Fabula Bovarya

A tous ceux qui sont atteints d'un incurable bovarysme...

26 août 2008

Maléfices

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Maléfices, de Maxime Chattam (Pocket, 639 pages). Terminé le 22 août 2008.


Genre : thriller


Avis : 4/5


RESUME EDITEUR : Une ombre inquiétante rôde dans les forêts de l'Oregon. C'est d'abord un employé de l'environnement qui est retrouvé mort, le visage horrifié. Aucune trace du criminel... Dans le même temps, des femmes disparaissent en pleine nuit, pendant le sommeil de leur époux. Pas de trace d'effraction dans les maisons... Et puis se répand une épidémie singulière : les foyers de Portland sont envahis par des araignées aux piqûres mortelles. Les victimes s'accumulent et la psychose s'intensifie. Et s'il n'y avait qu'une seule personne derrière tout cela ? Un être pas comme les autres. On commence à murmurer le pire : et s'il n'était pas humain ? Joshua Brolin et Annabel O'Donnel vont mener l'enquête, entrer dans la toile et faire face à l'impensable. Une nouvelle génération de tueur.

 

           Arachnophobes et autres phobiques de ces charmants arthropodes que sont les araignées, vous serez prévenus lorsque vous déciderez  de tourner ces pages : la bête à huit pattes, dans ses espèces les plus terrifiantes, y est reine… et hante chaque recoin de cette histoire à vous donner des frissons dans le dos…


           Trouvez un bon fauteuil, installez-vous confortablement et tamisez la lumière… l’univers de Maxime Chattam s’ouvre sous vos yeux. A l’instar du message qui accueille Dante Alighieri à l’entrée des Enfers, il faudra faire vôtre cette célèbre phrase : «  Toi qui entre ici abandonne tout espoir ! »…


           Fin de la Trilogie du Mal de Chattam, et je suis bien contente d’avoir poursuivi cette lecture jusqu’à cet ultime épisode : c’est du bon, du très bon thriller ! Et en plus, j’ai eu la chance de pouvoir lire les dernières pages toute une nuit avec l’orage qui tonnait au-dessus de moi, et la pluie battante sur les carreaux, tandis que j’étais au chaud sous la couette… J’ai été plongée dans l’ambiance du livre jusqu’au bout du détail !


           1793473660_de4ae71233Et voilà, la gueule d’ange aux noires pensées m’a encore baladée sur plus de 600 pages et je me suis fait bernée comme une bleue… C’est haletant, terrifiant, révulsant, mais c’est un concentré de bonheur tout du long ! Tout comme les araignées de son roman, Chattam tisse sa toile patiemment, savamment, et le chapitres s’enchaînent sans que l’on puisse s’arrêter. L’ambiance est parfaitement rendue, et j’ai presque encore l’impression de sentir la moiteur de cet été dans l’Orégon autour de moi. Les caractères des personnages, le beau et ténébreux Joshua Brolin et l’attachante Annabelle  O’Donnel, s’approfondissent, s’étoffent, et les liens se nouent, plus forts. Je n'ai pas pu m'empêcher d'ailleurs d'avoir un pincement au coeur, une fois la dernière page tournée, en pensant que c'était la dernière fois que je cheminais aux côtés de Joshua... On retrouve aussi des personnages que l’on avait rencontrés dans le premier opus, L’âme du mal, et son intrigue sur le fantôme de Portland et c'est agréable de pouvoir établir des ponts entre les différents tomes de la Trilogie. C’est donc un sans-faute pour Maxime, et pourtant, Dieu sait que le thème de ce livre était loin de me plaire, étant moi-même une arachnophobe patentée !!!


           Seul point négatif ? – ben oui, il faut bien un trouver un, tout de même-… Les descriptions… Quand Maxime Chattam essaie, en ouverture de ses chapitres, de donner dans le poétique ou dans le lyrisme, il tombe régulièrement à côté de la plaque. Ce que je m’apprête à dire est méchant, mais c’était parfois pour moi à la limite du ridicule. Pourquoi en effet vouloir à tout prix jouer de la métaphore ou de la comparaison ? C’est comme essayer de coller une marque prestigieuse sur un tee-shirt de supermarché : on passera devant une fois sans trop y faire attention, dès la deuxième fois, on pressent que quelque chose ne cadre pas dans l’ensemble, et à la troisième fois, on finit par découvrir la supercherie et on trouve ça ridicule. Attention ! Je ne dis pas que Maxime Chattam fait de la littérature de supermarché parce que c’est un auteur que j’aime beaucoup, et avec lequel je passe d’excellents moments (virtuellement, à défaut de pouvoir le faire physiquement, hein…), mais il me semble plus raisonnable quand on écrit des thrillers de ne pas vouloir absolument essayer de rédiger des passages qui se veulent plus –trop ?- littéraires. Personnellement, ça brise mon rythme de lecture et ça me freine plutôt qu’autre chose. Cela dit, ces passages ne sont pas non plus pléthore (et heureusement) et ce n’est qu’un petit défaut dans ce thriller de haut niveau. Une goutte d’eau dans un océan de satisfaction par ailleurs !


