31 janvier 2009
Ma mini-PAL (qui dit mieux ?)
C’est marrant, ça. Dès qu’un tag
circule sur la blogosphère, Leiloona et moi on a souvent tendance à se refiler le
bébé...
Du coup, me voilà invitée à
présenter ma PAL… (photo un peu floue car prise avec mon téléphone. Mais où
ai-je mis mon appareil photo ???)
Modeste PAL je dois l’avouer, car avoir trop
de livres d’avance me fait dangereusement flipper. D’un autre côté, ne pas
avoir assez de livres m’angoisse aussi. J’essaie donc toujours de maintenir
un certain équilibre pour que mes petites manies de lectrices ne soient pas trop
mises à mal.
Mais si la PAL est modeste, la LAL
elle, en revanche, l’est beaucoup moins. Enfin, cela est une autre histoire.
Voici donc mon coin à PAL : un
petit cube d’étagère, sur le mur près de ma table de chevet. Là, la PAL
commence à être trop importante car je n’aime pas trop quand je suis obligée
d’y poser des livres au-dessus… D’habitude, seul trône à cette place mon rat
de bibliothèque en bois de tilleul, sur lequel j’avais totalement craqué
lors de mes dernières vacances au Pays Basque.
On y trouve donc, en vrac, les
trois tomes de l’Assassin Royal qui me mèneront jusqu’au tome 6 (à
partir duquel je pourrais attaquer les Aventuriers de la mer… n’est ce
pas, Anne ?), deux Jane Austen et le Jane Austen et moi avec lequel
j’attends de pouvoir jouer avec impatience ! (J’avais dit que 2009 serait
pour moi une année austenienne !). Le magnifique livre qui recueille tous
les contes de Béatrix Potter. Deux livres du Victorian Christmas Swap, offerts
par Lou, Le treizième conte, Dracula, le dernier Danila Comastri
Montanari, la suite de Trois mètres au-dessus du ciel, et d’autres encore…
Oui, je sais, vous avez tout de
suite remarqué le tome 1 de la saga Meyer, tout en haut de la pile… Je l’ai lu
il y a pas mal de temps maintenant, et d’avoir vu le film m’a donné envie de me
replonger dedans. J’attends les vacances prochaines pour le faire.
Je viens aussi de recevoir
aujourd’hui un livre-voyageur, Qui comme Ulysse, qui vient donc
s’ajouter à cette PAL (merci Stéphie !)
Et en ce moment, je suis donc
embarquée dans le tome 3 des aventures de FitzChevalerie, mais j’avance tout
doucement car je suis… comment dirais-je… submergée par le travail… Mais
croyez-moi, je préfèrerais de loin lire Robin Hobb que la prose souvent
désespérante de mes élèves… :(
Voilà. Défi relevé.
Etant une vilaine et incorrigible
curieuse, j’aurais bien voulu mettre mon museau dans la PAL de Lael, Brize, Anne et Manu mais je ne veux obliger
personne…
Et parce que je me suis réveillée avec cette chanson dans la tête, autant vous en faire profiter (extrait de l’excellent Talentueux Mr Ripley, que je me regarderais bien à nouveau, tiens ! )
26 janvier 2009
Le club du suicide
Le club du suicide, de Robert Louis Stevenson (Folio, 138 pages). Terminé le 25 janvier 2009.
Genre : nouvelles
Avis : 4/5
RESUME
EDITEUR : Toujours en quête
d'aventures extravagantes, le prince Florizel et son compagnon, le colonel
Geraldine, rencontrent un soir un étrange jeune homme qui les convie à une
soirée du Club du suicide. Les deux amis découvrent avec horreur et fascination
un diabolique jeu de cartes où le seul gain est la mort... Une histoire aussi
inquiétante qu'ironique par l'auteur de L'étrange cas du Dr Jekyll et M. Hyde.
Voilà une courte lecture très enthousiasmante !
Le prince de Bohème Florizel et son éternel acolyte
le colonel Géraldine vivent des aventures pour le moins extraordinaires ! Le
duo fonctionne à merveille, une sorte d’hybride entre Sherlock et Watson et
Magnum et Higgins (oui, je sais, je fais parfois des comparaisons bizarres,
mais c’est vraiment ce à quoi j’ai pensé quand je les ai vus évoluer…)
Tout commence dans un bar, où, déguisés pour passer
incognito, ils observent le ballet étrange d’un jeune homme qui offre des
tartelettes à la crème à ceux qui le souhaitent et mangent celles qu’il se voit
refusées. Le voilà donc embarqués dans une histoire sombre et mystérieuse où la
mort est un jeton qui se monnaie… Cette première nouvelle est tout à fait
exquise. Le Londres de l’époque victorienne se déploie dans l’incongruité
du jeu funèbre auquel se livrent des hommes désespérés. L’ambiance est celle
des fumoirs masculins, verres de brandy et costumes noirs impeccables.
J’adore !
La deuxième nouvelle, Histoire du docteur et de
la malle de Saratoga, nous présente un jeune américain, Silas Scuddamore, à
qui la curiosité va jouer un bien vilain tour. Mais dont l’énorme malle de
Saratoga le sauvera du fort mauvais pas où il s’est mis tout seul… Et là
encore, le Prince Florizel et le colonel Géraldine auront leur rôle à jouer.
Des trois nouvelles, c’est celle sans doute que j’ai le moins aimé, car elle
apparaît plus nébuleuse que les autres (même si elle trouve son dénouement à la
fin !)
La troisième nouvelle quant à elle est mystérieuse
à souhait et un peu flippante (mais qu’est-ce qui va donc se
passer ??? M. Morris est-il le diable en personne ? Un dangereux
psychopathe ? ^^) et là encore, Florizel aura un rôle important à jouer. Je
ne sais pas pourquoi en revanche, mais j’ai trouvé l’atmosphère du tout début de la nouvelle très proche du film From
Hell avec J. Depp (histoire revisitée de Jack L’éventreur).
