Fabula Bovarya

A tous ceux qui sont atteints d'un incurable bovarysme...

31 mai 2009

La saga Mendelson

mendelsonLa saga Mendelson, de Fabrice Colin (Seuil, 276 pages). Terminé le 28 mai 2009.


Genre : roman


RESUME EDITEUR : Le destin d'une lignée juive tout au long du XXe siècle. Une chronique familiale échevelée avec son cortège de passions, de secrets, de déchirures et de rencontres...1895-1929. D'Odessa à Hollywood en passant par Vienne et New York, les premiers troubles du XXe siècle contraignent la famille Mendelson à l'exil. Isaac Mendelson est horloger. Avec sa femme Batsheva et ses deux enfants David et Leah, il mène une existence paisible à Odessa. Mais en 1905 éclate la mutinerie du Potemkine, bientôt suivie d'un terrible pogrom. Isaac et les siens n'échappent que de justesse à la mort. Dès lors, ils n'ont d'autres recours que de prendre la route pour rejoindre Vienne... À travers les témoignages, les journaux intimes et les photos retrouvés dans les archives des Mendelson, Fabrice Colin raconte le destin d'une famille exceptionnelle.

 

J’ai fini le livre depuis quelques jours, mais j’ai tardé à en faire le commentaire… Mais mieux vaut tard que jamais comme on dit ! ^^

 

Je ne suis pas forcément très impartiale en ce qui concerne Fabrice Colin, qui est un auteur dont j’aime beaucoup la plume. Mon dernier coup de cœur avait été son roman Camelot aux senteurs surannées et enivrantes dignes du Grand Meaulnes, des Disparus de St Agil ou du Cercle des poètes disparus… un petit bonheur.

 

Ici, changement de cap radical ! La saga Mendelson raconte le destin d’une famille juive, de la fin du XIXème siècle à nos jours. Ce premier tome pose donc les bases de cette fantastique saga romanesque à souhait.

 

yiddishLa phrase en exergue parle d’elle-même : « Les fantômes aiment le yiddish (…) et ils le parlent tous ». Oui, ce roman est peuplé de fantômes dont les ombres flottent dans les replis tortueux de l’Histoire, rappelant aux vivants qu’un jour eux aussi ont connu le souffle d’une existence poignante, à la fois infime et grandiose. La saga Mendelson évoque avec force et émotion les membres d’une famille qui a traversé épreuves et bonheur avec la détermination de ceux qui sont habitués à se battre.

 

Je dois avouer qu’au départ, j’ai été un peu gênée par deux choses :

- l’utilisation du présent de narration (ou présent historique) auquel je ne suis pas habituée. C’est très déstabilisant de prime abord. Je n’arrivais pas à m’empêcher de me dire « tiens, ça l’aurait mieux fait si ça avait été dans les temps du passé »… Et puis, au final, on s’y fait. On s’y fait même très bien puisque l’on est emporté dans le rythme, et j’ai fini par ne plus y faire attention.

- un côté didactique un peu trop prononcé parfois. Mais là, il faut se souvenir que c’est un livre destiné à la jeunesse, et que si personnellement je connais l’histoire du cuirassé Potemkine (par exemple) ou si je sais comment se passaient les pogroms, le jeune public auquel est destiné ce roman, lui, n’est pas toujours très au fait de ces points d’histoire. Du coup, il est vrai que ce n’est peut-être pas inutile de faire ces digressions qui permettent d’assurer le contexte de la saga familiale auprès du lectorat plus jeune.

 

Mais si l’on excepte ces deux points précis, le reste est tout à fait agréable. Je dirais même plus, c’est passionnant. Au fur et à mesure de ma lecture, je me suis complètement laissée emporter par l’histoire, et j’ai suivi avec une curiosité grandissante le destin de cette famille qui a le don, il faut le reconnaître, de se retrouver dans les événements les plus marquants de son temps, voire de cotoyer des personnages qui auront un poids certain dans l’Histoire (ainsi en va-t-il avec la rencontre fortuite de David avec un certain Adolf, à Vienne…).

 

Je me suis vraiment sentie à l’aise dans la dernière partie du roman, lorsque commence leur aventure américaine (même si j’ai été tout aussi brusquée que les Mendelson par la mort d’Isaac…) Dès ce moment-là, j’ai complètement dévoré le livre, suivant avec une attention accrue la vie de ces personnages hautement attachants. D’ailleurs, en refermant le roman, je me suis dit « oh non ! pas maintenant ! ». Si ce n’est pas un gage de qualité, ça…

 

extrait_sagaJ’ai également beaucoup apprécié la forme adoptée par le roman qui alterne différentes voix pour raconter cette véritable odyssée familiale. Le narrateur, Fabrice, interroge ainsi Leah, la fille d’Isaac Mendelson, et retranscrit ses entretiens sous forme d’interwiews. Et le lecteur de découvrir alors une vieille femme qui remonte le temps de ses souvenirs pour les livrer avec pudeur, mais sans renier un certain franc-parler qui la rend très attachante. Mais on a aussi des extraits de journaux intimes, comme ce que montre l’extrait mis en image. Quelques photos aussi. Des plans. Cet ensemble de textes-support concourt à donner l’impression d’un vrai travail de recherches. De la mise en forme de documents trouvés dans une malle au trésor familiale.

 

Si vous êtes curieux de voir ce que ça donne, pour vous faire une idée de la nature du livre, mais aussi pour vous mettre un peu l’eau à la bouche, je vous encourage à visiter ce lien ICI, qui vous mènera à un document PDF présentant les premières pages du livre.

 

Bref, vous l’aurez compris, j’ai été séduite par ce nouveau roman de Fabrice Colin. Que je remercie d’ailleurs chaleureusement pour m’avoir envoyé son roman. Et là, je n’ai plus qu’une question : à quand la suite ? ^^

Redonner vie aux fantômes est un don, et Fabrice Colin le possède, sans nul doute.

grand_plaisir

 

27 mai 2009

Alwenn au pays des merveilles

Lili_wonderlandL’heure de la révélation du swap jeunesse est venue ! C’est Virginie qui m’a gâtée ! Je vais donc vous dévoiler tout ce que contenaient les merveilleux petits paquets enveloppés par les bons soins de ma swappeuse ! (vous excuserez la mauvaise qualité des photos, c’est encore pris avec mon téléphone portable, car mon cher et tendre avait embarqué l’appareil numérique pour ses recherches aux archives… vrai de vrai en plus ! ^^ )

Mon colis est donc arrivé hier, avec notamment la jolie carte de La marelle qui ouvre cet article !

Une fois déballé, le colis contenait tous ces jolis paquets !

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 Et dans le détail ça donne ça :

- Le livre Midnighters de S. Westerfeld : j’avais lorgné dessus, donc j’ai hâte de le découvrir !

