10 novembre 2009
Hunger Games
Hunger
Games, De
Suzanne Collins (Pocket jeunesse, 379 pages). Terminé le 08
novembre 2009.
RESUME EDITEUR : Dans chaque district de Panem une société reconstruite sur les ruines des États-Unis deux adolescents sont choisis pour participer au Jeu de la Faim. La règle est simple : tuer ou se faire tuer.
Quelle société aurait donné la survivance de la civilisation romaine, avec ses jeux du cirque et ses combats de gladiateurs ? Voilà une question que je me suis déjà posée sans jamais parvenir à imaginer ce que Rome aurait pu devenir. Cette société, Suzanne Collins l’a créée.
Ouvrez grandes vos mirettes, et admirez : Panem, opulente cité du Distict du Capitole, règne sans partage sur les 12 autres disctricts inféodés à sa toute-puissance.
Panem. La ville où festins et festivités comblent une population débridée, jouissant de privilèges jalousement protégés.
Et chaque année, le même rituel barbare. Tel Minos réclamant son dû, Panem jette dans l’arène 24 jeunes tributs des autres districts. Un seul mot d’ordre : tuer pour survivre.
Panem et circenses.
Ce livre est tout simplement hénauuurme ! Je crois que je n’avais pas été scotchée comme ça à une histoire depuis… Fascination… Oui, oui, rien de moins que ça !
L’univers imaginé par Suzanne Collins est tout simplement fascinant, et même si l’histoire suit une linéarité qu’on envierait habituellement à personne, la narration prend un rythme haletant dès le début, nous emportant dans un véritable tourbillon de tension et de questions.
Je me suis vue dès le premier soir tourner les pages sans parvenir à m’arrêter, avec cette soif toujours plus grande de découvrir ce qui allait arriver à Katniss et Peeta.
En réfléchissant bien, il n’y a pourtant rien d’extraordinairement original dans cette histoire, mais le traitement qu’en fait Suzanne Collins nous rend totalement accro au bout de quelques pages. C’est haletant, troublant, et avouons-le, ça fait appel à notre bas instinct de survie, qui, d’une manière tout à fait primaire, nous permet de nous mettre en parfaite osmose avec la narratrice, Katniss.
Voilà un roman jeunesse palpitant, qui ne laisse aucun répit à son lecteur, l’abandonnant pantelant à la dernière page. Et, pire, du pire, avec un teasing, -le premier chapitre du tome suivant-, qui le laisse sur sa faim et lui donne la furieuse envie de connaître la suite !
Les personnages principaux sont vraiment attachants, et d’une psychologie tout à fait vraisemblable. Aaah… le chemin tortueux que peuvent prendre les amours adolescentes par exemple… ;)
Bref, je crois que je ne vais pas m’étendre davantage : j’ai vu, j’ai lu, j’ai adoré ! Il me tarde d’avoir la suite maintenant. Même si j’ai tout de même peur de ce que l’auteur va pouvoir nous concocter d’aussi palpitant compte tenu que les Jeux sont terminés… Mhmmh… Toujours le même problème avec les livres-coup de cœur ; j’ai peur d’être déçue par la suite.
En tout cas, si ce Hunger Games se trouve sur votre chemin, n’hésitez pas. V’là de la bonne, très bonne littérature jeunesse. Ce serait dommage de passer à côté. Et c’est pour ça que je remercie ma coupine Anne de m’avoir soufflé le titre !
L’article de Cuné, enthousiasmée elle aussi, recense déjà un petit nombre de lecteurs conquis ICI.
Et Bladelor vient
aussi de le commenter ICI.

26 octobre 2009
Triskellion
Triskellion , de Will Peterson (Milan Jeunesse, 378 pages). Terminé le 23 octobre 2009.
RESUME EDITEUR : Un village désert. La chaleur étouffante de l'été. Des
habitants qui se livrent à des rites macabres. Et un mystérieux symbole,
omniprésent, qui cache un lourd secret. Bienvenue à Triskellion...
Conseillé il y a quelques temps par ma coupine de lecture jeunesse, Anne, Triskellion
s’est révélé être une lecture très agréable. Le décor est
planté assez rapidement et nous plonge dans l’ambiance d’un petit village
anglais en pleine chaleur accablante de l’été. Les deux personnages principaux,
des faux-jumeaux, retournent le temps des vacances chez leur grand-mère
maternelle et peu à peu, de mystérieux événements vont venir bousculer leurs
certitudes. Et le centre de tout pourrait bien être cet immense cercle de craie
représentant un triskel, symbole celte par excellence…
L’intrigue est plutôt bien ficelée, et on se laisse
assez facilement happer par le rythme soutenu des aventures de ces attachants
personnages. L’atmosphère mystérieuse est particulièrement bien rendue.
