chacune des deux filles : la mère de Lou va revoir une ancienne connaissance, Clément Fifrelin, et Lou va faire la connaissance de Paul, un garçon charmant et original.

 

J’ai bien aimé ce deuxième tome, où la vie à la campagne est joliment épinglée par Julien Neel. Le personnage de la grand-mère, incorrigible tatie Danielle, m’a beaucoup fait rire. En revanche, le personnage de Clément Fifrelin est tout ce qu’il y a de plus crispant, mais quel plaisir machiavélique de le voir se retrouver dans des situations délicates (ah… le coup de choux de bruxelles !). Lou est toujours aussi mignonne, et son amitié avec Paul va lui permettre de voir la vie sous un angle différent.

 

Tome 3 : Le cimetière des autobus.

Des quatre tomes de Lou ! c’est pour l’instant celui que j’aime le moins. Sans doute parce que c’est le tome le plus gris, un peu à l’instar de la couverture, et du titre. C’est un album qui fait la jonction entre la « petite Lou » des deux premiers albums t la future jeune fille qu’elle va devenir dans le quatrième tome. D’ailleurs, quand Lou tombe malade dans ce tome, le verdict du médecin est sans appel : Lou fait une crise d’adolescence.

 

Dans cet album, Lou fait la connaissance de Marie-Emilie, fille des beaux quartiers qui se la joue rebelle et gothique. Personnage détestable s’il en est. De son côté, Mina, en froid avec Lou, se lie avec K.rine, qui elle se la joue racaille. L’amitié est mise à mal, et il faudra toutes les ressources des unes et des autres pour parvenir à trouver une harmonie entre elles quatre.

Julien Neel a essayé de dessiner la période charnière qui bascule entre l’enfance et l’adolescence, et qui occasionne souvent coup de blues, déprime et coups de gueule. C’est sans doute l’album qui m’a le moins touchée car je pense que je m’étais finalement habituée au personnage de Lou dans les deux premiers tomse, la mignonne petite fille. Et la voir grandir oblige à l’accepter ave un caractère différent, et finalement, ce n’est pas si évident que ça.

 

neel_Tome 4 : Idylles.

La mère de Marie-Emilie a invité les quatre amies à passer des vacances dans leur villa du Sud de la France. C’est la première fois que Lou et sa mère vont être séparées. Lou, dans ce tome, a vraiment changé : elle a maintenant la morphologie d’une vraie jeune fille, et les préoccupations aussi, autrement dit les garçons et l’amûûûûûr !

J’ai bien aimé ce tome 4. On retrouve les couleurs lumineuses du premier tome et la séparation des aventures de Lou et de celle de sa mère permet une construction originale de la bande dessinée. L’humour est de retour, après le dernier tome un peu tristoune, et je me suis souvent surprise à sourire.

C’est le tome des amours adolescentes, avec toute la palette des émotions qui s’expriment à cet âge-là. Les personnages ont changé d’apparence et je trouve que l’originalité de Neel réside bien dans cette décision de faire grandir ses personnages au fur et à mesure des albums.

 

Bref, ces aventures de Lou ! se laissent lire avec plaisir. C’est une bande dessinée rafraîchissante, girly, et rigolote. Un bon moment pour oublier les petits tracas. Et toujours cette mention spéciale aux pages intérieures de couvertures qui sont toujours très riches en dessins et explications en tout genre, en plongée directe dans le journal intime de Lou. Je les garde désormais toujours pour la fin de ma lecture, car j’adore lire tout ce qui est écrit, tourner l’album dans tous les sens pour faire ma curieuse.

 

Bon, ben, il ne reste plus qu’à attendre la suite maintenant ! :)) Julien Neel a prévu de décliner cette chronique adolescente en 8 tomes ! On a donc encore quelques années sympas à passer en compagnie de la petite blondinette dans son univers coloré…

lou_anim01

 

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29 novembre 2008

Petites histoires.com

petiteshistoireJe reviens les yeux plein d’étoiles, de plumes et de lumières. Je reviens du théâtre. Forcément.

