21 novembre 2009
Twilight 2
Comme c’est étrange… Alors qu’il y a quelques jours
à peine, j’écrivais chez Erzébeth que mes 15 ans me manquaient parfois (à certains points de vue seulement, hein... pas folle la guêpe !), je
suis sûre de ne plus vous dire la même chose ce matin, après mon passage au
cinéma hier soir…
Twilight 2 ou comment se sentir à côté de ses pompes dans une salle de ciné saturée d’hormones juvéniles…
Twilight 2 ou comment se faire du fric en exploitant
la mièvrerie adolescente.
Que je vous esssplique donc : 3 copines, entre 30 et 40 ans, décident d’aller voir Twilight 2. Alibi fallacieux : 3 petites nénettes de 15 ans à conduire au ciné. Raison véritable : ont un cœur de midinette et sont tout aussi emballées d’aller voir Rob et consorts.
Las… Le temps fut long en réalité… Trèèès long. Mais heureusement, pour pallier
cette lenteur, vous pouvez… rire.
Oui, je
sais. Ce n’est pas le but escompté du film, mais là, franchement, faut arrêter
de se voiler la face : il y a des passages franchement mauvais dans ce
film, et le tout donne quelque chose de plat voire ridicule. Enfin, tout
dépend de quel point de vue on se place. Les petites nanas de 15 ans ont trouvé
ça « troooop bieeeen ! ». Ben nous, non.
Autant donner mes points bonus tout de suite, parce
que pour le reste, je risque de bien balancer :
- J’aime toujours autant Charlie, qu’on voit très peu (normal) mais je trouve qu’il tient vraiment bien la route.
- D’après mes souvenirs lointains du roman, il me semble que le scénario est plutôt bien respecté.
- Le passage chez les Volturi, reste, comme dans le
roman, mon passage préféré. Même si je ne m’imaginais pas Aro, Marcus et Caïus
comme ça. Et même si ça reste tout de même vachement mieux dans le livre.
- Il a parfois des essais d’humour volontaire qui sont presque réussis.
- La rencontre entre Bella et Emily dans la réserve de la Push, au petit déjeuner des loups.
- Et enfin, ben, euh… ben rien. Je crois que c’est
tout ce que j’ai retenu.
Pour le reste, c’est déception et amusement :
- Non, décidément, ils n’ont toujours pas les moyens d’embaucher une maquilleuse digne de ce nom : j’aime bien Pattinson (quoique je ne puisse pas dire non plus que j’en raffole) mais ils lui ont encore barbouillé le teint en blafard et les lèvres en Marquise de Pompadour. Bouh. Ça casse tout encore.
- C’est quoi ces lenteurs abominables ? Le film s’étend, s’étire… Même entre les répliques, tu as le temps de prendre trois poignées de pop-corn.
- Les dialogues sont… comment dire… navrants parfois ? Ou alors c’est c’est la version française qui est molle du genou. Je ne sais pas. Mais si Roméo et Juliette est érigé en modèle de l’histoire d’amour filmée, faut pas vous attendre pour autant à du Shakespeare. Oh, non…
- Il y a des scènes que j’ai trouvées particulièrement ridicules : l’apparition du premier loup-garou (mouarf ! c’est quoi cette peluche ? Y’a un gars qui tient un bâton au bout et qui fait avancer la marionnette dans un décor de fougères ??? ^^), la montée de Jacob dans la chambre de Bella (admirez ce dernier tour de rein pour passer la fenêtre...), la volonté de Jacob et de sa meute de toujours se mettre à demi à poil sous prétexte qu’il ont 42 degrés de température (tout ça pour montrer des mecs sous anabolisants… mouaif…), et le must du must, le remake « Belle des champs » sauce vampire in the woods dans une vision d'Alice. Ça donne ça (ci-dessous) et c’est vraiment ridicule. Comme toutes les scènes filmées au ralenti d'ailleurs.
Il y a presque un côté royal canin, non ?
Mais preuve que je ne suis pas la seule à avoir été déstabilisée, avec les sifflets qu'il y a eu à ce même moment.
Je crois que le plus étonnant dans cette expérience
twilightesque a été de voir les réactions de la salle, bondée, et très variée
au niveau du public. Je n’avais jamais vu une salle réagir aussi ouvertement.
En bien comme en mal d’ailleurs. Très troublant.
