Fabula Bovarya

A tous ceux qui sont atteints d'un incurable bovarysme...

29 juillet 2009

Deux soeurs pour Léonard

deux_soeurs_pour_leonardDeux sœurs pour Léonard, de Karine Essex (Le livre de poche, 412 pages). Terminé le 25 juillet 2009.

 

RESUME EDITEUR : Dans l'Italie de la fin du XVe siècle, la maison d'Este compte sur ses deux filles pour assurer un avenir au petit duché de Ferrare. Isabelle, femme accomplie, passionnée d'art, épouse Francesco, marquis de Mantoue, tandis que la jeune Béatrice se retrouve duchesse de Milan avec le terrible Ludovic Sforza pour mari. Tantôt alliées, tantôt adversaires, les deux sœurs régneront sur les cours italiennes, au cœur des intrigues politiques et amoureuses et des rivalités artistiques. Mais toutes deux ressentent la même admiration pour le grand Léonard de Vinci dont les portraits fascinent toute l'Italie. Isabelle parviendra-t-elle à l'attirer à Mantoue, exauçant ainsi son rêve de poser pour lui ? Karen Essex signe là un roman des plus réussis, mêlant avec efficacité histoire de l'art et histoire tout court...

 

 

Avant toute chose, je trouve que Deux sœurs pour Léonard porte assez mal son titre. Seul livre que j’avais choisi pour l’opération Masse Critique de Babelio, j’avais surtout été attirée par le nom de Léonard. Le grand Léonard aux mille talents. Personnage fascinant s’il en est. Et puis j’avais imaginé un scénario à la « Deux sœurs soeurs_pour_roipour un Roi » : intrigues, machiavélisme et manigances de cours…

Pour ce qui est des intrigues et des machinations, aucun souci, il y a ce qu’il faut ! En revanche, là où je suis beaucoup plus déçue, c’est sur la brillante (presque) absence de Léonard… Le génie se retrouve finalement très désincarné dans le roman et l’on apprend très peu de choses sur lui. J’ai trouvé que le traitement que l’auteur a fait du personnage est beaucoup trop distancié pour qu’on l’on puisse vraiment avoir l’impression de « cotôyer » le génie aux multiples facettes… C’est pour moi LA grande déception du livre. D’autant que la période milanaise à la cour de Ludovic Sforza est une des plus riches et des plus fécondes pour Vinci… Dommage… Karine Essex aurait pu approfondir cette dimension du livre, -surtout compte tenu du titre-, mais elle a mis l’accent sur d’autres choses.

beatrice_d_este_romanoParce que pour le reste, j’ai beaucoup apprécié ma lecture : Italie, fin du XVème. Deux sœurs que tout oppose vont s’unir et se désunir au gré de l’évolution de leur relation et de leur vie respective. Je me suis personnellement beaucoup attachée à Beatrice D’Este. Parcours grandiose et infime que celui de ce petit bout de femme peu ordinaire… Le vilain petit canard va se muer en cygne magnifique et pathétique. Karine Essex a su faire un roman historique extrêmement bien documenté, (une seule coquille repérée où l’on parle de Charles VII au lieu de Charles VIII) où l’action et les ressorts psychologiques glissent dans un engrenage parfaitement huilé. Deux sœurs pour Léonard, c’est déjà une esquisse de fresque historique sur fond de bouleversement milanais de cette période Sforza. Etrange et fascinant personnage que je ne connaissais pas d’ailleurs, et que j’ai pris plaisir à connaître. Je ne savais même pas que deux des portraits les plus connus de Léonard (après la Joconde, bien sûr !) étaient ceux de deux de ses maitresses : Cecilia Gallerani pour la Dame à l’Hermine (L’hermine représentant Sforza) et la Belle Ferronnière pour Lucrezia Crivelli. ma_tresses_sforza

Je me suis vraiment prise au jeu de ce foisonnant roman où les intrigues politiques et amoureuses apportent une intensité dramatique à ce qui n’aurait pu être qu’un récit plat sur des événements historiques ciblés.

J’ai donc passé un excellent moment de lecture, et en tournant la dernière page, je n’avais qu’une envie : faire des recherches sur Beatrice et Isabelle D’Este, et l’homme qu’elles ont « partagé », Ludovic Sforza, pour avoir l’impression de ne pas les quitter définitivement…

 

Je remercie beaucoup Le livre de poche pour cet envoi et surtout, je remercie chaleureusement Guillaume de Babelio pour sa patience et sa gentillesse !

grand_plaisir

masse_critique



27 juillet 2009

J'ai envie de toi

j_ai_envie_de_toiJ’ai envie de toi, de Federico Moccia (Le livre de poche, 573 pages). Terminé le 11 juillet 2009.

 

RESUME EDITEUR : Step est de retour à Rome après deux ans d'exil à New York. Il s'installe chez son frère et retrouve ses anciens amis. Personne ne l'a oublié. Step est une légende vivante : beau gosse au cœur tendre, le coup de poing facile, il est leur idole. Un soir, il rencontre Gin qui essaie maladroitement de lui voler quelques euros. D'abord fou de rage, Step tombe vite sous le charme de Gin la rebelle... Leur relation est à la fois violente et tendre, ils se provoquent sans cesse mais ne peuvent se passer l'un de l'autre. Mais Step est plus vulnérable qu'il ne l'imagine. Quand Babi, la fille qu'il a aimée autrefois, lui parle de son prochain mariage, il tombe dans le piège... Follement romantique, l'histoire de l'amour impossible entre Step et Gin est devenue le roman culte de toute une génération en Italie.