 

Je reviens d’un spectacle de danse hip-hop. Et je reviens sous le charme. Des danseurs (oui, bon, il vaut mieux que je l’avoue tout de suite, z’étaient bôôôôô…), de la mise en scène, de la chorégraphie, de l’ambiance du spectacle. Et c’est à chaque fois que je reviens du théâtre que je me dis que je n’y vais pas assez souvent. Il faut dire que dans ma petite ville de province, il n’y a pas toujours beaucoup de choix…

 

Petites histoires.com est donc un spectacle de danse de hip-hop, proposé par la compagnie Accrorap, et chorégraphié par Kader Attou.

jpg_KaderPlume_19a08Kader Attou est depuis septembre de cette année le directeur du Centre Chorégraphique National de La Rochelle.  Il est à l’origine de la création du collectif Accrorap, en 1989, non loin de Lyon.

Voilà comment il explique ce qui a motivé chez lui la création de ce spectacle, à Suresnes en janvier 2008 :

 

« Les courts-métrages m’ont toujours intéressés... Ce qui me plait, c’est cette capacité à raconter des histoires en un temps très court, gommer le superflu, arriver à l’essentiel... et chercher un effet de surprise.

Pour l’instant, ce sont des idées qui alimentent ma recherche, des petites histoires sous la forme de saynètes un peu comme ces petits films.

Chercher, trouver et raconter en un temps très court des choses enfouies en moi, et en chacun de nous... Eveiller des souvenirs, des mots, des maux, entendre, s’entendre, s’étendre...

Quand j’étais enfant, je passais mon temps à observer les papillons et rêvais de pouvoir faire un jour comme eux. Je passais mon temps à les attraper un à un, et récoltais sur mes doigts cette poussière que leurs ailes dégageaient. Je me fabriquais des ailes en carton avec trois bout de ficelle et déposais cette poudre magique qui pour moi était la clef qui m’aiderait à m’envoler.... Mais ce ne fut jamais le cas. »

En effet, le spectacle se décompose en plusieurs saynètes, aux ambiances différentes à chaque fois. On passe de la poésie au rire, du mime à la danse hip-hop/break dance, du sketch aux chorégraphies contemporaines.

jpg_Site8_77b5dSi certaines scénographies, plus ou moins conceptuelles, m’ont un peu échappé, je suis restée en revanche ébahie devant le talent des danseurs sur scène. Certains mouvements d’isolation étaient absolument époustouflants. A mon (très) petit niveau, je fais du hip-hop depuis deux ans maintenant, et l’isolation est ce que j’ai le plus de mal à faire. Là, chaque mouvement était brillamment décomposé et l’ensemble présentait une apparente spontanéité fluide, mais quand on sait combien il est dur de réaliser ce type de mouvements, on reste admiratifs. Et quand les danseurs se mettent torses nus en plus, non seulement on se rince l’œil (la musculature des danseurs, il n’y a rien de plus joli !^^) mais en plus, on observe d’autant mieux ce travail d’isolation. Sans compter l’énergie incroyable que ces 5 danseurs dégageaient sur scène !

jpg_Site11_6f87bLe spectacle vogue entre les ambiances : l’heure et demie de spectacle s’écoule entre  des épisodes poétiques (le solo avec la plume ! véritable prouesse ! ou encore la libellule), d’autres humoristiques (le canapé, l’oiseau sur un air de bal musette : excellent !!! ou encore les fameuses ouvertures en « quand j’étais enfant »…), d’autres encore, plus engagés (les chorégraphies proposées avec un fond sonore de journal télévisé par exemple.)

La mise en scène est assez sobre mais fait la part belle tout de même à certaines originalités : le fil qui passe en boucle par exemple sur l’arrière-scène, qui a donné lieu à une chorégraphie qui m’a particulièrement marquée d’ailleurs : des danseurs, comme accrochés à un fil à linge, avancent sur une musique de trip-hop dans une espèce de remake d’un clip de Pink Floyd.

Bref, j’ai passé un moment magique, et si Kader Attou voulait voler quand il était petit, comme les papillons, il sait au moins nous faire rêver, et voler nos cœurs grâce à ses chorégraphies soignées.

jpg_Site_2_99b4cPetites histoires.com : Direction artistique et chorégraphie - Kader Attou - Avec : - Pierre Bolo  - Thô Anothaï  - Hichem Sérir - Brahim Bouchelaghem - Kader Attou - Costumes  - Nadia Genez - Scénographie - Guillaume de Baudreuil - Lumières - Fabrice Crouzet

Le prix Mimos 2008 du festival international du mime de Périgueux a été attribué à "Petites histoires.com" pour « sa poésie, sa générosité, son universalité et son engagement. »

Photos prises sur le site Accrorap.