En bonne bretonne que je suis, je n’ai pu être que passionnée par cette histoire
celte. Et quand l’archéologie s’en mêle, je ne peux alors qu’être
comblée !!! A certain égards, certains passages relatifs à l’archéologie
ont pu me faire penser aux romans d’Erinn Hart, mais la comparaison s’arrête
là. Triskellion possède son propre univers, son propre style. Bien difficile
à définir d’ailleurs car on oscille entre quête des origines, enquête policière
ou encore fantastique/merveilleux. Ça peut paraître un peu brouillon, dit comme
ça, mais ça donne au final quelque chose de très original et de très
intéressant.
Le tome 2 est déjà sorti et je pense que je lirai
la suite, mais en même temps, je dois dire que s’il n’y avait eu que ce premier
tome, ça ne m’aurait pas dérangée. L’ensemble est assez cohérent pour former un
tout unique. Bon, d’accord, il demeure encore quelques mystères inexpliqués.
Mais doit-on toujours tout révéler ?
Si je dois émettre un bémol à ce livre, ce n’est qu’un
grief purement personnel et subjectif, qui réside dans le choix de l’auteur de
faire se dérouler quelques chapitres… sous terre. Et je ne sais pas si c’est
parce que je suis naturellement terrifiée par ce genre de choses, ou si c’est
parce que c’était particulièrement bien rendu, mais j’ai été très oppressée
pendant toute cette partie… : )) Brrrrr… j’aime pô les trucs qui se
passent sous terre…. Mais à part ça, je ne peux que conseiller cette
lecture, très plaisante. Et puis y’a pas à dire, la littérature jeunesse,
ça vos détend les neurones, quand on en a besoin, c’est impressionnant…

19 octobre 2009
Thomas Drimm
Thomas Drimm, Tome 1 : La fin du monde tombe
un jeudi, de Didier Van Cauwelaert
(Albin Michel, 392 pages). Terminé le 18 septembre 2009.
RESUME EDITEUR : Dans une société sous contrôle total où le jeu règne en
maître, un ado se retrouve détenteur d'un secret terrifiant, qui déchaîne
contre lui les forces du Mal... et celles du Bien. Tiraillé entre la femme de
ses rêves et un vieux savant parano réincarné dans un ours en peluche, Thomas
va découvrir, de pièges en rebondissements, l'exaltant et périlleux destin d'un
super-héros à mi-temps. Course contre la montre et voyage initiatique, cette
aventure de Thomas Drimm, au suspense haletant et à l'humour féroce, a tout
pour passionner les lecteurs de douze à cent douze ans.
Qui n’a jamais rêvé d’avoir un
ours en peluche qui parle ? Et qui parle vraiment, hein. Avec une
pensée construite et une vraie capacité à dialoguer… Avoir une peluche vivante,
c’est le rêve de tout gosse. Pour Thomas Drimm, qui a passé l’âge de vouloir
que sa peluche lui parle, ça va être le début d’un vrai cauchemar…
Je n’avais lu jusqu’alors qu’un seul livre de
Didier Van Cauwelaert, Attirances, que j’avais beaucoup apprécié. Je m’étais
promis de poursuivre ma découverte de cet auteur avec d’autres de ses romans,
mais vous savez ce que c’est, une PAL grossit plus vite que vos envies, et je n’avais
pas encore eu l’occasion de lire d’autres livres de lui.
Quand Paola, que je remercie chaleureusement pour l’envoi
de ce livre, m’a proposé de découvrir le dernier roman de l’auteur, destiné à
la jeunesse, j’ai tout de suite accepté. Et je suis très contente de cette
lecture ! J’ai passé un très agréable moment en compagnie de Thomas Drimm,
ce jeune garçon de 13 ans sur qui va reposer une partie de l’évolution du
monde.
L’univers futuriste crée par Cauwelaert est d’ailleurs
très intéressant –même si, à bon nombre d’égards, il se révèle bien
souvent flippant…- et l’on plonge facilement dans cette histoire de monde en
danger.
Le personnage de l’ours, alias Léo Pictone, m’a
complètement charmée ! J’ai ri bien souvent à de nombreux passages. C’est
drôle et piquant, et je m’imaginais parfaitement ce jouet animé qui en fait
parfois des tonnes.
L’intrigue est bien ficelée et à chaque chapitre, on en redemande. E livre a
été publié sous forme de feuilleton, et ça se sent : le lecteur ressent l’impérieuse
envie de découvrir ce qui va arriver à nos héros et comment tout cela va finir.
Il y a une suite bien sûr de prévue et c’est
heureux, parce que la fin du roman est surprenante !