Ces trois nouvelles sont extraites d’un livre de
Stevenson intitulé Les nouvelles mille et une nuits. Les trois histoires
que Folio a regroupées sont les trois premières dans l’ordre d’apparition. Et
dans l’édition originale, il y a encore 8 nouvelles ! Je veux
les auuuutres !
Dès le billet fini, je file faire des recherches
sur le net pour me dégotter les autres nouvelles.
J’aime cette ambiance british et XIXème, suspens,
mystères et crimes. Stevenson flirte
avec le fantastique mais le dénouement apporte toujours son explication
rationnelle. C’est parfois cruel, parfois satirique. Toujours lourd de mystères
et de l’odeur de la mort.
Une vraie petite douceur !
J’avais repéré ce titre chez une bloggeuse mais je
me souviens plus qui. N’hésitez pas à me donner vos liens si vous l’avez
lu !
Le détail
Le détail , de José Carlos Somoza (Mille et une nuits, 108 pages). Terminé le 23 janvier 2009.
Genre : roman
Avis : 2/5
RESUME EDITEUR : Dans
le village andalou de Roquedal, on tient le vieux Baltasar pour un excentrique
: il est " le fou du cimetière ", qui vit près du royaume des morts.
Il n'a cure de ce que l'on chuchote sur son passage et se concentre sur les
petites particularités des jours. Mais voilà le village bouleversé par les
disparitions rapprochées du garagiste et de l'herboriste. Seul interprète des
signes du ciel et des menus détails qui altèrent sa sensibilité, Baltasar est
convaincu qu'il s'agit de deux crimes reliés par un même fil...
Déraisonne-t-il, ou bien est-il sur la bonne piste ? Son intuition l'entraîne
dans une curieuse enquête. Rien de moins scientifique que sa méthode : il trouve
ses indices dans la forme des nuages ou des toiles d'araignée, dans l'examen
minutieux des photographies d'enfance au chevet d'un mourant, dans la
contemplation de la lune, en poursuivant l'ombre d'une grosse araignée ou en
écoutant la musique qui fait écho aux palpitations de la vie du village... Dix
ans après les faits, don Baltasar écrit la chronique des événements mystérieux
dont il fut le témoin et l'acteur
Autant j’avais adoré La caverne des idées (lu
bien avant mon blog mais Leil et Stéphie l’ont lu il y a peu : allez voir leur avis !), autant ce très
court roman de Somoza me laisse perplexe. Il m’a fallu un temps infini
pour lire cette centaine de pages pendant lesquelles je suis tout le temps
restée extérieure à l'histoire…
Le personnage de Don Baltasar,
« le fou du cimetière », comme se plaisent à l’appeler les villageois
de Roquedal, est pourtant extrêmement attachant. Dix ans après les faits, il nous
livre la chronique de deux drames qui se jouèrent dans la province andalouse,
en soulignant son récit des détails qu’il avait alors pu remarquer. Ces
détails se nichent dans les observations les plus farfelues et les plus
étonnantes : les toiles d’araignées, la lune et les nuages, les bruits
environnants, la lumière, ou encore de vieilles photographies. Don Baltasar
voit des choses qui demeurent obscures pour les autres. Et pour lui, ces
morts qui semblent apparemment sans lien, trouvent en réalité leur origine dans
le même mal (qui prend l’apparence d’une créature pour le moins surprenante…)
Le côté un peu déjanté de cette
enquête n’a pas
été sans me rappeler une certaine Fred Vargas (dont je n’aime pas
particulièrement la prose…) et c’est sans doute ce qui m’a freinée dans ma
lecture. J’ai peiné pour aller jusqu’au bout et le dénouement m’a laissée
tout autant dubitative que la conduite de l’enquête.
Une déception donc pour moi. Bien que court, je déconseille à
ceux qui ne connaîtraient pas encore Somoza de commencer par ce livre.
L’histoire ne rend pas hommage au talent que l’auteur à mis en œuvre pour nous
bâtir une intrigue aussi fouillée et intelligente que dans La caverne des idées.
Quand même ce Somoza… Il a des
idées bien étranges dans la tête. Le moins que l’on puisse dire, c’est que
ce livre, Le détail, est atypique.
21 janvier 2009
La rose écarlate

La rose écarlate de Patricia Lyfoung
et Philippe Ogaki (Delcourt, 47 pages
chaque tome). Terminé le 20 janvier 2009.
Premier tome : Je savais que
je te rencontrerais
Deuxième tome : Je veux que
tu m’aimes !
Troisième tome : J’irai où tu
iras
Quatrième tome : J’irai voir Venise
Genre : bande-dessinée
Avis : 4/5
RESUME
EDITEUR : Maud une
jeune fille rêveuse et éprise de justice, vit en France au XVIIIe siècle. L’assassinat
incompréhensible de son père l’oblige à rejoindre Paris où vit son grand-père,
un noble dont elle ignorait jusqu’à l’existence. Elle y croise la route du
Renard, un brigand des grands chemins qu’elle admire. Mais elle ne sait encore
rien du secret que lui a légué son père et que convoite un mystérieux individu.
La rose écarlate comporte pour l’instant quatre
tomes et je suis bien contente que la fille d’une de mes amies me les ait
prêtés car j’ai dévoré ces quatre albums en moins de temps qu’il n’en
faut pour le dire…
C’est une BD pour la jeunesse
que j’aurais adoré découvrir ado ! Le dessin fait presque penser au manga,
avec les attitudes typiques et les mimiques faciales, souvent très
humoristiques ! Les couleurs sont
chaudes et les personnages vraiment attachants. Et ma préférence va évidemment
au jeune et bô Guilhem, bien sûr ! (Pfff… on se refait pas, hein… On est
midinette ou on ne l’est pas !)
