07 décembre 2008
Les contes de Beedle le Barde
Les contes de Beedle le Barde, de J.K. Rowling (Gallimard Jeunesse, 127 pages).
Terminé le 07 décembre 2008.
Genre : recueil de
contes
Avis : 4/5
RESUME EDITEUR : Les contes de Beedle le Barde sont les cinq
contes de fées qui bercent l’enfance des jeunes sorciers. Chacun de ces contes a sa magie particulière qui enchantera les lecteurs et les fera tour à tour
rire ou frissonner. Les commentaires passionnants et malicieux du professeur
Albus Dumbledore qui accompagnent chaque récit seront appréciés des sorciers
comme des Moldus. Le professeur y donne de nombreuses clefs et dévoile, par la
même occasion, maint détail de la vie à Poudlard. Un ouvrage magique à garder
comme un trésor, enrichi des illustrations originales de J. K. Rowling.
Nostalgie
quand tu nous tiens… L’an dernier, quand j’ai tourné la dernière page
de la saga Harry Potter, que j’avais suivie avec fébrilité à chaque parution,
je m’étais promis de ne pas acheter cet exemplaire des contes de Beedle le
Barde, frustrée de me dire que les livres ayant trait au jeune sorcier étaient
désormais derrière moi, et soucieuse de ne pas remuer le couteau dans la plaie,
par des histoires n’ayant finalement qu’un rapport lointain avec la saga.
Las !
Je suis finalement très faible, et j’ai craqué. Je me
suis dit qu’en fait, ce pourrait être un bon moyen pour couper le cordon en
douceur (et, oui, je l’avouer, un excellent moyen également de retrouver – même
un tout petit peu- cet univers dont les histoires m’ont tenue en haleine ces dernières années…)
Et
finalement, je ne suis pas déçue d’avoir craqué. Les contes de Beedle le
Barde se présentent sous la forme d’un livret bleu, à la couverture surimprimée
d’illustrations de la main même de l’auteur. A l’intérieur, cinq contes.
Cinq courtes histoires où magie, poésie et humour s’entrelacent pour le
bonheur de tous, fans convaincus d’HP de la première heure, aussi bien que
novices, curieux de découvrir l’univers du jeune sorcier à lunettes. En somme,
nul besoin d’avoir lu toute la saga Potter pour lire ces cinq contes, qui
forment chacun des histoires pleines et entières.
- Le
sorcier et le marmite sauteuse : premier conte du recueil, on retrouve
bien là l’imagination de J.K. Rowling. C’est une histoire dont la portée
moralisatrice s’efface derrière l’humour de la situation de ce sorcier revêche
dont la marmite, legs paternel, va lui causer quelques soucis… pour finalement
lui ouvrir de nouvelles perspectives.
- La
fontaine de la bonne fortune : Un de mes contes préférés. Récit
initiatique de trois sorcières et un chevalier moldu. Histoire poétique et
féerique, dont la fin illustre parfaitement une certaine philosophie de la vie
et du bonheur à laquelle beaucoup plus de gens devraient adhérer, afin de
pouvoir eux aussi profiter pleinement de leur bonne fortune… ^^
- Le
sorcier au cœur velu : Mon conte préféré ! C’est le conte
le plus noir, le plus cruel, et le plus sanglant (à ne pas raconter aux
jeunes enfants d’ailleurs ! Ils risqueraient d’en être traumatisés, à
l’image de la sorcière Karen Bloxam…).
L’histoire
s’occupe de la part de ténèbres des sorciers, qui sont aussi des hommes,
et dont le cœur peut se trouver prisonnier de sortilèges qu’il aurait mieux
valu ne pas leur appliquer… Ce conte est terrible, mais d’une portée profonde
et philosophique. Le commentaire de Dumbledore, qui s’appuie sur le premier
principe des lois fondamentales de la magie d’Adalbert Lasornette, convaincra
définitivement ceux qui n’auraient pas compris la gravité du sujet abordé dans
ce conte : « Ne touche aux plus profonds mystères – la source de
la vie, l’essence de soi- que si tu es préparé à en subir les conséquences les
plus extrêmes et les plus redoutables. »
Et j’aime
désormais beaucoup l’expression « avoir le cœur velu » pour désigner
une personne froide ou insensible !