- L’album L’amoureux de l’illustratrice R. Dautremer, que j’adooore ! En plein dans le mille encore une fois !

- Un DVD de l’histoire sans fin, que je me souviens avoir vu quand j’étais petite, et je vais donc pouvoir le regarder avec plaisir avec mes yeux de grande fille ! :D

- Un super joli carnet La marelle ! J’adooore ! Je suis fan de carnets, et celui-là est vraiment joli !

- Un point de croix Pierre Lapin de Beatrix Potter, et là, je dis chapeau bas Virginie : je serais bien incapable de faire ce travail de minutie ! Encore dans le mille pour le choix du thème puisque je suis une inconditionnelle des lapinous et de B. Potter ! Mille mercis !

- Des carrés de chocolat (noirs s’il vous plaît, comme je les aime ! –et ça m’évite de me les faire voler par mon chéri… ^^) avec la Rouen Touch puisque ce sont des carrés « Jeanne D’Arc » !

- Des biscuits, toujours au chocolat noir

- Deux marque-pages (dont l’un au concept rigolo puisque parmi une multitude de papillons, il faut trouver un intrus ! Et si on ne trouve pas, il faut gratter le marque-page au dos ! Mais je n’ai pas eu besoin, je l’ai repéré tout de suite, le malotru ! ^^)

- un bracelet indien porte-bonheur dont je n’arrive pas à me rappeler le nom et avec lequel je m’amuse comme une folle ! J’en avais eu un ado je crois mais n’en avais plus. Et je trouve que ça détend !

- deux petites cartes mignonnettes, l’une pour me dire que Virginie n’était pas sadique et que je pouvais ouvrir mes paquets, l’autre en moumoute rouge, adorable, et enfin une petite lettre !

tous_les_cadeaux

Tout était parfait dans ce colis ! Virginie a bien cerné mes goûts, et j’ai hâte de découvrir le livre Midnighters (L’amoureux est déjà lu, relu, et mis en bonne place dans la partie jeunesse de ma bibliothèque ! )

Mille mercis à toi Virginie ! Swap jeunesse réussi ! Et en plus maintenant que je connais ton blog, je viendrai faire des visites régulières ! :D

 

Un grand merci aux deux gentilles organisatrices, Ori et Charlotte !


Posté par Alwenn à 18:57 - Swaps et défis - Commentaires [28] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 mai 2009

La Signora Wilson

signora_wilsonLa Signora Wilson, de Patrice Salsa (Actes Sud, 140 pages). Terminé le 22 mai 2009.


Genre : roman


RESUME EDITEUR : Le narrateur de ce livre vient d'arriver à Rome. Nommé dans une ambassade, ce jeune Français issu de la grande bourgeoisie découvre avec délices la splendeur de la cité italienne et, non sans ironie, l'indolence des fonctionnaires en poste. Très vite, il s'installe dans un palazzo romain, un lieu où tout serait parfait si ce nouveau locataire n'était sans cesse dérangé par une multitude d'appels téléphoniques. Une certaine Signora Wilson est chaque fois demandée. D'une promenade à l'autre, le jeune homme apprivoise cette ville incomparable, mais sa fascination pour ces lieux prestigieux et son désœuvrement professionnel l'entraînent vers de tout autres rêveries. Perdu dans la contemplation des pierres, il traverse la rue sans prendre garde et bascule soudain par-dessus le capot d'une automobile. Mais dans l'instant il se relève. Commence alors une autre histoire, un voyage au cours duquel il pourra percevoir l'origine de ses peurs, revisiter son enfance, sublimer l'antique, démultiplier le désir, et comprendre l'étrange machination de la Signora Wilson.

 

J’avais repéré ce livre chez Hélène il y a quelques temps déjà et le beau temps revenant, je me suis prise à rêver d’un peu d’ambiance romaine. Et La Signora Wilson semblait faire un parfait ouvrage de compensation.

 

Je me suis donc confortablement installée à l’ombre et j’ai commencé ma lecture. Dès les premières pages, on pénètre l’univers du narrateur qui vient d’arriver à Rome. Il vit seul dans un grand appartement situé dans un palazzo, et très vite, des coups de fils insistants viennent le déranger à toute heure du jour et de la nuit. Les interlocuteurs n’ont qu’une seule requête : pouvoir joindre la Signora Wilson, que le narrateur ne connaît pas.

 

Le livre se déroule en sept grandes étapes, comme les jours qui s’écoulent depuis l’accident. En effet, dès le début du roman, le narrateur se fait renverser par une voiture mais se relève rapidement. Dès ce moment, des évènements étranges vont survenir, mettant le narrateur bien en peine de comprendre ce qui ne va pas dans cette ville et dans sa vie.

 

Jusque là, on pourrait penser à un basculement dans le fantastique. Et quelques scènes (celle du tailleur notamment) s’en rapprochent. Sauf que l’auteur émaille généreusement (trop ?) son texte de référence culturelle et mythologique qu’il m’a été personnellement très facile de décrypter (tout lecteur de Virgile, et en particulier du livre VI de l'Enéide, mais aussi d’Homère, sauront tout de suite à quoi je fais allusion s’il venait à lire ce livre…)… De ce fait, j’ai suivi le parcours initiatique du jeune narrateur d’un regard presque détaché, ne comprenant que trop bien là où l’auteur voulait m’emmener.

 

L’écriture est assez agréable, même si j’ai parfois pu regretter l’abus de descriptions (toujours dans la scène du tailleur, la pléthore d’adjectifs de couleurs m’a un peu donné le tournis…) et les circonvolutions événementielles dans cette semaine particulière de la vie du narrateur, dont je n’ai pas toujours saisi l’importance par rapport au roman (par exemple, j’ai toujours du mal à analyser la fonction de la découverte de la pièce secrète emplie de vêtements…)

 

Je reconnais toutefois avoir été sensible à l’ambiance qui se dégage du roman : la vie romaine, l’onirisme, les ambiances de palazzo aux fresques défraîchies (extrêmement importantes toutefois dans le décryptage symbolique de l’œuvre), la qûete de vérité du narrateur… mais cela n’a pas été suffisant pour me faire entièrement apprécier La Signora Wilson

 

Le dénouement du roman m’a d’abord agréablement surprise, proposant une résolution de l’intrigue, qui, même si je m’y attendais dès les premières pages, envisageait une explication plutôt bien pensée. Où l’on comprend pourquoi les lys, qui figurent en bonne place sur la couverture, ont un parfum d’antan et un parfum de mort. Mais finalement, cette agréable surprise passée, j’en suis toujours à me poser des questions sur hypnos_thanatosl’identité de la Signora Wilson. Qui est-elle en réalité ? J’ai bien une idée, mais qui me semble tout à fait tordue, même si je reprends les éléments de départ du roman. Et je n’aime pas rester sur l’impression d’être passée à côté de quelques chose (mauvaise lecture de ma part) ou bien alors de m’être fait flouer (intentions et/ou écriture de l’auteur peu claires).

