Fabula Bovarya

A tous ceux qui sont atteints d'un incurable bovarysme...

21 novembre 2009

Twilight 2

afficheComme c’est étrange… Alors qu’il y a quelques jours à peine, j’écrivais chez Erzébeth que mes 15 ans me manquaient parfois (à certains points de vue seulement, hein... pas folle la guêpe !), je suis sûre de ne plus vous dire la même chose ce matin, après mon passage au cinéma hier soir…

Twilight 2 ou comment se sentir à côté de ses pompes dans une salle de ciné saturée d’hormones juvéniles…

Twilight 2 ou comment se faire du fric en exploitant la mièvrerie adolescente.

Que je vous esssplique donc : 3 copines, entre 30 et 40 ans, décident d’aller voir Twilight 2. Alibi fallacieux : 3 petites nénettes de 15 ans à conduire au ciné. Raison véritable : ont un cœur de midinette et sont tout aussi emballées d’aller voir Rob et consorts.

Las… Le temps fut long en réalité… Trèèès long. Mais heureusement, pour pallier cette lenteur, vous pouvez… rire.

Oui,  je sais. Ce n’est pas le but escompté du film, mais là, franchement, faut arrêter de se voiler la face : il y a des passages franchement mauvais dans ce film, et le tout donne quelque chose de plat voire ridicule. Enfin, tout dépend de quel point de vue on se place. Les petites nanas de 15 ans ont trouvé ça « troooop bieeeen ! ». Ben nous, non.

Autant donner mes points bonus tout de suite, parce que pour le reste, je risque de bien balancer :

- J’aime toujours autant Charlie, qu’on voit très peu (normal) mais je trouve qu’il tient vraiment bien la route.

- D’après mes souvenirs lointains du roman, il me semble que le scénario est plutôt bien respecté.

volturi- Le passage chez les Volturi, reste, comme dans le roman, mon passage préféré. Même si je ne m’imaginais pas Aro, Marcus et Caïus comme ça. Et même si ça reste tout de même vachement mieux dans le livre.

- Il a parfois des  essais d’humour volontaire qui sont presque réussis.

- La rencontre entre Bella et Emily dans la réserve de la Push, au petit déjeuner des loups.

- Et enfin, ben, euh… ben rien. Je crois que c’est tout ce que j’ai retenu.

Pour le reste, c’est déception et amusement :

- Non, décidément, ils n’ont toujours pas les moyens d’embaucher une maquilleuse digne de ce nom : j’aime bien Pattinson (quoique je ne puisse pas dire non plus que j’en raffole) mais ils lui ont encore barbouillé le teint en blafard et les lèvres en Marquise de Pompadour. Bouh. Ça casse tout encore.

- C’est quoi ces lenteurs abominables ? Le film s’étend, s’étire… Même entre les répliques, tu as le temps de prendre trois poignées de pop-corn.

- Les dialogues sont… comment dire… navrants parfois ? Ou alors c’est c’est la version française qui est molle du genou. Je ne sais pas. Mais si Roméo et Juliette est érigé en modèle de l’histoire d’amour filmée, faut pas vous attendre pour autant à du Shakespeare. Oh, non…

- Il y a des scènes que j’ai trouvées particulièrement ridicules : l’apparition du premier loup-garou (mouarf ! c’est quoi cette peluche ? Y’a un gars qui tient un bâton au bout et qui fait avancer la marionnette dans un décor de fougères ??? ^^), la montée de Jacob dans la chambre de Bella (admirez ce dernier tour de rein pour passer la fenêtre...), la volonté de Jacob et de sa meute de toujours se mettre à demi à poil sous prétexte qu’il ont 42 degrés de température (tout ça pour montrer des mecs sous anabolisants… mouaif…), et le must du must, le remake « Belle des champs » sauce vampire in the woods dans une vision d'Alice. Ça donne ça (ci-dessous) et c’est vraiment ridicule. Comme toutes les scènes filmées au ralenti d'ailleurs.