Enfin bon, pas besoin de faire un dessin au final :
beaucoup de longueurs, des dialogues un peu minables, des clichés en matière
de scénario, mais aussi dans la manière de filmer, et trop de foin sur des
corps masculins à peines pubères et pourtant taillés dans le marbre grec.
Mon dieu, c’est terrible. Je viens de me rendre compte que je suis une vieille. :/
EDIT : Et pour rigoler, n'hésitez pas à aller voir l'article de Pascale, Sur la route du cinéma. Merci Aifelle de m'avoir signalé ce désopilant article ! :))
14 novembre 2009
Wuthering Heights
Wuthering
Heights, film de 1992, de Peter Kosminsky avec Juliette Binoche
et Ralph Fiennes, d'après le roman D'Emily Brontë.
Bon, j'ai réussi à
me trouver un peu de temps pour visionner l'adaptation
cinématographique des Hauts de Hurlevent qui traînait
dans ma dvdthèque depuis un petit bout de temps. Alors, un peu
plus d'une heure et demie plus tard, que puis-je en dire ?
La
première chose, et je pense que ça n'étonnera
nullement personne, c'est que le film est trèèès
loin d'approcher ne serai-ce qu'un dixième du souffle puissant
du roman d'Emily Brontë.
Mais bon, ça, compte tenu du livre en question, on s'en serait
douté... Je n'imagine même pas la difficulté à
laquelle les scénaristes ont dû se heurter quand il a
fallu écrire le scénario...
Scénario
qui d'ailleurs n'est pas si mal que ça,
en fin de compte. Il reprend bien les éléments
du roman, et on observe finalement peu de licences par rapport à
la trame principale du roman (et
compte tenu de ce que l'on est supposé pouvoir faire en une
heure et demie...).
En revanche, ils ont voulu faire un petit effet de style avec une
mise en abîme de l'auteur elle-même dans sa propre
oeuvre, ce que j'ai trouvé plutôt ridicule.
On « assiste »donc ainsi à la naissance
de cet immense roman par une jeune fille de trente ans à
peine, qui au détour d'une balade dans la lande, découvre
une maison abandonnée et a ainsi l'idée d'imaginer la
vie des habitants qui ont pu la peupler. Mouaif.
Moyennement convaincant. Il valait autant grader le point de vue de
la narratrice principale, Nelly.
Ma
deuxième déception a été dans le choix
des demeures : jamais
je ne me suis imaginé Wuthering Heights comme cet imposant
château néo-gothique, plongé dans des brumes
inquiétantes, et qui
convient davantage au Northanger Abbey de Jane Austen plutôt
qu'à la demeure de Hurlevent. Bon, chacun est libre de se
représenter les choses comme il l'entend, mais là,
vraiment, je trouve que ça ne cadre pas du tout avec l'image
que je m'en étais fait lors de ma lecture du roman. De
même, je trouve Thrushcross Grange beaucoup trop opulent et
trop « cliché » :
voilà la représentation parfaite de la demeure
campagnarde anglaise de bon goût, au pied d'un riant parc ou
paissent tranquillement les vaches... Le contraste est fort entre les
deux demeures, et il fallait bien le montrer, mais là, c'est
trop caricatural. Bref, je n'ai
pas aimé ce choix-là non plus.
Autre choix qui n'a pas été de mon goût (puisque je suis partie dans les remarques qui fâchent, autant continuer, hein...) c'est le traitement des personnages principaux.
Commençons
par Heathcliff : le choix de Ralph Fiennes n'est pas mauvais en soi,
je le reconnais (même si je n'arrive jamais à être
très objective avec le clan Fiennes, il faut l'avouer...
hem...) et dans certaines postures, il faisait un heathcliff plutôt
convaincant : enfant mal dégrossi au début, rustre
« domestiqué » ensuite, pour finalement
devenir cette usurpation de gentleman farmer empli de fiel, de morgue
et de violence. Un jeu d'acteur tout à fait correct et des
yeux perçants ont fini par me convaincre d'avoir Heahtcliff en
face de moi. Mais... mais... mais d'un côté, il y a des
choses à reprocher tout de même... Tout d'abord, entre
le Heatcliff tout jeune homme d'à peine vingt ans, et celui
d'une quarantaine d'année, ben... il n'y a aucune différence
! Si vous la voyez, vous me dites, hein. Parce que moi, si je n'avais
pas vu le film, à part peut-être les habits, je ne suis
pas capable de dire lequel est encore jeune freluquet et lequel est
l'homme froid et impitoyable qu'il est devenu.