 

Un court roman délassant donc, mais qui n’a pas su toutefois me convaincre pleinement. Je retiendrai cependant que dans La Signora Wilson, la gemellité d’Hypnos et Thanatos trouve une expression plutôt soignée mais sans doute trop (pré)visible pour certains lecteurs au fait d’antiquité et de mythologie.

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Les joies de la boîte aux lettres

SP_A0248Stéphie est une fille formidable ! Vous ne la connaissez pas ? C’est un tort ! Elle a ouvert son blog Mille et une pages depuis peu, mais comme elle dévore les livres à la vitesse grand V, il est déjà bien fourni ! Je vous invite donc à aller lui rendre une petite visite et à lui laisser un commentaire…

 

Et si vous êtes joueurs, elle met un livre en jeu dans cet article. Le principe est simple, il suffit de découvrir le fonctionnement astucieux de l’étagère invisible qui a fait fureur chez Gio. Dépêchez-vous ! Vous pouvez participer jusqu'à ce soir minuit !

 

Et Stéphie, en plus d’être une LCA et une désormais blogosphère addict, a un cœur d’or : me sachant en convalescence depuis quelques jours, elle m’a fait parvenir un livre, La sève et le givre de Léa Silhol ! C’est adorable ! Je l’avais vu une fois chez une blogueuse, et noté sur ma LAL. Il intègre désormais ma PAL et j’ai hâte de le découvrir !

 

Merci ma belle ! Je te remercie chaleureusement, c’était inattendu et ça m’a beaucoup, beaucoup touchée !


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23 mai 2009

Northanger Abbey

northabbey1Northanger Abbey, de Jane Austen (10/18, 285 pages). Terminé le 21 mai 2009.


Genre : roman


Avis : 4/5


RESUME EDITEUR : Jane Austen jugeait désuet l'engouement de son héroïne Catherine Morland pour les terrifiants châteaux moyenâgeux de Mrs Radcliff et les abbayes en ruine du préromantisme anglais. Parodie du roman gothique, satire pleine de saveur de la société anglaise qui prenait ses eaux à Bath, Northanger Abbey est aussi le roman très austénien du mariage et très moderne du "double jeu.

 

Aaah… l’ironie de Jane Austen ! Dans ce Northanger Abbey, je crois qu’elle s’en donne encore plus à cœur joie… Sa voix, à travers celle de la narratrice, se fait entendre à de nombreuses reprises, et fustige à qui mieux-mieux les travers délicieusement bovarystes de l’héroïne, Catherine Morland…

 

J’ai d’abord eu du mal à apprécier cette héroïne. Décrite comme une petite fille un peu rétive, un peu dissipée, elle n’a pas gagné tout de suite es faveurs. Ensuite, c’est son côté oie blanche qui m’a pour le moins agacée… Dites, rassurez-moi, vous aussi vous avez souvent eu envie de lui dire qu’elle était franchement idiote ?

 

Au bout du compte, cette naïveté crédule finit par faire de Catherine un personnage extrêmement attachant et –du même coup-, rend les autres encore plus détestables… Rhâââ… les Thorpe… J’ai tout de suite détesté James. Beuark. Vaniteux, fieffé menteur et indélicat. Quant à Isabelle… je me suis d’abord surprise à penser qu’elle avait les défauts de son frère tout en ayant la capacité de les corriger. Que nenni. Vile, perfide et manipulatrice Isabelle Thorpe. Je lui aurais bien donné des claques, tiens ! Ben oui, parce que Jane Austen, c’est aussi ça : elle est capable de nous transcrire tellement bien la nature humaine qu’on en arrive à se laisser totalement aller avec le récit et à se couler sans la moindre vergogne dans le bovarysme le plus éhonté… (oui, j’avoue, Catherine Morland, c’est aussi moi… ^^)

 

Cette intrigue, qui prend place en deux lieux bien différents l’un de l’autre, donne d’abord à voir la ville de Bath, bien connue par Jane Austen elle-même, comme une ville de plaisirs, de bals, de boutiques et de chassés-croisés en société. C’est très vivant et Jane Austen sait rendre brillamment toute cette effervescence mondaine qu’accueillait Bath en ces temps-là. La deuxième partie se tient bien sûr à Northanger abbey, où l’imagination fertile de Catherine pourra s’exprimer de la manière la plus parfaite qui soit, pour notre plus grand plaisir. J’avoue que c’est cette partie-là qui m’a le plus amusée. L’ombre du général Tilney, dont Catherine ne perçoit pas les desseins, plane au-dessus de la jeune héroïne, et de ses deux nouveaux amis, Eleanore et Henry Tilney… La dérision que l’on sent poindre dans cette partie, des romans gothiques tels Les mystères d’Udolphe d’Ann Radcliffe est un pur bonheur ! J’ai trouvé aussi, de manière anachronique bien sûr, un petit écho de Jane Eyre dans cette histoire d’épouse décédée dont la chambre se trouve dans une partie reculée de la maison. Mais que diable ! Nous sommes en Angleterre ! Si les vieilles demeures ne peuvent plus accueillir tranquillement secrets, mystères et fantômes sordides, où allons-nous ? :D

 

J’ai tout de suite été charmée en outre par le personnage d’Henry Tilney. Beaucoup moins charismatique que Darcy, of course, nul besoin de le mentionner. Mais tellement plus espiègle et taquin ! C’est un personnage que l’on sent fidèle et loyal, joueur, mais sans jamais une once de méchanceté. Mauvais point toutefois, et c’est LE truc qui m’a fortement déplu, c’est lorsque dans le dénouement, il avoue à Catherine qu’il l’a aimée dès le moment où elle s’est mise à l’aimer. Et c’est par une sorte de reconnaissance à ce candide amour qu’il s’est épris d’elle… Bouhouhou… Tu parles d’un romantisme sur ce coup-là… D’accord, je ne demande pas non plus que l’on tombe dans le galvaudé et artificiel « Love at first sight »… Mais le coup du « Je vous aime parce que vous m’avez d’abord aimé »… Très peu pour moi… Et ça a un peu brisé l’image si parfait que je me faisais de l’adorable et humble Henry Tilney. Bon, spa grave, hein. C’est un peu du détail. Mais quand même. Parce que dans le fond, je crois que j’aime beaucoup ce personnage. Sa comparaison entre le mariage et la danse m’a fait bien sourire. Et son humour froid aussi. Très attachant, ce Henry…

 

Northanger Abbey est finalement le roman des masques, des faux-semblants et des quêtes. Quête du mari, de l’amie, des connaissances, mais aussi de la vérité. Et quand les masques tombent enfin, on peut avoir toute l’expression austenienne du bonheur simple et charmant.