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Il y a presque un côté royal canin, non ?

Le tout donne donc quelque chose de raté pour moi. Je me suis plutôt ennuyée dans l’ensemble, et je me suis dit un nombre incalculable de fois que je décidément, je n’avais plus ma place pour voir un tel film. Qui a plu toutefois à de nombreux autres que moi, je le sais. Preuve avec les sifflements hystériques de la salle quand Jacob enlève son t-shirt pour la première fois, ou qu’on le voit la première fois les cheveux courts, shooté aux stéroïdes. Preuve aussi avec les soupirs énamourés qui suivaient chaque (maigre) apparition d’Edward. Preuve avec les applaudissements (oui, je dis bien les applaudissements) qui ont éclaté lorsqu’a résonné le profond « Epouse-moi » final.

Mais preuve que je ne suis pas la seule à avoir été déstabilisée, avec les sifflets qu'il y a eu à ce même moment.

Je crois que le plus étonnant dans cette expérience twilightesque a été de voir les réactions de la salle, bondée, et très variée au niveau du public. Je n’avais jamais vu une salle réagir aussi ouvertement. En bien comme en mal d’ailleurs. Très troublant.  

Enfin bon, pas besoin de faire un dessin au final : beaucoup de longueurs, des dialogues un peu minables, des clichés en matière de scénario, mais aussi dans la manière de filmer, et trop de foin sur des corps masculins à peines pubères et pourtant taillés dans le marbre grec.

Mon dieu, c’est terrible. Je viens de me rendre compte que je suis une vieille. :/

EDIT : Et pour rigoler, n'hésitez pas à aller voir l'article de Pascale, Sur la route du cinéma. Merci Aifelle de m'avoir signalé ce désopilant article ! :))


14 novembre 2009

Wuthering Heights

heathcliffWuthering Heights, film de 1992, de Peter Kosminsky avec Juliette Binoche et Ralph Fiennes, d'après le roman D'Emily Brontë.

Bon, j'ai réussi à me trouver un peu de temps pour visionner l'adaptation cinématographique des Hauts de Hurlevent qui traînait dans ma dvdthèque depuis un petit bout de temps. Alors, un peu plus d'une heure et demie plus tard, que puis-je en dire ?

La première chose, et je pense que ça n'étonnera nullement personne, c'est que le film est trèèès loin d'approcher ne serai-ce qu'un dixième du souffle puissant du roman d'Emily Brontë. Mais bon, ça, compte tenu du livre en question, on s'en serait douté... Je n'imagine même pas la difficulté à laquelle les scénaristes ont dû se heurter quand il a fallu écrire le scénario...

emily_bronteScénario qui d'ailleurs n'est pas si mal que ça, en fin de compte. Il reprend bien les éléments du roman, et on observe finalement peu de licences par rapport à la trame principale du roman (et compte tenu de ce que l'on est supposé pouvoir faire en une heure et demie...). En revanche, ils ont voulu faire un petit effet de style avec une mise en abîme de l'auteur elle-même dans sa propre oeuvre, ce que j'ai trouvé plutôt ridicule. On « assiste »donc ainsi à la  naissance de cet immense roman par une jeune fille de trente ans à peine, qui au détour d'une balade dans la lande, découvre une maison abandonnée et a ainsi l'idée d'imaginer  la vie des habitants qui ont pu la peupler. Mouaif. Moyennement convaincant. Il valait autant grader le point de vue de la narratrice principale, Nelly.

lieuxMa deuxième déception a été dans le choix des demeures : jamais je ne me suis imaginé Wuthering Heights comme cet imposant château néo-gothique, plongé dans des brumes inquiétantes, et qui convient davantage au Northanger Abbey de Jane Austen plutôt qu'à la demeure de Hurlevent. Bon, chacun est libre de se représenter les choses comme il l'entend, mais là, vraiment, je trouve que ça ne cadre pas du tout avec l'image que je m'en étais fait lors de ma lecture du roman. De même, je trouve Thrushcross Grange beaucoup trop opulent et trop « cliché » : voilà la représentation parfaite de la demeure campagnarde anglaise de bon goût, au pied d'un riant parc ou paissent tranquillement les vaches... Le contraste est fort entre les deux demeures, et il fallait bien le montrer, mais là, c'est trop caricatural. Bref, je n'ai pas aimé ce choix-là non plus.