Maintenant, il y a juste une question qui me
taraude (ATTENTION, ne pas lire la suite, si vous aez envie de lire le roman) :
comment je vais supporter un tome 2 sans la présence de Léo l’ours ???
Le dépuçage est effectif, et la peluche n’est plus que mousse molle…. Bouhouhou…
C’est trop injuste… Allez monsieur Cauwelaert, vous allez bien nous le ramener
notre Léo, non ?

03 août 2009
Un gus vaut mieux que deux tu l'auras
Un gus vaut mieux que deux tu l’auras, de Louise Rennison (Gallimard scripto, 223 pages). Terminé le 18 juillet 2009.
RESUME EDITEUR : Pataras ! Au moment tant espéré ou Scooterino
offre enfin son cœur à Georgia, Robbie débarque sans coup férir ! N'en jetez
plus, la cour est pleine ! Deux gus de compagnie pour le prix d'un, c'est
beaucoup pour une seule fille, fût-elle Georgia. Voici notre héroïne en proie à
un dilemme auquel elle n'était pas préparée. Au terme d'une réflexion
douloureuse, perturbée par la très redoutée perspective d'un départ en classe
verte, jettera-t-elle son dévolu sur le bel italien ou reverra-t-elle Robbie à
ses wombats ? Au milieu des criquets et des blaireaux qu'elle déteste
cordialement, une silhouette familière apparaît un soir derrière la toile de
tente que Georgia partage avec le Top Gang...
Par le truchement de l’inadvertance, voilà
que Georgia se retrouve avec trop d’éclairs fourrés à l’amûûûr entre les
mains… Super Canon, Scooterino…. Scooterino, Super Canon… Le choix est rude. Et
quand en plus le rosissement popotal s’en mêle et que Dave la marrade se
rappelle à son bon souvenir, ça devient vraiment LE très embêtant…
Depuis le début, je lis les aventures de Georgia
Nicholson avec un plaisir non dissimulé. J’adore son côté déjanté,
et même si parfois le style d’écriture peut laisser plus d’un lecteur
perplexe, j’avoue que c’est la marque de fabrique de cette série, et j’adhère
complètement. Je pense d’ailleurs qu’en anglais, ça doit être sacrément
savoureux… L’an dernier, j’avoue que j’avais un peu moins accroché, mais là je
retrouve la verve de Louise Rennison ! Le dernier tome est paru il y a
peu, il va falloir que je le lise ! Mais où va donc s’arrêter
Georgia ?
(Mais bon, faut être fan avec cette série, hein… elle est particulière…)

31 mai 2009
La saga Mendelson
La saga Mendelson, de Fabrice Colin (Seuil, 276 pages). Terminé le 28 mai 2009.
Genre : roman
RESUME EDITEUR : Le destin d'une lignée juive tout au long du
XXe siècle. Une chronique familiale échevelée avec son cortège de passions, de
secrets, de déchirures et de rencontres...1895-1929. D'Odessa à Hollywood en
passant par Vienne et New York, les premiers troubles du XXe siècle
contraignent la famille Mendelson à l'exil. Isaac Mendelson est horloger. Avec
sa femme Batsheva et ses deux enfants David et Leah, il mène une existence
paisible à Odessa. Mais en 1905 éclate la mutinerie du Potemkine, bientôt
suivie d'un terrible pogrom. Isaac et les siens n'échappent que de justesse à
la mort. Dès lors, ils n'ont d'autres recours que de prendre la route pour
rejoindre Vienne... À travers les témoignages, les journaux intimes et les
photos retrouvés dans les archives des Mendelson, Fabrice Colin raconte le
destin d'une famille exceptionnelle.
J’ai fini le livre depuis quelques jours, mais j’ai
tardé à en faire le commentaire… Mais mieux vaut tard que jamais comme
on dit ! ^^
Je ne suis pas forcément très impartiale en ce qui
concerne Fabrice Colin, qui est un auteur dont j’aime beaucoup la plume. Mon
dernier coup de cœur avait été son roman Camelot aux senteurs surannées
et enivrantes dignes du Grand Meaulnes, des Disparus de St Agil
ou du Cercle des poètes disparus… un petit bonheur.
Ici, changement de cap radical ! La saga
Mendelson raconte le destin d’une famille juive, de la fin du XIXème siècle à
nos jours. Ce premier tome pose donc les bases de cette fantastique saga
romanesque à souhait.
La phrase en exergue parle d’elle-même : « Les
fantômes aiment le yiddish (…) et ils le parlent tous ». Oui, ce roman
est peuplé de fantômes dont les ombres flottent dans les replis tortueux de
l’Histoire, rappelant aux vivants qu’un jour eux aussi ont connu le souffle
d’une existence poignante, à la fois infime et grandiose. La saga Mendelson
évoque avec force et émotion les membres d’une famille qui a traversé épreuves
et bonheur avec la détermination de ceux qui sont habitués à se battre.