Comme d’habitude donc, c’est un régal de découvrir un nouveau roman d’Austen pour moi. Héros différents, intrigues différentes, lieux différents, plaisir de lecture toujours semblable. C’est une langue qui –même dans sa traduction-, roule, se savoure, et trouve son rythme au gré des rebondissements et des coups de théâtre.

 

Pour lire ce que les autres ont pensé de ce roman, petit tour chez BOB (clic sur le logo !) BOB

 

northabbeyEt que dire alors de l’adaptation qui a été faite dernièrement et que je n’ai pu m’empêcher de regarder dès ma lecture finie ? Eh bien j’ai trouvé que c’était une bonne adaptation dans l’ensemble. Bon, on n’évitera pas les habituels raccourcis de l’intrigue pour faire tenir le roman dans un format d’1h30 et les petites licences qui vont de pair avec toute scénarisation…

 

Les plus :

- Felicity Jones fait une parfaite Catherine Morland, fraîche et pétillante.

- JJ Feild fait un honorable Henry Tilney, charming and handsome...

- James Thorpe est aussi laid que je l’imaginais… (pouah !) :D

- Les décors, costumes et ambiances sont soignés et so austeniens !

- L’ambiance de Northanger Abbey est particulièrement réussie (même si là, pour le coup, il y a des coupes sévères à l’histoire originale)

- Le capitaine Tilney fait encore pire que dans le roman pour punir la méchante Isabelle Thorpe ! (gniark, gniark…)

northanger_abbey- L’imagination enfiévrée et parfois délirante de Catherine a bénéficié des effets spéciaux dûs à la télé et ça rend drôlement bien (quelle coquine cette Catherine… et d’ailleurs la référence au Moine de Lewis, absente du roman, si je ne m’abuse, est plus que révélatrice à cet égard… ^^)

 

Les moins :

- J’ai regretté qu’on ne voie pas davantage le foisonnement de la vie mondaine à Bath. Bien sûr, il y a les bals, mais la fameuse Pump room ne se voit accordée qu’une pauvre scène. Et encore est-on plus focalisés sur les personnages…

- Le général Tilney est supposé être très bel homme… Bon, ben, sur ce coup-là, je passe

- Eleanor Tilney m’a semblée bien vieille… Je la voyais davantage de l’âge de Catherine.

- Et puis, il y a cette fin… Et là, j’ai envie de crier : mais c’est quoi cette fin ??? Nan, mais franchement, ça va beaucoup trop vite, et puis les deux dernières images sont… comment dire… sans saveur. J’ai dû me repasser trois fois la fin pour être sûre que le premier couple qui sortait était bien celui de Catherine et Henry, suivis (je crois) d’Eleanore et son mari ( ?). Et puis le coup de l’abbaye avec le général très en colère et solitaire, bof…

- Et justement, en parlant de l’avant-dernière scène, c’est quoi cette histoire avec l’ami d’Henry qui en pince pour Eleanor et vice-versa ? Mouaif… pas convaincue.

 

northangerEncore un chouette moment devant une adaptation d’Austen malgré ces quelques défauts, qui ont parfois pu me gêner. J’aurais bien envie d’en redemander. Mais après avoir visionné en bonus les deux autres productions Koba, je crois que je vais passer mon tour sur Emma (le personnage de Mr Knightley est tout bonnement… horrifique d’insipidité !) ainsi que sur Mansfields Park (un extrait où l’on voit une Fanny Price jouée par la fille qui tient le rôle dans la série « Journal d’une call-girl » –que j’abhorre- et qui m’a donc semblé auréolée d’une vulagarité sans borne… pas pour moi ! Et un jeune homme qui joue le méchant fils d’Azazel dans la série britannique Hexx… ouais, bof. Z’ont pas d’autres acteurs en Grande-Bretagne ?)

 

Bon, eh bien, ce challenge Jane Austen avance lentement, mais sûrement… J’en suis déjà à me dire que ce sera trooop triste quand j’aurai lu tout ce qu’il y a lire d’elle…

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19 mai 2009

Jane Austen

austen_shieldsJane Austen, de Carol Shields (Fides, 234 pages). Terminé le 17 mai 2009.


Genre : biographie


Avis : 4/5


RESUME EDITEUR : La grande romancière canadienne, Carol Shields, retrace le parcours fascinant d'une femme dont les œuvres continuent de séduire des générations de lecteurs depuis plus de deux cents ans. Shields suit Jane Austen depuis son enfance au presbytère de Steventon jusqu'à ses derniers moments à Winchester; elle se penche sur ses relations familiales, ses liens privilégiés avec sa sœur Cassandra, ses amitiés, ses espoirs matrimoniaux déçus. Au fil des pages, elle révèle aussi bien la femme privée que l'écrivain de génie, l'auteur de classiques tels Le cœur et la raison, Orgueil et préjugé et Emma. Ponctué des fines observations d'une romancière chevronnée sur le processus créatif, ce magistral portrait de Jane Austen constitue également une réflexion sur la façon dont naissent les grandes œuvres.

 

Voilà une biographie qui se laisse lire tranquillement… Je ne suis d’ordinaire pas très portée sur ce genre, que je juge souvent rébarbatif et peu entraînant. Mais cette biographie de Jane Austen par Carol Shields se lit rapidement et propose de courts chapitres qui s’enchaînent parfaitement.

 

Ce qui m’a le plus marquée dans cet ouvrage, c’est que finalement, on ne connaît que peu de choses sur la vie de la grande romancière anglaise. Sa correspondance, qui aurait pu être d’une grande aide dans la constitution d’un portrait assez fidèle de la femme dans sa vie quotidienne, ses humeurs et ses sentiments, a été partiellement détruite par sa sœur ainée Cassandra, qui ne voulait donner de sa sœur qu’une image sans aspérité. C’est dommage et dommageable pour la connaissance que nous pouvons donc nous faire de Jane Austen. J’ai eu tout du long l’impression de lire une biographie fragmentaire qui, finalement, ne nous donnait peut-être pas l’image la plus approchante de la réalité. Même les rares portraits que nous avons d’elle sont soumis à caution. De toute la famille Austen, elle est la seule, avec son frère Georges qui était handicapé, à ne pas avoir eu de portrait…

 

Autre point surprenant, c’est la vie presque étonnamment « plate » qu’elle a vécue, et qui contraste avec ses romans foisonnant de vie et de sentiments… C’est tout de même assez extraordinaire qu’une femme qui connut peut-être tout au plus un flirt dans sa vie, parle avec autant d’exactitude et d’acuité de la nature humaine en matière de sentiments…

 

tom_lefroyJe n’avais vraiment aucune idée de ce qu’avait pu être la vie de Jane Austen avant de me plonger dans cette autobiographie, et, à plusieurs reprises, je me suis mise à penser qu’elle avait presque eu une vie malheureuse : le déménagement forcé à Bath, le décès de son père qui la mit, elle et ses soeurs dans la difficulté financière, son histoire d’amour à peine ébauchée et avortée avec le séduisant Tom Lefroy (ci-contre), et pour clôturer le tout , sa maladie, qui la terrassa, et dont on ne sait encore pas trop aujourd’hui déterminer l’exacte nature…

 

Et malgré ça, une production littéraire, qui, bien que toujours trop brève pour les fans, révèle d’une manière admirable le talent d’une femme qui vécut au travers de ses personnages, par procuration, ce qu’elle ne put vivre elle-même. J’en éprouvai à certains moments de la pitié. Et en même temps, eût-elle été mariée et eût-elle vécu une vie remplie de son temps qu’elle n’aurait peut-être pas écrit ces livres et qu’on ne la reconnaîtrait pas aujourd’hui comme l’écrivain de talent dont elle arbore l’identité…

 

D’ailleurs, j’ai appris aussi qu’elle rédigea Pride and Préjudice à l’âge de 21 ans ! Quelle maturité extraordinaire dans ce roman, écrit par une toute jeune femme !

