03 mai 2009
Le guide des tombes d'hommes célèbres
Guide des tombes d’hommes célèbres, de Bertrand Beyern (Le cherche midi, 377 pages).
Terminé le 15 avril 2009.
Genre : guide
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Rien ne révèle mieux l'âme d'un pays que ses
cimetières. Ce guide, unique en son genre, recense les sépultures de célébrités
que l'auteur a retrouvées dans toute la France: personnalités des arts et des
lettres, du spectacle, de la science, de la vie militaire ou religieuse, de la
politique ou du sport, qui, toutes, ont contribué à écrire notre histoire.
Regroupés par département et par commune, ce sont plusieurs milliers de noms et
de sites que découvrira ainsi le lecteur. Depuis les souverains mérovingiens
jusqu'aux disparus de l'actualité la plus récente, des nécropoles urbaines aux
champs de repos campagnards, des enclos marins aux cimetières militaires en
passant par les tombes isolées en pleine nature, les cendres illustres
répandues en mer, les sépultures dans les églises, les lieux d'exception comme
le Panthéon ou les Invalides, ce livre offre un étonnant voyage plein
d'émotions dans l'espace et dans le temps.
Oyé, Oyé, amateurs de cimetières et curieux des
détails biographiques des trépassés, la nouvelle mouture du Guide des tombes
d’hommes célèbres du fabuleux nécrosophe Bertrand Beyern est sorti !
Un vrai Guide du routard des nécropoles, in-dis-pen-sable ! Oui, je vous l’accorde, vu comme ça, ça peut
paraître bizarre comme lecture… Mais je l’avoue, j’aime les cimetières,
leur recueillement, leur romantisme et le rappel qu’ils nous inspirent de
l’éphémère de la vie…
Depuis toute petite, j’ai la fascination de ces lieux
dans lesquels les morts dorment de leur sommeil sous l’humble pelouse,
comme dirait Baudelaire. Ce n’est ni malsain ni morbide. Juste une manière d’imprimer
un peu mieux le memento mori antique. Et de redonner une vie à ces
oubliés dans leurs lits éternels…
Bertrand Beyern avait déjà publié ce Guide des
tombes d’hommes célèbres en 1994, mais cette nouvelle édition a été
entièrement mise à jour.
La présentation de prime abord peut sembler un peu
aride : le classement par ordre alphabétique
des communes où se trouvent des cimetières dignes de passage, l’enchaînement
rapide des noms des personnalités qui s’y trouvent, ou encore les photos de
petit format en noir et blanc concourent à donner de l’ensemble une image peu
stimulante. Mais bon, il ne faut pas se montrer plus royaliste que le roi, et
se souvenir que cet ouvrage relève tout simplement avec efficacité et sans
fioriture son but premier de GUIDE.
A la fin du livre, on trouve de plus un index
des noms et un index des lieux cités. De quoi s’y retrouver très facilement.
Bertrand Beyern a de plus opté pour une
classification repérable à trois icônes principales : une petite
couronne pour les sépultures célèbres, un petit œil pour les lieux de
sépultures en dehors de cimetières, parfois dans des lieux inattendus, et une
petite rose pour les sites préférés de l’auteur, selon des critères subjectifs
d’atmosphère.
Il faut savoir en outre que bien que le guide
portent en son titre l’expression « d’homme célèbres », on ne
trouve pas uniquement des personnalités. Ou alors ce peut-être ceux que l’on
nomme si familièrement les "illustres inconnus" : ceux qui ont marqué leur
temps jadis mais dont le nom aujourd’hui ne rappelle plus beaucoup le souvenir.
Généraux d’armée, inventeurs de leurs temps, actrices oubliées, avocats ou médecins, journalistes… Autant de noms qui
parfois ne nous évoquent pas grand-chose, mais dont la lecture les rappelle un
peu à la vie…
La densité du guide ne permet pas non plus de lire
beaucoup d’anecdotes sur les personnes inhumées. Et pourtant, le talent de fabuliste de Bertrand
Beyern s’exprime le mieux dans ces petites histoires de la mort… Mais dans ce
guide, la brièveté est de mise (c’est le côté « paparazzi des
décédés » qui m’a le plus manqué dans ce guide, en fait… ^^).
