06 septembre 2008
Sépulcre
Sepulcre, de Kate Moss (JC Lattès, 672 pages). Terminé le 06 septembre 2008.
Genre : roman
Avis : 2/5
RESUME EDITEUR : Octobre 1891 : La jeune Léonie Vernier et son frère Anatole quittent Paris pour le Domaine de la Cade, à quelques kilomètres de Carcassonne. Dans les bois qui entourent la maison isolée, Léonie tombe par hasard sur les vestiges d'un sépulcre wisigoth. Tandis qu'elle progresse peu à peu dans les strates du passé, elle découvre l'existence d'un jeu de tarot dont on prétend qu'il détient les pouvoirs de vie et de mort. Octobre 2007 : Meredith Martin arpente les contreforts pyrénéens dans le but d'écrire une biographie de Claude Debussy. Mais elle est aussi à la recherche de la clé susceptible de lui révéler ses propres origines. Armée d'une partition pour piano et d'une vieille photographie, la voilà plongée malgré elle au cœur d'une tragédie remontant à plus d'un siècle où le destin d'une jeune fille, disparue par une nuit funeste, se mêle inextricablement à une dramatique histoire d'amour.
Tout
le monde sait que je raffole des romans qui mêlent histoire, ésotérisme,
quêtes, et aventures (oui, oui, je n’ai pu échapper, il y a maintenant quelques
années, à la déferlante Dan Brown, dans laquelle je me suis fait prendre dès la
sortie du Da Vinci Code, et j’avoue que je surfe sur la vague depuis ce
moment…).
De ce
fait, lorsque je suis tombée cet été par hasard sur ce livre à la librairie,
j’ai été alléchée par la quatrième de couverture. Chouette ! me suis-je
dit ! Voilà une lecture estivale comme je les aime ! Je me plonge
donc avidement dans cette histoire qui mélange passé et présent, nouant son
intrigue autour d’un mystérieux jeu de tarot et d’un sépulcre wisigoth oublié
dans le parc d’un Domaine près de Carcassonne…
Las ! Que j’ai peiné pour finir ce livre ! Qu’il m’a paru bien long et bien terne ! Pour résumer et pour faire court, je me suis littéralement ennuyée pendant cette lecture… Sans mauvais jeu de mots, Sépulcre ira finir sa vie de livre au tombeau des oubliés de ma bibliothèque…
L’histoire
démarrait pourtant bien : je me suis très vite attachée au personnage de
Léonie Vernier,
jeune fille dynamique et vive de la fin du XIXème siècle. Son
frère, Anatole, sort d’une douloureuse histoire d’amour avec une mystérieuse
jeune femme, décédée brutalement. Ainsi, lorsqu’une tante presque inconnue leur
fait parvenir une invitation pour venir dans son Domaine, Anatole y voit le
moyen d’échapper à une menace qui le guette depuis déjà quelques semaines.
Arrivés
au domaine, l’ambiance particulière qui règne dans la demeure de maître va peu
à peu ravir Léonie. D’autant qu’elle y découvre un livre autographe de feu son
oncle, où il est question d’une expérience occulte bien étrange et d’un jeu de
tarot aux pouvoirs particuliers…
La
construction du récit en alternance avec le présent aurait alors pu rattraper
cette sombre histoire d’amour, de mort, de vengeance sur fond d’apparitions
démoniaques (ah, oui ? je ne l’avais pas encore dit ? Eh bien voilà
qui est réparé : rien ne vaut une bonne petite apparition démoniaque pour
relever le lectorat du demi-sommeil dans lequel on le plonge, non ?). On
fait donc connaissance dans un deuxième temps avec Meredith Martin, une
américaine en quête d’indices sur la vie de Debussy pour écrire sa biographie,
mais aussi de ses origines… Las encore ! L’histoire est plate, cousue de
fils blancs, et d’un style à plonger dans le coma l’individu le plus vif d’une
tribu d’aïs… Je sais, je suis dure, mais franchement, certaines pages sont à
mourir d’ennui : des longueurs, des descriptions inutiles, des aberrations
psychologiques, des sentiments à la guimauve et des mystères qui n’en sont
pas ! Et puis, il faut l’avouer, je crois que j’ai lu la scène d’amour la
plus mal écrite dans ce genre de roman. On se serait cru dans épisode d’une
mauvaise série B.