L’histoire est une intrigue
de Cape et d’épées, pleine de rebondissements, de vengeance, de quête et
aussi d’amûûûûr… ^^ C’est frais et pétillant, et bourré d’humour
(les premières planches qui ouvrent chaque tome m’ont fait sourire à chaque fois…
avec le souvenir du bateau pirate des Astérix en arrière-pensée !)
Alors bien sûr, il y a parfois des
anachronismes, notamment dans les costumes qui font parfois davantage penser à
des costumes de la fin du XIXème siècle, et des petites licences par rapport à
l’histoire du XVIIIème siècle, mais on les pardonne trèèès facilement tant on
est vite pris dans cette histoire. Le fil rouge de l’histoire est un peu éculé
aussi, mais peu importe ! La rose écarlate est une très bonne série de BD
pour la jeunesse. C’est vraiment bon enfant !
Je sais que Manu trouve le costume
de la Rose écarlate un peu ridicule, mais je crois que l’auteur s’en amuse elle-même
(tu verras, Manu, c’est dans le tome 3 ou 4 je crois ;) )
Bref, si vous croisez la route de
la Rose écarlate, n’hésitez pas, un bon moment de divertissement vous attend !
L'amant de Lady Chatterley
L’amant de Lady Chatterley de D.H. Lawrence (Folio, 452
pages). Terminé le 18 janvier 2009.
Genre : roman
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Époque essentiellement tragique que la nôtre », écrit Lawrence. A la vieille Angleterre aristocratique et rurale déjà meurtrie par l'industrialisation, la Première Guerre mondiale a infligé de profondes blessures. Les protagonistes de ce récit en sont marqués dans leur esprit, dans leur chair, et la déchirure se prolonge dans leur aventure intime. L'Amant de Lady Chatterley est ainsi, pour le romancier, l'occasion de réaffirmer sa conception de l'amour physique comme moyen de retrouver le contact avec les forces instinctives et naturelles de la vie. Censuré pendant trente ans en Angleterre et aux États-Unis en raison de ses audaces de forme, le récit devait longtemps connaître un succès de scandale. Le lyrisme poétique de l'écrivain y trouve pourtant son ultime expression, un lyrisme provocant, véhément, parfois désespéré, à l'avant-garde de la croisade moderne contre l'intellectualisme.
Premier livre lu dans le cadre du
défi de Grominou , j’avais envie de découvrir ce roman au parfum de scandale
quand il parut, en 1929.
La première constatation, c’est
que les passages incriminés sont bien soft au regard de ce que l’on est capable
de lire aujourd’hui. Les scènes « érotiques » (et encore, je ne sais
même pas si le terme est adéquat…) offrent en fait une certaine pudeur : ce
n’est pas cru, ce n’est pas vulgaire, c’est tout au plus presque scientifique
dans la dissection de ce qu’est l’acte d’amour. Bref, pas de quoi fouetter un
chat aujourd’hui, ou retrouve le livre dans l’Enfer de la Vaticane… ^^
Je ne peux pas dire que ce livre
m’ait totalement emballée. J’y ai trouvé quelques longueurs et une force d’inertie assez
conséquente, en dehors des passages relatifs à l’histoire entre Constance
Chatterley et le garde-chasse. Parce qu’avant d’être un récit des sentiments,
L’amant de Lady Chatterley est surtout un récit de la mutation : D.H.
Lawrence brosse en effet un tableau de la société anglaise post première guerre
mondiale, et ce changement important se reflète sur ses personnages, comme le
miroir brisé des illusions perdues suite à la guerre.
Ici, c’est l’Angleterre des
Midlands, l’Angleterre de l’industrialisation exponentielle et des bassins houillers.
L’Angleterre des luttes des classes, de l’opposition entre les castes, du déni
de l’évolution et de l’opportunisme en matière de profits et de gains. C’est
le choc de la fin d’un monde : DH Lawrence décrit la confrontation de
la vieille Angleterre aristocratique et rurale à l’essor industriel des villes
ouvrières, futures villes tentaculaires.
Le livre donne évidemment aussi
prétexte à des points de vue sur la sexualité. Il y est par exemple question du
sexe comme d’une conversation et une communication du corps, qui poursuit ou
qui amorce la conversation des esprits. C’est tout à fait intéressant, surtout
si l’on se réfère au moment où cela a été écrit ! Mais dans la relation
entre Constance et Oliver Mellors, le garde-chasse, tout est assez déconcertant.
Leur première fois par exemple m’a laissée perplexe. La jeune femme y est
décrite comme une poupée molle, passive mais consentante. Bien sûr, l’histoire
est un éveil des sens à la sensualité et à l’érotisme, mais tout de même,
certaines scènes m’ont mise à l’aise en raison de l’attitude de Constance. Ses
sentiments à l’égard du garde-chasse sont extrêmement ambivalents,
oscillant entre la répulsion et l’attirance pulsionnelle. Aucun d’eux
finalement n’arrive vraiment à être en accord avec l’Autre. D’autant que
Constance, dont DH Lawrence emprunte souvent le point de vue, intellectualise
complètement l’acte d’amour, et quand elle parvient à ne pas le faire, comme la
fois où ils font l’amour dans les bois, à même le sol, après une rencontre
imprévue, la jeune femme est animalisée, poussant des cris rauques de bêtes
qu’elle ne reconnaît pas provenir d’elle-même… C’est donc une relation très
torturée et tourmentée, intérieurement, mais aussi en raison des convenances et
des aléas extérieurs. Et Mellors renforce encore ce clivage en parlant
volontairement patois en présence de la jeune aristocrate, bien qu’il parle en
réalité un anglais plus que correct et distingué.
