26 mai 2009
La Signora Wilson
La Signora Wilson, de Patrice Salsa (Actes Sud, 140 pages). Terminé le 22 mai 2009.
Genre : roman
RESUME EDITEUR : Le narrateur de ce livre vient d'arriver à Rome. Nommé dans
une ambassade, ce jeune Français issu de la grande bourgeoisie découvre avec
délices la splendeur de la cité italienne et, non sans ironie, l'indolence des
fonctionnaires en poste. Très vite, il s'installe dans un palazzo romain, un lieu
où tout serait parfait si ce nouveau locataire n'était sans cesse dérangé par
une multitude d'appels téléphoniques. Une certaine Signora Wilson est chaque
fois demandée. D'une promenade à l'autre, le jeune homme apprivoise cette ville
incomparable, mais sa fascination pour ces lieux prestigieux et son
désœuvrement professionnel l'entraînent vers de tout autres rêveries. Perdu
dans la contemplation des pierres, il traverse la rue sans prendre garde et
bascule soudain par-dessus le capot d'une automobile. Mais dans l'instant il se
relève. Commence alors une autre histoire, un voyage au cours duquel il pourra
percevoir l'origine de ses peurs, revisiter son enfance, sublimer l'antique,
démultiplier le désir, et comprendre l'étrange machination de la Signora Wilson.
J’avais repéré ce livre chez Hélène il y a quelques
temps déjà et le beau temps revenant, je me suis prise à rêver d’un peu
d’ambiance romaine. Et La Signora Wilson semblait faire un parfait ouvrage
de compensation.
Je me suis donc confortablement installée à l’ombre
et j’ai commencé ma lecture. Dès les premières pages, on pénètre l’univers du
narrateur qui vient d’arriver à Rome. Il vit seul dans un grand appartement
situé dans un palazzo, et très vite, des coups de fils insistants viennent
le déranger à toute heure du jour et de la nuit. Les interlocuteurs n’ont
qu’une seule requête : pouvoir joindre la Signora Wilson, que le narrateur
ne connaît pas.
Le livre se déroule en sept grandes étapes, comme les jours qui
s’écoulent depuis l’accident. En effet, dès le début du roman, le narrateur
se fait renverser par une voiture mais se relève rapidement. Dès ce moment,
des évènements étranges vont survenir, mettant le narrateur bien en peine de
comprendre ce qui ne va pas dans cette ville et dans sa vie.
Jusque là, on pourrait penser à un basculement
dans le fantastique. Et quelques scènes (celle du tailleur notamment) s’en
rapprochent. Sauf que l’auteur émaille généreusement (trop ?) son texte
de référence culturelle et mythologique qu’il m’a été personnellement très
facile de décrypter (tout lecteur de Virgile, et en particulier du livre
VI de l'Enéide, mais aussi d’Homère, sauront tout de suite à quoi je fais allusion s’il
venait à lire ce livre…)… De ce fait, j’ai suivi le parcours initiatique du
jeune narrateur d’un regard presque détaché, ne comprenant que trop bien là où
l’auteur voulait m’emmener.
L’écriture est assez agréable, même si j’ai parfois pu regretter l’abus de
descriptions (toujours dans la scène du tailleur, la pléthore d’adjectifs
de couleurs m’a un peu donné le tournis…) et les circonvolutions
événementielles dans cette semaine particulière de la vie du narrateur,
dont je n’ai pas toujours saisi l’importance par rapport au roman (par exemple,
j’ai toujours du mal à analyser la fonction de la découverte de la pièce secrète
emplie de vêtements…)
Je reconnais toutefois avoir été sensible à
l’ambiance qui se dégage du roman : la vie romaine, l’onirisme, les
ambiances de palazzo aux fresques défraîchies (extrêmement importantes
toutefois dans le décryptage symbolique de l’œuvre), la qûete de vérité du narrateur…
mais cela n’a pas été suffisant pour me faire entièrement apprécier La
Signora Wilson…
Le dénouement du roman m’a d’abord agréablement
surprise, proposant une
résolution de l’intrigue, qui, même si je m’y attendais dès les premières
pages, envisageait une explication plutôt bien pensée. Où l’on comprend
pourquoi les lys, qui figurent en bonne place sur la couverture, ont un parfum
d’antan et un parfum de mort. Mais finalement, cette agréable surprise passée, j’en
suis toujours à me poser des questions sur
l’identité de la Signora Wilson.