           Pour le reste, c’est vraiment à mon sens le meilleur opus de la Trilogie. Quelle maîtrise du suspense ! Et quelle imagination jusque dans les moindres détails d’horreur et de cruauté (je ne cesserai jamais de me demander où il va chercher tout ça !) !


Allez Maxime, tu gagnes tes derniers galons dans mon cœur sur ce coup-là ! Parce que réussir à me faire lire un bouquin dont les pages sont infestés d’atroces bestioles poilues et venimeuses était une gageure… relevée avec brio ! Je m’épate presque moi-même aussi, d’ailleurs. : )) Mais comme on le sait, tout le mérite revient à l’auteur… C’est ça le talent, non ?

 

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15 octobre 2006

Le violon du diable

Sans_titre_1Le violon du diable, de Preston et Child (L’Archipel, 582 pages). Terminé le 15 octobre 2006.

 

Genre : thriller

 

Avis : 3/5

 

RESUME EDITEUR : Qui, sinon le Malin, a tué Jeremy Grove, le critique d'art dont le corps calciné a été -retrouvé dans le grenier de sa demeure... fermé de l'intérieur ? Une chaleur suffocante, une insoutenable odeur de soufre et, surtout, reconnaissable entre toutes, cette empreinte de pied fourchu... Le violon du diable... Lorsqu'un deuxième cas tout aussi mystérieux de combustion spontanée est signalé, le doute n'est plus permis. Sauf pour l'inspecteur Aloysius Pendergast, du FBI, qui ne peut accepter cette hypothèse effrayante. Ses accords ressemblent à un cri d'effroi... Des villas luxueuses de Long Island aux châteaux hantés de Toscane, Pendergast, épaulé par le sergent D'Agosta, son partenaire de Relic (Laffont, 1996), se lance sur les traces d'un démon de chair et de sang, puisque mélomane. ... et Pendergast pourrait en être la prochaine victime ! Des meurtres inexplicables... Un Stradivarius aux pouvoirs maléfiques... Une conspiration remontant à la Renaissance... Avec Le Violon du diable, les maîtres du thriller d'aventures ont frappé un grand coup !

 

Pour être franche, je suis assez déçue de cet opus des aventures de l’inspecteur Pendergast.

Peut-être est-ce dû notamment au fait que ma lecture a été très hachée et décousue à cause de la rentrée qui a perturbé mon programme lecture, mais je ne retire pas le même enthousiasme que lors de ma lecture de l’excellent, que dis-je, l’exceptionnel « Chambre des curiosités ».

J’ai trouvé Harryman, le journaliste remplaçant du très bon Smithback, très pâlot et quasi inexistant. D’agosta ne m’a pas fait non plus grand effet. Bref, les acolytes de Pendergast n’ont pas d’épaisseur et cela nuit beaucoup à l’aura du thriller.

Seul le comte Fosco possède peut-être assez de carrure (au sens propre comme au sens figuré d’ailleurs !) pour fournir un personnage intéressant.

Pendergast bien sûr demeure incontournable. Fascinant. Quel étrange personnage décidément, qui a pu parfois me faire penser à Nosfératu de Murnau dans sa manière de se déplacer. Quelque chose de fantomatique. Une retenue so british pour un américain.

Pour en venir à l’histoire, je ne lui trouve pas de charme remarquable. La quatrième de couverture déflore le mobile et ne laisse plus beaucoup de place à l’imagination. Certes, ça bouge, ça tue, ça s’échappe, ça voyage… mais ça lasse. Beaucoup d’épisodes inutiles. La même technique d’alternance des points de vue et des scènes. Bref, tout cela m’a au final –oserais-je le dire ?- ennuyée. Je ne suis pas parvenue à retrouver l’émotion absolument géniale et fantastique procurée par la Chambre des curiosités, sorte de frisson littéraire comme j’en ai eu si peu.

D’autant qu’encore une fois, il faut sacrifier à la sacro-sainte mode des suites et des teasing qui ne vous laissent dans la tête qu’un retentissant « tadaaaammm… la suite au prochain épisode… ». Un peu énervant, ça aussi…

Au final, ça se laisse lire, sûrement mieux sur la plage. Mais Preston et Child n’ont pas réussi à renouveler en moi l’exploit du premier livre que j’aie lu d’eux.

Il n’y a qu’une seule question qui me taraude : qui est Constance, la protégée de Pendergast ??? Je ne me souviens pas d’elle dans la Chambre des curiosités, alors soit j’ai loupé un épisode entre-temps, soit il faut que je revienne au livre de poche pour la resituer. Mais elle a bien aiguisé ma curiosité. Mais c’est bien aussi la seule chose qui m’ait titillé l’esprit…

Pour conclure, Le violon du diable n’est pas une réussite, mais on ne pas dire non plus que ce soit un désastre. Une petite friandise (un peu lourde certes, et attention à l’indigestion) si l’on n’a rien d’autre à se mettre sous la dent.