Le cottage du garde et la relation
qu’ils entretiennent tous les deux peut-être vus comme un refuge, une bulle
qui les sépare de Tavershall et de la nouvelle ère industrielle, mais aussi de
Wragby et du corsetage social. Et l’opinion du garde, qui se dégage de
certaines conversations entre les deux amants, souligne la vanité de la quête
d’argent, de la prostitution à la déesse-chienne de la renommée et de
l’avancement, et prône presque un retour aux valeurs rousseauistes d’une nature
protectrice et bienveillante, ainsi que d’une humanité simple, naïve et
pleinement satisfaisante.
Finalement, j’irais presque
jusqu’à dire que L’amant de Lady Chatterley vaut beaucoup plus pour son
tableau d’une époque et des mentalités que par la relation entre Constance et
Mellors. Leur liaison n’est qu’un reflet des préoccupations grandissantes de
cette Angleterre en mutation.
Et le mari de Constance est
l’emblème le plus fort et le plus détestable de ce changement. Très vite, il
devient antipathique et le dégoût qu’en ressent Constance se communique au
lecteur. Mais l’avenir envisagé par les deux amants ne connaît pas
d’aboutissement certain. Ce point d’interrogation final reflète l’incapacité de
l’auteur lui-même de voir ce que l’Angleterre va devenir au sortir de cette
première guerre mondiale et aux montées nouvelles de la société… Ou son
désenchantement ?
Je ne livre ici que mes
impressions premières, au sortir de cette première lecture, mais je pense qu’on
peut en faire une étude très intéressante et fouillée.
Il me reste maintenant à regarder
le film avec Marina Hands, primé au festival de Cannes en 2007. J’espère que
j’aurai le temps le week-end prochain.

EDIT du 24 janvier 2009 :
Bon, je viens de regarder
l’adaptation cinématographique de Pascale Ferran, de 2006. Tout d’abord, il
faut signaler que la réalisatrice a retenu une autre version de Lawrence pour
construire son adaptation Lady Chatterley et l'homme des bois,
disponible aux éditions Gallimard en français, et non L’amant de Lady
Chatterley que j’ai lu. Du coup, je ne peux malheureusement fonder ma
comparaison qu’à partir de ce dernier…
Premier constat : j’ai
bien aimé mais je dois avouer que ce n’est pas le film que je pourrais me
regarder à nouveau un jour où je m’ennuie… Le film tombait à point pour me
permettre de voir ce que Pascal Ferran avait pu faire d’un roman aussi
volumineux, et aussi complexe au niveau du tableau d’une époque. Mais je ne
suis pas tombée folle du film.
Comme toute adaptation, il faut
faire des coupes. C’est obligé. Ici, les coupes sont sévères, forcément,
mais les licences le sont aussi à mon avis.
Pour les ellipses, la
réalisatrices a opté pour un procédé qui m’a un peu gênée :
un écran noir avec quelques phrases qui résument la situation. Un peu comme
dans ces vieux films muets où ce procédé suppléait à l’absence de voix et
offrait une meilleure compréhension de l’intrigue au spectateur. De même,
l’apparition d’une voix off une fois dans le film, après la première fois de
Constance et Mellors, et qui fait office de narrateur, m’a un peu déconcertée.
N’aurait-il pas mieux valu dans ce cas utiliser ce procédé tout le temps ?
Tout le côté société des Midlands
anglais en mutation, poids de l’aristocratie incarnée par Clifford qui pèse sur
le monde ouvrier de Tavershall, « prostitution à la déesse-chienne »
de ce même Clifford à travers ses vélléités d’écriture, relation particulière
de Mrs Bolton avec Clifford… Tout ça est balayé. La seule scène où le monde
industriel apparaît est d’ailleurs restée très obscure pour moi : je n’ai
pas compris pourquoi ce mineur vient jusqu’à la voiture de Constance et
l’observe, sans mot dire. Exit ce qui fait finalement la trame profonde du
roman de Lawrence. Pascale Ferran a essentiellement gardé la relation entre
Constance et le garde-chasse. Classique, quoi.
En revanche, Marina Hands,
bien qu’elle n’ait pas les yeux bleus que lui donne Lawrence, est magistrale
dans le rôle. De même qu’Hippolyte Girardot dans le rôle de Clifford.
Mais Jean-Louis Culloc’h dans le rôle de Mellors ne m’a pas du tout convaincue.
En premier lieu, il est supposé être blond dans le livre… Et d’autre part,
l’acteur est loin, très loin, d’avoir le « corps blanc et délié »
comme dans le roman. Le jeu d’acteur est bon, mais le choix, non. L’ironie
constante du personnage dans le roman m’a également manqué dans le jeu. On sent
davantage un Parkin bourru, mais surtout d’une humilité et d’une déférence
envers la Châtelaine qui cadre mal avec le fort caractère du Mellors de Lawrence)
Je me suis en outre demandée pendant tout le film quelle avait été cette idée
bizarre d’avoir changé son nom d’Oliver Mellors en Parkin ? Mais
après recherches, c’est bien le nom que Lawrence avait d’abord donné à son
personnage…
Dans les licences qui m’ont
choquée, je crois que c’est la fin de film qui, selon moi, n’est pas à la
hauteur du roman :
Constance n’est pas supposée revenir à Wragby, et encore moins y retrouver un
Clifford avenant, presque debout sur ses jambes, qui tente d’impressionner son
épouse. Ici, le personnage de Clifford est presque rendu attachant et
pitoyable. Dans le livre, au contraire, la fin exacerbe l’antipathie du lecteur
à l’égard du personnage. D’autant que le paroxysme est atteint lors de l’épisode
de la chaise roulante motorisée qui refuse d’avancer dans le bois (scène
très réussie dans le film, et qui m’a même arraché un rire tant la mésaventure
de Clifford est réalisée ici à travers une approche ironique et moqueuse.) De
même, le voyage de Constance est supposé se passer à Venise et Duncan Forbes,
l’ami d’enfance des deux sœurs a un rôle à y jouer, qui est effacé dans
l’adaptation de Pascale Ferran. Et quid de la scène où elle passe la nuit dans
le cottage du garde avec la complicité de sa sœur ? Rien, nada. Au lieu de
ça, on a le droit à une fuite romantico-tragique dans les bois après un arrête
brutal de la voiture sur la route…
Alors bien sûr, je sais qu’on est
obligés, pour rendre un roman à l’écran, de procéder à ces coupes et ces
remaniements. Et puis ce peut-être aussi un choix du réalisateur. Et de ce
fait, je dois avouer que les partis-pris de Pascale Ferran font cependant de
cet Amant de Lady Chatterley un beau film, aux décors très soignés, aux
prises de vues et aux paysages délicats. Au rythme un peu lent aussi, mais qui
là, pur le coup, est le reflet du roman.
