14 novembre 2009
Wuthering Heights
Wuthering
Heights, film de 1992, de Peter Kosminsky avec Juliette Binoche
et Ralph Fiennes, d'après le roman D'Emily Brontë.
Bon, j'ai réussi à
me trouver un peu de temps pour visionner l'adaptation
cinématographique des Hauts de Hurlevent qui traînait
dans ma dvdthèque depuis un petit bout de temps. Alors, un peu
plus d'une heure et demie plus tard, que puis-je en dire ?
La
première chose, et je pense que ça n'étonnera
nullement personne, c'est que le film est trèèès
loin d'approcher ne serai-ce qu'un dixième du souffle puissant
du roman d'Emily Brontë.
Mais bon, ça, compte tenu du livre en question, on s'en serait
douté... Je n'imagine même pas la difficulté à
laquelle les scénaristes ont dû se heurter quand il a
fallu écrire le scénario...
Scénario
qui d'ailleurs n'est pas si mal que ça,
en fin de compte. Il reprend bien les éléments
du roman, et on observe finalement peu de licences par rapport à
la trame principale du roman (et
compte tenu de ce que l'on est supposé pouvoir faire en une
heure et demie...).
En revanche, ils ont voulu faire un petit effet de style avec une
mise en abîme de l'auteur elle-même dans sa propre
oeuvre, ce que j'ai trouvé plutôt ridicule.
On « assiste »donc ainsi à la naissance
de cet immense roman par une jeune fille de trente ans à
peine, qui au détour d'une balade dans la lande, découvre
une maison abandonnée et a ainsi l'idée d'imaginer la
vie des habitants qui ont pu la peupler. Mouaif.
Moyennement convaincant. Il valait autant grader le point de vue de
la narratrice principale, Nelly.
Ma
deuxième déception a été dans le choix
des demeures : jamais
je ne me suis imaginé Wuthering Heights comme cet imposant
château néo-gothique, plongé dans des brumes
inquiétantes, et qui
convient davantage au Northanger Abbey de Jane Austen plutôt
qu'à la demeure de Hurlevent. Bon, chacun est libre de se
représenter les choses comme il l'entend, mais là,
vraiment, je trouve que ça ne cadre pas du tout avec l'image
que je m'en étais fait lors de ma lecture du roman. De
même, je trouve Thrushcross Grange beaucoup trop opulent et
trop « cliché » :
voilà la représentation parfaite de la demeure
campagnarde anglaise de bon goût, au pied d'un riant parc ou
paissent tranquillement les vaches... Le contraste est fort entre les
deux demeures, et il fallait bien le montrer, mais là, c'est
trop caricatural. Bref, je n'ai
pas aimé ce choix-là non plus.
Autre choix qui n'a pas été de mon goût (puisque je suis partie dans les remarques qui fâchent, autant continuer, hein...) c'est le traitement des personnages principaux.
Commençons
par Heathcliff : le choix de Ralph Fiennes n'est pas mauvais en soi,
je le reconnais (même si je n'arrive jamais à être
très objective avec le clan Fiennes, il faut l'avouer...
hem...) et dans certaines postures, il faisait un heathcliff plutôt
convaincant : enfant mal dégrossi au début, rustre
« domestiqué » ensuite, pour finalement
devenir cette usurpation de gentleman farmer empli de fiel, de morgue
et de violence. Un jeu d'acteur tout à fait correct et des
yeux perçants ont fini par me convaincre d'avoir Heahtcliff en
face de moi. Mais... mais... mais d'un côté, il y a des
choses à reprocher tout de même... Tout d'abord, entre
le Heatcliff tout jeune homme d'à peine vingt ans, et celui
d'une quarantaine d'année, ben... il n'y a aucune différence
! Si vous la voyez, vous me dites, hein. Parce que moi, si je n'avais
pas vu le film, à part peut-être les habits, je ne suis
pas capable de dire lequel est encore jeune freluquet et lequel est
l'homme froid et impitoyable qu'il est devenu.

On passera allègrement également sur l'espèce de perruque ou de malheureuses extensions capillaires un peu grasses que même André Agassi dans ses meilleurs jours n'aurait pas renié...