On passera allègrement également sur l'espèce de perruque ou de malheureuses extensions capillaires un peu grasses que même André Agassi dans ses meilleurs jours n'aurait pas renié...
Mais
on peut faire la même chose avec Catherine
! (j'ai eu peur de sa choucroute crêpée quand je l'ai vu
monter à cheval... Les années 90 ont tout de
même réussi à faire une intrusion fracassante
dans le monde victorien d'Emily Brontë...
si c'est pas une misère, ma brave dame...). La même
Juliette Binoche pour faire Cathy Earnshaw et Catherine Linton
relève à mon avis de la volonté de souligner la
filiation entre les deux personnages, certes, mais ça fait
aussi « petit budget » et c'est un peu dommage.
Parce que crêper des cheveux oxygénés et coller
des lentilles bleues sur les yeux, c'est vrai que c'est plus facile
que d'engager quelqu'un d'autre. Et en même temps, si je fais
taire la langue de vipère qui est en moi, je dois dire que ce
choix de maintenir la même actrice peut se justifier : pour
accentuer la filiation entre les deux personnages, comme je l'ai dit,
mais aussi pour montrer que malgré l'extrême ressemble
d'avec sa mère, Heathcliff est tellement rongé par la
haine et la vengeance qu'il n'hésite pas à frapper et
malmener Catherine, chose qu'il n'aurait jamais fait avec Cathy.
Donc, bon, ça se discute comme on dit...

Le choix des autres
personnages reste acceptable, même si, bien sûr, c'est
toujours mieux dans sa tête...
L'ambiance
du livre est plutôt bien rendue.
Les atmosphères un peu inquiétantes, ou les paysages
désolés de la lande anglaise sont ma foi plutôt
bien filmés. Même si, toujours, j'ai trouvé ça
encore parfois à la limite du « too much ».
J'ai l'impression qu'à trop vouloir insister sur les
caractéristiques essentielles du roman, et à vouloir
les rendre par l'image, le réalisateur est tombé
dans le piège du caricatural.
Comme par exemple ce véritable champ de pierres sur la lande
qui marque les amours adolescents de Cathy et Heathcliff, mais aussi
le moment douloureux où Heathcliff commence sa lente descente
aux enfers après la mort de Catherine.
D'ailleurs,
je trouve que cet amour,
qui dans le livre est tout même assez particulier puisqu'aucun
des deux protagonistes ne l'avouera jamais vraiment à l'autre,
avait subi un traitement trop hollywoodien là aussi.
Il est trop exprimé, trop visible, il n'atteint pas
la subtilité qu'il acquiert dans le roman à force de
détours, sous-entendus et malentendus.
Parfois, j'ai un peu eu l'impression de regarder Les
Hauts de Hurlevent pour
les nuls...
Pourtant, certaines scènes sont plutôt bien réussies (la scène de la déclaration de Catherine à Nelly, après la demande en mariage d'Edgar par exemple), mais dans l'ensemble, le film pèche par excès de simplification ou mauvaise appréciation des subtilités du roman.
Dire que je suis déçue serait donc assez juste. Même si je dois avouer que j'ai tout de même passé un sympathique moment (mais sans plus). La condition sine qua non pour aimer sans condition ce film reste tout de même selon moi de ne jamais avoir lu le livre d'Emily Brontë ou alors de l'avoir lu depuis si longtemps qu'on l'a oublié.
Pour être honnête, j'ai plus souvent grincé des dents que souri.
Si vous êtes parvenus
jusqu'au terme de cet article, vous aurez donc compris que ce film ne
restera pas gravé dans ma mémoire. J'ai bien conscience
de me montrer sévère, mais comment réagir
différemment quand on vient tout juste de reposer le livre ?
Ça reste un film sympa, voire agréable, si on n'a rien
d'autre à se coller devant les mirettes. Mais, ce n'est pas LA
représentation escomptée du chef d'oeuvre de la jeune
romancière anglaise. Je ne sais pas s'il y a d'autres
adaptations, et ce qu'elles valent, mais à mon avis, LE film
qui saura rendre toute la puissance du roman reste encore à
faire...

10 novembre 2009
Hunger Games
Hunger
Games, De
Suzanne Collins (Pocket jeunesse, 379 pages). Terminé le 08
novembre 2009.
RESUME EDITEUR : Dans chaque district de Panem une société reconstruite sur les ruines des États-Unis deux adolescents sont choisis pour participer au Jeu de la Faim. La règle est simple : tuer ou se faire tuer.