Autre choix qui n'a pas été de mon goût (puisque je suis partie dans les remarques qui fâchent, autant continuer, hein...) c'est le traitement des personnages principaux.

Commençons par Heathcliff : le choix de Ralph Fiennes n'est pas mauvais en soi, je le reconnais (même si je n'arrive jamais à être très objective avec le clan Fiennes, il faut l'avouer... hem...) et dans certaines postures, il faisait un heathcliff plutôt convaincant : enfant mal dégrossi au début, rustre « domestiqué » ensuite, pour finalement devenir cette usurpation de gentleman farmer empli de fiel, de morgue et de violence. Un jeu d'acteur tout à fait correct et des yeux perçants ont fini par me convaincre d'avoir Heahtcliff en face de moi. Mais... mais... mais d'un côté, il y a des choses à reprocher tout de même... Tout d'abord, entre le Heatcliff tout jeune homme d'à peine vingt ans, et celui d'une quarantaine d'année, ben... il n'y a aucune différence ! Si vous la voyez, vous me dites, hein. Parce que moi, si je n'avais pas vu le film, à part peut-être les habits, je ne suis pas capable de dire lequel est encore jeune freluquet et lequel est l'homme froid et impitoyable qu'il est devenu.

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On passera allègrement également sur l'espèce de perruque ou de malheureuses extensions capillaires un peu grasses que même André Agassi dans ses meilleurs jours n'aurait pas renié...

Mais on peut faire la même chose avec Catherine ! (j'ai eu peur de sa choucroute crêpée quand je l'ai vu monter à cheval... Les années 90 ont tout de même réussi à faire une intrusion fracassante dans le monde victorien d'Emily Brontë... si c'est pas une misère, ma brave dame...). La même Juliette Binoche pour faire Cathy Earnshaw et Catherine Linton relève à mon avis de la volonté de souligner la filiation entre les deux personnages, certes, mais ça fait aussi « petit budget » et c'est un peu dommage. Parce que crêper des cheveux oxygénés et coller des lentilles bleues sur les yeux, c'est vrai que c'est plus facile que d'engager quelqu'un d'autre. Et en même temps, si je fais taire la langue de vipère qui est en moi, je dois dire que ce choix de maintenir la même actrice peut se justifier : pour accentuer la filiation entre les deux personnages, comme je l'ai dit, mais aussi pour montrer que malgré l'extrême ressemble d'avec sa mère, Heathcliff est tellement rongé par la haine et la vengeance qu'il n'hésite pas à frapper et malmener Catherine, chose qu'il n'aurait jamais fait avec Cathy. Donc, bon, ça se discute comme on dit...

cathycatherine

Le choix des autres personnages reste acceptable, même si, bien sûr, c'est toujours mieux dans sa tête...

landesL'ambiance du livre est plutôt bien rendue. Les atmosphères un peu inquiétantes, ou les paysages désolés de la lande anglaise sont ma foi plutôt bien filmés. Même si, toujours, j'ai trouvé ça encore parfois à la limite du « too much ». J'ai l'impression qu'à trop vouloir insister sur les caractéristiques essentielles du roman, et à vouloir les rendre par l'image, le réalisateur est tombé dans le piège du caricatural. Comme par exemple ce véritable champ de pierres sur la lande qui marque les amours adolescents de Cathy et Heathcliff, mais aussi le moment douloureux où Heathcliff commence sa lente descente aux enfers après la mort de Catherine.

cathyheathcliffD'ailleurs, je trouve que cet amour, qui dans le livre est tout même assez particulier puisqu'aucun des deux protagonistes ne l'avouera jamais vraiment à l'autre, avait subi un traitement trop hollywoodien là aussi. Il est trop exprimé, trop visible, il n'atteint pas la subtilité qu'il acquiert dans le roman à force de détours, sous-entendus et malentendus. Parfois, j'ai un peu eu l'impression de regarder Les Hauts de Hurlevent pour les nuls...