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22 novembre 2008

Chaleur du sang

nemirovskyChaleur du sang, d’Irène Némirovsky (Folio Gallimard, 195 pages). Terminé le 22 novembre 2008.


Genre : roman


Avis : 5/5  Coup de cœur !


RESUME EDITEUR : Dans un hameau du centre de la Fiance, au début des années 1930, un vieil homme, Silvio, se souvient, observant la comédie humaine des campagnes, le cours tranquille des vies paysannes brusquement secoué par la mort et les passions amoureuses. Devant lui, François et Hélène Erard racontent leur première et fugitive rencontre, le mariage d'Hélène avec un vieux et riche propriétaire, son veuvage, leurs retrouvailles. Lorsque leur fille Colette épouse Jean Dorin, la voie d'un bonheur tranquille semble tracée. Mais quelques mois plus tard, la noyade de Jean vient détruire la fausse quiétude de ce milieu provincial. L'un après l'aune, les lourds secrets qui unissent malgré eux les protagonistes de cette intrigue vont resurgir dans le récit de Silvio, jusqu'à une ultime et troublante révélation... Ce drame familial, entrepris dès 1937, conduit comme une enquête policière, raconte la tempête des pulsions dans le vase clos d'une société trop lisse. Ce roman d'Irène Nemirovsky refait surface près de soixante-dix ans après sa composition.

 

Je suis encore sous le choc et le charme de cette lecture. Enivrée. Séduite. Conquise. Renversée.

 

Il y a des livres comme ça, qu’on lit au moment opportun. Dès les premiers mots, j’ai su que ce roman touchait en mon cœur des cordes qui ne vibrent pas à tous les livres, loin s’en faut…

 

« Nous buvions du punch léger, à la mode de ma jeunesse. Nous étions assis devant le feu, mes cousins Erard, les enfants et moi. C’était un soir d’automne, tout rouge au-dessus des champs labourés trempés de pluie ; le couchant des flammes promettaient un grand vent pour le lendemain ; les corbeaux criaient. Dans cette grande maison glacée, l’air souffle de partout avec le goût âpre et fruité qu’il a en cette saison ».

 

D’Irène Némirovsky, je n’avais lu que Le bal, petit conte cruel qui m’avait amusée en son temps. Mais cette Chaleur du sang, profonde et insidieuse, m’a complètement bouleversée.

 

Dès ces premières lignes, l’écriture d’Irène Némirovsky vous enveloppe, caresse onctueuse et fluide. Les phrases s’enchaînent, dans un beau ballet de style et de vérités simples, toujours exprimées par des comparaisons fortes et imagées.

 

Je me suis laissée complètement envoûter par ce livre, et je n’ai eu de cesse de poursuivre ma lecture jusqu’à la fin.

 

L’histoire n’est pourtant pas d’une folle originalité, mais la justesse et la précision psychologique avec lesquelles Irène Némirosky la traite la rend au contraire pleine de vigueur et d’ardeur. A l’image du titre. Cette chaleur du sang qui irradie tout le roman.

 

Irène Némirovsky a su parfaitement rendre la vie provinciale et empesée de ce village du Morvan des années 30. Aux côtés du solitaire et mystérieux Sylvio, on chemine de saisons en saisons entre fêtes de village pour un mariage, en veillées au coin du feu, en promenades automnales dans les bois, en soirées à l’hôtel des voyageurs où les secrets s’ébruitent sans oser se déclarer trop ouvertement. Mensonges, faux-semblants, illusions, passion, secrets et crimes hantent chaque personnage de cette vie rurale, renfermée et étriquée.

 

nemirovskyIrène Némirovsky a un vrai don pour coucher sur le papier, mélange détonnant entre une eau-forte et une aquarelle, les traits de la nature humaine. C’est tout à la fois acide et subtil :

 

« Je ne sais si l’être humain fait sa vie, mais ce qui est certain, c’est que la vie qu’il a vécue finit par transformer l’homme ; une existence calme et belle donne à un visage une sorte de moelleux, de gravité, un ton chaud et doux, qui est presque une patine, comme celle d’un portrait. (…) Il y a un moment de perfection quand mûrissent toutes les promesses, que tombent enfin les beaux fruits, un moment que la nature atteint vers la fin de l’été, qu’elle dépasse bientôt, et alors commencent les pluies de l’automne. Il en est de même pour les gens. »

 

Chaleur du sang est beau comme un amour de jeunesse, puissant comme la jalousie qui étreint les cœurs, flamboyant comme le désir qui s’empare de la chair, simple comme les envies qu’on ne peut réfréner et qui nous perdent.