 

Bien loin des élans sentimentalistes qui m’avaient saisie lors de ma lecture de Trois mètres au-dessus du ciel, c’est toutefois avec plaisir que j’ai retrouvé Step, le rebelle au grand cœur. Toujours sur sa moto dans les rues de la Ville éternelle. J’aime beaucoup cette ambiance italienne, parfaite pendant les vacances.

 

Mais très honnêtement, ce deuxième opus des aventures de Step n’est ni plus ni moins que de la chick-litt. C’est très guimauve, un brin hot-spicy, et tout à fait romantique. Pas de quoi fouetter un chat en ce qui concerne l’histoire ou le style. Mais qu’est-ce que j’ai apprécié cette lecture totalement décérébrée ! ça m’a fait du bien.

 

Le couple Gin/Step, est très différent de celui Babi/Step mais a son charme. Tous les deux vivent une passion amoureuse torturée et ravageuse.

J’ai tout de même une petite préférence pour le premier opus, d’autant que je n’aime pas du tout ce qu’est devenue Babi, mais je me suis tout de même très vite laissée prendre au jeu. Comment résister au charme de Step ? Le personnage est au final très attachant. Beaucoup plus d’ailleurs, quand on le prend isolément que lorsqu’il est avec Gin.

 

Bref, une parfaite lecture de plage. Rien de grandiose ou de génial, juste un roman extrêmement divertissant, au pays de la Dolce Vita. Et rien que pour ça, j’adooore…  Pour avoir d'autres avis, un petit tour chez notre désormais connu BOB

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12 juillet 2009

Hôtel des adieux

hotel_adieuxHôtel des adieux, de Brad Kessler (Nil, 318 pages). Terminé le 05 juillet 2009.

 

RESUME EDITEUR : Une nuit, au large de la Nouvelle-Écosse, un avion rempli de passagers chute brusquement et sombre dans l'océan. Kevin et Douglas, retirés depuis dix ans sur Trachis Island, où ils tiennent un hôtel, sont témoins du drame. Alors que l'on recherche les corps dans l'espoir de retrouver des survivants, les proches des victimes sont hébergés chez eux. Venant tous d horizons très différents, ils vont peu à peu former une communauté singulière, née de leur solidarité face au deuil. Deux Taïwanais, ayant perdu leur fille, font des offrandes à son fantôme. Un musicien bulgare joue du piano, en souvenir de sa femme violoncelliste. Deux adolescents hollandais affrontent la rage au c ur la disparition de leurs parents. Un exilé iranien récite des poèmes persans pour pleurer sa petite-nièce. Mais le coeur du livre, c'est Ana, spécialiste de la migration des oiseaux, dont le mari, lui-même ornithologue, est une des victimes du crash. Renouant avec la mythologie (Icare est là, en filigrane, mais aussi Ceyx et Alcyone, couple transformé par les dieux en oiseaux), Brad Kessler nous entraîne avec une empathie profonde et contagieuse dans l'histoire d'Ana, son bonheur passé, l’infini chagrin de la perte, puis, petit à petit, le retour à la vie, malgré la tragédie.
Ce pourrait être un terrible mélo, or Hôtel des adieux est tout le contraire : une ode à la nature (les paysages décrits sont beaux à couper le souffle) et à la musique, un hymne à la vie, à la solidarité. S'inspirant d'une tragédie réelle, celle du crash de l’avion Swissair du 2 septembre 1998, en Atlantique nord, ce roman est une grande aventure humaine. La force de ses personnages, la justesse de ses sentiments, la pudeur de son écriture nous habitent longtemps après qu'on a refermé le livre.

 

 

Voilà un roman à l’écriture fluide qui se lit rapidement, dans une ambiance feutrée et pudique. Un roman qui parle du deuil, d’autant plus difficile quand la mort intervient dans des conditions aussi brutales que celle d’un crash aérien, et que les corps sont parfois portés disparus.

Je peux dire que j’ai bien aimé cette lecture, sans toutefois en avoir été réellement marquée. Je retiens surtout cette galerie de cœurs brisés qui s’organise autour de Kévin, le gérant de l’hôtel sur l’île. Les personnages sont plutôt bien croqués, même si l’on sent parfois que ça frôle la superficialité. Mais tout est écrit dans un style si simple, si direct, que l’on finit par ne plus être embarassé par ce léger défaut. J’ai particulièrement apprécié la description de l’île, et la vie qui s’écoule sur l’île dans les jours suivants le crash. Certains moments sont assez propices à l’émotion (l’épisode du piano dans la bibliothèque par exemple, ou encore la cérémonie funèbre organisée par un couple taïwanais pour le fantôme de leur fille.) tandis que d’autres sont plus laborieux. Joli roman, mais dont je crains toutefois ne pas garder beaucoup de souvenirs. La métaphore des oiseaux est plutôt bien trouvée, mais finit à la longue par être un peu lourde. La résilience, oui, le matraquage pseudo-pshychologique non. Et pourtant, il y a dans l’ensemble une certaine poésie, un certain charme que concentre Trachis Island, sa faune, sa flore, ses côtes et son histoire tragique.

Je l’ai lu en deux jours, en vacances en soleil. Et il a, dans ces conditions, rempli parfaitement son rôle : me divertir.

 

 

Je remercie encore l’équipe de BOB BOB et les éditions Nil pour m’avoir proposé ce roman.

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Posté par Alwenn à 23:30 - Romans - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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