Pourtant, certaines scènes sont plutôt bien réussies (la scène de la déclaration de Catherine à Nelly, après la demande en mariage d'Edgar par exemple), mais dans l'ensemble, le film pèche par excès de simplification ou mauvaise appréciation des subtilités du roman.

Dire que je suis déçue serait donc assez juste. Même si je dois avouer que j'ai tout de même passé un sympathique moment (mais sans plus). La condition sine qua non pour aimer sans condition ce film reste tout de même selon moi de ne jamais avoir lu le livre d'Emily Brontë ou alors de l'avoir lu depuis si longtemps qu'on l'a oublié.

Pour être honnête, j'ai plus souvent grincé des dents que souri.

Si vous êtes parvenus jusqu'au terme de cet article, vous aurez donc compris que ce film ne restera pas gravé dans ma mémoire. J'ai bien conscience de me montrer sévère, mais comment réagir différemment quand on vient tout juste de reposer le livre ? Ça reste un film sympa, voire agréable, si on n'a rien d'autre à se coller devant les mirettes. Mais, ce n'est pas LA représentation escomptée du chef d'oeuvre de la jeune romancière anglaise. Je ne sais pas s'il y a d'autres adaptations, et ce qu'elles valent, mais à mon avis, LE film qui saura rendre toute la puissance du roman reste encore à faire...

hathcliff_mort_cathy

10 novembre 2009

Hunger Games

hunger_gamesHunger Games, De Suzanne Collins (Pocket jeunesse, 379 pages). Terminé le 08 novembre 2009. 

RESUME EDITEUR : Dans chaque district de Panem une société reconstruite sur les ruines des États-Unis deux adolescents sont choisis pour participer au Jeu de la Faim. La règle est simple : tuer ou se faire tuer.

 Quelle société aurait donné la survivance de la civilisation romaine, avec ses jeux du cirque et ses combats de gladiateurs ? Voilà une question que je me suis déjà posée sans jamais parvenir à imaginer ce que Rome aurait pu devenir. Cette société, Suzanne Collins l’a créée.

 Ouvrez grandes vos mirettes, et admirez : Panem, opulente cité du Distict du Capitole, règne sans partage sur les 12 autres disctricts inféodés à sa toute-puissance.

Panem. La ville où festins et festivités comblent une population débridée, jouissant de privilèges jalousement protégés.

 Et chaque année, le même rituel barbare. Tel Minos réclamant son dû, Panem jette dans l’arène 24 jeunes tributs des autres districts. Un seul mot d’ordre : tuer pour survivre.

 Panem et circenses.

 Ce livre est tout simplement hénauuurme ! Je crois que je n’avais pas été scotchée comme ça à une histoire depuis… Fascination… Oui, oui, rien de moins que ça !

 L’univers imaginé par Suzanne Collins est tout simplement fascinant, et même si l’histoire suit une linéarité qu’on envierait habituellement à personne, la narration prend un rythme haletant dès le début, nous emportant dans un  véritable tourbillon de tension et de questions.

 Je me suis vue dès le premier soir tourner les pages sans parvenir à m’arrêter, avec cette soif toujours plus grande de découvrir ce qui allait arriver à Katniss et Peeta.