 

Le dénouement rattrape le lecteur par son amertume. Comme la lie d’un vin capiteux. Tout à l’image des errances humaines dans une vie. C’est finalement tellement réaliste.

 

Ce roman est un véritable coup de cœur pour moi. Je l’ai trouvé tout à la fois magnifique, parlant et tellement vrai. Et curieusement, tellement toujours d’actualité. La vie des villages français n’est finalement pas plus différente dans la France de l’avant-guerre que dans celle du début du XXIème siècle. Sans doute parce que la nature humaine reste immuable dans ses désirs, ses doutes, ses carcans et ses chimères…


C'est partiiiii !!!

victorian_swapAlors que je tombe de sommeil ce vendredi soir, je n’ai pas pu m’empêcher d’attendre, les yeux rivés sur ma boîte mail, que tombe enfin le courrier tant attendu de la Victorian Team ! Et le voilà ! Il est arrivé ! Je connais enfin le nom de ma swappée…

 

Je suis totalement excitée, et en même temps, complètement morte de trouille… Ben vi, c’est mon tout premier swap !

 

Merci Lou et Cryssilda !

 

Dès demain, je pars en quête pour faire un zouli colis à ma swappée !


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20 novembre 2008

La résistance-L'histoire de Peter

la_resistanceLa résistance, l’histoire de Peter de Gemma Maley (Naïve, 288 pages). Terminé le 19 novembre 2008.


Genre : roman jeunesse (anticipation)


Avis : 4/5


RESUME EDITEUR : Angleterre, 2150. La mort n'existe plus. Les hommes vivent à l'ère de la Longévité : pas de morts... mais, pour éviter le surpeuplement, pas de naissances non plus. Peter et Anna ont un point commun: ils n'auraient jamais dû naître. Parce qu'une vie éternelle leur semble contre nature, parce que le système de la Longévité a gâché leur enfance, parce qu'il menace leurs rêves, ils ont décidé d'entrer en lutte. Pour sa suppression. Au sein du Réseau souterrain, la résistance s'organise: Peter a pour mission d'infiltrer le plus grand des laboratoires, le centre névralgique du système, Pincent Pharma... dirigé par son grand-père, Richard Pincent. Un homme puissant et influent, bien décidé à faire plier les rebelles; une présence troublante pour Peter: quand les liens du sang s'en mêlent, tout se complique... La Résistance est la suite de La Déclaration, L'Histoire d'Anna (naïve, 2007), le premier roman de Gemma Malley. L'Histoire de Peter - personnage terriblement attachant - donne lieu à un récit haletant, qui aborde des questions essentielles. Que devient une société qui refuse la mort?

 

La résistance est donc la suite de La déclaration de Gemma Maley, que j’avais particulièrement apprécié.

 

Imaginez…

 

Imaginez un monde où l’homme a cessé de mourir grâce à une pilule miracle « La longévité ».

 

Imaginez un monde où les enfants qui naissent, en dehors du contrôle régulé de la population par les Autorités se nomment des Surplus et sont parqués dans des établissements dignes d’orphelinats carcéraux.

 

Imaginez un monde où la règle pour être Légal, est que l’un de vos parents se sacrifie pour vous offrir sa place dans ce monde étriqué, censuré et à la dérive.

 

C’est le monde dans lequel Anna et Peter ont vécu. Dans ce deuxième volet, l’heure n’est plus à l’obéissance muette et aveugle à des règles que d’autres ont édictées, et que l’on doit suivre sans se poser de questions. L’heure est à la rébellion, et cette « histoire de Peter » est l’histoire d’une résistance qui s’organise dans l’ombre, pour contrer le système absurde dans lequel les humains se sont enferrés, et pour abolir le système de la Longévité.

 

Et pour cela, Peter va infiltrer l’usine de son grand-père, Pincent Pharma, qui fabrique les petites pilules blanches de la Vie éternelle.