Je dois avouer qu’au départ, j’ai été un peu
gênée par deux choses :
- l’utilisation du présent de narration (ou
présent historique) auquel je ne suis pas habituée. C’est très déstabilisant de
prime abord. Je n’arrivais pas à m’empêcher de me dire « tiens, ça
l’aurait mieux fait si ça avait été dans les temps du passé »… Et puis,
au final, on s’y fait. On s’y fait même très bien puisque l’on est emporté
dans le rythme, et j’ai fini par ne plus y faire attention.
- un côté didactique un peu trop prononcé
parfois. Mais là, il faut se souvenir que c’est un livre destiné à la
jeunesse, et que si personnellement je connais l’histoire du cuirassé Potemkine
(par exemple) ou si je sais comment se passaient les pogroms, le jeune public
auquel est destiné ce roman, lui, n’est pas toujours très au fait de ces points
d’histoire. Du coup, il est vrai que ce n’est peut-être pas inutile de faire
ces digressions qui permettent d’assurer le contexte de la saga familiale
auprès du lectorat plus jeune.
Mais si l’on excepte ces deux points précis, le
reste est tout à fait agréable. Je dirais même plus, c’est passionnant. Au
fur et à mesure de ma lecture, je me suis complètement laissée emporter par
l’histoire, et j’ai suivi avec une curiosité grandissante le destin
de cette famille qui a le don, il faut le reconnaître, de se retrouver dans les
événements les plus marquants de son temps, voire de cotoyer des personnages
qui auront un poids certain dans l’Histoire (ainsi en va-t-il avec la rencontre
fortuite de David avec un certain Adolf, à Vienne…).
Je me suis vraiment sentie à l’aise dans la
dernière partie du roman, lorsque commence
leur aventure américaine (même si j’ai été tout aussi brusquée que les
Mendelson par la mort d’Isaac…) Dès ce moment-là, j’ai complètement dévoré
le livre, suivant avec une attention accrue la vie de ces personnages
hautement attachants. D’ailleurs, en refermant le roman, je me suis dit « oh
non ! pas maintenant ! ». Si ce n’est pas un gage de qualité,
ça…
J’ai également beaucoup apprécié la forme adoptée
par le roman qui alterne différentes voix pour raconter cette véritable
odyssée familiale. Le narrateur, Fabrice, interroge ainsi Leah, la fille
d’Isaac Mendelson, et retranscrit ses entretiens sous forme d’interwiews. Et le
lecteur de découvrir alors une vieille femme qui remonte le temps de ses
souvenirs pour les livrer avec pudeur, mais sans renier un certain franc-parler
qui la rend très attachante. Mais on a aussi des extraits de journaux intimes,
comme ce que montre l’extrait mis en image. Quelques photos aussi. Des plans. Cet
ensemble de textes-support concourt à donner l’impression d’un vrai travail de
recherches. De la mise en forme de documents trouvés dans une malle au trésor
familiale.
Si vous êtes curieux de voir ce que ça donne, pour
vous faire une idée de la nature du livre, mais aussi pour vous mettre un peu
l’eau à la bouche, je vous encourage à visiter ce lien ICI, qui vous mènera à
un document PDF présentant les premières pages du livre.
Bref, vous l’aurez compris, j’ai été séduite par
ce nouveau roman de Fabrice Colin. Que je remercie d’ailleurs
chaleureusement pour m’avoir envoyé son roman. Et là, je n’ai plus qu’une
question : à quand la suite ? ^^
Redonner vie aux fantômes est un don, et Fabrice
Colin le possède, sans nul doute.

12 janvier 2009
Le livre du Temps III. Le cercle d'or
Le livre du temps, tome 3 de Guillaume Prévost (Gallimard,
373 pages). Terminé le 12 janvier 2009.
Genre : roman jeunesse
Avis : 5/5
RESUME EDITEUR : De la Rome médiévale assiégée à la Chine légendaire de
l'empereur Qin, Sam se débat dans une aventure plus périlleuse que jamais. Il
lui faut maintenant affronter son ennemi intime, le Tatoué, et trouver le moyen
de changer le cours du passé. Mais peut-il vraiment réparer le temps ? Espérer
revoir un jour sa mère ? Et si oui, à quel prix ? Le dernier volet de la
palpitante odyssée de Sam Faulkner dans le temps et l'histoire.
Fin des passionnantes aventures de
Samuel Faulkner avec ce dernier tome de la trilogie du Livre du temps. Et
que dire d’autre à part : whaw… Ce dernier opus est tout simplement un feu
d’artifice !