 En réfléchissant bien, il n’y a pourtant rien d’extraordinairement original dans cette histoire, mais le traitement qu’en fait Suzanne Collins nous rend totalement accro au bout de quelques pages. C’est haletant, troublant, et avouons-le, ça fait appel à notre bas instinct de survie, qui, d’une manière tout à fait primaire, nous permet de nous mettre en parfaite osmose avec la narratrice, Katniss.

 Voilà un roman jeunesse palpitant, qui ne laisse aucun répit à son lecteur, l’abandonnant pantelant à la dernière page. Et, pire, du pire, avec un teasing, -le premier chapitre du tome suivant-, qui le laisse sur sa faim et lui donne la furieuse envie de connaître la suite !

 Les personnages principaux sont vraiment attachants, et d’une psychologie tout à fait vraisemblable. Aaah… le chemin tortueux que peuvent prendre les amours adolescentes par exemple… ;)

 Bref, je crois que je ne vais pas m’étendre davantage : j’ai vu, j’ai lu, j’ai adoré ! Il me tarde d’avoir la suite maintenant. Même si j’ai tout de même peur de ce que l’auteur va pouvoir nous concocter d’aussi palpitant compte tenu que les Jeux sont terminés… Mhmmh… Toujours le même problème avec les livres-coup de cœur ; j’ai peur d’être déçue par la suite.

 En tout cas, si ce Hunger Games se trouve sur votre chemin, n’hésitez pas. V’là de la bonne, très bonne littérature jeunesse. Ce serait dommage de passer à côté. Et c’est pour ça que je remercie ma coupine Anne de m’avoir soufflé le titre !

 L’article de Cuné, enthousiasmée elle aussi, recense déjà un petit nombre de lecteurs conquis ICI.

Et Bladelor vient aussi de le commenter ICI.

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06 novembre 2009

Les hauts de Hurlevent

hurleventLes hauts de Hurlevent, d’Emily Brontë (Le Livre de poche, 41 3   pages). Terminé le 03 novembre 2009.

 

RESUME EDITEUR : Là où la terre est sauvage et le vent glacial, là où les pentes sont hostiles, les esprits peuvent devenir rudes, tenaces. Ils peuvent aussi être incroyablement imaginatifs et poétiques.

 

 

Voilà un classique de la littérature victorienne que j’avais lu quand j’étais ado. Et qui m’avait énormément plu puisque j’en gardai un souvenir formidable, exalté et troublant.

 

L’an dernier, je l’avais offert à Mo dans le cadre du Victorian Swap de Lou et Cryssilda, et j’avais trouvé que la couverture de cette réédtion était particulièrement belle et ça m’avait donné envie de le relire (comme quoi, la lecture, ça tient parfois à peu de choses, comme un renouvellement de couverture…). Et puis comme je ne suis pas une habituelle relectrice (en fait, je peux même compter sur les doigts d’une main les livres que j’ai déjà relus…) je trouvais intéressant de confronter ma vision actuelle du roman aux souvenirs un peu brumeux (sans mauvais jeu de mots…) qu’il me restait de mon adolescence…

 

Eh bien, je suis soufflée par la force de ce roman… Je l’ai dévoré en trois jours, dès que j’avais une minute de libre, et je suis encore sous le coup de la noirceur terrible qui émane de ces pages écrites par une jeune femme de 28 ans à peine…

 

 J’avais bien sûr le souvenir d’une histoire tourmentée, mais je n’avais pas le souvenir d’avoir été mal à l’aise pendant ma lecture de l’époque. Au contraire, je me souviens d’un enthousiasme et d’un pétillement pour avoir découvert (enfin, le titre me fut soufflé par ma maman) une histoire aussi sombre et romantique.

Là, c’était presque à la limite du supportable parfois. Ces déchirements, ces âmes torturées qui n’en finissent plus de se faire souffrir et faire souffrir les autres. Ces êtres aspirés dans une spirale tragique qu’ils ne cessent d’alimenter eux-même… Whaouh. C’est une sacrée claque quand même ce bouquin.