 

Le livre de Carol Shields donne ainsi à voir ce que fut –peut-être- la vie de Jane Austen, sans tomber dans le romancé, mais sans non plus proposer quelque travail aride de recherches biographiques. Elle s’offre même le plaisir de commenter un peu les livres de la romancière au regard de la vie que cette dernière vécut, tentant à la manière de Sainte-Beuve d’appliquer le fameux précepte de critique littéraire « Tel arbre, tels fruits »…

 

bcoming_janeC’est d’ailleurs ce que fait plaisamment le film de Julian Jarrold, Becoming Jane, que j’ai regardé dans la foulée : où comment à partir de lettres évoquant le nom d’un certain Thomas Lefroy, qui semblât conquérir le coeur de Jane sans parvenir à l’obtenir (pour de fades raisons pécuniaires, comme c’était souvent le cas à l’époque…), on peut imaginer que cet échec sentimental donna naissance au scintillant roman Pride and Prejudice

 

Dois-je préciser que j’ai passé un trèèès agréable moment avec ce film ? J’ai trouvé que l’atmosphère austenienne y était juste par-faite, même si Anne Hathaway incarne pour moi une (presque) trop jolie Jane Austen (personne n’a jamais dit qu’elle était laide, mais elle n’était pas non plus une beauté selon les canons de l’époque…).

 

Jane__critLes clins d’œil aux œuvres de Jane Austen y foisonnent (la présence d’Ann Radcliff pour Northanger Abbey par exemple) dont, forcément, le très fameux Pride and Préjudice. Finalement, Becoming Jane est à Jane Austen ce que Shakespeare in love est au dramaturge anglais : une charmante extrapolation d’un fait biographique en romance, habilement mêlé à la brillante œuvre littéraire.

Comment ne pas reconnaître Lady Catherine de Burgh dans Lady Grisham ? Comment ne pas voir un avatar du pasteur Collins en Wisley ? Ou voir encore Mrs Bennet dans la mère de Jane Austen… C’est un plaisir de décrypter toutes ses clins d’œil et ses références à l’univers d’Austen… un régal pour les Janéites ! :D

 

McavoyJ’ai en outre beaucoup apprécié la prestation de James McAvoy dans le rôle de Tom Lefroy, et on ne peut s’empêcher de soupirer de désespoir avec les deux jeunes amoureux sur leurs amours contrariées… (Très miam, ce James McAvoy, tout de même… ^^). 

Bon, il ne faut pas se leurrer, l’affiche du film titre : « Jane Austen’s most extraordinary romance was her own” mais tout cela est trèèès romancé, puisqu’au final on ne connaît que très peu de choses sur l’histoire qui lia Thomas Lefroy et Jane Austen, et que quoiqu’il se soit passé, ce n’est sans doute pas allé au-delà d’un flirt. En tout cas, c’est ce que laissent supposer les rares lettres qui nous sont restées.

 

Mais j’avoue que bien que je venais tout juste de lire la biographie, et que je savais donc qu’un certain nombre d’éléments étaient totalement inventés pour les besoins du scénario, comme on dit, peu m’importaitje me suis laissée prendre dans cette histoire et mon petit cœur de guimauve a fondu de nombreuses fois…

 

Et cette dernière scène qui nous présente une Jane Austen vieillissante, lisant des pages de Pride and Prejudice devant Thomas Lefroy et sa fille Jane, referme avec une touche délicate et pleine de regrets cette romance que Jane Austen elle-même n’aurait peut-être pas reniée…

Merci beaucoup à Cuné pour le prêt de la biographie !

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3 p'tites choses

jonesTrois boulots que j'aurais aimé exercer : Mon rêve était de devenir archéologue. A défaut, j’ai fait des chantiers de fouilles l’été… ^^ D'ailleurs, si vous aimez l'archéologie, ruez-vous sur l'hilarant album de Mathieu Sapin... archeo

Sinon, écrivain, bien sûr, mais aussi travailler dans les métiers du livre (documentaliste, libraire, édition…)


 Trois films que je connais par cœur : Le cercle des poètes disparus, Dirty Dancing et Au nom du père.

Trois livres préférés : Trois, c’est tout ? ça va être difficile… Bon alors… je dirais Le rouge et le noir de Stendhal car ça a été ma première vraie révélation littéraire,  Sans parler du chien, de Connie Willis avec lequel j’avais pris un plaisir indicible il y a quelques années, et Le maître des illusions, de Donna Tartt, grand moment de lectures aussi… Mais il y a en tant d’autres !

Trois émissions : Je regarde peu d’émissions à vrai dire… Quand j’en regarde c’est souvent Des racines et des ailes, Faites entrer l’accusé (où je me fais peur à chaque fois, et chéri est obligé de me rassurer avant de dormir… ^^) et Le grand journal de canal.


 Trois séries :  Trois aussi ? C’est tout ? Ah non mais là, c’est vraiment difficile de choisir !!! Je suis une grande sérievore devant l’éternel… ça va me fendre le cœur de choisir… Bon alors je vais donner le nom des trois dernières séries coup-de-cœur : Dexter, Dr House que je découvre seulement cette année, et Supernatural.

crete2Trois endroits où j'aime passer les vacances :  En Bretagne, dans ma famille ; chez moi, tranquillement ; en Italie ou en Grèce, mes deux pays de cœur. 

Trois sites web que je visite quotidiennement : Les blogs de lectures que je visite, deux fora où j’ai mes habitudes depuis quelques années, et  le site Amaz** pour voir quelle sera ma prochaine commande… :D

Trois plats que je ne mangerai jamais : Les huîtres, le fromage qui-pue-beaucoup-et-qui-coule, les tripes.

Trois plats que j'adore : La raclette (bien que la traîtresse faillit signer ma perte le jour anniversaire de mes 13 ans…), le bœuf bourguignon de ma maman,  le hachis parmentier de ma grand-mère.