Finalement,
la partie qui m’a le plus intéressée se situe dans les deux derniers tiers du
roman. Quand il y a ENFIN un peu d’action dans une certaine clairière, un soir…
Pour le reste… ma foi… j’ai désespéré de pouvoir enfin terminer ce livre un
jour…
Au
final, je me demande même si j’ai compris où Kate Mosse voulait en venir. Bon,
oui, j’abuse un peu, je vois bien. Mais je n’ai pas réussi à trouver l’intérêt
de tout ce qu’elle a voulu insérer dans son livre, que ce soit au niveau des
personnages, comme des faits… J’ai eu un grand moment d’incompréhension lorsque
j’ai tourné la dernière page de livre (après le ouf de soulagement…) :
alors tout ça pour ça ??? Que de prétextes, de circonvolutions, de fausses
pistes et de faux semblants pour ça…
C’est là
où je me suis dit que décidément, il fallait que j’arrête de lire les romans
ésotériques. Et ce n’est pas la première fois que je le dis. Le filon s’épuise,
mais quand il s’accommode en plus d’un style aussi malvenu, c’est dramatique. Bref,
pour rester dans la métaphore des cartes, quand on me demandera la prochaine
fois si je veux poser mes jetons sur la case Kate Mosse, je dirai que je passe.

Les
images du tarot sont issues du site http://www.sepulchre.co.uk/
C’est peut-être bien la seule
originalité du livre : l’invention d’un jeu de Tarot, avec des dessins
réalisés spécialement pour l’occasion et qui ornent l’intérieur de la
couverture.
21 mai 2006
La bibliothèque du géographe
La bibliothèque du géographe, de Jon Fasman, (Seuil, 394 pages).
Terminé le 21 mai 2006.
Genre : roman
Avis : 1/5
Bon. Alors, alors… Que dire ?
Déjà, j’ai mis beaucoup trop de
temps à le lire, ce qui n’est pas bon signe. Et puis, il faut que je sois
honnête, je me suis octroyé le droit de sauter les 150 dernières pages pour
aller lire la fin, parce que vraiment, je n’en voyais pas le bout.
C’est dommage, car le thème,
développé dans la présentation de l’éditeur, est plus qu’alléchant :
l’alchimie et ses secrets, deux intrigues séparées dans le temps qui finissent
par se rejoindre… Certes. Mais c’était sans compter sur le rythme de
l’intrigue, lent au possible, qui m’a complètement découragée. A aucun moment
je ne me suis sentie happée par l’histoire.
Je ne peux juger de la qualité de
la traduction et donc savoir si c’est cette dernière qui a volontairement
ralentit le rythme, mais c’était lassant. Ce livre me tombait des mains à
chaque fois que je le prenais.
J’ai trouvé le personnage
principal, Paul Tomm, creux et vide. D’une mollesse à avoir envie de lui donner
des claques pour le secouer. Et cette constante introspection, cette constante
« métacognition » de cet antihéros est épuisante pour le lecteur.
En outre, la construction du récit
pâtit énormément de la démarche de dissociation des époques de l’intrigue. Un
peu, ça va, tout le livre bâti comme ça, c’est irritant. On finit par se perdre
dans les méandres des personnages ou des histoires liées aux objets alchimiques
et on voudrait que l’auteur finisse par relier beaucoup plus tôt les deux
intrigues pour être enfin un peu mis sur la piste. Mais non, ça n’arrive
jamais.
Bref, j’ai sauté plein de pages,
j’ai lu la fin, que j’ai trouvée banale, comme l’ensemble.
Vivement le prochain livre que je
puisse me laver l’esprit.
24 février 2006
La promesse de l'ange
La promesse de l'ange, de Violette Cabesos et Frédéric Lenoir
(Albin Michel). Terminé le 24 février 2006.
RESUME : Johanna, jeune archéologue, cherche à percer le mystère d'une vision
qu'elle a eue au Mont Saint Michel quand elle avait sept ans : un moine
décapité qui semblait lui montrer un chemin. Une quête va alors commencer pour
la jeune femme. Une quête qui va lui faire remonter le temps, à la rencontre de
Frère Roman, moine du moyen-âge, et de Moïra, une jeune celte.
J'ai bien cru que je n'arriverai
jamais au bout de ce roman ! Quelles longueurs ! Quel style
pauvre ou pompeux ! Pour un roman écrit à deux mains, on sentait les deux
univers littéraires qui se télescopaient et donnaient un air de mal construit.
Les passages descriptifs sont d'une longueur assommante et n'apporte rien à
l'intrigue. On sent qu'ils ont été posés deci-delà pour affirmer au lecteur que
les recherches documentaires de préparation ont été réalisées avec grand
sérieux. Certes, mais en quoi cela est-il supposé servir l'histoire ?