Tous les ingrédients d’un bon
livre pour la jeunesse sont là : rythme (effréné, haletant !),
suspense, mystères, sentiments, traîtrise… Tout s’enchaîne dans une danse par
delà les temps et le lecteur se trouve happé entre les pages.
Samuel Faulkner a gagné en
maturité et sa dernière quête ne va pas être de tout repos. Le Tatoué,
mystérieux et odieux personnage qui apparaît au tome précédent, a juré sa perte
et Sam va devoir contrer habilement tous ses stratagèmes pour rétablir l’équilibre
du Temps.
Guillaume Prévost nous entraîne
ainsi de nouveau sur le chantier de la tombe de Setni, mais aussi dans le
tombeau monumental du premier empereur de Chine, Qin Shi Huangdi. L’auteur,
professeur d’Histoire, s’appuie sur des données archéologiques et
historiques pour nous brosser la description hallucinante de ce mausolée
hors-norme. J’ai trouvé cette partie absolument fascinante. Je me suis
empressée d’aller vérifier un certain nombre de données sur le net, et tout est
vrai ! Et cerise sur le gâteau, cet épisode formidable nous offre la
vision d’un Sam Faulkner dans la peau d’un Indiana Jones du Temps !
Formidable !
L’autre période évoquée l’est tout
aussi brillamment : pour déjouer les pièges du Tatoué, Sam devra se rendre
dans la Rome de 1527, celle du pape Clément VII, juste avant que la Ville
Eternelle ne soit mise à sac par les troupes de Charles Quint et François Ier.
Il y a un foisonnement de détails historiques qui nous plongent complètement
dans l’ambiance. Et il me semble que c’est là la grande force de Guillaume
Prévost : il parvient à recréer l’atmosphère des époques visitées avec
une simplicité forte et étonnante.
Pour ce qui est de l’intrigue,
c’est un travail méticuleux, huilé avec une précision d’horlogerie :
les ponts entre chaque tome s’établissent, et le grand puzzle de la saga prend
forme petit à petit. Les rebondissements sont nombreux, et quand on
croit que la situation s’améliore, un incident vient tout remettre en cause. Ce
qui nous donne un roman bien épais, riche et intelligemment construit.
Par exemple, si vous voulez savoir
quel lien étrange il peut exister entre le tableau « Les tricheurs »
du Caravage, daté de 1595, et le chantier du Home Insurance building à Chicago
en 1885, les voyages dans le temps de Sam vous guideront vers l’étonnante
vérité… Tout est savamment pensé, construit et écrit dans ce dernier tome.

C’est presque avec regret que je
laisse donc Sam Faulkner terminer ici ses aventures. C’était une série
passionnante et étonnante. Chapeau bas, monsieur Prévost ! Vous signez
là un troisième tome plein de révélations qui ; comme l’anneau de
Merwoser, boucle magistralement votre série, et donne tout son sens et son
éclat aux multiples périples de Sam tout au long de ces trois livres !
Ma critique du premier tome ICI.
Ma critique du second tome ICI.
Clarabel l’a lu aussi et a
beaucoup aimé.
29 décembre 2008
Le Labyrinthe d'Ormonde
Le labyrinthe d’Ormonde, tome 1 : Le chant des
Luzes, de Régine Joséphine (Gecko,
273 pages). Terminé le 28 décembre 2008.
Genre : roman jeunesse
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Une série d'incidents vont amener Sacha Moreno, une jeune
fille marginale, à s'interroger sur la mystérieuse disparition de sa grand-mère
Meïré. Surgi au milieu d'un accident, un garçon constitué d'ombre l'entraîne
dans un monde étrange. Sacha échoue dans l'Erluzen, habité par les peuples
antagonistes des S'Ombres méprisés et des Luziens aux bulles chantantes. Les
moines passe-murailles d'un singulier Monastère lui apprennent l'existence du
labyrinthe d'Ormonde auquel appartient la Terre. Horrifiée, Sacha comprend que
Meïré était en réalité un Veilleur et qu'elle a été assassinée. La jeune fille
a été désignée pour enrayer le mal qui rôde. Guidée par Gabriel, un jeune
soliste Luzien à la voix d'ange, et par Lexter le S'Ombre, elle se lance à la
poursuite du meurtrier car elle et ses nouveaux compagnons sont ses prochaines
victimes. La destinée du labyrinthe repose désormais sur leurs épaules.