Trois endroits où j'aimerais être en ce moment : Dans mon jardin, en Crète, où sont ceux que j’aime.

rimbaudTrois personnalités actuelles ou du passé que j'aimerais rencontrer : Arthur Rimbaud, Oscar Wilde, et Maxime Chattam (ce sont les premiers noms qui me sont venus, mais il y en aurait d’autres aussi !)

Trois vœux pour l'année prochaine :  Trois vœux sincères, et profondément souhaités, très personnels… que je ne dévoilerai pas car je suis une grande superstitieuse et que j’aurais peur de briser quelque charme occulte en les dévoilant ! ^^  

Trois centres d'intérêt ou activités : la lecture, le jardinage/bricolage, le sport.

Et devinez qui je dois remercier ? Mais oui, mais oui… C’est la gentille Leiloona, bien sûr ! Tu ne perds rien pour attendre, vile taggueuse ! ^^

Et pour lire le tout en musique, l’excellent « three » de Massive Attack…


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09 mai 2009

Oscar Wilde et le jeu de la mort

jeudelamortOscar Wilde et le jeu de la mort, de Gyles Brandreth (10/18 Grands détectives, 460 pages). Terminé le 08 mai 2009.


Genre : roman policier


Avis : 4/5


RESUME EDITEUR : Facétieux Oscar Wilde ! Après avoir choqué le monde par ses boutades lors de la première triomphale de L'Eventail de Lady Windermere, le voici qui propose à ses amis une curieuse activité pour les distraire : le jeu de la mort. Chacun inscrit sur une feuille le nom de la victime de son choix et aux participants de deviner qui veut tuer qui. Mais quand la Mort commence à frapper les victimes potentielles dans l'ordre exact où elles ont été tirées, le drame succède à la comédie. Flanqué de son fidèle ami Robert Sherard, et assisté par Arthur Conan Doyle et par le peintre Wat Sickert, Wilde mène l'enquête avec plus de zèle que jamais. Car son nom et surtout celui de sa femme figurent sur la liste funèbre...

 

J’avais déjà totalement craqué pour Oscar Wilde en détective dans le premier opus écrit par Gyles Brandreth : Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles.

Après la lecture de ce deuxième volume, c’est officiel, je suis fan.

C’est toujours aussi savoureux, réjouissant et pétillant. L’intrigue est plutôt bien ficelée. Un peu tirée par les cheveux peut-être, mais finalement, Constancelloydtrès wildienne.

 

Lors d’une soirée du Club Socrate, créé par Wilde pour lui éviter de mourir d’ennui le dimanche, les convives se livrent au « jeu de la mort » : chacun écrit sur bout de papier le nom d’une personne qu’il aimerait assassiner et les autres doivent deviner qui a écrit le nom et pourquoi. Mais ce qui a démarré comme un jeu vire rapidement à la tragédie quand les personnes citées dans le jeu meurent tour à tour… Oscar est lui-même cité. Pire, la généreuse et adorable Constance, son épouse, est visée. Constance qui fait chavirer nombre de cœurs, dont celui de l’attachant narrateur, Robert Sherard.

 

Dans ce tome, on découvre également le personnage de Lord Alfred Douglas, Bosie, celui qui causa la perte du grand dramaturge et Gyles Brandreth sait le rendre très attachant. Tout sonne juste : les ambiances, les personnages… J’aime beaucoup la présence de personnages réels dans ces enquêtes de Wilde : Conan Doyle, Bram Stoker etc.

Pas de temps mort, tout s’enchaîne et j’ai dévoré le livre dès que j’avais un moment de libre, ou que je n’étais pas trop fatiguée…

 

Un vrai petit bonheur de lecture. Je sais qu’il y a d’autres tomes de prévus et je n’attends plus qu’une chose : la suiiiiite !

Un seul regret : que la couverture de cette enquête soit moins acidulée que la précédente… ^^

 

08 mai 2009

Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle

draguer_la_catholiqueComment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle, d’Etienne Liebig (La Musardine, 223 pages). Terminé le 08 mai 2009.


Genre : roman érotique


Avis : 4/5


RESUME EDITEUR : Etienne, le narrateur de ce guide hors du commun, pantalon à grosses côtes et sac au dos, n'hésite pas à se sacrifier pour suivre le pèlerinage qui, de Vézelay à Compostelle, perpétue selon lui l'archaïsme de la pensée et la soumission au destin. Appuyé à son bâton de pèlerin, Etienne a plus d'un tour dans sa besace pour approcher au plus près les corps croyants de cette vaste communauté en marche. Le constat est hilarant : la chair est faible, on s'en doutait, mais elle est tout sauf triste... 

 

A l’heure où Sœur Sourire est à l’honneur sur les écrans, je n’ai pu m’empêcher à la lecture de ce roman d’avoir en tête la ritournelle mélodique du fameux Dominique, nique, nique… … ^^

 

Ben oui, pour un roman érotique curieusement intitulé Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle, difficile de ne pas y penser, avec l’arrière-pensée grivoise que peuvent inspirer les deux derniers mots… :))

 

Elle était facile celle-là. La preuve, même l’auteur y a pensé.

 

Là, je suis sûre qu’une question taraude les lecteurs de ce blog qui me connaissent un peu et qui connaissent l’univers de lecture qui est habituellement le mien : mais comment un tel livre a-t-il pu atterrir entre mes mains ???

 

Eh bien je vais assouvir votre curiosité : c’est un curieux concours de circonstances. Une amie, avec qui j’échange beaucoup de livres, avait commandé ce livre sur la seule foi prometteuse de son titre. Elle n’avait absolument aucune idée de ce qu’il y avait à l’intérieur du roman. Un simple coup de cœur phrastique. Et hier, comme j’allais à la librairie, dans laquelle se trouvait son livre fraîchement arrivé, elle m’a demandé de le récupérer. Et d’y jeter un œil –voir le lire- si ça m’intéressait, avant de lui donner le lendemain soir.

 

En début d’après-midi, en ce jour férié, j’ai commencé à lire les premières pages, me demandant de quoi il pouvait bien en retourner. Je trouvais la couverture super sympa en outre : une bouche pulpeuse au-dessus d’un col de prêtre. C’est bien vu. Et finalement, je l’ai lu jusqu’au bout. Mon premier livre érotique ! Oui, oui, je n’en ai jamais lu avant ! Même pas le très classique Sade.

 

Alors ? Qu’en dire ? Eh bien, la première chose que j’ai envie de dire, c’est que je me suis bien marrée.

Quoi ? Comment ça, le rire n’est pas supposé faire partie des buts recherchés par la littérature érotique ?

Eh bien je vous assure pourtant, j’ai passé un très agréable moment.

