01 mars 2009
Le grand livre de Beatrix Potter
Le grand livre de Beatrix Potter, de Beatrix Potter (Gallimard
Jeunesse, 400 pages). Terminé le 01 mars
2009.
Genre : contes
Avis : 5/5
RESUME
EDITEUR : L'intégrale
des vingt-trois contes dont les héros sont Pierre Lapin, Tom Chaton, Sophie
Canétang et autres personnages inoubliables, quatre inédits... tout l'univers
enchanteur de la géniale Miss Potter.
Livre magnifique que celui-là ! Cet album aux dimensions imposantes (je m’y
retrouve davantage en tant qu’adulte que ne pourrait le faire un enfant…) regroupe
les 23 histoires écrites par Beatrix Potter : contes, comptines,
histoires un peu plus longues… Tout y est, et avec les dessins ! C’est
un vrai ravissement pour les yeux et pour l’imaginaire. Toutes les
illustrations originales (en couleur et en noir et blanc) agrémentent le texte
et c’est une vraie plongée dans un univers merveilleux et souvent champêtre qui
attend le lecteur.
Je l’ai lu petit à petit, prenant une histoire
par-ci, une histoire par là, et c’est un vrai régal que de retrouver les
petits héros tels le facétieux Pierre Lapin, la naïve Sophie Canétang,
l’insolent Noisette l’écureuil, les chatons chahuteurs, les hérissons
blanchisseurs etc… On ne s’en lasse pas !
Le dessin est minutieux, les détails vont se nicher dans les moindres
recoins. Beatrix Potter avait le don de croquer ces petits animaux, de leur
attribuer une vraie vie intérieure et de les animer sous ses traits de
pinceaux. D’ailleurs, c’est ce que rend très bien le film de Chris Noonan,
Miss Potter, que je viens de regarder ce soir et avec lequel je me suis
également régalée.
Quel destin que celui de cette femme ! Née à
l’ère victorienne dans une famille très collet-monté, il lui en aura fallu du courage
et de la détermination pour s’émanciper et trouver son propre
chemin, au grand dam de sa famille. Rennée Zellweger incarne une Miss Potter
charmante, habitée par ses personnages et dont le mode de vie s’accommodait
assez mal finalement avec son temps.
Pensez-donc ! Même rendre visite à
l’imprimeur qui allait se charger des illustrations de votre futur livre
pouvait être répréhensible, ou tout au moins fort inconvenant !
Les amours contrariées et tragiques de la
jeune écrivain rendent le personnage encore plus attachant et j’avoue avoir
versé ma petite larmichette au milieu du film… Mais quelle ténacité ! Et
quel parcours hors du commun, qui s’enracinera dans la région des Lacs, moutons
de race et propriétés terriennes en main. Un film émouvant et instructif,
qui m’a donné envie de faire encore plus connaissance avec l'écrivain.
Et en attendant, mon grand livre de Beatrix Potter
va trouver une place de choix dans ma bibliothèque, et j’irai mettre
régulièrement mon museau dans cet album, pour musarder avec les charmants
personnages qui hantent ces pages. Le meilleur remède contre la morosité, si
vous voulez mon avis ! C’est délicat, un brin suranné, pétillant et
parfois un tantinet caustique. Et même si la morale n’est jamais très loin,
quel bonheur de se laisser simplement entraîner sur les chemins de campagne et
les demeures imaginaires des créatures de Miss Potter !
Livre et film repérés
chez Florinette, qui en parle très bien ICI.
20 octobre 2008
Le Petit Prince
Le Petit Prince, d’Antoine de
Saint-Exupéry (Gallimard, 97 pages). Lu le 19 octobre 2008.
Genre : conte
Avis : 5/5
RESUME EDITEUR : J'ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler
véritablement, jusqu'à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans.
Quelque chose s'était cassé dans mon moteur. Et comme je n'avais avec moi ni
mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une
réparation difficile. C'était pour moi une question de vie ou de mort. J'avais
à peine de l'eau à boire pour huit jours. Le premier soir je me suis donc
endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J'étais bien plus
isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan. Alors vous imaginez ma
surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m'a réveillé. Elle
disait : ... " S'il vous plaît... dessine-moi un mouton ! "
La première fois que j’ai pris
connaissance de l’existence du Petit Prince, j’avais 10 ans. J’étais malade, chez ma
grand-mère, et c’est elle qui m’avait fait la lecture de ce livre. Le début, si
mes souvenirs sont exacts, et j’avais lu le reste par moi-même. Mais je n’en
avais pas gardé un très bon souvenir, car je l’avais trouvé finalement très
triste, cette histoire.
Vingt ans après, me voilà malade
comme un chien ce week-end et l’envie soudaine me prend de relire ce petit
livre. Avec mes
yeux d’adulte. Et quel livre magnifique ! L’histoire m’a complètement
transportée cette fois-ci, et j’en ai perçu toute la profondeur et la vérité.
La fin est toujours aussi triste bien sûr, mais chaque chapitre recèle un
trésor de sagesse et de pensée humaniste.
Bien sûr, c’est l’épisode de la
rencontre avec le Renard qui m’a captivée. Avec ce que j’ai vécu ces
derniers temps, ça ne pouvait que me toucher. Et tout ça est terriblement
vrai : avoir un ami, c’est l’apprivoiser. C’est être ensuite responsable
de lui. Et c’est pleurer quand il part. Ce chapitre m’a particulièrement
inspirée. J’en ai écrit une lettre de six pages à un certain petit prince qui
m’apprivoisa naguère…
L’écriture est simple, mais quelle
finesse dans l’analyse sous-jacente à chaque situation que le Petit Prince
rencontre.
Combien de businessmen sommes-nous
aujourd’hui, passant à côté de la vraie beauté des choses simples de la vie
comme l’amitié et l’amour ? Combien sommes-nous à ne pas comprendre que
les gens qui nous entourent sont à part, sont pour nous ce qu’ils ne seront
jamais pour les autres ? Combien sommes-nous à encore aujourd’hui ne pas
mesurer la force d’un amour comme celui qui unit le petit prince à sa
rose ? Combien sommes-nous à ne pas savoir profiter de la présence de ceux
qui nous entourent ?
Le petit prince est décidément un livre bien
étonnant : écrit à la manière d’un conte pour enfants, il recèle bien plus
de vérités que n’importe quel recueil philosophique. C’est un livre
fabuleusement touchant, fort et poignant.
Et le relire une fois adulte nous
fait mesurer toute sa sensibilité, son éclat et sa force.
Je le conseille à tous. On ressort
de cette lecture apaisé. Et grandi, étrangement. Merci monsieur Saint-Ex. Il
fallait écrire un petit livre aussi émouvant pour faire comprendre aux adultes
qui ont oublié avoir été enfants que la saveur que l’on retire de la vie
passe par les relations que l’on noue avec les autres, grâce à ces deux
merveilleux –et si proches- sentiments que sont l’amour et l’amitié. Et pour nous rappeler, dans cette formulation désormais célèbre, que l'on ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux...