Mais
on peut faire la même chose avec Catherine
! (j'ai eu peur de sa choucroute crêpée quand je l'ai vu
monter à cheval... Les années 90 ont tout de
même réussi à faire une intrusion fracassante
dans le monde victorien d'Emily Brontë...
si c'est pas une misère, ma brave dame...). La même
Juliette Binoche pour faire Cathy Earnshaw et Catherine Linton
relève à mon avis de la volonté de souligner la
filiation entre les deux personnages, certes, mais ça fait
aussi « petit budget » et c'est un peu dommage.
Parce que crêper des cheveux oxygénés et coller
des lentilles bleues sur les yeux, c'est vrai que c'est plus facile
que d'engager quelqu'un d'autre. Et en même temps, si je fais
taire la langue de vipère qui est en moi, je dois dire que ce
choix de maintenir la même actrice peut se justifier : pour
accentuer la filiation entre les deux personnages, comme je l'ai dit,
mais aussi pour montrer que malgré l'extrême ressemble
d'avec sa mère, Heathcliff est tellement rongé par la
haine et la vengeance qu'il n'hésite pas à frapper et
malmener Catherine, chose qu'il n'aurait jamais fait avec Cathy.
Donc, bon, ça se discute comme on dit...

Le choix des autres
personnages reste acceptable, même si, bien sûr, c'est
toujours mieux dans sa tête...
L'ambiance
du livre est plutôt bien rendue.
Les atmosphères un peu inquiétantes, ou les paysages
désolés de la lande anglaise sont ma foi plutôt
bien filmés. Même si, toujours, j'ai trouvé ça
encore parfois à la limite du « too much ».
J'ai l'impression qu'à trop vouloir insister sur les
caractéristiques essentielles du roman, et à vouloir
les rendre par l'image, le réalisateur est tombé
dans le piège du caricatural.
Comme par exemple ce véritable champ de pierres sur la lande
qui marque les amours adolescents de Cathy et Heathcliff, mais aussi
le moment douloureux où Heathcliff commence sa lente descente
aux enfers après la mort de Catherine.
D'ailleurs,
je trouve que cet amour,
qui dans le livre est tout même assez particulier puisqu'aucun
des deux protagonistes ne l'avouera jamais vraiment à l'autre,
avait subi un traitement trop hollywoodien là aussi.
Il est trop exprimé, trop visible, il n'atteint pas
la subtilité qu'il acquiert dans le roman à force de
détours, sous-entendus et malentendus.
Parfois, j'ai un peu eu l'impression de regarder Les
Hauts de Hurlevent pour
les nuls...
Pourtant, certaines scènes sont plutôt bien réussies (la scène de la déclaration de Catherine à Nelly, après la demande en mariage d'Edgar par exemple), mais dans l'ensemble, le film pèche par excès de simplification ou mauvaise appréciation des subtilités du roman.
Dire que je suis déçue serait donc assez juste. Même si je dois avouer que j'ai tout de même passé un sympathique moment (mais sans plus). La condition sine qua non pour aimer sans condition ce film reste tout de même selon moi de ne jamais avoir lu le livre d'Emily Brontë ou alors de l'avoir lu depuis si longtemps qu'on l'a oublié.
Pour être honnête, j'ai plus souvent grincé des dents que souri.
Si vous êtes parvenus
jusqu'au terme de cet article, vous aurez donc compris que ce film ne
restera pas gravé dans ma mémoire. J'ai bien conscience
de me montrer sévère, mais comment réagir
différemment quand on vient tout juste de reposer le livre ?
Ça reste un film sympa, voire agréable, si on n'a rien
d'autre à se coller devant les mirettes. Mais, ce n'est pas LA
représentation escomptée du chef d'oeuvre de la jeune
romancière anglaise. Je ne sais pas s'il y a d'autres
adaptations, et ce qu'elles valent, mais à mon avis, LE film
qui saura rendre toute la puissance du roman reste encore à
faire...

Commentaires
Ahem... j'avoue, je n'ai jamais lu les Hauts de Hurlevent. Mais là, je vais m'y mettre, c'est sûr. Par contre, le film, je vais passer, je pense !
moi non plus je n'ai pas trop apprécié le film!
je le trouve un peu plat..un peu cliché aussi..mais pareil, j'ai passé un moment sympa sans plus.
