06 novembre 2009
Les hauts de Hurlevent
Les hauts de Hurlevent, d’Emily Brontë (Le Livre de poche, 41 3 pages). Terminé le 03 novembre 2009.
RESUME EDITEUR : Là où la terre est sauvage et le vent glacial, là où les
pentes sont hostiles, les esprits peuvent devenir rudes, tenaces. Ils peuvent
aussi être incroyablement imaginatifs et poétiques.
Voilà un classique de la littérature victorienne
que j’avais lu quand j’étais ado. Et qui m’avait énormément plu puisque j’en
gardai un souvenir formidable, exalté et troublant.
L’an dernier, je l’avais offert à Mo dans le cadre
du Victorian Swap de Lou et Cryssilda, et j’avais trouvé que la
couverture de cette réédtion était particulièrement belle et ça m’avait
donné envie de le relire (comme quoi, la lecture, ça tient parfois à peu de
choses, comme un renouvellement de couverture…). Et puis comme je ne suis pas
une habituelle relectrice (en fait, je peux même compter sur les doigts d’une
main les livres que j’ai déjà relus…) je trouvais intéressant de confronter ma
vision actuelle du roman aux souvenirs un peu brumeux (sans mauvais jeu de
mots…) qu’il me restait de mon adolescence…
Eh bien, je suis soufflée par la force de ce
roman… Je l’ai dévoré en trois jours, dès que j’avais une minute de libre,
et je suis encore sous le coup de la noirceur terrible qui émane de ces
pages écrites par une jeune femme de 28 ans à peine…
J’avais bien
sûr le souvenir d’une histoire tourmentée, mais je n’avais pas le souvenir
d’avoir été mal à l’aise pendant ma lecture de l’époque. Au contraire, je me
souviens d’un enthousiasme et d’un pétillement pour avoir découvert (enfin, le
titre me fut soufflé par ma maman) une histoire aussi sombre et romantique.
Là, c’était presque à la limite du supportable
parfois. Ces déchirements, ces âmes torturées qui
n’en finissent plus de se faire souffrir et faire souffrir les autres. Ces
êtres aspirés dans une spirale tragique qu’ils ne cessent d’alimenter eux-même…
Whaouh. C’est une sacrée claque quand même ce bouquin.
Je n’ai été gênée qu’à un seul moment : le
moment où Cathy bascule dans la folie. J’ai trouvé que la réaction de la jeune
femme était un peu disproportionnée par rapport à la dispute qui en était à
l’origine. Bien sûr, on la sent tiraillée entre les deux êtres qui composent
son cœur, avec une nette affection pour Heathcliff. Mais j’ai trouvé que la
réaction était terriblement théâtrale. En même temps, il faut reconnaître que
le caractère de Cathy la prédispose à ce genre de manifestations ostentatoires.
Mais quand même.
Les personnages sont d’ailleurs tous pour la
plupart rongés par une férocité et/ou une brutalité rustre assez frappante. L’univers
des Hauts de Hurlevent est aussi triste et gris que la lande sur laquelle cette
histoire prend place. Il y a une atmosphère particulièrement forte qui se
dégage tout au long du roman, et qui reste une fois le livre refermé, et qui
fait que lorsque les souvenirs s’estompent, reste cette impression de
tristesse, de vent et de pluie qui imprègne tout, de la terre jusqu’aux êtres.
En règle générale, je ne peux pas dire que j’ai
apprécié les personnages de ce roman, à commencer par Heathcliff, le
démoniaque, ainsi que Cathy, qui a au fond un côté assez perfide et méchant
également. Cathy Linton non plus n’a pas réussi à gagner réellement ma faveur. Seule
ma pitié est allée vers Hareton Earnshaw, dont le parcours est sans doute le plus
optimiste, dieu merci, même s’il demeure très fruste. Il est vraiment difficile
de s’attacher à de tels personnages, tant ils sont loin de l’image de
« héros ». Et en même temps, n’en sont-ils pas justement plus criants
de vérité ?
Je ne regrette absolument pas d’avoir relu ce roman
(et en plein mauvais temps et grand vent : le pied pour relire un tel
livre !) mais je demeure abasourdie par la puissance négative qui émane
de l’histoire au fil des pages. C’est très gothique et romantique, mais le tout
est tellement bien amené, le récit est si bien conduit, qu’on se trouve face à
un roman d’exception qui nous emporte, nous broie, pour nous laisser pantelants
la dernière page tournée. C’est à la fois beau et terrifiant. Cruel et
magnifique. Absolument nihiliste et d’une complète plénitude. Y compris dans le
mal et la souffrance.
Un roman qui ne laisse personne indifférent je
pense, et je comprends pourquoi j’en avais gardé un souvenir si exalté de ma
lecture adolescente : c’est torturé, comme on aime à l’être à cette
période. Aujourd’hui, j’en garderai surtout le souvenir d’une histoire à
part, terriblement noire et poignante, mais d’une force étonnante. Et un récit
envoûtant qui nous plonge dans une atmosphère particulièrement oppressante, qui
nous happe au temps présent.