 

Je n’ai été gênée qu’à un seul moment : le moment où Cathy bascule dans la folie. J’ai trouvé que la réaction de la jeune femme était un peu disproportionnée par rapport à la dispute qui en était à l’origine. Bien sûr, on la sent tiraillée entre les deux êtres qui composent son cœur, avec une nette affection pour Heathcliff. Mais j’ai trouvé que la réaction était terriblement théâtrale. En même temps, il faut reconnaître que le caractère de Cathy la prédispose à ce genre de manifestations ostentatoires. Mais quand même.

 

Les personnages sont d’ailleurs tous pour la plupart rongés par une férocité et/ou une brutalité rustre assez frappante. L’univers des Hauts de Hurlevent est aussi triste et gris que la lande sur laquelle cette histoire prend place. Il y a une atmosphère particulièrement forte qui se dégage tout au long du roman, et qui reste une fois le livre refermé, et qui fait que lorsque les souvenirs s’estompent, reste cette impression de tristesse, de vent et de pluie qui imprègne tout, de la terre jusqu’aux êtres.

 

En règle générale, je ne peux pas dire que j’ai apprécié les personnages de ce roman, à commencer par Heathcliff, le démoniaque, ainsi que Cathy, qui a au fond un côté assez perfide et méchant également. Cathy Linton non plus n’a pas réussi à gagner réellement ma faveur. Seule ma pitié est allée vers Hareton Earnshaw, dont le parcours est sans doute le plus optimiste, dieu merci, même s’il demeure très fruste. Il est vraiment difficile de s’attacher à de tels personnages, tant ils sont loin de l’image de « héros ». Et en même temps, n’en sont-ils pas justement plus criants de vérité ?

 

Je ne regrette absolument pas d’avoir relu ce roman (et en plein mauvais temps et grand vent : le pied pour relire un tel livre !) mais je demeure abasourdie par la puissance négative qui émane de l’histoire au fil des pages. C’est très gothique et romantique, mais le tout est tellement bien amené, le récit est si bien conduit, qu’on se trouve face à un roman d’exception qui nous emporte, nous broie, pour nous laisser pantelants la dernière page tournée. C’est à la fois beau et terrifiant. Cruel et magnifique. Absolument nihiliste et d’une complète plénitude. Y compris dans le mal et la souffrance.

 

Un roman qui ne laisse personne indifférent je pense, et je comprends pourquoi j’en avais gardé un souvenir si exalté de ma lecture adolescente : c’est torturé, comme on aime à l’être à cette période. Aujourd’hui, j’en garderai surtout le souvenir d’une histoire à part, terriblement noire et poignante, mais d’une force étonnante. Et un récit envoûtant qui nous plonge dans une atmosphère particulièrement oppressante, qui nous happe au temps présent.

 plaisir_intense

Ce week-end, si j’ai le temps, j’essaierai de visionner une des adaptations que j’ai dans ma dvdthèque. Avec Juliette Binoche je crois. ( ?) Et pour terminer, comment passer à côté de Kate Bush, dont je n’aimais pas particulièrement le timbre de voix, SAUF dans cette chanson. Allez comprendre pourquoi.


04 novembre 2009

Les aigles de Rome, II

aigles_de_rome2Les aigles de Rome, tome II, de Marini (Dargaud, 58  pages). Terminé le 30 octobre 2009.

 

Après avoir découvert cette bande dessinée il y a maintenant presque deux ans au festival de la BD à Angoulême, je me demandais si la suite allait tenir ses promesses. Aussitôt aperçue sur la devanture BD d’une librairie, la voilà en ma possession. Et 45 minutes plus tard, le verdict tombe : eh ben, euh, comment dire… j’en sais rien. ^^

 

Si je considère ma lecture sous le seul angle du plaisir de lire, j’ai beaucoup apprécié. Quatre petits cœurs seraient donc les bienvenus.