Mais cela ne nous empêche tout de même pas de grapiller
deci-delà quelques faits croustillants et d’apprendre ainsi qu’au cimetière
Saint-Maurice de la Rochelle repose une certaine Norma Tessum Onda
(1817-1844) qui prétendit être la fille cachée de Musset et George Sand (son
nom Tessum serait l’anagramme de son « père ») mais qui ne fut sans
doute qu’une affabulatrice patentée ; que certains cœurs royaux
(ceux de Louis XIII et Louis XIV) se retrouvèrent transformés en glacis pour
peinture (p.163) ; que le poète espagnol Machado possède sur sa
tombe une boîte aux lettres qui reçoit du monde entier le courrier de ses
admirateurs, que les employés municipaux relèvent ; qu’à Bouère en Mayenne
se trouve le plus beau cimetière de villages, aux allées de jardins à la
française, et où un grand comédien (mais qui ???) a déjà fait graver sa
tombe ; qu’à Argenteuil a jadis reposé la fille de Molière, Madeleine de
Montalant, ainsi qu’un soldat du XIX nommé… William Shakespeare ! etc.
etc.
Personnellement, je peux me plonger dans ce
guide pendant des heures, à exhumer des noms, des dates, des lieux, des
histoires, des vies… Occupation bien étrange qui fait sourire chairi-chairi,
qui me prend parfois pour une illuminée des cimetières… Et pourtant,
l’explication est simple : j’ai tout bonnement le même virus que Bertand
Beyern, la nécrosophie…. : ))
J’ai d’ailleurs découvert Bertrand Beyern en février 1998. J'avais tout juste 20 ans. C’était l’année de ma khâgne. En bonne Bécassine, j’avais décidé de monter pour la première fois toute seule à la Capitale, pour une semaine, me goinfrer de culture en musées, en maisons d’écrivains et… en cimetières ! Mon planning était fait à l’avance, je me devais d’aller saluer mes idoles littéraires. Et au détour des pages de ce foisonnant petit magazine qu’est le Pariscope, j’avais découvert ça :

(oui, oui, j’ai gardé la page jaunie du Pariscope
ET le ticket acheté pour la conférence ! ^^)
« Un exercice de stèles » ? Mais
quelle idée merveilleuse !
Et le jour dit, me voilà au point de rendez-vous, impatiente de découvrir le
mythique Père-Lachaise en compagnie d’un guide qui semblait bien calé dans le
domaine. Et là… ce fut une balade passionnante de presque 3 heures, menée avec maestria par ce
conférencier hors-pair, brillamment émaillée d’humour noir. Une plongée sous le
soleil dans l’univers des ombres. J’en suis ressortie pantoise, captivée,
ravie. Je n’étais donc pas folle : on pouvait aimer les cimetières et la
mort sans passer pour un dangereux malade ! (Merci monsieur Beyern !
Ce jour-là, je me suis sentie moins seule…)
Rentrée chez moi, je me procurais alors son livre Mémoires
d’entre-tombes, journal d’un enfant de la dalle, petit bijou d’humour et de
traits d’esprits. Ce journal trace une année du quotidien au Père-Lachaise
en 366 courts textes. Un régal. D’ailleurs, réjouissez-vous, amis
nécrosophes, puisque le Cherche-Midi va bientôt rééditer ce livre paru en 1997
et qui était devenu introuvable !
J’avais d’ailleurs écrit à monsieur Beyern pour lui dire combien
j’avais apprécié sa fabuleuse visite du Père Lachaise, et celui-ci m’avait
gentiment répondu sur une petite carte que je garde depuis bien
précieusement, car même là, sa verve a trouvé un épanouissement dans le
maniement des expressions ambiguës, noires et humoristiques…
Bref, vous l’aurez compris, je suis une grande
fan de ce monsieur et de son travail (limite un peu jalouse, ouais, je
l’avoue. Je me serais bien vue faire ce genre de travail… ^^) et je ne peux
donc que vous conseiller vivement son Guide des tombes d’Hommes célèbres,
au moins pour assouvir votre curiosité pendant les vacances. Ben, oui, c’est
vrai quoi. On se demande toujours ce qu’il y à voir dans le coin qu’on visite.
Faudrait voir à ne pas oublier à saluer nos illustres morts. : )) Et puis c’est une manière aussi de mieux
connaître notre patrimoine funéraire, qui est souvent moins morbide qu’on ne le
pense.
Je vous conseille aussi fortement de découvrir les
visites de B. Beyern sur Paris, ses fameux « safaris
nécropolitains ». Vous
trouverez de quoi assouvir votre curiosité sur le site de l’afif (Association Française d'Information Funéraire) ICI et pourrez ainsi mesurer toute la variété des conférences qu’il propose.