Les scènes d’amour ont la même
pudeur que celle du livre. C’est du sexe, mais sans vulgarité. La toute fin,
bien que très différente du film, expose la même incertitude sur la relation
des deux amants. Si ce n’est que la réalisatrice l’envisage sans doute plus
positivement que dans le roman puisque le film s’achève sur un franc et massif
« OUI » de la part de Mellors/Parkin.
Dans l’ensemble, j’ai donc bien
aimé le film, sans l’avoir trouvé non plus extraordinaire. Mais il m’est
avis que si l’on n’a pas lu le roman, on doit d’autant plus l’apprécier.
Les détails échappent alors aux spectateurs qui peuvent se laisser complètement
aller à cette histoire d’amour, cet éveil à la sensualité. J’ai notamment beaucoup
aimé la scène où ils décorent leurs corps avec des fleurs des champs et des
couronnes de feuilles. Moment intimiste et poétique qui rend honneur au roman.
Mais dans toute cette analyse que
je fais du film, il ne faut pas perdre de vue que je compare l’adaptation
cinématographique à une version du roman qui n’est PAS celle qu’a privilégié
Pascale Ferran. Peut-être est-elle d’ailleurs plus fidèle que je ne le pense
puisque j’ai personnellement lu une autre version…
A noter que le film s’était vu décerner
la palme du meilleur film en 2007 (mais aussi de la meilleure adaptation, de la meilleure
photographie, de la meilleure actrice, et des meilleurs costumes.)
15 janvier 2009
Rebelles
Rebelles d’Anna Godbersen (Albin Michel, 452 pages). Terminé le 13 janvier 2009.
Genre : roman
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Des
filles rebelles dans des robes sublimes font la fête jusqu'à l'aube. Des
garçons irrésistibles aux sourires machiavéliques ont des intentions suspectes.
Mensonges, secrets et scandales. Nous sommes à Manhattan... en 1899.
J’ai hésité à intituler mon billet
« Dirty Sexy Money », en référence à la nouvelle série de
Canal que j’ai découvert il y a quelques semaines et que j’ai beaucoup appréciée.
L’histoire d’une des familles les plus riches de New York, les Darling, qui
vivent dans le l’opulence et le luxe. Une série mordante et sarcastique à
prendre au 2ème degré, sur la duuure vie des riches (et où ma
préférence va à Brian Darling, le prêtre… Enfin, bref, je m’égare déjà…)
Luxe, c’est d’ailleurs le titre
original de ce roman américain, traduit par Rebelles en français. On
note d’ailleurs un bandeau d’un joli rose girly qui nous annonce que c’est LE
livre « insolent et glamour » que « les filles s’arrachent aux
USA ». Les filles. Parce qu’il s’agit bien de ça : un roman
pour filles. Ados ou ados attardées comme moi.
Rebelles est donc à mon sens un Dirty
Sexy Money
dont l’intrigue se joue à Manhattan, en 1899 au tournant du siècle. Ils sont
jeunes, ils sont beaux, ils sont pleins aux as et leur vie n’est que luxe,
calme et volupté. Enfin, en apparence. Si tout semble lisse, comme peut
l’exiger toute société mondaine qui se respecte, les ongles s’aiguisent en
réalité dans l’ombre, et les perfidies se trament dans les recoins obscurs des
grandes demeures new yorkaises.
Pour être honnête, ce roman est
absolument bourré de défauts… que je me permets de lister, parce qu’ils
sont trop gros pour qu’on puisse passer à côté :
- En premier lieu, les
personnages principaux manquent d’étoffe et sont souvent à l’extrême limite de
la caricature : Elizabeth est froide et fade, Pénélope est
l’incarnation parfaite de l’odieuse méchante que l’on déteste d’emblée et à qui
l’on ne souhaite que du mal (vous savez, c’est par exemple l’Elisa de Candy
ou la Lavinia de Princesse Sarah… Ces petites pestes que l’on déteste
parce qu’elles martyrisent la douce héroïne…), Henry est le vil et impénitent
séducteur etc, etc. Seule peut-être la vive et effrontée Diana tire son épingle
du jeu et offre un personnage plus nuancé.
- Il n’y a absolument aucun
fonds ou vraisemblance historique dans la société américaine qui est
décrite : a-t-on déjà vu des filles de bonne famille glisser des billets
dans les mains de jeunes inconnus pour se faire vilement séduire dans les
vestiaires ou fumer en cachette ? Les femmes portaient-elles des robes à
décolleté vertigineux toute la sainte journée ? Conduisaient-elles
elles-mêmes des Phaétons comme des Fangio en jupe ? Je vous dis, ce sont
les Darling que l’on a costumé à la mode du XIXème siècle et que l’on fait
évoluer dans un décor tendance et suranné.