Sacha
Moreno est une petite gitane dont la grand-mère, Meïré, a toujours eu des
comportements étranges, allant jusqu’à laisser parfois l’adolescente seule pendant
des jours. Mais cette fois-ci, Meïré ne revient pas… Et ce n’est là que le
début des ennuis pour Sacha, qui va découvrir que sa grand-mère était un
Veilleur du Labyrinthe et qu’elle a été assassinée… La jeune adolescente semble
toute désignée pour lui succéder, mais rien ne va se passer comme prévu car
l’intervention d’un garçon étrange, Lexter, va bouleverser un peu plus les
événements… Et nous voilà embarqués dans une enquête et une quête qui
promettent de ne pas être de tout repos…
Voilà
un roman court et agréable, pour la jeunesse, qui se laisse lire.
L’histoire est rythmée et les chapitres courts s’enchaînent sans temps mort, ce
qui offre une narration fluide. Petit détail néanmoins, mais qui n’est pas le
fait de l’auteur, l’éditeur a laissé passer plusieurs coquilles d’impression,
qui sur certaines phrases gâchent justement la fluidité de l’écriture. Espérons
que dans la prochaine réédition, ils pallieront ça.
En tout
cas, l’univers créé par Régine Joséphine est très intéressant : le monde
de l’Erluzen, avec ses chanteurs aux bulles étranges, est original. Surtout
quand on sait comment l’auteur a eu l’idée de cet univers, comme on l’apprend à
la fin du livre : c'est
un panneau indicateur, en Auvergne, qui a tout déclenché. En voyant
l’inscription "l'Eau Mère", le nom d'une rivière qui coulait sous un
vieux pont de pierres, l’auteur a eu la vision de cet océan sur lequel un
chapelet d'îles abrite un peuple dont le chant peut influer sur la matière.
J’ai
toutefois regretté que le tout début du livre, qui s’apparente à une courte
genèse du Labyrinthe, rappelle un peu trop Tolkien avec le Silmarillion
ou Le Seigneur des Anneaux. Mais c’est tout le souci quand on décide de
créer un univers de Fantasy : il est difficile de renouveler un genre qui
comporte à lui-seul beaucoup de schèmes récurrents, à l’instar des contes… Cependant,
passé ce début, l’histoire trouve son propre cheminement, et les
personnages évoluent dans un univers que l’auteur parvient à faire émerger de
son imagination. D’ailleurs, les beaux dessins de l’illustrateur
argentin Santiago Agustin Montiel, qui a dressé la carte de l’Erluzen, ajoute
une touche supplémentaire au roman.
Les
personnages sont attachants, comme Gabriel, le soliste à la voix
d’ange, imbu de sa personne mais qui par sa (belle) figure - d’ange également- fait
un peu tourner la tête de Sacha… (hum, cela prédit une belle bataille de
sentiments, si je ne me trompe pas…) ou même le S’Ombre Lexter, pourtant peu
avenant sous bien des aspects…
Certains
passages sont particulièrement vifs : l’épisode du Vaisseau
de Pierre, ou la descente dans les cavernes d’Ombrune par exemple. D’autres en
revanche m’ont semblé un peu plus confus : je n’ai pas trop bien saisi par
exemple les circonstances de la segmentation de la Clé au début du roman et
j’avoue que pour l’instant, j’ai un peu du mal à comprendre ce que sont devenus
Lia-Neeve et Lexter (à quelle catégorie du monde de l’Erluzen appartiennent-ils
désormais ?). Mais je suppose que tout ça trouvera explication et
développement dans la suite, Le souffle d’Aquilone.
Le
Labyrinthe d’Ormonde est donc un roman qui devrait beaucoup plaire à un
public de pré-adolescents et d’adolescents, férus d’aventures de Fantasy,
dans la même veine qu’un Livre des Etoiles d’Erik L’Homme ou La quête
d’Ewilan de Pierre Bottero. Un livre à proposer dans les CDI, sans nul doute !
Pour
aller voir le blog de l’auteur, c’est ICI.
14 décembre 2008
La vengeance du chat assassin
La vengeance du chat assassin, d’Anne Fine (Ecole des Loisirs (collection Mouche),
70 pages). Terminé le 10 décembre 2008.
Genre : roman
(jeunesse)
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : « Je lance à la mère d'Ellie mon regard le
plus noir. Car, non contente de me prendre en photo sous mon plus mauvais
profil, elle décide maintenant d'utiliser mon portrait, oui vous avez bien
entendu ! mon portrait, à sa propre gloire. je serai sa première œuvre dans son
tout nouveau cours d'arts plastiques. Mais que croit-elle donc ? je ne vais pas
me laisser ridiculiser aussi facilement. D'autant que le tableau est accroché
juste au-dessus du canapé, là où tout le monde peut l'admirer. Et là où je
pourrais l'atteindre… »
La mère
d’Ellie a décidé de se mettre au dessin et à la poterie. Et selon les goûts du
chat doté du plus mauvais caractère du monde, ses talents artistiques sont
inexistants. Pire, les créations de sa maîtresse lui donnent la nausée… Mais,
pour être honnête, il semblerait que d’autres individus humais vivant sous le
même toit partagent son avis…
Pour
cette troisième aventure, Anne Fine invente encore des épisodes pleins d’humour
auxquels il est difficile de résister. Les situations cocasses ne manquent
pas, et les dessins s’accordent toujours aussi bien avec le texte.