- Babitty Lapina et la souche qui gloussait : Peut-être
le conte qui ressemble le plus à l’un de nos contes de Moldus. L’histoire est
plus mignonnette que les autres, moins acérée. Celle sans doute où l’humour
s’affiche le plus. Et comme dans les deux premiers contes, les Moldus ne sont
jamais loin…
- Le
conte des trois frères : LE conte qui apparaît dans le tome 7 des
aventures de Harry Potter (Harry Potter et les reliques de le Mort) et
avec lequel nous avions pris connaissance de l’existence de ces contes de
Beedle le Barde… Après Le sorcier au cœur velu, c’est le conte que
je préfère.
Deux
raisons à cela : tout d’abord, c’est le conte qui entretient le rapport le
plus étroit avec la saga HP, qui établit un pont avec le dernier tome. Donc
forcément, petit pincement au cœur de nostalgie qui s’est emparé de moi
lorsque j’ai lu le conte, dont je connaissais pourtant le fond pour l’avoir
justement lu dans le tome 7… Et c’est là que je me rends compte qu’un an
après, je n’ai toujours pas véritablement coupé le cordon avec cette série…
Deuxième
argument pour me plaire : il me fait furieusement penser à tous ces contes
bretons et celtiques où la Mort (parfois c’est le diable) attend les humains
sur un pont, ou un gué, et passe des pactes avec eux. C’est un schème
folklorique assez répandu, mais J.K Rowling, avec l’ingéniosité qu’on lui
connaît bien désormais, revisite la trame narrative habituelle et l’adapte à
son univers de sorciers. La magie opère (c’est le cas de le dire ! ) et
Le conte des trois frères propose ainsi un récit où magie et conte
traditionnel trouvent un parfait équilibre.
Il faut
souligner que les illustrations qui accompagnent le livre sont de la main
même de JK Rowling. Et force est de constater qu’elle dessine bien !
C’est simple et sans grand effets picturaux, mais ça apporte une touche
supplémentaire au livre. Personnellement, ces dessins crayonnés me font penser
aux illustrations qu’il y avait dans un vieux livre de contes –justement- chez
ma grand-mère.
Mon
bémol ira probablement aux commentaires de Dumbledore qui suivent chaque conte. Même
si je les ai trouvés très intéressants, j’ai aussi trouvé qu’ils coupaient trop
brusquement le rythme narratif des contes. Entre chaque histoire, il faudrait
faire un passage par l’analyse de Dumbledore. A vrai dire, je crois que je
conseillerais à un lecteur de lire d’abord les 5 contes, pour bien s’imprégner
de l’ambiance du livre, puis, dans un second temps, de revenir aux commentaires
de Dumbledore. En outre, même si je parle naturellement des
« commentaires de Dumbledore », je dois avouer que j’ai trouvé ces
passages exégétiques un peu désincarnés du grand magicien, directeur de
Poudlard : on sent encore trop, à mon sens, la présence de JK Rowling
derrière ces passages. D’autant qu’elle intervient parfois dans les notes,
renforçant sa présence derrière le personnage de Dumbledore. Mais bon, c’est un
reproche assez infime au final.
En tout
cas, c’est un ouvrage où l’humour, la poésie, la magie et les réflexions sur le
monde magique d’Harry Potter se marient à merveille. Nous, Moldus, sommes biens
contents de pouvoir enfin découvrir les contes qui ont bercé l’enfance des
sorciers du Monde Magique. Donc, en définitive, que vous soyez, comme moi, fans
d’Harry Potter, et nostalgiques des années où vous suiviez la saga, ou tout
simplement curieux de découvrir l’univers ensorcelant de JK Rowling, ce petit
livre fera un parfait cadeau de noël.
A noter enfin que tous les bénéfices liés à la
commercialisation de ce livre sont entièrement reversés à une œuvre de charité,
le « Children’s High Level Group » (CHLG), co-fondée en 2005 par J. K. Rowling et Emma
Nicholson dans le but d’améliorer le sort d’enfants maltraités.