 

Alors pour le coup, il ne faut pas avoir peur des scènes hautement érotiques –voire plus- toutes les 5 pages. C’est un peu le but du jeu, hein. Ce n’est pas la partie qui m’a le plus intéressée, même si, il faut bien l’avouer, ça m’a plu de découvrir comment un romancier peut arriver à traiter de plusieurs manières un acte qui, fondamentalement, est toujours le même, que l’on change de partenaires, d’âges ou de situations. Bon, comme c’est mon premier livre du genre, je n’ai pas de points de comparaison, donc je ne peux pas dire si c’est de la bonne littérature érotique ou pas. Ce que je peux dire en revanche, c’est que la répétition des scènes licencieuses m’a un peu lassée au bout d’un moment. C’est comme toutes les débauches : au bout d’un moment, ça finit presque par écoeurer. Je n’ai pas dit dégoûter, entendons-nous bien. Mais disons que ça s’essoufle un peu au bout du compte.

 

Et le rire dans tout ça, alors ? Ou ai-je pu le trouver ? Dans le point de départ du roman tout simplement : l’idée d’aller draguer de jeunes –ou moins jeunes- pèlerines, pour les soumettre à la tentation de la Chair. Et là, franchement, sans mauvais jeu de mot, c’est jouissif.

 

Que je mette les choses au clair : je ne suis pas croyante, mais très tolérante. Le narrateur est libertin. Plus. Il est libertaire et iconoclaste. Et son plaisir est de dévoyer ces ferventes catholiques pour leur prouver que le poids des traditions judéo-chrétiennes dans leur approche de la sexualité est obsolète, voire pire, sectaire. Loin de moi donc l’idée de me moquer d’une religion, quelle qu’elle soit, mais la manière de Liebig d’explorer les différentes « couches » de catholiques m’a profondément fait rire. Avouons-le, c’est parfois totalement caricatural mais c’est de là que naît le comique.

 

Et l’écriture n’est pas désagréable. Et mieux encore, l’auteur, à travers son narrateur, nous gratifie même de quelques menus détails religieux, architecturaux, historiques ou sociologiques pour le moins intéressants. Encore une fois, je n’ai aucun point de comparaison, mais j’ai trouvé très habile la manière de mener le récit en émaillant le texte de réflexions intelligentes pour certaines. Le narrateur, bien qu’infect Don Juan des chemins vicinaux, possède une certaine culture.

 

Je me suis demandée à plusieurs reprises où se situait la fiction de la réalité puisque le narrateur se nomme Etienne, comme l’auteur. Auteur qui est lui-même décrit dans la présentation de l’éditeur comme un « obsédé sexuel » patenté… ^^ Mais les situations sont parfois tellement burlesques qu’on ne peut que penser que tout cela n’est que littérature. Et puis, peu importe à la rigueur.

 

Cela dit, je pense que les fervents catholiques seront outrés de l’image qui est renvoyée de la femme croyante, succombant souvent de manière débridée et déchaînée aux assauts du narrateur. Les prudes saintes se transforment en bacchantes lubriques en moins de temps qu’il n’en faut au narrateur pour déboutonner son pantalon. C’est d’ailleurs là où c’est peu crédible : vous en connaissez beaucoup, vous, des femmes qui se donnent en moins de quelques heures à un parfait inconnu ?

 

Le narrateur est finalement un parfait Tartuffe qui s’essaie à l’évangélisation voluptueuse de ferventes croyantes aux plaisirs de la chair. Le passage qui m’a le plus fait rire est celui de la conquête de « la catho intégriste ». Nan, franchement, à mourir de rire. Etienne est un hédoniste accompli, un peu égoïste et souvent outrageusement mystificateur.

 

Pour résumer, une découverte surprenante. A déconseiller aux grenouilles de bénitier. Ou alors il faut une bonne dose d’humour et d’auto-dérision. Et pour les athées ou agnostiques, c'un bon angle d’attaque pour épingler les travers catholiques.

 

Et pour terminer ce billet sur une note d’humour, je n’ai pu non plus m’empêcher pendant cette lecture de penser à l’une des nombreuses scènes cultes du Père Noël est une ordure. Et elle reflète en outre assez bien l’esprit du livre… ^^ A bon entendeur…

 

PS : Que Dieu me pardonne de m’être vautrée mentalement dans la luxure. Je m’en vais d’ailleurs de ce pas réciter 10 Pater et 5 Ave. :))

 

 

03 mai 2009

Le guide des tombes d'hommes célèbres

tombes_c_l_bresGuide des tombes d’hommes célèbres, de Bertrand Beyern (Le cherche midi, 377 pages). Terminé  le 15 avril 2009.


Genre : guide


Avis : 4/5


RESUME EDITEUR : Rien ne révèle mieux l'âme d'un pays que ses cimetières. Ce guide, unique en son genre, recense les sépultures de célébrités que l'auteur a retrouvées dans toute la France: personnalités des arts et des lettres, du spectacle, de la science, de la vie militaire ou religieuse, de la politique ou du sport, qui, toutes, ont contribué à écrire notre histoire. Regroupés par département et par commune, ce sont plusieurs milliers de noms et de sites que découvrira ainsi le lecteur. Depuis les souverains mérovingiens jusqu'aux disparus de l'actualité la plus récente, des nécropoles urbaines aux champs de repos campagnards, des enclos marins aux cimetières militaires en passant par les tombes isolées en pleine nature, les cendres illustres répandues en mer, les sépultures dans les églises, les lieux d'exception comme le Panthéon ou les Invalides, ce livre offre un étonnant voyage plein d'émotions dans l'espace et dans le temps.

 

Oyé, Oyé, amateurs de cimetières et curieux des détails biographiques des trépassés, la nouvelle mouture du Guide des tombes d’hommes célèbres du fabuleux nécrosophe Bertrand Beyern est sorti ! Un vrai Guide du routard des nécropoles, in-dis-pen-sable ! Oui, je vous l’accorde, vu comme ça, ça peut paraître bizarre comme lecture… Mais je l’avoue, j’aime les cimetières, leur recueillement, leur romantisme et le rappel qu’ils nous inspirent de l’éphémère de la vie…

 

Depuis toute petite, j’ai la fascination de ces lieux dans lesquels les morts dorment de leur sommeil sous l’humble pelouse, comme dirait Baudelaire. Ce n’est ni malsain ni morbide. Juste une manière d’imprimer un peu mieux le memento mori antique. Et de redonner une vie à ces oubliés dans leurs lits éternels

 

Bertrand Beyern avait déjà publié ce Guide des tombes d’hommes célèbres en 1994, mais cette nouvelle édition a été entièrement mise à jour.

 

La présentation de prime abord peut sembler un peu aride : le classement par ordre alphabétique des communes où se trouvent des cimetières dignes de passage, l’enchaînement rapide des noms des personnalités qui s’y trouvent, ou encore les photos de petit format en noir et blanc concourent à donner de l’ensemble une image peu stimulante. Mais bon, il ne faut pas se montrer plus royaliste que le roi, et se souvenir que cet ouvrage relève tout simplement avec efficacité et sans fioriture son but premier de GUIDE.