Qui est-elle en réalité ? J’ai bien une idée, mais qui me semble tout à
fait tordue, même si je reprends les éléments de départ du roman. Et je n’aime
pas rester sur l’impression d’être passée à côté de quelques chose
(mauvaise lecture de ma part) ou bien alors de m’être fait flouer
(intentions et/ou écriture de l’auteur peu claires).
Un court roman délassant donc, mais qui n’a pas su toutefois me convaincre pleinement. Je retiendrai cependant que dans La Signora Wilson, la gemellité d’Hypnos et Thanatos trouve une expression plutôt soignée mais sans doute trop (pré)visible pour certains lecteurs au fait d’antiquité et de mythologie.

Commentaires
Mince, moi qui me disais que j'allais le noter pour Rome, voici que je suis déçue ... pas vraiment envie de lire une réécriture surtout si les références sont trop explicites.
Tant pis, ou tant mieux pour ma PAL.
@ Leil : tu serais comme moi je pense : tu comprendrais tout de suite les références, et au final, c'en est presque frustrant. Mais sur le billet d'Hélène, elle a recensé d'autres avis plus enthousiastes !
Le cadre romain me plait alors je me dis pourquoi pas. Si je le croise sur ma route dans ma bibliothèque...
@ Moka et Edelwe : Ce n'est certes pas une lecture désagréable et je serais curieuse de savoir comment vous percevrez ce roman si vous le lisez ! ;)
Le cadre romain me tente vraiment mais au contraire de toi, j'ai peur de passer complètement à côté des références mythologiques et classiques. Car honte à moi, je n'ai jamais lu Homère ou Virgile. Un très beau billet tout de même!
Tu m'as convaincu rien que par l'ambiance romaine. Je le note pour une prochaine exploration à ma bibliothéque. Biz
@ Zarline : Tu peux au contraire être plus séduite car tu pourras te faire bien plus embarquer dans l'univers créé par l'auteur... C'est un coup à tenter, comme au poker ! ;)
@ Rory : J'espère qu'il te plaira ! Je lirai ton article avec plaisir car je suis curieuse de connaître ton ressenti !
@ Praline : il y a davantage de références à Virgile, mais les Enfers antiques sont nés de la Grèce, donc je pense que tu y retrouveras tout de même les influences de ton chouchou ! :D
Dommage... les thèmes me tentaient vraiment, vraiment beaucoup. Mais bon, je risque d'en manquer un bout parce que mes lectures des mythes remontent à pas mal loin!
@ Karine : il y a des avis beaucoup plus positifs que le mien ! Tu peux peut-être te laisser tenter !
J'aime beaucoup tes échelles de coeurs pour donner ton avis sur les livres. Je veux en faire une moi aussi mais je ne suis pas experte avec photoshop et cela risque de prendre du temps :( Bravo pour ton joli résultat !
@ Lou : merci ! mais tu sais, ce n'est pas très dur à réaliser. Même avec un logiciel gratuit comme photofiltre, tu peux y arriver ! Et c'est vrai que ça permet de personnaliser un peu plus notre blog et notre système de notation ! ;)
Quel dommage, le début de ton article me mettait déjà l'eau à la bouche, mais voilà que ce livre ne t'a que partiellement convaincue.
Bon, tant pis alors, ma PAL ne grandira pas aujourd'hui...
@ Sybilline : il est vrai que tu peux peut-être laisser ta PAL souffler... Mais si tu le croises un jour pour un prêt, pourquoi pas ! Je serais curieuse d'avoir d'autres avis ! ;)
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