- Il y a tout au long du roman des
poncifs dignes des romans Harlequins (que je n’ai jamais lus, mais c’est
tout à fait l’image que je m’en fais… ^^), comme par exemple la riche héritière
prête à se damner pour un flirt dans le foin avec son rude mais ô combien sexy
palefrenier…
- Le style est scandaleusement mauvais
(à moins que ce ne soit le résultat de la traduction, mais j’en doute…). On a
ainsi pléthore de descriptions absolument inutiles sur la couleur et la
matière des robes de ces demoiselles, le bois des parquets ou le tissu des
bergères, l’étoffe des rideaux ou la couleur des chevaux. Etc. Etc. C’est
tellement empesé que ça frise le ridicule. Ou qu’on a l’impression de lire le
mauvais remake d’une description vestimentaire du catalogue de la Redoute,
agrémenté d’un article de Maisons et Jardins :
« Avec sa tenue en faille
noire au décolleté carré, à la taille ajustée et sa jupe volantée, elle
semblait particulièrement menue à côté de Buck (…). Ils étaient seuls dans le
grand salon aux fauteuils français recouverts de soie à rayures bleues et
blanches, sous son plafond de huit mètres de haut. »
Et quand ce n’est pas ça, ce sont
des répliques de dialogues cultissimement kitsch comme : « Vous
avez l’air d’un prolo, Henry. » :) ) Fallait penser à la sortir
quand même, celle-là, hein ?
- L’intrigue est cousue de fils
blancs et même avec la fièvre de cheval qui me terrasse depuis deux jours,
et ma toute petite capacité de concentration, on voit tout de suite de quoi il
en retourne et comment les choses vont évoluer. C’en est presque trop facile.
Bon. Ça fait beaucoup tout ça, je
vous l’accorde.
Et là, vous vous dites :
« Ben, tiens, elle a dû oublier de rectifier la note qu’elle octroie au
bouquin. Il y a un incompatible 4/5 qui s’affiche. »… Eh bien non !
J’ai bien mis, et je maintiens, un 4/5. Car je dois humblement l’avouer, bien
que bourré des défauts les plus rédhibitoires, j’ai passé un très agréable
moment avec ce livre.
C’est une lecture tout à fait
divertissante, où les méchants sont vraiment méchants, les gentils, vraiment
gentils, les laissés-pour-compte vraiment pathétiques et les histoires d’amour
soooo romantic !
Je me suis laissée bercer par le
rythme du roman, volontairement « too much » pour me délecter de ces
histoires de gosses de riches qui n’ont de préoccupations que l’argent et l’amour.
Finalement, à sa mesure, c’est très Sex, Drugs and Rock’n Roll. Les Darling,
vous dis-je. Les Darling.
Bon, ok, il faut peut-être se dire
qu’on lit ce roman avec seulement 2 neurones de connectés. Mais quand on
l’a fait, c’est vraiment stimulant de suivre l’histoire de Diana, Elizabeth,
Pénélope, Henry et Will. Chaque chapitre s’ouvre sur un billet
« manuscrit » ou un extrait de magazine people de l’époque et on
déborde vraiment d’envie de lire la suite. D’ailleurs, je crois qu’il y a un
deuxième tome en préparation et oui, j’ose avouer que je connecterai de nouveau
seulement deux neurones pour savoir si la méchante Pénélope obtiendra gain de
cause… (naaaan, spa possible, mais c’est bon d’essayer de se faire peur…)
Et comme quoi, il m’est arrivé
quelque chose que je ne croyais pas possible : trouver un roman mauvais et
prendre cependant beaucoup de plaisir à le découvrir. Parce que les poncifs,
c’est bon aussi pour le cœur : ça le conforte dans des images sécurisantes dégoulinantes de guimauve…
Vanitas vanitatum, et omnia vanitas…
C’est encore Clarabel qui m’a fait
découvrir ce roman. Lire son avis ICI.
13 janvier 2009
Comment ma cousine a été assassinée
Comment ma cousine a été assassinée de Joseph Sheridan Le Fanu (Mille
et une nuits, 79 pages). Terminé le 13
janvier 2009.
Genre : nouvelle
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Lady Margaret est une jeune fille orpheline de mère. A la
mort de son père fortuné, elle est placée chez son oncle et tuteur, le sinistre
sir Arthur Tyrrell, qui a une réputation de meurtrier. A son arrivée dans sa
nouvelle demeure, retirée, elle se lie immédiatement d'amitié avec sa cousine
Emily. En revanche, elle ne cessera de nourrir méfiance et répulsion à l'égard
de son cousin Edward, individu détestable qui cherche à la contraindre au
mariage. Elle soupçonne qu'on en veut à son héritage. On veut la tuer...
Offert par Lou lors du Victorian Christmas Swap, je
découvre Le Fanu avec ce titre. Comment ma cousine a été assassinée
est une nouvelle qui se lit rapidement mais avec plaisir.
Ce court récit, écrit à la première personne du
singulier, nous raconte les circonstances étranges dans lesquelles la
narratrice dût, à la mort de son père, se rendre chez son oncle, désigné
comme son tuteur, et faire face à une funeste et pesante menace.
La demeure dans laquelle elle arrive est sombre et
austère. Son oncle, qui jadis fut accusé de crime sans que jamais rien ne put
être prouvé, vit au ban d’une société qui ne lui a jamais pardonné cette
suspicion de meurtre. Il semble avoir trouvé refuge dans la dévotion et la vie
simple des reclus. Seule sa cousine, vive et pleine d’entrain, réchauffe
l’arrivée de la narratrice par sa sympathie et son amitié, qu’elle offre
immédiatement, trop heureuse d’avoir enfin une compagne de causerie.
Mais petit à petit, l’ambiance morose de la vie menée
dans cette demeure irlandaise va assombrir la vie de la jeune narratrice.
Edward, son cousin, lui fait une cour assidue mais déplacée et grossière. Et le
jeune homme, aidé dans son entreprise par son père, semble vouloir faire main
basse sur la fortune de sa riche cousine. Très vite, on sent qu’il se trame
quelque chose. Les visages qui se voulaient naguère familiers et chaleureux
prennent le masque de comploteurs et de vils brigands.