 

A la fin du livre, on trouve de plus un index des noms et un index des lieux cités. De quoi s’y retrouver très facilement.

Bertrand Beyern a de plus opté pour une classification repérable à trois icônes principales : une petite couronne pour les sépultures célèbres, un petit œil pour les lieux de sépultures en dehors de cimetières, parfois dans des lieux inattendus, et une petite rose pour les sites préférés de l’auteur, selon des critères subjectifs d’atmosphère.

 

Il faut savoir en outre que bien que le guide portent en son titre l’expression « d’homme célèbres », on ne trouve pas uniquement des personnalités. Ou alors ce peut-être ceux que l’on nomme si familièrement les "illustres inconnus" : ceux qui ont marqué leur temps jadis mais dont le nom aujourd’hui ne rappelle plus beaucoup le souvenir. Généraux d’armée, inventeurs de leurs temps, actrices oubliées, avocats ou médecins, journalistes… Autant de noms qui parfois ne nous évoquent pas grand-chose, mais dont la lecture les rappelle un peu à la vie…

 

La densité du guide ne permet pas non plus de lire beaucoup d’anecdotes sur les personnes inhumées. Et pourtant, le talent de fabuliste de Bertrand Beyern s’exprime le mieux dans ces petites histoires de la mort… Mais dans ce guide, la brièveté est de mise (c’est le côté « paparazzi des décédés » qui m’a le plus manqué dans ce guide, en fait… ^^).

 

Mais cela ne nous empêche tout de même pas de grapiller deci-delà quelques faits croustillants et d’apprendre ainsi qu’au cimetière Saint-Maurice de la Rochelle repose une certaine Norma Tessum Onda (1817-1844) qui prétendit être la fille cachée de Musset et George Sand (son nom Tessum serait l’anagramme de son « père ») mais qui ne fut sans doute qu’une affabulatrice patentée ; que certains cœurs royaux (ceux de Louis XIII et Louis XIV) se retrouvèrent transformés en glacis pour peinture (p.163) ; que le poète espagnol Machado possède sur sa tombe une boîte aux lettres qui reçoit du monde entier le courrier de ses admirateurs, que les employés municipaux relèvent ; qu’à Bouère en Mayenne se trouve le plus beau cimetière de villages, aux allées de jardins à la française, et où un grand comédien (mais qui ???) a déjà fait graver sa tombe ; qu’à Argenteuil a jadis reposé la fille de Molière, Madeleine de Montalant, ainsi qu’un soldat du XIX nommé… William Shakespeare ! etc. etc.

 

Personnellement, je peux me plonger dans ce guide pendant des heures, à exhumer des noms, des dates, des lieux, des histoires, des vies… Occupation bien étrange qui fait sourire chairi-chairi, qui me prend parfois pour une illuminée des cimetières… Et pourtant, l’explication est simple : j’ai tout bonnement le même virus que Bertand Beyern, la nécrosophie…. : ))

 

J’ai d’ailleurs découvert Bertrand Beyern en février 1998. J'avais tout juste 20 ans. C’était l’année de ma khâgne. En bonne Bécassine, j’avais décidé de monter pour la première fois toute seule à la Capitale, pour une semaine, me goinfrer de culture en musées, en maisons d’écrivains et… en cimetières ! Mon planning était fait à l’avance, je me devais d’aller saluer mes idoles littéraires. Et au détour des pages de ce foisonnant petit magazine qu’est le Pariscope, j’avais découvert ça :

SP_A0237 

(oui, oui, j’ai gardé la page jaunie du Pariscope ET le ticket acheté pour la conférence ! ^^)

 

« Un exercice de stèles » ? Mais quelle idée merveilleuse ! Et le jour dit, me voilà au point de rendez-vous, impatiente de découvrir le mythique Père-Lachaise en compagnie d’un guide qui semblait bien calé dans le domaine. Et là… ce fut une balade passionnante de presque 3 heures, menée avec maestria par ce conférencier hors-pair, brillamment émaillée d’humour noir. Une plongée sous le soleil dans l’univers des ombres. J’en suis ressortie pantoise, captivée, ravie. Je n’étais donc pas folle : on pouvait aimer les cimetières et la mort sans passer pour un dangereux malade ! (Merci monsieur Beyern ! Ce jour-là, je me suis sentie moins seule…)

 

SP_A0233Rentrée chez moi, je me procurais alors son livre Mémoires d’entre-tombes, journal d’un enfant de la dalle, petit bijou d’humour et de traits d’esprits. Ce journal trace une année du quotidien au Père-Lachaise en 366 courts textes. Un régal. D’ailleurs, réjouissez-vous, amis nécrosophes, puisque le Cherche-Midi va bientôt rééditer ce livre paru en 1997 et qui était devenu introuvable !

J’avais d’ailleurs écrit à monsieur Beyern pour lui dire combien j’avais apprécié sa fabuleuse visite du Père Lachaise, et celui-ci m’avait gentiment répondu sur une petite carte que je garde depuis bien précieusement, car même là, sa verve a trouvé un épanouissement dans le maniement des expressions ambiguës, noires et humoristiques…

 

Bref, vous l’aurez compris, je suis une grande fan de ce monsieur et de son travail (limite un peu jalouse, ouais, je l’avoue. Je me serais bien vue faire ce genre de travail… ^^) et je ne peux donc que vous conseiller vivement son Guide des tombes d’Hommes célèbres, au moins pour assouvir votre curiosité pendant les vacances. Ben, oui, c’est vrai quoi. On se demande toujours ce qu’il y à voir dans le coin qu’on visite. Faudrait voir à ne pas oublier à saluer nos illustres morts. : ))  Et puis c’est une manière aussi de mieux connaître notre patrimoine funéraire, qui est souvent moins morbide qu’on ne le pense.

 

Je vous conseille aussi fortement de découvrir les visites de B. Beyern sur Paris, ses fameux « safaris nécropolitains ». Vous trouverez de quoi assouvir votre curiosité sur le site de l’afif (Association Française d'Information Funéraire) ICI et pourrez ainsi mesurer toute la variété des conférences qu’il propose.

 

Et mieux encore, si vous avez le goût du jeu, le sens de l’humour, et l’envie de vous creuser la tête, allez faire un tour sur la page du Nécropoly , le jeu où vous pouvez « décrocher la tombale et gagner des livres et des places pour les visites de Bertand Beyern ! ».

 

A la fin de la lecture de cet article, deux options s’offrent à vous :

- vous me considérez définitivement comme gravement atteinte, et je ne peux pas vous en vouloir ! ^^

- vous réalisez que vous aussi vous aimez vous promener dans les cimetières et que vous faites donc aussi partie de la branche nécrosophique instituée par Bertand Beyern…

 

Alors ? Verdict ?

 

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