Et mieux encore, si vous avez le goût du jeu, le
sens de l’humour, et l’envie de vous creuser la tête, allez faire un tour sur
la page du Nécropoly , le jeu où vous pouvez « décrocher la tombale et gagner des livres et
des places pour les visites de Bertand Beyern ! ».
A la fin de la lecture de cet article, deux options
s’offrent à vous :
- vous me considérez définitivement comme gravement
atteinte, et je ne peux pas vous en vouloir ! ^^
- vous réalisez que vous aussi vous aimez vous
promener dans les cimetières et que vous faites donc aussi partie de la branche
nécrosophique instituée par Bertand Beyern…
Alors ?
Verdict ?
12 avril 2009
Le potager en carré
Le potager en carré, sa méthode et ses secrets, d’Anne-Marie Nagelsein (Eugen Ulmer, 167 pages).
Terminé le 04 mars 2009.
Genre : guide jardinage
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : À la fois beau et productif, le potager en
carrés est une méthode de culture originale qui permet de récolter des légumes
frais toute l'année sur peu d'espace. Rien d'étonnant à ce qu'il séduise de
plus en plus de jardiniers, car il conjugue de nombreux atouts : Il s'adapte
aux petites surfaces : idéal dans les petits jardins, sur une terrasse ou un
balcon. Il est esthétique : l'association de légumes, fleurs et plantes
aromatiques rappelle le charme des jardins du Moyen Âge, mais s'harmonise à
tous les styles, même contemporains. Il est productif : grâce à la rotation et
au suivi écologique des cultures, il permet de récolter régulièrement une
grande variété de légumes. Il est agréable à entretenir : les carrés,
accessibles de tous côtés, facilitent les travaux de jardinage. Il est
écologique : basé sur la rotation des cultures, l'utilisation de compost,
l'absence de traitements chimiques, l'accueil de la biodiversité, il permet de
récolter tout au long de l'année des légumes frais et sains. Il est ludique :
les enfants y trouvent un potager à leur mesure, et les adultes prennent du
plaisir à le paysager et à goûter ses saveurs.
Depuis que j’ai acheté ma maison, c’est-à-dire depuis 2 ans et demi
maintenant, je m’adonne au jardinage. Toute petite déjà, j’accompagnais mon
papa au jardin, et j’avais mon petit lopin où peu de choses, sinon des
mauvaises herbes, poussaient… ^^ Rien de mieux que passer des heures à l’air
libre, à gratouiller la terre, tailler des rosiers, planter des fleurs et… faire
un potager. Depuis l’an dernier, je me suis lancée dans la mini-production
de fruits et légumes. Pour le plaisir de les avoir fait pousser moi-même.
Pour le plaisir de les manger en se disant que c’est le fruit de mon travail.
Seulement voilà : je suis fan de jardinage,
mais je suis une aussi grosse fainéante. J’ai donc cherché l’an dernier
comment faire pour passer le moins de temps possible dans mon potager, tout en
pouvant recueillir de quoi se régaler de temps en temps. Et j’ai trouvé une
solution qui me convient : le potager en carré. C’est pratique,
peu gourmand en place et en eau et esthétique par-dessus le marché. Gain de
temps, gain d’énergie et production plus qu’honorable ! De quoi ravir mes
envies de jardinage et conserver mes habitudes de paresseuse. :D
Le potager en carré est fait sur le principe des
jardins médiévaux enclos. Un petit
côté « jardin de curé derrière le presbytère » : bucolique et
équilibré. On peut mêler dans chaque carré des simples, des légumes et fleurs.
J’ai commencé l’an dernier grâce au livre L’art
du potager en carrés d’Eric Prédine et Jean-Paul Collaert (Edisud) :
des photos magnifiques qui donnent envie d’avoir un joli potager. Comme je ne savais pas ce que ça allait donner,
j’ai commencé au mois de mars avec un seul carré. J’en ai fait ensuite deux autres. Et pour
cette année, j’envisage d’en faire trois supplémentaires. Ce premier livre a
été mon guide du débutant. Très bien documenté, ils donnent des exemples de
rotation des cultures en fonction des mois et des semis.