 

J’ai trouvé cette suite très inégale : centrée sur Peter, je dois avouer que le personnage d’Anna m’a beaucoup manqué. Peter a moins de présence que n’en avait la jeune fille, à mon avis.

 

De plus, la première partie du livre (une bonne moitié du roman en gros) est très introspective, et le manque de dialogue ralentit parfois le rythme du récit. Cette partie n’en est pas moins intéressante cela dit, car elle pose des questions essentielles par rapport au problème soulevé par Gemma Malley : jusqu’où l’homme a-t-il le droit d’aller pour battre la Nature sur certains terrains ?

 

C’est donc avec simplicité et assez philosophiquement que l’auteur interpelle le lecteur, à travers Peter, sur des questions qui sont aujourd’hui d’actualité. Et dont certaines réponses, imaginées dans cet univers d’anticipation, font froid dans le dos à vrai dire…

 

La deuxième partie du roman, en revanche, est beaucoup plus enlevée : le rythme s’accélère et les choix se font  plus cruciaux. Tout se précipite et à travers les dialogues qui fleurissent à nouveau, on lit de manière haletante ce qui arrive à Peter et Anna en une journée. Une sorte de 24 heures chrono dans le temple de la Longévité.

 

Cependant, Gemma Malley n’a pas su à mon avis s’interdire de tomber dans le manichéisme et certains points de vue ou certaines résolutions sont marqués de ce fait d’une certaine artificialité.

 

Certains passages sont malgré tout particulièrement bien réussis, durs parfois aussi, quand on pense notamment que ce livre est proposé dans la littérature jeunesse. (un petit côté Matrix un peu flippant parfois…)

 

Je dois avouer aussi que j’ai trouvé que le dénouement n’était pas assez tranché (à moins que Gemma Malley ne souhaite faire un troisième tome ???). C’est un livre de l’hésitation perpétuelle, des certitudes qui s’envolent, des choix qui s’ouvrent et qui se font. Des liens qui se nouent, se défont, ou se renforcent.

 

La résistance demeure donc tout de même une bonne suite. Mais comme souvent avec les suites, on ne parvient pas forcément toujours à retrouver le souffle qui nous avait tant plu lors de la lecture du premier opus. Mais on est heureux de retrouver un univers qui nous avait séduit la fois précédente.

 

19 novembre 2008

xxx Holic, tome 12

xxholicXxx Holic, tome 12 du groupe mangaka Clamp (Pika, 200 pages). Terminé le 17 novembre 2008.


Genre : manga


Avis : 3/5



Je crois que je décroche un peu de la série… Ce n’est pas la faute de l’histoire, toujours pleine de mystères et de fantastique, mais la faute des fameux cross-over entre différents mangas : ce tome se croise beaucoup trop à mon goût avec un autre manga du groupe Clamp : Sakura. Du coup, les mystères s’épaississent, certes, mais peut-être un peu trop quand on ne connaît justement pas l’autre manga dont il est question…


Du coup j’en arrive à me dire que la prochaine fois, il vaudra mieux que je me lance dans un manga qui ne comporte pas de cross-over… et qui a une fin ! Parce que la série n’est pas terminée et à mon avis, elle n’est pas prête de l’être… Il paraîtrait (d’après ce que j’ai lu sur des forums) que le groupe Clamp est coutumière du fait… et termine rarement ses séries…


Cela dit, j’ai beaucoup aimé retrouver Watanuki et ses comparses, mais… je reste sur ma faim… J’suis un peu déçue, quoi… Bon, il me reste au moins les tenues de Yuko, toujours aussi belles… je la jalooouse à mort ! ^^

Et pas question que je me lance dans Sakura


On verra si une suite paraît… mais ce ne sera de toute façon pas pour tout de suite, alors wait and see…


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Blog-o-trésors

coffre_tr_sors3Suite à petit tour sur le blog de Laetitia La liseuse, voilà que je tombe sur le défi « Blog -o-trésors » lancé par Grominou.

 

Sur le même principe que la fameuse question « Quels livres emporteriez-vous sur une île déserte ? », voici le défi :

 "1. Faites une liste de 10 livres que vous avez adorés ou qui vous ont marqués, et publiez-la sur votre blogue. Tous les styles littéraires sont permis. Seule restriction, si un livre fait partie d'une série, il doit pouvoir se lire de façon indépendante. (Si vous n'avez pas de blogue, vous pouvez participer en inscrivant votre liste dans les commentaires ci-dessous.)