28 juillet 2006

Les arcanes du chaos

Sans_titre_1Les arcanes du chaos, de Maxime Chattam (Albin Michel, 458 pages). Terminé le 28 juillet 2006.

 

Genre : roman

 

Avis : 3/5

 

RESUME EDITEUR : Esoterisme, codes secrets, sectes millénaires, complots... après le succès de sa trilogie L'Ame du Mal, et du Sang du temps, Maxime Chattam, le nouveau maître du thriller français, nous entraîne dans une terrifiante course contre la montre, contre la mort, au-delà du miroir.

 

               Bon, allez, avouons-le : je suis un peu déçue par le nouveau thriller du désormais incontournable Maxime Chattam.

Force est de constater qu’il a choisi la facilité pour son scénario : point besoin de dévoiler la trame de l’intrigue pour le dire, il suffit de lire la quatrième de couverture réalisée par l’éditeur pour le deviner. C’est vrai que d’entrée de jeu, ça sent la da-vinci coderie… Sauf que Maxime Chattam mêle à toutes ces astuces de thriller dernière génération une dimension actuelle, politique, glosant sur les dossiers chauds de ces 6 dernières années… Rien de très excitant ni de très novateur malheureusement.

Je lui reprocherais également de ne pas se renouveler dans l’écriture, ni dans la construction de ses récits : mêmes personnages-types que dans ses autres romans, même artifices littéraires (récit enchâssé d’une tierce personne pour venir gonfler la trame de départ, pour finir par les relier) et même manière d’aborder ses éléments à suspens, en fin de chapitre et au dénouement. Bref, le petit père Chattam s’essouffle ou alors se repose sur ses lauriers.

 Je serais tout de même de mauvaise foi si je ne reconnaissais pas avoir été bluffée deux fois : la première fois pour un élément dont je ne peux dévoiler ici la teneur au risque de rendre public un spoiler, et puis à la fin, que Maxime Chattam sait régler comme la partition sans faute d’un opéra à plusieurs voix. Ok. Soyons honnête, la fin est bluffante. Mais en même temps, je n’aime pas trop ces discours paranoïaques sur la théorie du complot militaro-industriel, surtout quand on décide de les coupler à des données ésotériques plus ou moins obscures. Internet confirme ce que Chattam avance à plusieurs reprises dans son roman, mais ces théories du complot finissent par épuiser. J’adorais tout ça du temps que j’étais une fan inconditionnelle de X-Files, mais franchement, le filon s’épuise et épuise.

 Et puis certaines parties du récit personnel du personnage principal, Yael, sont peu exploitées, voire complètement laissées de côté (l’épisode du grand-père)… et ça, monsieur Chattam, vous ne nous aviez pas habitués à ça… d’habitude, tout s’imbrique parfaitement, comme un jeu de mécano… Alors que là, on a parfois l’impression que vous avez cherché à combler les trous…

 Bref, hormis la fin, j’aurais presque été tentée de classer Les arcanes du Chaos dans la catégorie des livres que je regrette presque d’avoir acheté. A lire quand il sortira en poche, parce que pour le prix d’un poche, ça ne coûtera pas grand-chose. Et à moins d’être un aficionado des théories du complot, amateurs de bon thriller, passez votre chemin.

 Je suis peut-être un peu sévère, mais quand on a été habitué à manger de la brioche, on trouve le goût du pain un peu amer.

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17 mars 2006

L'âme du mal

Sans_titre_1L'âme du mal, de Maxime Chattam (Poche). Terminé le 17 mars 2006.

C'est le deuxième Chattam que je lis après Le sang du temps que j'avais trouvé vraiment vraiment excellent.

Celui-là, qui, me semble-t-il, est le premier de sa « trilogie » est d'une facture beaucoup plus fragile. J'ai trouvé l'écriture encore un peu molle parfois, et la construction trop transparente. Il m'a semblé qu'il y avait aussi beaucoup de délayage. Certains chapitres auraient pu être plus courts, voire supprimés. Quant à l'histoire, on a l'impression de se retrouver dans un épisode des experts particulièrement gore dont la fin est à peine une révélation ou une surprise.

J'ai trouvé que certaines scènes étaient absolument « clichés » (les buveurs de thé aux fruits rouges par exemple, ça me faisait trop rire) tandis que certaines répliques semblaient tout droit sortir de bouches automates qui n'avaient pas grand rapport avec le personnage que l'auteur a essayé de décrire.

Bref, ça n'a été pour moi ni une découverte formidable (Le sang du temps s'en était déjà chargé avec brio) ni un enchantement (bonne copie mais peut mieux faire, pourrais-je dire avec un zeste de déformation professionnelle et en toute humilité face à Chattam que j'aime beaucoup néanmoins et admire).

Je ne sais pas encore si je vais acheter les deux autres... ou alors ce sera par curiosité... si je n'ai rien à me mettre sous la dent pendant les grandes vacances peut-être.

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