Ce deuxième livre vient compléter mes connaissances. Ce guide est extrêmement complet et propose une méthode pas à pas. De la construction des carrés, en passant par les semis jusqu’aux récoltes. A la fin du livre on peut trouver des fiches explicatives pour les légumes que l’on peut cultiver : quand planter, comment organiser les cultures, quand récolter, comment s’en occuper… Pour la culture en carré, c’est une vraie bible ! Je l’ai dévoré ce matin, et maintenant, je n’attends plus qu’une chose, c’est qu’il fasse en fin beau pour pouvoir m’en donner à cœur joie ! Parce que les nourritures de l’esprit, c’est bien, mais les nourritures du corps, c’est important aussi ! :D
05 novembre 2008
Guide de la Rome antique
Guide de la Rome Antique, de Philipp Matyszak et Christophe Grosdidier (Panama,
140 pages). Terminé le 05 novembre 2008.
Genre : guide documentaire
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Découvrez la cité des Césars pour cinq deniers
par jour.
Découvrir la cité des Césars pour cinq deniers par
jour … Voilà un programme fort alléchant et qui donne immédiatement le ton :
nous voilà, nous lecteurs, dans la peau d’un touriste de l’Antiquité se rendant
dans la Ville éternelle.
Ce petit guide fourmille d’informations riches et
documentées. J’ai été surprise
par le nombre de renseignements précis, par les anecdotes intéressantes dont
certaines m’étaient complètement inédites ! On pense parfois en
connaître un rayon sur un thème que l’on aime (et avec mon métier, j’en ai
lues, des choses sur la Rome antique !) mais j’en ai appris encore bien
plus ! C’est jubilatoire !
Les thèmes abordés sont nombreux et variés, preuve en est déjà avec le sommaire : Se
rendre à Rome, Les abords de Rome, Sur place, Sortir, Shopping, Ordre public,
Spectacles et distractions, Religion, Monuments incontournables, Balades
romaines. Et tout se décline en sous-thèmes qui balaient de manière
presque exhaustive ce que l’on doit savoir sur la Rome antique.
De plus, l’humour qui affleure tout au long
du guide n’a pas été pour me déplaire. Les auteurs en outre nous fournissent
des extraits d’auteurs antiques pour étayer leur discours et glissent du
vocabulaire latin qui vient à l’appui des renseignements fournis. Et il
y a même quelques phrases utiles en latin à la fin du guide, comme dans
les guides réels, pour se faire comprendre. Et si vous avez envie de draguer,
on vous fournit même les bons mots pour mettre tous les atouts de votre
côté ! C’est vraiment excellent ! Vraiment, ce petit bouquin est
formidable !
Mais alors, pourquoi n’ai-je mis qu’un 4/5 alors
que mon engouement pour ce guide dépasse de loin l’enthousiasme que j’ai pu
avoir pour ce type de livre documentaire sur la Rome antiques ? Et bien
parce que j’ai tout de même repéré quelques (minimes) défauts… De prime
abord, en effet, le guide peut paraître un peu austère : la
police d’édition est très petite, assez resserrée, et pourrait rebuter les
lecteurs. Je pense notamment ici à mes élèves qui ne manqueraient pas de me
dire « Han, madame ! c’est écrit tout petit ! »
(oui, oui, je les entends déjà !).
Ensuite, même s’il y a des illustrations en
couleur, dans des encarts regroupés qui présentent des reconstitutions en 3D de
la Rome antique, il y a finalement peu de documents iconographiques dans les
autres pages. Et quand il y en a, elles sont en noir et blanc, et de
facture volontairement « vieillotes ». Personnellement, je
trouve que ça donne un charme fou à ce guide, dont on a l’impression qu’il
nous arrive tout droit du siècle dernier, où le latin était encore une
discipline qui gardait ses lettres de noblesse. Mais encore une fois, mes
élèves seraient capables de me dire que « ça fait vieux. Il n’y a presque
pas d’image »…
Enfin, il faut avouer que le guide est un peu cher
(18 euros, tout de même), mais l’investissement vaut le coup !
Ces défauts ne sont donc finalement que peu de
choses en regard de la grande qualité de ce livre par ailleurs. J’aime
justement ce côté un peu suranné du guide, qui pour moi est le pendant du
fameux Guide romain antique de Hacquard, Dautry et Maisani que les latinistes connaissent bien,
mais avec l’humour, un deuxième degré, et de croustillantes anecdotes en
plus. Une bonne entrée en matière dans le monde romain antique, où la
petite histoire rejoint la Grande pour notre plus grand plaisir !