C'est fini le temps des descriptions balzaciennes ! Pour la construction
du roman, il est dommage de voir ces passages superflus, inutiles pour la
progression de l'intrigue.
Les personnages sonnent terriblement creux, je n'ai pas cru à l'un d'entre eux
une seule fois, mis à part peut-être Frère Roman, celui qui semble avoir été le
plus « léché ». Les dialogues sont plats ou bien irréalistes dans une
conversation du XXIème siècle. Quant aux différentes histoires d'amour, je les
trouvées pour le moins faiblardes, limites aseptisées et pour lesquelles on
s'est forcé de rajouter deux ou trois scènes de sexe, comme le veut la mode.
Enfin, pour un livre présenté
comme une enquête, il faut savoir qu'il faut presque attendre de passer 200
pages (!) pour entrer véritablement et de plain-pied dans la partie thriller.
Et une fois qu'on y est, c'est d'une transparence presque navrante.
Le point positif : la réalité du monde de l'archéologie. Pour avoir côtoyé cet
univers, je dois avouer que les relations entre archéologues sont très
vraisemblables : les querelles universitaires, les antipathies, les
rivalités notamment, sont assez bien rendues. Mais c'est bien la seule chose
que je lui reconnaîtrais.
Etait-ce d'avoir lu l'été dernier Le sang du temps de Maxime Chattam, qui se déroule lui aussi sur le rocher normand, et que j'avais dévoré et adoré, qui a pollué ma vision de ce roman ? Je ne sais pas. Mais vraiment, et définitivement, celui-là finira dans le placard.
18 février 2006
Manuscrit MS 408
Manuscrit MS 408, de Thierry Maugenest (Liana
Lévi). Terminé le 18 février 2006.
RESUME : Il existe encore au monde un manuscrit indéchiffré.
Celui que l'on nomme Le Manuscrit Voynich, du nom du libraire américain qui le
découvrit dans la bibliothèque de la Villa Mandragone près de Rome, en 1912. Un
manuscrit de près de 230 pages, illustré étrangement et écrit dans un langage
indéchiffrable. Et jusqu'à aujourd'hui encore, le mystère demeure ...
Actuellement le Manuscrit Voynich se trouve à l'Université Yale, à la Bibliothèque
Beinecke de Livres Rares, depuis 1969, au numéro de catalogue MS 408.
Tous ceux qui ont cru pouvoir
enfin déchiffrer ce mystérieux manuscrit sont tombés dans un état de catatonie
irréversible ... Pourquoi ? Comment ? Le mystérieux individu appelé
Œdipe se cache-t-il derrière tout cela ? Quel est son rôle ? Sur les
traces d'un mystère aussi bien protégé depuis des siècles, les protagonistes
risquent bien de se brûler les ailes...
Une histoire intéressante avec des thèmes comme je les aime : un mystérieux
manuscrit, des crimes ou des faits étranges, un secret à protéger... C'est un
bon moment de lecture mais bien trop court ! Le livre se lit d'une traite
mais si l'intrigue avait été plus étoffée, plus serrée, Thierry Maugenest
aurait pu nous écrire un thriller du feu de dieu !
Mais visiblement, ce n'était pas
son but. La fin laisse donc un arrière goût de trop vite terminé. De plus,
l'auteur n'a pas cherché à apporter de « solution » à l'énigme et
laisse donc le soin au lecteur de se faire sa propre idée. Ce qui, en soit,
n'est pas désagréable, car on peut imaginer ce que l'on veut de la
« destinée » du protagoniste principal, mais en même temps, on sent
l'auteur trop en retrait par rapport à toutes les théories évoquées quant au
contenu du manuscrit.
Evidemment, on ne lui demande pas
de se transformer en malhonnête Dan Brown et de nous faire prendre des vessies
pour des lanternes, mais un avis plus tranché sur la question m'aurait
davantage plu, quitte à ce que l'hypothèse soit farfelue ou irréaliste. Le pacte
du lecteur, c'est bien d'accepter de croire ce que nous raconte l'écrivain
parce qu'on lit un roman, non ?
Enfin, on remarquera l'étrangeté
de la rédaction au présent de narration. Mis à part dans les romans pour la
jeunesse, c'est la première fois que je trouve ça et je dois avouer que c'était
parfois dérangeant. Est-ce l'habitude d'avoir été gavée aux temps du
passé ? Je ne sais pas, mais il faut s'y habituer, car ça donne un style
étrange.