Quelle société aurait donné la survivance de la civilisation romaine, avec ses jeux du cirque et ses combats de gladiateurs ? Voilà une question que je me suis déjà posée sans jamais parvenir à imaginer ce que Rome aurait pu devenir. Cette société, Suzanne Collins l’a créée.
Ouvrez grandes vos mirettes, et admirez : Panem, opulente cité du Distict du Capitole, règne sans partage sur les 12 autres disctricts inféodés à sa toute-puissance.
Panem. La ville où festins et festivités comblent une population débridée, jouissant de privilèges jalousement protégés.
Et chaque année, le même rituel barbare. Tel Minos réclamant son dû, Panem jette dans l’arène 24 jeunes tributs des autres districts. Un seul mot d’ordre : tuer pour survivre.
Panem et circenses.
Ce livre est tout simplement hénauuurme ! Je crois que je n’avais pas été scotchée comme ça à une histoire depuis… Fascination… Oui, oui, rien de moins que ça !
L’univers imaginé par Suzanne Collins est tout simplement fascinant, et même si l’histoire suit une linéarité qu’on envierait habituellement à personne, la narration prend un rythme haletant dès le début, nous emportant dans un véritable tourbillon de tension et de questions.
Je me suis vue dès le premier soir tourner les pages sans parvenir à m’arrêter, avec cette soif toujours plus grande de découvrir ce qui allait arriver à Katniss et Peeta.
En réfléchissant bien, il n’y a pourtant rien d’extraordinairement original dans cette histoire, mais le traitement qu’en fait Suzanne Collins nous rend totalement accro au bout de quelques pages. C’est haletant, troublant, et avouons-le, ça fait appel à notre bas instinct de survie, qui, d’une manière tout à fait primaire, nous permet de nous mettre en parfaite osmose avec la narratrice, Katniss.
Voilà un roman jeunesse palpitant, qui ne laisse aucun répit à son lecteur, l’abandonnant pantelant à la dernière page. Et, pire, du pire, avec un teasing, -le premier chapitre du tome suivant-, qui le laisse sur sa faim et lui donne la furieuse envie de connaître la suite !
Les personnages principaux sont vraiment attachants, et d’une psychologie tout à fait vraisemblable. Aaah… le chemin tortueux que peuvent prendre les amours adolescentes par exemple… ;)
Bref, je crois que je ne vais pas m’étendre davantage : j’ai vu, j’ai lu, j’ai adoré ! Il me tarde d’avoir la suite maintenant. Même si j’ai tout de même peur de ce que l’auteur va pouvoir nous concocter d’aussi palpitant compte tenu que les Jeux sont terminés… Mhmmh… Toujours le même problème avec les livres-coup de cœur ; j’ai peur d’être déçue par la suite.
En tout cas, si ce Hunger Games se trouve sur votre chemin, n’hésitez pas. V’là de la bonne, très bonne littérature jeunesse. Ce serait dommage de passer à côté. Et c’est pour ça que je remercie ma coupine Anne de m’avoir soufflé le titre !
L’article de Cuné, enthousiasmée elle aussi, recense déjà un petit nombre de lecteurs conquis ICI.
Et Bladelor vient
aussi de le commenter ICI.

06 novembre 2009
Les hauts de Hurlevent
Les hauts de Hurlevent, d’Emily Brontë (Le Livre de poche, 41 3 pages). Terminé le 03 novembre 2009.
RESUME EDITEUR : Là où la terre est sauvage et le vent glacial, là où les
pentes sont hostiles, les esprits peuvent devenir rudes, tenaces. Ils peuvent
aussi être incroyablement imaginatifs et poétiques.
Voilà un classique de la littérature victorienne
que j’avais lu quand j’étais ado. Et qui m’avait énormément plu puisque j’en
gardai un souvenir formidable, exalté et troublant.