Ce week-end, si j’ai
le temps, j’essaierai de visionner une des adaptations que j’ai dans ma
dvdthèque. Avec Juliette Binoche je crois. ( ?) Et pour terminer, comment
passer à côté de Kate Bush, dont je n’aimais pas particulièrement le timbre de
voix, SAUF dans cette chanson. Allez comprendre pourquoi.
Ce que vous en dites :
@ Stéphie : alors je ne saurais que te conseiller de le lire à l'occasion... C'est vraiment un livre étonnant !
@ Lancellau : ah justement ! J'avais aussi envie de relire Jane Eyre ! Décicément...
)
@ Zarline : j'espère que ce roman sera une belle découverte !
@ Maribel : oh, oh... une nouvelle adaptation ? A suivre alors !
@ Leiloona : je me souvenais aussi des émotions à cette lecture, mais cela devenait diffus. J'ai beaucoup aimé le relire !
@ Neph : Oui, tu as raison, c'est un détail de Waterhouse ! Je trouve que c'est superbe et que ça cadre parfaitement avec le thème du roman !
@ Ori : j'essaie de m'en faire une ce week-end et je ferai un petit compte rendu ensuite !
@ Aelys : je suis ne vraiment pas une relectrice d'ordinaire, mais là, j'avoue que j'ai vraiment apprécié retrouver ces émotions fortes...
@ Ankya : et pourtant, l'histoire est vraiment particulière... mais tellement forte !
@ Hildebald : oui, tu devrais essayer à nouveau ! Il y a des livres qu'on ne lit effectivement pas au bon moment et par la suite, notre sentiment peut changer... (ou pas... ^^)
@ Ys : j'avais très peur d'être déçue, tellement je l'avais aimé, mais non, finalement j'ai l'impression que c'est encore plus fort !Je l'ai aussi lu au collège et depuis les billets un peu négatifs que j'avais lu par des lecteurs "adultes" (et qui ne l'avait pas lu à leur adolescence) me faisais douter, j'avais peur de le relire et de ne pas aimer. Car moi j'aime relire, même si ça fait un moment que je ne l'ai pas fait! Mais là tu me rassure, je le remet dans ma liste (dans une coin de ma tête)livres que je peux relire!!
@ Virginie : j'avais très peur de ça aussi (et c'est d'ailleurs pour cette raison que souvent je ne relis jamais les livres que j'ai aimés), mais je dois avouer que j'ai été bluffée. Je pense que plus le souvenir est lointain, plus on peut parvenir à retrouver des sentiments identiques (et à la condition que le livre soit vraiment un grand livre... en deça, je ne garantis pas le résultat... ^^)
@ Loula : Oui, tu peux le mettre dans un coin de ta tête ! Comme je le dis à Virginie juste au-dessus, quand ce sont des romans exceptionnels comme celui-là, je crois que l'on n'a pas à craindre d'être déçu par une relecture !@ Gio : C'est vrai qu'il y a des livres comme ça que l'on a envie de relire... un seul mot d'ordre : ne surtout pas se priver !
)
@ Virginie : aaah ! voilà une idée qu'elle est bonne ! Mais je ne sais pas si elle marcherait avec moi parce que je suis incapable de laisser quelque chose en plan... je me sens obligée d'aller jusqu'au bout... :/@ Anne : j'essaie de faire peau neuve ici comme dans la vraie vie, parce que j'ai besoin de m'accrocher à ces petites choses...
Et nooooon... je n'ai pas pu le terminer ce week-end parce que j'avais une tooonne de copies (beurk. Mais là, tu vois, il est 21h40 et je file au lit pour le continuer !
) Je t'en dirai des nouvelles très vite ! merkiiiiii pour ce conseil !@ Diane : moi je ne peux que pour celle-là ! La preuve, j'ai dû renoncer à achter le dernier Emilie Simon parce que j'y retrouvais trop des intonations de Kate Bush, c'est dire !
Sinon, je crois qu'il ne faut pas s'arrêter à cette image de folie et de noirceur. Bien sûr, c'est ce qui fait tout l'intérêt du livre, mais c'est aussi et surtout ce qui lui donne sa tonalité si particulière. Mais même si parfois on sent une tension forte, ça ne va que très rarement jusqu'à l'oppression. A mon avis, si tu ne connais pas, c'est vraiment un livre à découvrir !
Et bienvenue par ici !
)Je suis plutôt une fan des lectures SFFF mais figures-toi que je me suis offerte ce livre dans une nouvelle édition (http://ecx.images-amazon.com/images/I/51i%2BSpuU4AL._SS400_.jpg) J'espère ne point être déçue

Je n'ai pas lu ton billet car j'ai inscrit ce titre dans mes lectures obligatoires d'ici la fin de l'année (c'est beau de rêver mais bon...).