 2. Avertissez-moi dans les commentaires ci-dessous, en incluant le lien vers votre billet.

3. Là c'est moi qui fais tout le travail: je ferai une méga-liste de tous les livres suggérés par les participants.

 4. Dans la méga-liste, choisissez au moins 4 livres que vous lirez avant le 31 décembre 2009.

 5. Optionnel : si vous écrivez une critique d'un de ces livres sur votre blogue, vous pourrez me transmettre le lien et je l'inclurai dans la liste."

 

 J’avais depuis quelques temps déjà dans l’idée justement d’essayer de constituer pour moi une liste de mes « incontournables ». Ces livres que j’ai aimés par-dessus tout. Ou ceux avec lesquels j’ai une histoire privilégiée. Ou encore ceux avec lesquels je me suis pris une claque.

 

Et en vérité, c’est loin d’être facile d’essayer de choisir parmi tous ces livres qui ont pu vous faire vibrer…

 10 livres ! Pensez-donc ! 10 malheureux livres parmi les centaines que l’on a pu lire depuis son enfance et qui nous ont profondément marqués… Mais bon, puisqu’il faut faire un choix, j’ai choisi… (Et dieu sait que j’ai dû affronter des dilemmes déchirants pour déterminer mes « happy few »…)

 

Voici donc ma liste de trésors :

 tresors11. La caverne des idées de José-Carlos Somoza

 2. Le désert des Tartares de Dino Buzzati

 3. Le grand Meaulnes d’Alain Fournier

 4. Le maître des illusions de Donna Tartt

 5. Le parfum de Patrick Süskind

 6. Le grand pouvoir du Chninkel de Grzegorz Rosinski et Jean Van Hamme

 7. Le rouge et le noir de Stendhal

 8. Pilgrim de Timothy Findley

 9. Qumran d’Eliette Abecassis

10. Sans parler du chien de Connie Willis

 

La liste va être tout simplement énoooooorme ! Je choisirais donc 4 livres. Ça me donnera peut-être ainsi l’occasion de découvrir d’autres trésors, à côté desquels je suis forcément passée puisque l’on n’a jamais assez d’une vie pour lire tout ce que l’on aimerait lire…

Posté par Alwenn à 20:52 - Swaps et défis - Commentaires [19] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 novembre 2008

L’île du destin, tome 3 de La quête d’Ewilan

ewilan3L’île du destin, tome 3 de La quête d’Ewilan de Pierre Bottero (Rageot, 288 pages). Terminé le 15 novembre 2008.


Genre : roman fantasy jeunesse


Avis : 4/5


RESUME EDITEUR : " Il s'agissait d'un loup assez jeune, au torse puissant et aux crocs impressionnants. Assis sur ses pattes arrière, il les observait avec curiosité, sans une once de crainte. Camille marcha dans sa direction. Il ne lui prêta pas une attention particulière, mais, quand elle ne fut plus qu'à deux mètres de lui, il montra les dents et se mit à grogner. Elle s'immobilisa. Recule, lui ordonna Edwin à mi-voix. Sans tenir compte de ses paroles, Camille s'accroupit lentement, regardant le loup dans les yeux. "

 

Aaaaaaah… Voilà enfin du suspens, de l’aventure, de l’héroïque et du sentiment ! Ce troisième tome de La quête d’Ewilan est pour moi le meilleur.

 

Alors de deux choses l’une : soit je me suis habituée au style de l’auteur, je me suis prise d’affection pour les personnages, et ce troisième tome est beaucoup mieux passé que les deux précédents, soit l’auteur parvient enfin à faire décoller son histoire et on se laisse prendre au jeu, avec plaisir.

 

L’histoire prend enfin son envol dans cette Ile du destin : tout s’accélère pour Ewilan et ses compagnons de quête, ils doivent absolument trouver les parents de la jeune dessinatrice. Et pour les aider, Akiro, le frère d’Ewilan prend part à l’aventure, ainsi que Siam, la jeune sœur du valeureux Edwin.