@ Anne : oooh, vraiment, si tu n'as pas lu le livre d'Emily Brontë, vas-y les yeux fermés ! Et puis comme ça, ça te mettra dans l'ambiance de Twilight 2, puisque Meyer fait souvent allusion à ce livre dans "Tentation". ^^
@ Hildebald : oui, ça fait vraiment très cliché parfois. Trop. Mais c'est sûr que ça fait tout de même agréablement passer le temps... ;)
Anne, c'est mal, c'est très mal, il faut lire Les Hauts de Hurlevent !!! (Pas vu ce film, pas eu envie non plus ! Par contre, la nouvelle version pour ITV me plaît davantage !)
@ Clarabel : ah bon ? nouvelle version ITV ? Oh, oh... il va donc falloir que je me penche là-dessus... C'est que tu l'as déjà vue ou qu'elle va sortir ? Bon, je vais aller faire des petites recherches ! :)
@ Keisha : oui, effectivement ! ça devrait être inscrit aux commandements des lecteurs ! :)) Non, vraiment, sur ce cas précis, il n'y a pas photo, le roman est immensément loin devant l'adaptation !
@ Edelwe : oui, ce doit être la période qui veut ça ! :)) Quoi de mieux que le mois de novembre pour lire ce classique ? ;)
Je n'ai pas vu cette adaptation mais je crois que je ne la metterai pas dans ma liste à voir absolument! ;)
Je n'ai pas lu le roman encore mais j'ai vu le film avec Timothy Dalton que j'avais moyennement aimé.
Je serais curieuse de voir l'adaptation ciné du roman... Ca m'intrigue beaucoup.
Ceci dit, je redoute un peu car je me suis fait un tel film en lisant le livre que je crains la déception.
D'ailleurs, il faut que je planche sur l'écriture du billet (c'est mon roman des vacances!).
Je t'ai tagué ici : http://angel-a-et-la-litterature.blogspot.com/2009/11/si-cetait-possible-le-tag.html
:) Bon dimanche !
@ Maribel : oui, tu peux remettre cette adaptation à plus tard, sans problème ! :)) Et je note donc que le film avec Timothy Dalton est moyen... :/ Par contre, si tu as l'occasion de lire le roman, n'hésite pas !
@ Marie L : je crois que c'est le souci avec les adaptations : on s'imagine tellement bien les événements et les personnages avec la lecture du roman, qu'on est souvent très déçu par le film. J'ai ainsi retardé le visionnage de nombreux films, voir parfois, je n'ai jamais voulu les voir... J'irai lire ton billet avec plaisir quand tu l'auras écrit !
@ Angel-A : je crains de ne pas avoir assez de temps pour y répondre, mais si l'occasion se présente, je le ferai, crois-moi ! :))
@ Restling : et je pense que tu feras bien ! Enfin surtout en ce qui concerne cette adaptation précisément... ;)
J'ai vu l'adaptation de 1939 avec Laurence Olliver grâce à une prof de collège, j'avais adoré - et même si ça fait très longtemps, certaines images m'étaient revenues lors de ma lecture. Mais il faudrait que je la revois!
Par contre, cette adaptation ne m'attirait déjà pas du tout avant ton billet!
Aaaaah, je ferme les yeux pour ne pas voir plus longtemps ces images ( insupportables ) et me remémorer le livre !!
Hé hé tu m'as bien fait rire avec la fameuse choucroute ^_^ je suis d'accord avec toi dans l'ensemble. Heureusement pour moi j'ai vu le film avant de lire le livre donc je n'ai pas eu le temps de crier au scandale. Mais tu m'as donné envie de le revoir. eh Ralph Fiennes est... non je ne suis pas du tout objective non plus ^^
@ Mo : Je note donc cette adaptation de 1939 dans un coin de mes tablettes alors ! (Diiiis, c'est quand que tu fais ton billet sur le livre ? ;))
@ Gio : ^^ oui, oui, tu peux fermer les yeux ! Surtout sur les coiffures. :)
@ Clarabel : ah ! merci ! je vais commander alors !
@ Laetitia : je peux te dire qu'il y avait de quoi rire aussi lors du visionnage. Ou d'être horrifié. Au choix ! :)) (aaah, Ralph Fiennes... difficile d'être méchante, hein... ^^)
ahhhh merci pour ce billet il faut absolument que je le VOIS!! avec Ralph Fiennes!! ahhhh j'ai lu le livre je suis réellement curieuse de voir ce que cela peut donner visuellement
@ Lael : lis bien mon billet, hein... parce que tu risques d'être sacrément déçue si tu as aimé le livre... :/
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