 

Sur le plan du dessin, c’est toujours aussi superbe et époustouflant. Le grand art de Marini, quoi ! Cinq petits cœurs seraient donc adéquats.

 

Sur le plan de l’histoire, ben, c’est toujours un peu poussif je trouve. Bon, bien sûr, ça avance un peu, mais, dans l’ensemble, c’est encore trop peu rythmé. Ou alors parfois ça l’est trop (ben, oui. C’est vrai quoi. C’est quoi cette dispute à deux balles entre les deux amis/frères qui les brouillent irrévocablement ? C’est à la limite du crédible compte de tenu de l’amitié indéfectible qui est supposée les lier…) Du coup, je mets péniblement 3 petits cœurs et demi.

 

Sur le plan de l’Histoire, avec un grand H, c’est plutôt bien réussi dans les décors, l’ambiance, étouétou… Bon, on reste tout de même encore dans le bon vieux cliché que Rome, c’est sexe, gloire et grands complots. Mais que voulez-vous ma brave dame ! Les poncifs, c’est vendeur, et en plus, le sexe antique fait toujours plus animal et plus sauvage (rrrhhh…) que le sexe actuel (Ah, le bon vieux temps des orgies et du sexe à tout va… Mieux que dans la faste période du peace and love…). Du coup, pour ça, je mettrais bien 3 petits cœurs.

 

Donc, au final, je mets tout de même quatre petits cœurs, même si j’oscille un peu plus vers le 3 et demi, en fait. Mais bon, je chipotte, là, non ? Ce qu’il faut retenir, c’est que je n’ai pas boudé mon plaisir. Comment faire la tête quand ça parle de ce que j’aimeuh ? (et quand en plus je réussi à récupérer auprès du libraire le bac de promo avec le légionnaire tout en rouge, que ça fera trop classe dans ma salle de cours… ^^) Et puis rien que pour le graphisme de Marini, ça se laisse regarder avec de grands yeux ronds de lecteurs curieux et admiratifs.

 

Et n’empêche que tout ça, ça me rappelle que le nouveau tome de Muréna ne va pas tarder à paraître… Hiiiiiiiiiiiiiiii ! J’ai hââââââââââte !!!

Z’avez raison les dessinateurs, les producteurs de séries, de films, étouétou : Rome et l’antiquité, c’est le bien. :) )

grand_plaisir

Happy Sex

happy_sexHappy Sex, de Zep (Delcourt, 61  pages). Terminé le 27 octobre 2009.

 

Repéré chez Leil, je n’ai pas pu m’empêcher de l’acheter pendant les vacances, lors d’une petite virée entre filles avec ma belle-sœur. Pourtant, je ne suis pas fan de Titeuf, mais après avoir visité le site dédié à la BD et lu quelques planches, j’ai trouvé ça plutôt rigolo.

 

Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment, et certaines planches m’ont fait franchement sourire, parfois rire. Certaines sont cepedant parfois un peu limites (avis tout à fait subjectif), mais sans non plus tomber dans une pornographie outrageuse ou dans le trash.

 

En tout cas, ces quelques histoires de sexualité sont bien d’aujourd’hui car des thèmes aussi variés que les sex-toys, ou l’impact des films X, y sont abordés, qui montrent bien que de nos jours, on peut rire de tout, y compris de situations sexuelles qu’on n’aurait jamais osé aborder il y a quelques années.

 

Une BD sympa donc, et qui plaira à mon avis autant aux hommes qu’aux femmes.

NB : si toutefois comme ma belle-sœur, vous avez une petite fille (ou un petit garçon) qui lit et aime Titeuf, planquez la BD en haut de l’armoire aussi : la signature du papa de Titeuf est bien reconnaissable pour ces chères têtes blondes. Qui risquent toutefois de trouver que leur héros favori a de drôles d’activités et qu’il a bien changé… ^^ 

grand_plaisir

Posté par Alwenn à 20:17 - Bandes dessinées - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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