 

Les obstacles vont être légions, mais les alliés –attendus ou non- vont peu à peu se manifester et permettre à la petite troupe de mener à bien leur mission (je ne dévoile rien, hein… on peut se douter quand même que dans un roman pour la jeunesse, le happy end est de rigueur, comme bien souvent…)

 

Mais les retournements de situation sont bel et bien là aussi. Ainsi en va-t-il avec le personnage de Salim, qui nous fait un petit épisode à la Jacob et où Ewilan peut utiliser le Vif pour communiquer avec lui… (ah, mince, non. Le Vif c’est l’Assassin Royal. Quelqu’un pour me donner une claque encore ? ^^)

 

Trève de plaisanterie, j’ai beaucoup aimé ce troisième tome, et je pense que je lirai la suite. Oui, oui. Bon, peut-être pas tout de suite. Aux vacances de Noël par exemple. Mais j’ai bien envie de poursuivre un peu l’aventure avec cette troupe hétéroclite mais attachante.

 

Et puis je me suis surtout attachée au personnage d’Ellana, et comme Anne m’a dit qu’elle avait sa trilogie rien que pour elle, je serais bête de bouder mon plaisir…

 

Donc verdict final : Pierre Bottero met du temps à nous embarquer avec lui, mais quand il nous embarque, il nous emporte loin dans son univers. Je n’irais pas jusqu’à ranger Ewilan dans mes meilleures lectures jeunesse, mais on passe un bon moment de lecture, selon l’expression consacrée…^^


12 novembre 2008

Les frontières de glace, La quête d'Ewilan, tome 2

ewilan2Les frontières de glace, tome 2 de La quête d’Ewilan de Pierre Bottero (Rageot, 288 pages). Terminé le 11 novembre 2008.


Genre : roman fantasy jeunesse


Avis : 4/5


RESUME EDITEUR : Revenus dans l’Empire de Gwendalavir, Ewilan et Salim partent avec leurs compagnons aux abords des Frontières de Glace pour libérer les Sentinelles. Ils repoussent en chemin les attaques de guerriers cochons, d’ogres et de mercenaires du Chaos, alliés des Ts’liches résolus à tuer Ewilan, mais se découvrent un peuple allié : les Faëls. Salim se lie d’amitié avec une marchombre, dont les pouvoirs le fascinent ; tandis que face au maître d’armes, Ewilan assoit son autorité et affermit son Don. Malgré les attaques d’une goule, la petite troupe parvient à destination. Là Ewilan découvre le secret du Dragon et libère les Sentinelles. Désormais, elle peut se consacrer à sa quête : la recherche de ses parents.

 

 Je poursuis donc mon petit bonhomme de chemin en compagnie d’Ewilan.

 

Premier constat : j’ai plus apprécié cette deuxième lecture que le premier tome. Mais bon, il faut que je sois honnête, je n’ai pas dévoré non plus.

 

Il est clair que les relations entre les personnages s’approfondissent, et que la quête d’Ewilan prend de l’ampleur. Mais il n’en reste pas moins que je trouve que l’intrigue est un peu simple, le récit trop linéaire, et les événements trop attendus.

 

Encore une fois, je ne doute pas que les adolescents y trouvent leur compte, mais j’ai le sentiment de me balader dans un monde trop enfantin. Et peut-être tout simplement que ce n’est pas ce que je cherche –ou ce dont j’ai besoin- en ce moment.

 

En revanche, je dois avouer que je suis assez sensible à l’humour que Pierre Bottero a pris soin de glisser dans le personnage de Salim, et ce jusque dans ses relations avec les autres personnages, notamment Maniel et Bjorn. Je me suis surprise à sourire plusieurs fois.

 

De ce tome, je retiendrai aussi la très belle description de la ville d’Al-Jeit, et de son Arche qui surplombe magiquement le fleuve Pollimage, ou encore de la cité enfouie dans laquelle les Sentinelles sont enfermées (mais encore une fois, je n’ai pu m’empêcher d’y voir des ressemblances avec certaines descriptions de Tolkien… et d’établir notamment un parallèle avec Minas Thirit ou encore le gouffre de Helm… je sais, je sais, je suis incorrigible…)

 

Pierre Bottero sait aussi rendre ses personnages attachants, il faut le reconnaître. J’ai donc par exemple beaucoup aimé le personnage de Chiam Vite, le Faël. Et Ellana impose une présence forte. Le petit groupe composé par l’auteur s’en sort bien, il est vrai (mais bon sang, pourquoi je n’arrête pas d’y voir le groupe de Frodon, lié par l’envie commune d’aider à la libération du Mal… Ok, je me mets une claque.)