L’an dernier, je l’avais offert à Mo dans le cadre
du Victorian Swap de Lou et Cryssilda, et j’avais trouvé que la
couverture de cette réédtion était particulièrement belle et ça m’avait
donné envie de le relire (comme quoi, la lecture, ça tient parfois à peu de
choses, comme un renouvellement de couverture…). Et puis comme je ne suis pas
une habituelle relectrice (en fait, je peux même compter sur les doigts d’une
main les livres que j’ai déjà relus…) je trouvais intéressant de confronter ma
vision actuelle du roman aux souvenirs un peu brumeux (sans mauvais jeu de
mots…) qu’il me restait de mon adolescence…
Eh bien, je suis soufflée par la force de ce
roman… Je l’ai dévoré en trois jours, dès que j’avais une minute de libre,
et je suis encore sous le coup de la noirceur terrible qui émane de ces
pages écrites par une jeune femme de 28 ans à peine…
J’avais bien
sûr le souvenir d’une histoire tourmentée, mais je n’avais pas le souvenir
d’avoir été mal à l’aise pendant ma lecture de l’époque. Au contraire, je me
souviens d’un enthousiasme et d’un pétillement pour avoir découvert (enfin, le
titre me fut soufflé par ma maman) une histoire aussi sombre et romantique.
Là, c’était presque à la limite du supportable
parfois. Ces déchirements, ces âmes torturées qui
n’en finissent plus de se faire souffrir et faire souffrir les autres. Ces
êtres aspirés dans une spirale tragique qu’ils ne cessent d’alimenter eux-même…
Whaouh. C’est une sacrée claque quand même ce bouquin.
Je n’ai été gênée qu’à un seul moment : le
moment où Cathy bascule dans la folie. J’ai trouvé que la réaction de la jeune
femme était un peu disproportionnée par rapport à la dispute qui en était à
l’origine. Bien sûr, on la sent tiraillée entre les deux êtres qui composent
son cœur, avec une nette affection pour Heathcliff. Mais j’ai trouvé que la
réaction était terriblement théâtrale. En même temps, il faut reconnaître que
le caractère de Cathy la prédispose à ce genre de manifestations ostentatoires.
Mais quand même.
Les personnages sont d’ailleurs tous pour la
plupart rongés par une férocité et/ou une brutalité rustre assez frappante. L’univers
des Hauts de Hurlevent est aussi triste et gris que la lande sur laquelle cette
histoire prend place. Il y a une atmosphère particulièrement forte qui se
dégage tout au long du roman, et qui reste une fois le livre refermé, et qui
fait que lorsque les souvenirs s’estompent, reste cette impression de
tristesse, de vent et de pluie qui imprègne tout, de la terre jusqu’aux êtres.
En règle générale, je ne peux pas dire que j’ai
apprécié les personnages de ce roman, à commencer par Heathcliff, le
démoniaque, ainsi que Cathy, qui a au fond un côté assez perfide et méchant
également. Cathy Linton non plus n’a pas réussi à gagner réellement ma faveur. Seule
ma pitié est allée vers Hareton Earnshaw, dont le parcours est sans doute le plus
optimiste, dieu merci, même s’il demeure très fruste. Il est vraiment difficile
de s’attacher à de tels personnages, tant ils sont loin de l’image de
« héros ». Et en même temps, n’en sont-ils pas justement plus criants
de vérité ?
Je ne regrette absolument pas d’avoir relu ce roman
(et en plein mauvais temps et grand vent : le pied pour relire un tel
livre !) mais je demeure abasourdie par la puissance négative qui émane
de l’histoire au fil des pages. C’est très gothique et romantique, mais le tout
est tellement bien amené, le récit est si bien conduit, qu’on se trouve face à
un roman d’exception qui nous emporte, nous broie, pour nous laisser pantelants
la dernière page tournée. C’est à la fois beau et terrifiant. Cruel et
magnifique. Absolument nihiliste et d’une complète plénitude. Y compris dans le
mal et la souffrance.
Un roman qui ne laisse personne indifférent je
pense, et je comprends pourquoi j’en avais gardé un souvenir si exalté de ma
lecture adolescente : c’est torturé, comme on aime à l’être à cette
période. Aujourd’hui, j’en garderai surtout le souvenir d’une histoire à
part, terriblement noire et poignante, mais d’une force étonnante. Et un récit
envoûtant qui nous plonge dans une atmosphère particulièrement oppressante, qui
nous happe au temps présent.

Ce week-end, si j’ai
le temps, j’essaierai de visionner une des adaptations que j’ai dans ma
dvdthèque. Avec Juliette Binoche je crois. ( ?) Et pour terminer, comment
passer à côté de Kate Bush, dont je n’aimais pas particulièrement le timbre de
voix, SAUF dans cette chanson. Allez comprendre pourquoi.
04 novembre 2009
Les aigles de Rome, II
Les aigles de Rome, tome II, de Marini (Dargaud,
58 pages). Terminé le 30 octobre 2009.