Le Fanu nous décrit une vieille demeure
oppressante, où le sentiment de claustration ajoute à l’impression
d’enfermement psychologique et de terreur dans lesquels s’enfonce
progressivement la jeune femme. Si les
ficelles de l’intrigue sont un peu grosses, et que l’on voit assez rapidement
où Le Fanu veut nous emmener, on ne peut en revanche qu’apprécier
l’atmosphère qu’il a su créer, lourde et entourée de mystères.
Pour une entrée en matière dans l’univers de Le
Fanu, ce petit ouvrage est parfait. Cela me donne d’ailleurs très envie de
découvrir son Carmilla ou d'autres de ses oeuvres.
Un petit dossier sur la vie de l’auteur, à la fin
de l’ouvrage, vient compléter le récit et apporte un éclairage très intéressant
sur la personnalité de cet auteur que je ne connaissais absolument pas.
A découvrir donc !
Lou l’a lu et pense aussi que c’est un livre divertissant
pour découvrir l’auteur.
Cryssilda trouve, tout comme Lou d’ailleurs, que
l’on y retrouve la trame des Mystères de Morley Court. (ce qui me donne
donc envie de découvrir le dit roman ! ^^)
12 janvier 2009
Le livre du Temps III. Le cercle d'or
Le livre du temps, tome 3 de Guillaume Prévost (Gallimard,
373 pages). Terminé le 12 janvier 2009.
Genre : roman jeunesse
Avis : 5/5
RESUME EDITEUR : De la Rome médiévale assiégée à la Chine légendaire de
l'empereur Qin, Sam se débat dans une aventure plus périlleuse que jamais. Il
lui faut maintenant affronter son ennemi intime, le Tatoué, et trouver le moyen
de changer le cours du passé. Mais peut-il vraiment réparer le temps ? Espérer
revoir un jour sa mère ? Et si oui, à quel prix ? Le dernier volet de la
palpitante odyssée de Sam Faulkner dans le temps et l'histoire.
Fin des passionnantes aventures de
Samuel Faulkner avec ce dernier tome de la trilogie du Livre du temps. Et
que dire d’autre à part : whaw… Ce dernier opus est tout simplement un feu
d’artifice !
Tous les ingrédients d’un bon
livre pour la jeunesse sont là : rythme (effréné, haletant !),
suspense, mystères, sentiments, traîtrise… Tout s’enchaîne dans une danse par
delà les temps et le lecteur se trouve happé entre les pages.
Samuel Faulkner a gagné en
maturité et sa dernière quête ne va pas être de tout repos. Le Tatoué,
mystérieux et odieux personnage qui apparaît au tome précédent, a juré sa perte
et Sam va devoir contrer habilement tous ses stratagèmes pour rétablir l’équilibre
du Temps.
Guillaume Prévost nous entraîne
ainsi de nouveau sur le chantier de la tombe de Setni, mais aussi dans le
tombeau monumental du premier empereur de Chine, Qin Shi Huangdi. L’auteur,
professeur d’Histoire, s’appuie sur des données archéologiques et
historiques pour nous brosser la description hallucinante de ce mausolée
hors-norme. J’ai trouvé cette partie absolument fascinante. Je me suis
empressée d’aller vérifier un certain nombre de données sur le net, et tout est
vrai ! Et cerise sur le gâteau, cet épisode formidable nous offre la
vision d’un Sam Faulkner dans la peau d’un Indiana Jones du Temps !
Formidable !
L’autre période évoquée l’est tout
aussi brillamment : pour déjouer les pièges du Tatoué, Sam devra se rendre
dans la Rome de 1527, celle du pape Clément VII, juste avant que la Ville
Eternelle ne soit mise à sac par les troupes de Charles Quint et François Ier.
Il y a un foisonnement de détails historiques qui nous plongent complètement
dans l’ambiance. Et il me semble que c’est là la grande force de Guillaume
Prévost : il parvient à recréer l’atmosphère des époques visitées avec
une simplicité forte et étonnante.
Pour ce qui est de l’intrigue,
c’est un travail méticuleux, huilé avec une précision d’horlogerie :
les ponts entre chaque tome s’établissent, et le grand puzzle de la saga prend
forme petit à petit. Les rebondissements sont nombreux, et quand on
croit que la situation s’améliore, un incident vient tout remettre en cause. Ce
qui nous donne un roman bien épais, riche et intelligemment construit.
Par exemple, si vous voulez savoir
quel lien étrange il peut exister entre le tableau « Les tricheurs »
du Caravage, daté de 1595, et le chantier du Home Insurance building à Chicago
en 1885, les voyages dans le temps de Sam vous guideront vers l’étonnante
vérité… Tout est savamment pensé, construit et écrit dans ce dernier tome.

C’est presque avec regret que je
laisse donc Sam Faulkner terminer ici ses aventures. C’était une série
passionnante et étonnante. Chapeau bas, monsieur Prévost ! Vous signez
là un troisième tome plein de révélations qui ; comme l’anneau de
Merwoser, boucle magistralement votre série, et donne tout son sens et son
éclat aux multiples périples de Sam tout au long de ces trois livres !
Ma critique du premier tome ICI.
Ma critique du second tome ICI.
Clarabel l’a lu aussi et a
beaucoup aimé.
10 janvier 2009
Des centaines de trésors...
En lançant son défi
« Blog-o-trésors », Grominou a ouvert une véritable boîte de
Pandore !
Jugez plutôt : 115 participants et une hénaurme liste de
785 titres ! Mille mercis à toi Grominou pour cette initiative brillante
et pour tout le travail que tu as dû fournir !
J’ai copié la liste dans un document et je vais pouvoir y puiser des tas d’idées de lecture !