J’ai de
nouveau beaucoup apprécié ma lecture, même si, je dois l’avouer, c’est le
livre qui m’a le moins convaincue des trois (mon préféré restant bien
évidemment le premier de la série ! ) Cela dit, je crois que je serais
bien incapable d’expliquer pourquoi cette Vengeance du chat assassin m’a
moins séduite… Tuffy développe-t-il trop son caractère bougon ? Anne Fine
abuserait-elle des automatismes d’écriture qui avaient fait l’originalité du
premier opus ? Je ne sais pas. Il y a un petit quelque chose qui m’a
freiné dans l’enthousiasme qui aurait dû déborder en moi à la lecture de ce
livre.
Mai ne
me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, hein ! J’ai beaucoup aimé cette
troisième aventure. J’ai souvent souri (ah ! l’inénarrable épisode de la
crevette-appât !) et j’étais très satisfaite de retrouver Tuffy, Ellie,
son père et sa mère.
Je suis
sûre que le public auquel est destiné cette série sera ravi de retrouver le
chat le plus égoïste et le plus revêche du monde ! Et ma
(toute petite) déception ne m’empêchera sûrement pas d’espérer qu’Anne Fine ne
s’arrête pas en si bon chemin, et nous prévoie (qui sait ?) d’autres
aventures félines et hilarantes…
25 octobre 2007
Camelot
Camelot,
de Fabrice
Colin (Seuil, 200 pages). Terminé le 25 octobre 2007.
Genre : roman
Avis : 4/5
RESUME
EDITEUR : Institut
Saint-James de B... Nathan a 17 ans. Il doit passer l'été à préparer son
diplôme de fin d'études dans cet établissement prestigieux réservé à quelques
privilégiés. Avec Eric, David et Mathis, ils forment un groupe d'amis fidèles,
solidaires, dans cet univers de garçons où les rivalités sont parfois
violentes. Un soir, arrive un nouvel élève : Arthur. Il exerce une fascination
troublante sur chacun. Bientôt, les trois amis de Nathan disparaissent des
nuits entières, sans qu'il ne puisse rien savoir de leurs escapades nocturnes.
C'est avec Arthur qu'ils partent, Nathan en est persuadé. Il décide d'aller lui
parler. Arthur lui propose alors de devenir à son tour un chevalier de la table
ronde...
Fabrice
Colin est un auteur que j’avais découvert il y a trèèès longtemps, puisque
qu’il fut le premier auteur jeunesse que j’aie lu après avoir découvert Harry
Potter. A l’époque, j’avais lu Les enfants de la lune, que j’avais
vraiment apprécié.
Avec Camelot,
c’est un univers bien différent qui s’ouvre mais quel univers ! Prenant
ses racines dans Le grand Meaulnes ou Les disparus de Saint-Agil,
Camelot raconte l’aventure que vont vivre quatre adolescents, dont la
vie va être bouleversée par l’arrivée d’un mystérieux élève, Arthur.
De
fugues nocturnes en échappées initiatiques, les cinq héros de cette aventure
vont expérimenter la vie entre mythe et réalité. Le mythe des Chevaliers de la
Table Ronde est-il pour eux le moyen d’occulter la vie d’adulte qui se profile
devant eux ? Est-il la parabole qu’une quête adolescente encore empreinte
de naïveté et d’illusions ? La Grande Histoire peut-elle être le reflet de
la petite, l’histoire quotidienne ?
Sans
trop dévoiler l’intrigue qu’a élaborée Fabrice Colin, je me peux que m’incliner
devant cette idée formidable de revisiter le mythe des Chevaliers à travers le
spectre d’ados bien d’aujourd’hui. C’est original, bien pensé et bien écrit.
Les chapitres courts s’enchaînent rapidement, l’intrigue se noue avec facilité et
le lecteur est entraîné à la suite de ces cinq héros attachants.
Une
belle découverte donc. Et puis le petit côté « Cercle des poètes
disparus » ne pourra que ravir ceux qui ont le goût de ces récits
d’adolescence qui oscillent encore à la lisière du monde adulte.
Mon seul
regret finalement : que le livre fut aussi court.
28 octobre 2006
Virgile et le chaînon manquant
Virgile
et le chaînon manquant, de Stéphanie Benson (Les Contrebandiers éditeurs, 91
pages). Terminé le 28 octobre 2006.