Après avoir découvert cette bande dessinée il y a
maintenant presque deux ans au festival de la BD à Angoulême, je me demandais
si la suite allait tenir ses promesses. Aussitôt aperçue sur la devanture BD
d’une librairie, la voilà en ma possession. Et 45 minutes plus tard, le
verdict tombe : eh ben, euh, comment dire… j’en sais rien. ^^
Si je considère ma lecture sous le seul angle du
plaisir de lire, j’ai beaucoup apprécié. Quatre petits cœurs seraient donc
les bienvenus.
Sur le plan du dessin, c’est toujours aussi
superbe et époustouflant. Le grand art de Marini, quoi ! Cinq petits
cœurs seraient donc adéquats.
Sur le plan de l’histoire, ben, c’est toujours
un peu poussif je trouve. Bon, bien sûr, ça avance un peu, mais, dans
l’ensemble, c’est encore trop peu rythmé. Ou alors parfois ça l’est trop (ben,
oui. C’est vrai quoi. C’est quoi cette dispute à deux balles entre les deux
amis/frères qui les brouillent irrévocablement ? C’est à la limite du
crédible compte de tenu de l’amitié indéfectible qui est supposée les
lier…) Du coup, je mets péniblement 3 petits cœurs et demi.
Sur le plan de l’Histoire, avec un grand H, c’est plutôt
bien réussi dans les décors, l’ambiance, étouétou… Bon, on reste tout de même encore
dans le bon vieux cliché que Rome, c’est sexe, gloire et grands complots. Mais
que voulez-vous ma brave dame ! Les poncifs, c’est vendeur, et en plus, le
sexe antique fait toujours plus animal et plus sauvage (rrrhhh…) que le sexe
actuel (Ah, le bon vieux temps des orgies et du sexe à tout va… Mieux que dans
la faste période du peace and love…). Du coup, pour ça, je mettrais bien 3
petits cœurs.
Donc, au final, je mets tout de même quatre
petits cœurs, même si j’oscille un peu plus vers le 3 et demi, en fait. Mais
bon, je chipotte, là, non ? Ce qu’il faut retenir, c’est que je n’ai
pas boudé mon plaisir. Comment faire la tête quand ça parle de ce que
j’aimeuh ? (et quand en plus je réussi à récupérer auprès du libraire le
bac de promo avec le légionnaire tout en rouge, que ça fera trop classe dans ma
salle de cours… ^^) Et puis rien que pour le graphisme de Marini, ça se
laisse regarder avec de grands yeux ronds de lecteurs curieux et admiratifs.
Et n’empêche que tout ça, ça me rappelle que le
nouveau tome de Muréna ne va pas tarder à paraître… Hiiiiiiiiiiiiiiii ! J’ai
hââââââââââte !!!
Z’avez raison les dessinateurs, les producteurs de séries, de films, étouétou : Rome et l’antiquité, c’est le bien. :) )

Happy Sex
Happy Sex, de Zep (Delcourt,
61 pages). Terminé le 27 octobre 2009.
Repéré chez Leil, je n’ai pas pu m’empêcher de
l’acheter pendant les vacances, lors d’une petite virée entre filles avec ma
belle-sœur. Pourtant, je ne suis pas fan de Titeuf, mais après avoir visité le
site dédié à la BD et lu quelques planches, j’ai trouvé ça plutôt rigolo.
Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment,
et certaines planches m’ont fait franchement sourire, parfois rire.
Certaines sont cepedant parfois un peu limites (avis tout à fait
subjectif), mais sans non plus tomber dans une pornographie outrageuse ou
dans le trash.
En tout cas, ces quelques histoires de sexualité
sont bien d’aujourd’hui car des thèmes aussi variés que les sex-toys, ou
l’impact des films X, y sont abordés, qui montrent bien que de nos jours, on
peut rire de tout, y compris de situations sexuelles qu’on n’aurait jamais
osé aborder il y a quelques années.
Une BD sympa donc, et qui plaira à mon avis autant
aux hommes qu’aux femmes.
NB : si toutefois comme ma belle-sœur, vous
avez une petite fille (ou un petit garçon) qui lit et aime Titeuf, planquez la
BD en haut de l’armoire aussi : la signature du papa de Titeuf est bien
reconnaissable pour ces chères têtes blondes. Qui risquent toutefois de trouver
que leur héros favori a de drôles d’activités et qu’il a bien changé… ^^