Mais comme pour le défi il ne doit
en rester que quatre, voici les happy few sur lesquels j’ai jeté mon
dévolu :
- Les mémoires d’Hadrien de
Marguerite Yourcenar (oui, je sais, c’est honteux… pour une prof de LC : je ne l’ai pas encore lu…)
- Aurélien d’Aragon (une
copine de khâgne m’en rebattait les oreilles. Surtout de cet incipit si peu
ordinaire…)
- Expiation de Ian Mac Ewan
(Je meurs d’envie de découvrir ce roman qui semble passionner un bon nombre de
lectrices et dont le film me tente aussi…)
- L’amant de Lady Chatterley
de Lawrence David Herbert (parce que je viens justement de l’acheter… ^^)
J’en avais surligné plein d’autres,
bien sûr ! Je les note consciencieusement sur mon interminable
LAL… :)
Je me suis également amusée à surligner les livres que j’ai déjà lus, et j’en ai comptabilisé un peu plus d’une centaine… Ben à côté des 785 titres, ça fait bien peu. Mais au lieu de me désoler, ça m’enthousiasme : j’en encore des taaaas de livres devant moi ! ^^
07 janvier 2009
La ballade de la mer salée
La ballade de la mer salée de Hugo Pratt (Castermann, 169
pages). Terminé le 06 janvier 2009.
Genre : bande dessinée
Avis : 5/5
RESUME EDITEUR : « Je suis l’Océan Pacifique et je suis le
plus grand » : ainsi s’ouvre cette fantastique ballade, qui conduira
Corto Maltese jusqu’à Escondida, l’île mystérieuse. C’est de là que le Moine,
enfoui dans sa soutane comme un lépreux, règne sur « ses » pirates.
Sur ces mers mythiques, au-delà de la mort, de la
guerre et des intrigues, Corto nouera des amitiés hors du commun.
Je ne sais pas si c’est l’effet
Pirates de Caraïbes, dont j’ai regardé le 3ème
volet dimanche soir dernier, At world’s end, et pendant lequel j’ai fantasmé sur William
Turner, alias Orlando Bloom, ou bien encore si c’est d’avoir dans la tête
depuis lundi matin la chanson des Pirates qui apparaît dans la première
scène du film, mais mon esprit était si occupé par la mer et l’océan que j’ai
eu envie de me plonger dans les aventures de Corto Maltese.
D’ailleurs, si quelqu’un a un truc
pour s’enlever une chanson de la tête, ce serait sympa de me le donner. Je
n’arrive pas à m’en débarrasser et ça fait 3 jours que ça dure…:/
Bref, après la gueule d’ange
d’Orlando, me voilà face à la gueule d’ange de Corto. ^^
Il y a trèèès longtemps, profitant
d’un séjour chez ma tante, j’avais lu certains albums. Mais depuis, j’ai oublié
toutes les histoires et je n’avais pas les albums. Comment ? Pas
d’album de Corto Maltese dans ta bédéthèque ? Ben oui. Enfin
plutôt non, plus depuis cette semaine. J’ai profité de mon regain
d’enthousiasme pour les bad boys maritimes pour m’acheter –ENFIN- mon
premier album d’Hugo Pratt à moi.
Et quoi de mieux que de commencer
avec le premier, La ballade en mer salée ? Publié pour la première
fois en 1967 dans un magazine, c’est la première aventure au cours de
laquelle le lecteur fait connaissance avec Corto. Et le moins que l’on
puisse dire, c’est qu’on ne le découvre pas à son avantage : barbu,
attaché à un radeau de fortune et livré aux flots après la mutinerie de sa
goélette (à cause d’une histoire de femme !). C’est Raspoutine (brrr, il me fait froid ans le dos !) qui
le récupère à bord de son catamaran.
Le ton est donné : nous
sommes en 1913, et ces hommes-là ne font pas dans la dentelle. Ils travaillent
pour un mystérieux chef, « le moine », homme dont le visage est toujours
dissimulé sous l’ample capuchon de sa robe de bure, et qui dirige une organisation
secrète de piraterie et qui s’est mis au service des Allemands qui préparent la
guerre.
Et dans toute cette petite
compagnie, l’irruption inattendue de deux naufragés supplémentaires, Pandora
Groovesnore et son jeune cousin Caïn, va apporter son lot de retournements et
rebondissements.
Dévoiler le reste de l’histoire
serait gâcher la découverte de l’album pour ceux qui n’auraient pas encore fait
connaissance à l’univers de Pratt. J’ai adoré m’y replonger, et même si j’avais
dû probablement déjà lire cet album, j’ai eu l’impression de le lire pour la
première fois. Le synopsis est riche, et c’est un bonheur de voir
évoluer le personnage de Corto.
Les relations entre les différents
protagonistes sont loin d’être simples, d’autant que l’Histoire rattrape les
personnages à leur arrivée sur l’île d’Escondida puisque la première guerre
mondiale vient d’éclater : le prisme des sentiments se brise au travers
des camps qu’il faut choisir ou auquel on a prêté allégeance.
Corto, c’est donc de l’Aventure,
avec un grand A. C’est foisonnant et passionnant. Et l’humour n’est en reste,
avec quelques traits de temps en temps.
Bon, eh bien il ne va pas falloir
que je m’arrête en si bon chemin. Tous les autres albums m’attendent
maintenant, et il faudra bien qu’ils rejoignent les rangs des étagères…
En tout cas, le Corto, il a la
peau dure : avec tout ce qui lui arrive dans cet album, bien d’autres
auraient ployé. Mais Corto n’est pas tout le monde. La preuve, ça doit bien
être le seul personnage à avoir fait une pub pour le parfum de Dior :

Beau gosse, beau parleur, beau
joueur… il a taillé lui-même sa ligne de chance dans la paume de sa main. Eh
bien il ne s’est pas loupé !