 

Allez, je vais aller jusqu’au bout de cette trilogie tout de même. Je ne suis pas sûre par contre de lire les autres. A moins que ce tome trois ne me surprenne et me ravisse ? Qui sait ?

 

To be continued…


10 novembre 2008

Le coup du lapin, 1 et 2

coupdulapin

Le coup du lapin, 1 et 2 d’Andy Riley (Chiflet & Cie, 96 pages). Terminé le 10 novembre 2008.


Genre : album 


Avis : 5/5  Coup de cœur !


RESUME EDITEUR :

Premier album : Il n'y a que les lapins britanniques nés au pays du nonsense pour s'amuser à mettre fin à leurs jours en nous faisant mourir de rire !

Deuxième album : Les lapins britanniques reviennent avec encore plus d'idées absurdes pour mettre fin à leurs jours. Et ils nous font toujours mourir de rire !

 

Attention, attention ! Ovni coup de cœur en ma possession !

 

MiffyJe suis une folle des dessins de lapinous, depuis que mes yeux se sont posés pour la première fois sur un album de Miffy, ou que mes premiers pas de lecture, seule, furent ceux qui suivirent Jojo lapin dans ses aventures de l’antique Bibliothèque rose… Les lapinous et moi, c’est une grande histoire d’amûûûûr… ^^

 

Alors quand mes yeux sont tombés cette après-midi sur ce coffret rose aux oreilles en moumoute… mon cerveau a déconnecté et j’ai vu mes mains s’emparer de la boîte cartonnée acidulée sur le coin de laquelle clignotait ostensiblement un mignon petit lapin.

 

Mais alors, le must du must, c’est que c’est beaucoup plus qu’un énième album avec des lapinous ! C’est un album du talentueux dessinateur du magazine Observer, Andy Riley. Il est notamment le co-auteur d’un dessin animé que vous avez peut-être déjà vu lors des fêtes de Noël à la télé : Robbie le Renne.

 

bunny_suicidesEt le moins que l’on puisse dire, c’est que cette série de lapin mignons se distingue par l’acidité bien sentie de ses dessins. Andy Riley imagine en effet tous les scénariis possibles de suicide pour un lapin. Et Andy Riley a une imagination sans borne ! C’est tout bonnement excellentissime. Bon après, faut aimer ce genre d’humour, mais en ce qui me concerne, j’adhère to-ta-le-ment !

 

Amateur d’humour noir et british, cet album est donc fait pour vous ! Si votre sens de l’humour est aussi aiguisé que peut l’être la plume d’Andy Riley, gare aux crampes des zygomatiques…

 

Le dessin est presque journalistique : noir et blanc, image unique ou double page. Quelques planches style bande dessinée. Chaque page recèle son lot de surprise et d’inventivité.

 

Le dessin va très rarement jusqu’au trash (on n’atteint pas encore les sommets de trashitude des dessins animés online des Happy Tree Friends –Ames sensibles s’abstenir !!!- ). Il suggère simplement la conséquence de l’acte que le pauvre lapinou s’apprête à commettre. Mais c’est parfois tellement suggestif que l’on ne peut s’empêcher d’esquisser un petit rictus dégoûté, sur lequel vient vite se rajouter le sourire provoqué par le comique de la situation.

 

suicide_bunnyCe lapin n’est finalement que l’avatar contemporain du Vil Coyotte de Tex Avery dont les minables tentatives pour attraper l’oiseau Bip-Bip finissent invariablement par se retourner contre lui. A la différence près qu’il faut superposer sur ce lapin britannique le cynisme volontaire que lui octroie son bourreau d’auteur.

 

Et comme l’auteur semble joueur, il faut même parfois s’amuser à trouver le lapin dans le dessin, un peu à la manière des albums pour enfants « Où est Charlie ? ». Sauf qu’il faut trouver le lapin pour mieux deviner sa fin. Hilarant.

 

Alors si vous aussi vous voulez savoir comment un lapin peut se suicider dans les toilettes dans un avion, une théière, avec un tire-bouchon, un pack de bières, la flamme olympique, ou mieux, le tome 5 d’Harry Potter, ce livre vous tend les bras !

 

C’est profondément drôle, piquant et irrésistible. Bref, british jusqu’au bout des ongles oreilles !

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Posté par Alwenn à 23:58 - Albums - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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