Genre : jeunesse - aventures
Avis : 5/5
RESUME EDITEUR : Mais qui sont ces étranges tagueurs qui
laissent des inscriptions en latin sur les murs de la cité des Sept Collines ?
Et quel est ce mystérieux trésor qu'ils semblent vouloir négocier ? Virgile, Jules, Cléo et Salomé devront mettre
toutes leurs connaissances à l'œuvre pour tenter de démasquer des trafiquants
d'objets d'art installés sur leur territoire. Mais quand la piste les mène sous
la cité vers des ruinesinsoupçonnées, ils se demanderont s'ils ont bien fait de tenter de résoudre le
mystère. Car derrière les trafiquants se cache une femme prête à tout pour
préserver le secret de la cité enfouie. Cette première aventure de la
collection Langue Mortelle mène les héros à la découverte d'une langue pas si
morte que ça, dans les sous-sols d'une région parisienne qui plonge ses racines dans
l'époque romaine.
Voilà un
petit bouquin fabuleux ! Un petit délice pour latinistes ou pour amateurs
de langues anciennes. C’est plutôt bien écrit, l’intrigue est sympathique, mais
ce qui fait surtout l’originalité de ce livre, ce sont les titres en latin et
les passages en latin… non traduits ! Un pur bonheur pour moi, prof de
latin que je suis !
J’ai
pris un plaisir fou à lire ces énigmes en latin dans le texte. Bon, évidemment,
on pourrait me dire que ce n’est pas du jeu parce que je navigue dans les eaux
de la lingua latina depuis maintenant presque 15 ans, et que forcément, c’était
facile pour moi ! Mais quelle brillante idée d’insérer des passages latins
à déchiffrer comme les énigmes d’une chasse au trésor que l’on suit en même
temps que ce club des cinq des temps modernes ! Et puis les éditeurs ont
quand même pensé à mettre un petit lexique pour aider les néophytes à la
traduction…
Si je
devais nuancer mon jugement, je dirais que ce lexique, justement, est trop
pauvre. Compte tenu de la richesse de vocabulaire des passages proposés, le
jeune débutant latiniste aurait bien du mal à se débrouiller tout seul à traduire.
Une aide à la traduction en bas de page aurait pu aussi être proposée,
notamment sur la construction syntaxique. Cela dit, avec un accompagnement
pédagogique approprié, c’est une mine pour faire découvrir le latin autrement
aux élèves et leur donner le goût des langues anciennes (perso, je me régale
d’avance des activités que je pourrais faire faire à mes petits
latinistes !!!). On trouvera d’ailleurs sur le site des éditeurs un
document pdf à télécharger avec les passages traduits (ici : http://lescontrebandiers.free.fr/Frameset.htm
)
Je
trouve vraiment formidable d’avoir osé aujourd’hui un petit livre comme
celui-là ! Evidemment, ce n’est pas une grande maison d’édition mais c’est
un pari risqué que de publier dans un livre de jeunesse des passages entiers de
latins. Ce qu’il y a d’intéressant en outre c’est que c’est un latin adapté,
avec des mots de vocabulaire qui collent au monde moderne. Alors bien sûr, les
puristes de la langue pourront toujours dire que c’est Cicéron qu’on assassine,
mais on risquerait davantage de l’enterrer bel et bien si on ne s’adapte pas aux
jeunes d’aujourd’hui !
Enfin,
je trouve que l’idée de cette langue qui devient presque comme un code secret
entre les personnages, qui peuvent ainsi communiquer sans que les autres ne les
comprennent, est formidable : qui n’a jamais rêvé plus jeune de pouvoir
communiquer avec sa bande de copains dans une langue cryptée. Et dans ce
cas-là, le sens grec de crypter prend toute sa valeur puisqu’il s’agit de
cacher aux non initiés ce que l’on veut signifier. Il y a donc là une double
portée à cette idée : l’idée première, un peu élitiste, que la langue
latine peut vous permettre de vous démarquer des autres, de ceux qui ne la comprennent
ni, a fortiori, ne la parlent, et l’idée ensuite que la connaissance de cette
langue vous met tout de même au contact de l’universel des connaissances qui
vous feront progresser et vous permettront une meilleure appréhension et une
meilleure compréhension du monde qui vous entoure… Une belle leçon en tout
cas !
Pour finir, je dois dire que j’aurais moi-même adoré pouvoir parler une langue que beaucoup n’auraient pas compris pour pouvoir communiquer… et enfin, qu’est ce j’aimerais avoir des élèves comme ces cinq-là !!! Mais avec un tel petit livre, je me prends à rêver que je pourrais presque parvenir à leur donner l’amour de cette langue ancienne…
