Fabula Bovarya

A tous ceux qui sont atteints d'un incurable bovarysme...

23 février 2011

L'écharpe douce aux yeux de soie

_charpesoiedouceL'écharpe douce aux yeux de soie, d'Edith Azam (Atelier de l'Agneau, 6 pages). Terminé février 2011.

Genre :  nouvelle

Bon, il faut que je sois honnête d'emblée : deux raisons m'ont poussée à retarder la rédaction de ce billet. Tout d'abord, le quasi burn-out que je frôle actuellement pour cause de boulot par-dessus la tête. Et dire que j'ai pris un 80% cette année pour m'en sortir... Mais entre les préparations de séquences, les corrections, l'organisation d'un voyage scolaire, et, surtout, la petite trollette qui doit avoir du redbull dans les veines, j'ai nommé ma tornade de fille, eh bien, j'ai eu peu de temps pour mon blog. Peu de temps aussi pour lire, par conséquent, mais L'écharpe douce aux yeux de soie ne soiedouce2comporte que 6 petites pages. J'ai donc lu le texte très, très vite, c'est peu de le dire. La deuxième raison avancée est donc, -et je m'en veux déjà-, ma difficulté à écrire un billet sur cet objet-livre. Calepin l'autre jour parlait justement de ce malaise qui nous prend, nous, lecteurs amateurs, lorsqu'on doit émettre une critique -au sens négatif du terme- sur un texte qu'un auteur a pris soin d'élaborer patiemment, avec acharnement ou passion (et peut-être même tout ça à la fois). Qui sommes-nous finalement pour porter un jugement négatif sur le travail d'autrui ? Et mon embarras est double puisque cette nouvelle bénéficie d'un écrin particulier, que l'on doit à une maison d'édition bien particulière, l'Atelier de l'Agneau, qui réalise ses couvertures à la main, en modèle unique. La photo qui illustre donc mon billet, et qui habituellement se contente de reprendre le visuel du livre, est ici l'exemplaire que j'ai reçu, signé Françoise Favretto. Un exemplaire unique.  Il y a une vraie recherche dans ce soiedouceque la conceptrice appelle la « mise en objet » : du tulle, qui rappelle l'univers médical de l'histoire, du feutre rose, des perles, des pétales de roses collés, ou encore du papier de soie. Il y a un vrai effort dans cette élaboration qui se veut délicate. Malheureusement, et c'est là où je me sens mal vis-à-vis de ce travail qui a été fait et que j'ai reçu gracieusement, je n'ai pas craqué sur cette idée. Je dois probablement manquer de fantaisie, et demeurer trop près de ce qui m'est connu, mais je n'arrive pas à considérer cette réalisation comme un « vrai livre ». Il y a quelque chose qui touche au scrapbooking, qui m'est connu de nom, mais qui m'est totalement étranger en réalisation, et qui ne m'attire pas vraiment. De là vient encore mon malaise : je me permets de dire que je ne suis pas sensible à cette mise en objet alors que j'ignore probablement tout de la difficulté, de la patience, de l'ingéniosité qu'il faut pour parvenir à ce résultat. Je prie donc humblement d'excuser la réalisatrice de ce travail et les Ateliers de l'Agneau pour ce manque d'enthousiasme que je n'arrive pas à brider, alors que je suis consciente d'avoir entre les mains l'aboutissement d'une réflexion dans un souci du détail et du raffinement.

Quant au texte même de la nouvelle, dont l'auteur est Edith Azam, je dois reconnaître que j'ai aimé, mais sans non plus y trouver un plaisir de lecture immense. Le thème abordé (celui d'un enfant de neuf ans malade, à l'hôpital) m'a fait penser à Oscar et la dame rose de EE. Schmitt, inévitablement. Le même ton, ou sensiblement. Les mêmes ellipses, ou presque. La même vision douce-amère aussi, immanquablement. Le texte est donc sympathique, certes, mais à l'image de la mise en objet, il n'a pas su emporter mon adhésion. Peut-être était-il trop court ? Mais eût-il été plus long qu'il n'aurait pas eu le même sens poétique.

Vous comprenez donc mon malaise : un double travail d'écriture et de réalisation, auquel malgré tous mes efforts, je n'ai pas réussi à adhérer. L'idée est pourtant séduisante, originale, et mérite d'être saluée car penser que tous les exemplaires qui sortent de cette maison d'édition sont uniques est une vraie gageure dans le coeurardoise2monde actuel de l'édition, surtout à l'ère du numérique et des e-books (pour lesquels je n'ai de même nul enthousiasme...). Mais voilà. La magie n'a pas opéré sur moi, et encore une fois, je m'en excuse. Je me suis toujours promis de donner mon avis sans artifice, et je peux vous dire que ce soir, c'est la promesse la plus dure que j'aie eue à tenir ces dernières semaines. Je ne veux surtout pas donner le sentiment de me montrer ingrate devant le don de soi que représente l'écriture et la réalisation de cet objet-livre. Nul doute toutefois que d'autres lecteurs moins revêches que moi trouveront dans cette réalisation tout l'attrait qu'elle recèle et lui donneront les compliments qu'elle mérite.

Merci encore aux Ateliers de l'Agneau pour cette découverte et à Babelio.

On peut lire actuellement 3 billets doux sur cette chronique rédigée et publiée par Alwenn ©
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Ce que vous en dites :

    Personnellement, je trouve que l'objet est magnifique. Par contre, l'histoire ne me convainc pas. C'est un peu dommage...

    Ecrit par Sara, 24 février 2011 à 14:55
  • Alors moi, rien que pour l'objet et le titre si poétique, je dis oui ! C'est absolument sublime !

    Ecrit par Irrégulière, 24 février 2011 à 15:44
  • A Sara : l'objet est très beau, c'est sûr, mais je n'arrive pas à le considérer comme un livre. En fait j'ai du mal à exprimer mon ressenti et je crains de passer vraiment pour l'ingrate de service. Mais bon...

    A Irrégulière : je suis sûre que de nombreux lecteurs de mon blog iront dans ton sens et me feront me sentir encore plus coupable... :/ Je reconnais tout à fait le travail qui a été fait, mais je n'arrive pas à l'apprécier à sa juste valeur. J'ai dû manquer de quelque chose lors de ma découverte de cet objet-livre mais quoi ??? Je l'avais choisi en toute connaissance de cause de plus ! Ça m'ennuie sincèrement de ne pas pouvoir montrer davantage d'enthousiasme...

    Ecrit par Alwenn, 24 février 2011 à 16:59

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